‹ Documents historiques, critiques, apologétiques, concernant la Compagnie de JésusChapitre 21 sur 69 · TROISIÈME DOUTE · texte numérisé non relu

TROISIÈME DOUTE

C'est au moins un préjugé favorable que cette ligue de mécréants et de libertins contre les* Jésuites, et l'affection dont les honorent, au contraire, les citoyens veptiiieux« On l'avoit dit avant moi; mais ce qui n'a pas en** core été dit, et ce qui surprendra bien des gens, c'est que ces accusations dont on fait tant dé bruit ne sont que la simple répétition des satires que l'hérésie et le libertinage ont faites de la Société, dans tous les temps^. Qu'on prenne l'arrêt du 6 août cVernier, et \t libelle inti*^ i.vXi Calêchifme des Jésuites (^i) : ce sont, met pour nul^ mêmes objections, mêmes textes cités, ccmtre le TOtu que font tous les profès au pape touchant les missiont^ contre l'autorité du général, et contre les prtvilégeè. La législation intérieure .de la Société n'est pas plus défigurée, dans Hospinien(2)que dans les Comptes rendus* Et que dilhon aujourd'hui contre la prétendue morale àek Jésuites, qui ne se trouve dans Théophile, Pasquieir,

(i)Le Catéchisme des Jésuites est d^EtieoDe Pasquier, l'un des enne" mis les plus forcenés de la Compagnie de Jésus. Il en sera parlé dans la fuite de ces Documents. {lYoU de fEâiteur.)

(ft) Mindstre protestant, auteur d^ufve HistoweâosJêsuètbà.

Pascal et Perrault? Il n'y a pas jusqu'à l'idée de i'^yilA^ssiasme et ànfancuisme qui n'ait été honteusement copiée d'après un protestant nommé Stillingflect. Je yaîs (dus loiuy et je donne, en deuK mots, la généalogie de cet Extrait des Assertions. Pierre Dumoulin en est le père; il les publia à GenèTe en 1632, sous le titre de Catalogue, ou Déncmirentmt des tradkions romaines, parce que c'étoit l'église qu'il attaquoit (i). L'idée parut merveilteuse aux hérétiques modernes; et il fut résolu que, sans rien changer au fond de l'ouvrage, on en feroit un libelle contre les Jésuites. Pour cela, il ne falloit que faire disparoitre les noms des docteurs étrangers à la Société , cités sans distinction par Dumoulin. La fourberie étoit insigne: Perrault pass^ outre, Saint Thomas, saint Antonio, Navarre, furent effacés partout; partout des Jésuites leur furent substitués; et le CeUaiogiUy ou Dénemhiâf^ent des traditùms romaines s reparut sous le titre de Thèelogie morale des Jésuàes. La ressemblance est entière, jtt défi« de s'y méprendre; et c'est cet ancien libelle, remanié depuis par Pascal, qu'on rajeunit aujourd'hui; en sorte que VEMrait des Assertions est moins un ouvrage nouveau qu'une édition nouvelle du Caèalcgue du protestant Dumoulin, de la Théologie nwraie de Perrault, des LeSires provinciales et des notées de Wendrok. Ûi^ tous eos auteurs ont été flétris; et voilà que le même parlement, qui les irula autrefois, les fait sortir en quelque sorte de leurs cendres. Il leur rend une existence qu'il leuravoit^tée ; ce qui étoit faux, ^lomnieux en 1^44, en 16â7, en 1670^ devient vrai, devient juste en 1762; les Chaovelin, les Caradeuc, recueillent avec respect

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(l) Cette origtae et cette filiation de tant de mensonges et de ealoAiiies , «ont CBrieuses. £lles confirment ce qui a été mille fois dit , qme Fattaque, commenoee et poussée avec tant d'ardeur contre les Jésuites , n' étoit alors , et n'est encore aujourd'hui, qu'une fausse attaque , destinée à masquer la véritable , qui se dirige contre l'Eglise catholique, a^stolique et romaine.

les déj»-is des libelles que les Lejay, les Lamoignon, les MaupeoUy les Molé^ les Novion, déchirèrent avec mér pris; et les Jésuites tombent, expirent, yictimes des mêmes calomnies dont le parlement les a lavés autrefois! Sur quoi voici mes douter, Je doute donc que ce qui n'a pas été vu, durant deux siècles, puisse être devenu, en un moment, évident; je doute, et je douterai long-temps, que le parlement de 1762 soit plus croyable, sur la morale des Jésuites, que le parlement de 1654, 16â7 çt 1670,

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