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DEUXIÈME SÉANCE DE L'ASSEMBLÉE

(4 juiliet i848.)

La séance est ouverte à 9 heures du matin.

Le député Olper demande à faire une proposition en dehors des trois articles soumis au vote de l'assemblée, car, à son avis, l'assemblée, régulièrement constituée aujourd'hui, est devenue 5out;6rame. Quelqu'un, continue-t-il, s'est trouvé hier pour dire dans cette enceinte que Venise vivait dans Y anxiété y et que, pour cette raison, il nous fallait délibérer et voter en toute hâte! Venise est en sûreté ; Manin vous l'a dit, et d'ailleurs nous savons tous, même celui qui a osé parler ainsi, que, sous le rapport militaire, Venise n'a rien à craindre! Les Autrichiens campent près de nous , cela est vrai ; raison de plus pour montrer que la crainte n'entre pour rien dans nos délibérations. Je demande à

rassemblée de sanctionaer la Yolooté du peuple, mille fois manifestée, l"" en déclarant par un décret solennel, que Venise veut rester libre et le sera , quels que puissent être les événements ultérieurs de la guerre ; 2"* en déterminant une peine contre le premier qui prononcerait le mot de capitulation I » (Rumeurs. Le président rappelle l* Assemblée à Tordre; le bruit continue.)

Le président Manin : Le Gouvernement n'a pas deux poids et deux mesures, les uns pour ses adversaires, les autres pour ses amis. Ce qu'il a dit hier^ il le répète aujourd'hui : il ne croit pas que l'assemblée soit autorisée à sortir des questions pour lesquelles elle a été spécialement nommée par le peuple; mais lors même qu'elle le pourrait, je crois quil serait tout à fait superflu de décréter que Venise veut se défendre jusqu'à la dernière extrémité! [Applaudissements.) Si jamais les Autrichiens tentaient de rentrer dans Venise , il n*y aurait plus de partis ! et si quelqu'un se trouvait (il n'y aura personne), mais enfin, si quelqu'un se trouvait qui voulût parler de capitulation, le peuple tout entier, moi le premier, nous saurions empêcher cette infamie, cette trahison ! Je demande qu'on passe à l'ordre du jour! [Vifs applaudissements.)

Le Gouvernement est prêt à donner à l'assemblée des explications au sujet des affaires économiques, militaires et politiques de la République.

Président Rubbi : Ces renseignements semblent effectivement nécessaires pour motiver le vote que nous devons émettre. [Adhésion.)

Le député Manin (ministre des affaires étrangères de la République vénète) lit le rapport suivant :

< La libération de la Vénétie et la constitution de son Gouvernemcnt provisoire ont été notifiées à tous les Etats ayant à Venise des représentants consulaires. Ce gouvernement fut immédiatement reconnu, par déclaration verbale, par le consul des Ltats- Unis, ainsi que cela avait déjà eu lieu précédemment à Paris en pareille occasion ; le gouvernement fédéral suisse nous reconnut formellement par une déclaration officielle et affectueuse; le gouvernement de S. M. le roi de Sardaigne et celui de la Lom-

bardie, ainsi que plusieurs autres, nous reconuurent par ^e diplomatique.

Plusieurs de nos concitoyens se trouyent en ce moment même en mission au camp de S. M. le roi Charles- Albert et à Milan ; et nous avons un autre envoyé auprès du gouvernement de S. S. l'immortel Pie IX qui, par ses paroles et ses actes, continue à témoigner son affection pour cette partie de Tltalie, etc., etc.

« Pour prouver combien le souverain Pontife et son gouvernement ont à cœur notre cause, il suffira de rappeler ce fait : que la majeure partie des forces accourues pour la défense des Etats vénètes vient des Etats romains. Là force matérielle de ces bras robustes est venue se joindre à la force morale des pa* roles et des bénédictions de Pie IX, que leur drapeau rappelle.

« Quant à la Lombardie, nul de nous n'ignore ce qu'elle a Cait et se propose de faire encore pour nous; elle nous a envoyé à plusieurs reprises des secours en hommes et des secours précieux en argent, lorsqu'elle-même avait si grand besoin d'hommes et d'argent ; elle nous promet encore de nouveaux secours de même nature,et elle s'y prépare par ces sages et énergiques décrets, qui formeront l'une des plus belles pages de l'histoire moderne del Italie. Mais son acte le plus généreux est la déclaration solennelle, réitérée, que sa cause et la nôtre sont commîmes; que, quelque avantage qu'on voulût lui assurer, à elle, séparément, elle ne renoncerait jamais à combattre jusqu'à ce que notre territoire soit totalement délivré de l'étranger ^ ! » [Applaudissements.)

> Voici les leUres échangées à ce sujet entre le goaTeraeoient aatricliien et le goufernement provisoire loml)ard, après Tentrevue de MM. de Wesaembeig et de la Cour à Inspruck. (>'olr plus haut, p. 279.)

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