SEPTEMBRE 1847.-22 MARS
Action eomiptrice de U domittatitAétruifère t IV mo«r de la pairie «t m ortni«| la débtiom «a aurif*^ la lâchelé hoQorée et récompeasée, lout tentUneat moral perrf rti , la loi ea lutte avec la conscleace.
Patrie aatriehieime ! ua waot ^<le de teas, uae ab* surdité ! (Mahir, Pensées détaehéeÊ,)
Les maux de ritalie ae toat pas de ceux qai peatenl être traités par des pallistifs. La domtaatioa autrictiieeae est comiae uo fer de laaee daai la pkîe ; il faut rôter arant de songer à faire le paaseaieat. Ce n'est point ua gouTerneaMiiC, c*est aee année eampé^ en pays eaaeni. ( Mari*. — > I8S4.)
RÉPONSE
bE DAMEL MAMN AU RAPPORT LU PAR M. CÉSAR CAMtJ DANS LA DERMÈRB SÉANCE DU NEUMÈMB CONGRÈS SCIENTIFIQUE, RÉUNI A VENISE, 13 SEPTEMBRE 1847.
Dans la dernière réunion solennelle du neuvième congrès des savants italiens, M. le chevalier César Cantù a donné lecture d'un rapport sur les travaux des sections de géographie et d'archéologie. Si j*ai bien compris, il affirmait dans ce rapport, « que la République vénète avait péri />flrr la conquête. »
J'ai dû alors me taire bien malgré moi, attendu qu'il n'est pas d*usage d'entamer des discussions dans ces occasions solennelles. Mais, afinquemon silence et lesapplaudissementsdonnésà ce rap* port ne puissent être interprétés comme un assentiment, je crois devoir déclarer que je tiens l'assertion de M. Cantù pour inexacte.
Ptesque tous connaissent, beaucoup d'entre nous ont vu de leurs yeux les faits qui ont précédé la chute de la République de Venise. Les erreurs qu'on pourrait commettre, en les rapportant, seraient donc faciles à redresser. Si je ne me trompe, ces faits sont les suivants :
En 1797, le gouvernement aristocratique de Venise abdiqua, et un gouvernement démocratique fut institué à sa place. Entre ce gouvernement et la France il n'y eut jamais de guerre, la France s'en déclara, au contraire, Tamie et la protectrice.
C'est comme alliés et comme amis de ce gouvernement démocratique, qu'un certain nombre de soldats français entrèrent dans Venise, occupèrent tous les postes militaires, s'emparèrent des caisses de l'État, dépouillèrent les églises et les lieux publics. Pendant ce temps, le généralBonapârte conclutle traité de Campo- Formio par lequel il céda Venise à l'Autriche, donnant ainsi à autrui ce qui ne lui avait jamais appartenu. Aux plaintes et aux protestations des députés vénitiens, il répondit : « Que si la domination autrichienne ne leur agréait pas, ils n'avaient qu'à se défendre, attendu qu'il ne pouvait s'en mêler, ayant conclu la paix. »
Ainsi fut étouffée l'indépendance de Venise, qui avait duré tant de siècles. Je ne crois pas que ce soit là une conquête !
Il n'est point généreux d'insulter par des paroles acerbes le lion abattu ; et cela est inexcusable lorsque ces paroles sont contraires à la vérité et sans utilité. Nicolini, lui aussi, a adressé de dures paroles au lion abattu, dans ces vers célèbres :
« Privé de la fureur qui embellit le trépas,
a II est mort sans pousser même un rugissement, n
Mais les paroles de Nicolini étaient vraies, et celles de Cantù ne le sont pas ; mais les paroles de Nicolini pourraient devenir utiles, tandis que celles de Cantù ne sauraient être d'aucune utilité.
Exhorter, de nos jours, les Vénitiens à ne pas abuser de la conquête, est superflu, inopportun et ridicule, tandis qu'il n'est jamais inopportun et peut toujours devenir utile de rappeler, par des paroles sévères, qu'il n'existe pas-pour un peuple de vice plus grand ni plus funeste que la lâcheté ; qu'un peuple lâche ne peut ni être plaint dans son malheur, ni conserver son indépendance, ni la reconquérir lorsqu'elle est perdue.
Manin.