‹ Documents et pièces authentiques laissésChapitre 9 sur 144 · DE M. NAZAKU DEPUTE A LA CONGRÉGATION CENTRALE DE LOMBARDIE · texte numérisé non relu

DE M. NAZAKU DEPUTE A LA CONGRÉGATION CENTRALE DE LOMBARDIE

MiUN, 9 décembre 1847.

Illustre Congrégation centrale de Lombardie,

II n'est pas nécessaire d'être doué d'une grande sagacité pour remarquer combien, depuis quelque temps, l'opinion publique, dans ces provinces, s*est prononcée contre le gouvernement qui les dirige, je ne dis pas par des sentiments hostiles, mais bien certainement par une manifestation non équivoque de son mécontentement.

Ce mécontentement envahit plus ou moins toutes les classes do la société, et se trahit toutes les fois qu'une occasion se présente, ce que savent fort bien les autcurités qui, influencées, ont cru devoir recourir à des mesures de sévérité à l'effet d'empêcher des manifestations de désordre.

Mais d'où vient ce mauvais levain qui fermente sourdement, et qui va toujours s'étendant de plus en plus à mesure qu'on cherche à Tétouffer ? D'où vient cette inquiétude universelle ? D*où vient cette mauvaise entente entre le Gouvernement et les gouvernés? Ces derniers auraient-ils de justes motifs de se plaindre? et, s'ils en avaient, qui devrait porter leurs plaintes res|>ec-

< Les congrégationii centrales des provinceâ LomlKirdo- Vénitiennes étaient on ' fiction de représentation nationale. Voici le mode d'après lequel les députés «tatent nommés. L'Empprei^r les choisissait sur une triple liste de candidats proposés par les conseils communaux qui délibéraient sous la présidence de rtjmmis$airts impériaux de district^ lesquels désignaient les noms et les appuyaient de toute leur Influence. Encore n'était-ce pas toujours la majorité doi suffrages qui l'emportait dans le choit déflnitir des députés ; on préférait les plus dévoués ou du moins les plus timides parmi les postulants : en réalité, c'étaient des employés du gouvernement craignant de perdre la faveur souveraine et par «ulte les émoluments de 2,000 florins attachés à leur emploi. Leur mission ofllclelle était, outre le soin de quelques intérêts locaux, & in former le (iouvernet/ieni des détirs et des vœux du pays. Mais jamais, depuis sa création, la congrégation centrale n'avait osé remplir cette mission. La demande de M. Naiari fut la première de ce genre depuis iSiS.

10 PREMIERE ÉPOQLE.

tueuses à celui seul qui peut les satisfaire et les rendre contents.

Quant à moi^ je ne vois personne qui, mieux que nous, puisse interpréter les désirs du pays ; nous qui, dans une condition privée, partageons les biens et les maux, fruit des bonnes et des mauvaises institutions ; nous qui, établis par la Providence dans un état d'indépendance morale, pouvons exprimer franchement nos sentiments. Bien plus,.personne ne pourrait plus légalement que cette Congrégation centrale, porter au trône les vœux de ses fidèles sujets, puisque la clémence souveraine n*a concédé qu'à elle seule la précieuse prérogative d'en révéler les besoins.

Ceci posé, comme je suis d'opinion qu'il est fort à désirer qu'on avise aux moyens de rétablir entre les administrateurs et les administrés le bon accord, seule garantie de la tranquillité publique, et qu'on prévienne même la plus lointaine menace de collisions qui deviendraient funestes au pays, je me suis décidé à remettre à cette Congrégation centrale la présente instance ou motion, comme on voudra l'appeler, par laquelle je demande et propose qu'il lui agrée de nommer une commission, choisie dans son sein et composée d'autant de députés qu'il y a de provinces lombardes^ afin qu'après un mûr examen de l'état actuel du pays et des causes du mécontentement dont j'ai parlé, elle en fasse le sujet d'un rapport raisonné à la susdite congrégation pour ses propositions ultérieures.

Celte démarche m'est conseillée par le désir du bien public, par l'attachement que je porte à mon souverain et par le sentiment de mes devoirs. C'est que j'aime avec transport ma patrie comme citoyen ; c'est que, comme sujet, je désire que mon souverain soit partout et par tous adoré et béni ; et enfin, comme député, je croirais manquer à ma mission et à mes serments si je restais silencieux quand la conscience m'ordonne de parler.

Signé GlO. Batt. NaZARI (de Treviglio). Député central tant titres de noblesse de la proTÎncede Bergaoîe.

Enregistré le 9 décembre 1817, no«2820, 322 .

Page 1