‹ Documents et pièces authentiques laissésChapitre 8 sur 144 · SUPPLIQUE · texte numérisé non relu

SUPPLIQUE

PRÉSENTÉE AU GOCVERNEUENT IITPERIAL ET ROVAL PAR l' AVOCAT DANIEL MANI5 EN FAVEUR d'uN DÉTENU POLITIQUE *.

Veîîise, décembre 1847.

Le nommé Padovani, de la province de Rovigo, est détenu depuis longtemps dans l'hospice des aliénés de S. Servilio.

Fou, il ne le fut peut-être jamais ; certes, il ne Test pas maintenant. Les médecins reconnaissent qu'il est sain d'esprit ; mais ils n'osent insister pour sa mise en liberté, craignant que cela ne contrarie les vues du gouvernement et de la police.

Mais j'ai, moi, du gouvernement et de la police meilleure opinion ; je n'admets pas qu'ils entendent créer des fous par décret, pas plus qu'ils n'entendent créer par décret des fiévreux ou des phthisiques.

L'hospice de S. Servilio est un lieu de cure et non de peine ; je ne croîs pas qu'on veuille convertir Thôpital des fous en une succursale des prisons.

Si Padovani est coupable, ilya des lois et des magistrats; il peut être puni par procédure légale et suivant le mode ordinaire. Et si Padovani gêne la police, il existe un moyen fort simple de s'en débarrasser. 11 consent, bien plus, il demande à émigrer afin de gagner sa vie par l'exercice de sa profession dans un pays qui ne soit pas souillé pour lui par la mémoire de ses longues infortunes.

Sans autre mandat que celui qui dérive de l'obligation morale d'assister les malheureux et de défendre les opprimés, j'ose m'adresser à ce haut Gouvernement 1. et R., afin qu'il s'informe et qu'il avise.

Daniel Manïn.

» Sur la prière d'un membre du congrès scientifique, le vénérable Monpiani de nrescia,Manin était allé visiter quelques enfants sourds-muets, aliénés. Les moines préposésà leur garde lui firent connaître Padovani. En lisant la pétition de Manin, I e comte Palffy dit : « qu'on ferait bien de relâcher Padovani pour mettre l'avocat Manin à sa place. » Le comte Palfl> exprima cette opinion à plusieurs reprises.

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