‹ Documents et pièces authentiques laissésChapitre 7 sur 144 · LA RÉSIGNATION · texte numérisé non relu

LA RÉSIGNATION

Cest la mode de prêcher la résignation.

Je distingue: H y a deux sortes de résignation, l'une vertueuse et \irile, l'autre lâche et stupide.

L'homme fort, quand le malheur l'accable, cherche un moyen d'y porter remède ; en trouve-t-il un, quelque difficile qu'il soit, il se met à l'œuvre, allègre, vigoureux, courageux, tenace ; seulement, s'il reconnaît qu'il n'en existe absolument aucun, il se résigne. C'est une résignation virile.

L'homme faible, quand le malheur l'accable, s'accroupit et ne cherche aucun remède. Lors même qu un moyen, facile à tenter se présenterait spontanément à son esprit, il ne l'essaierait pas ; il ne veut pas se donner de peine, il ne veut pas courir de risques, il se résigne. C'est une résignation lâche et stupide.

Ainsi donc, la résignation est vertueuse et virile dans les maux absolument sans remède; elle est lâche et stupide dans les maux réparables d'une façon quelconque.

Dans un individu, la résignation peut mainte fois être vertueuse ; dans une nation, elle ne l'est peut-être jamais, car les maux d'une nation ne sont peut-être jamais sans remède.

Pour combattre les maux d'une nation^ toutes les forces intellectuelles, morales, physiques de tous les citoyens peuvent être employées ; et si la génération qui a commencé l'œuvre généreuse ne par>ient pas à l'accomplir, d'autres lui succèdent et la continuent, et par leur persévérance la conduisent à bonne fin ; car les nations ne meurent pas.

En conséquence, quiconque conseille aux nations de se résigner leur conseille une lâcheté, et les nations qui se résignent sont lâches.

Damel Mamn.

Novembre 1847.

t C*f8t la réponse de Manln à un article du comte JaMonowskj, beau-père du comte PallTy qui recommandait aux peuples opprimés ta résigmitim. Inutile d'ajouter que cette réponse ne put être publiée.

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