‹ Documents et pièces authentiques laissésChapitre 76 sur 144 · AMI · texte numérisé non relu

AMI

Votre lettre, posant si franchement toutes les questions, m'a fait grand plaisir. Avec yous, du moins, on sait à quoi il faut répondre, on n'a pas à se défendre contre des insinuations indirectes et non définies. Je poserai successivement les questions et les réponses :

fl* Pourquoi le général Durando a-t-il cédé au général Ferrari la plus mauvaise partie de ses troupes pour soutenir les volontaires ? Le général Durando fut mis par le ministère romain sous les ordres de Charles-Albert qui Ta placé à Ostiglia ; en détachant l'infanterie pontificale pour l'envoyer à Trévise, parce qu'il en rcconnutTurgcnce, Durando ou tre-passait déjà ses pouvoirs, et montre toute sa bonne volonté, etc., etc. ^.

Arrivant maintenant au but politique qu'on prête au corps d'armée pontifical, et à l'imputation d'en avoir fait une sorte d'agence politique en faveur de Charles-Albert, hostile au gouvernement de la République, voici ma réponse :

Que Charles-Albert en donnant ses instructions à Durando ait eu en vue un but politique, ou pour parler net, qu'il ait voulu laisser ces provinces dans l'embarras, pour les forcer à se réunir à la Lombardieet au Piémont, je ne le crois nullement, puisque, on définitif, il se serait donné sur les doigts en attirant ainsi sur hii de nouvelles forces ennemies, loi^scfu'il avait déjà bien assex de Tarmée de Kadetzky, appuyée sur les quatre forteresses ! Néanmoins, si vous me pressez absolument, comme je réponds de moi seul et non des autres, je vous dirai que je n'eu sais rien. Mais ce que je sais^ c*est que ni Durando, ni personne de nous ifa jamais été mis dans le secret, et de plus que Franzini, de son

* 1^ marqoift d'Aieglio réfute ici ftuc4*0!t8ivenicnt loiu» les griefs alléguée par tf général Ferrari contre le général Durando.

côté, nous écrivait constamment : a Retenez Nugent )», et que du nôtre on lui répondait : a On fera ce qu'on pourra, mais si tous n'envoyez pas de renforts, avec quatre mille hommes à peine contrequinze mille, que voulez-vous qu'on fasse? » A celaFranzini répliquait : que la grande affaire était à Vérone (en quoi il avait raison), et qu'on ne pouvait pas détacher de troupes, el nous lui répondîmes : «Alors l'ennemi passera inévitablement. » Or c'est précisément ce qui est arrivé.

Quant aux agents qui auraient été détachés du camp même de Durando, cela, sur mon honneur, n'est pas ; je n'y aurais certes pas donné les mains, ni lui non plus. Pendant tout le temps que j'ai passé sur le sol vénète, un seul individu m'a dit qu'il avait tâché, dès avant notre arrivée, de gagner les esprits à l'idée d'un royaume subalpin ; conune c'est là une opinion qui a toujours été la mienne, que je l'ai écrite à Milan et dite à qui voulait l'entendre, je n'ai pas pu lui dire que je trouvais mauvais ce qui me semblait utile. Mais précisément comme notre corps d'armée était venu et était considéré comme un allié de la République, il m'eût paru déloyal de contribuer d'une manière active à faire prévaloir l'une de ces opinions sur l'autre. J'ajoute que si je n'avais pas été officier dans cette armée, j'aurais probablement écrit et publié mon opinion à ce sujet. Mais dans ma position, il me semblait convenable et de ma délicatesse de m'en abstenir,etc.

J'ignore si tout ce que je vous ai dit vous a convaincu; mais il me parait impossible que vous ne sentiez pas que je suis moimême convaincu de ce que je dis.

Massimo d'Azeguo.

LE PËRE UGO BASS1 A MAMN.

TRivisiy V mal.

Glorieux cttoten,

Je ne veux pas croire que Votre Excellence m'ait complètement oublié? Et aujourd'hui que je m'honore de trois graves blessures reçues au service de la patrie, j'espère trouver dans votre noble cœur non-seulement un souvenir, mais même de Taffection ^; c'est pourquoi je m'enhardis à joindre mes instantes prières à la demande du deuxième régiment de volontaires au sujet de la promotion du colonel Bartoluzzi au grade de général. Nous n'avons que trop besoin d'un chef qui, à une grande intelligence des choses militaires, réunisse aussi le courage, l'intrépidité et, ce qui importe par-dessus tout, la passion de l'Italie et de

Tindépendance.

Je viens frapper aussi à la porte du père de la grande famille vénète pour le supplier de toutes mes forces de fournir quelques subsides au deuxième régiment de volontaires pour lequel j'avais tout spécialement invoqué les dons des généreux Vénitiens le 9 courant. Croyez bien qu'ils sont dans un dénûment complet; ils n'ont absolument rien pour changer, ni chemises, ni chaussures : la discipline elle-même souffre d'un tel état de choses.

Voici ma main droite déjà tout endolorie d'avoir écrit ; c'est sur la blessure près du cœur que je fais serment d'être à jamais votre humble et affectueux serviteur.

Ugo BaSSI, prêtre.

> Ugo Bsnl avait été grièvement blessé à Vlcence.

Page 1