‹ Documents historiques, critiques, apologétiques, concernant la Compagnie de JésusChapitre 22 sur 69 · QUATRIÈME DOUTE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME DOUTE

Les doutes se multiplient sous ma plume : en voici plusieurs que je crois fondés. Le premier naît de Tatro* cité de l'accusation : oui, son excès la détruit, je le dé* montre. Dans Tesprit du libelle, ce ne sont pas tels, ou tels particuliers qui sont impudiques, idolâtres, sorciers, régicides: ce sont tous les Jésuites du monde. Du moins n'a*t*on mis en tête Y unité de doctrine^ quç dans le dessein 4'établir et de faire croire cet étrange paradoxe. Or, une société d'hommes assez vertueux au dehors pour tromper durant deux siècles, assez scélérats au dedans pour se livrer à tous les crihies, une telle société n'exista point et on ne la verra jamais ; c'est un monstre contre nature.. Et l'Eglise auroit approuvé l'erreur et le crime? Je monde entier auroit été dupe? Donc les Jésuites ne furent jamais tels.

Il y a plus ; car, dans l'esprit du libelle, ce n'.est pas seulement tel ou tel particulier qui s'attache à tel ou tel crime, ce sont tous les Jésuites du monde qui compilent, qui entassent, qui foulent, qui pressurent tous les forfaits, pour les boire et les savourer tout à la fois. Or que les mêmes hommes, d'âge en âge, de siècle en. siècle, par toute la terre, aient été tous, tout k la fois, des gens sans loi, sans frein, sans pudeur, sans religion, il faut être insensé pour le dire, et stiipide pour le croire.

Je prends en main cet Extrait des Jjsertions : après ui|

préambule que je respecte (i) (c'est un arrêt des parlements), je trouve, page xiii, chiffres romains: table des TITRES des Assertiûris ^es soi-disant Jésuites, On a eu soin de l'imprimer, cette table, en gros caractères : tant mieux; j'en youdrois trouver d'assez formés pour qu'ils fussent' lisibles d'un bout de l'univers a l'autre. Oui, sur le méridien de Montmartre, j'afficherois cette table des TITRES des Assertions des soi-^sant Jésuites; et, m'adressant à tous les peuples de la terre, je leur dirois : « Vous demandez ce qu'on reproche apx Jésuites, et ce que ceuxci répondent : lisez et jugez. Voilà tout à la fois et Taccusation et l'apologie. Le même homme, que dis-je, un million d'hommes, tout à la fois simoniaque, bls^sphiémateùr, sacrilège, magicien, astrologue, athée, idolâtre, impudique, parjure, voleur, homicide, parricide, suicide, régicide, un tel monstre est démcmtré par la raison ne pouvoir pas exister. Les Jésuites ne sont donc pas tels, puisqu'ils existent. »

Je sens que je m'échauffe; mais aussi le moyen de tenir contre de pareilles absurdités ! La tête a-t-elle donc tourné à tous nos François? Quoi! parce qu'encore ivre du vin de la nuit, quelqu'un aura dit : « Messieurs, Je crois que la cour doit faire pendre tous les Jésuites, de France, » nous applaudissons, nous battons des maints; il nous tarde de voir élever, dans nos places, quatre mille pot^^ces; et nous ne voyonis pas que c'est nous creuser à nous-mêmes un tombeau, puisqu'il x^'y a point de particulier, quelque puissant qu'il soit^ qui n'ait à trembla

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(i) L'auteur étoit prudent de s'exprimer ainsi; car, dans Vaniiée même oà il écriyoit , un Jésuite fut pendu à Brest pour quelques indiscrétions^ et le parlement de Paris fit pendre un ecclésiastique nommi Ringuet, pour s'être émancipé, contre ses arrêts , dans la chaleur de la conversation. Celui-ci fut exécuté le 3o décembre 1 763. Il en résulte que le tribunal révolutionnaire, qui suooéda à cette magistrature , auroit pu y trouver des traditions pour s'autoriser , et des exemples pour se justifier. (Note de t Editeur.)

pour sa fortane et pour sa yie, lorsqu'on Toît, ail |[ré d'une jeune tète, tomber ainsi, s'écrouler et dîsparoitre «n corps entier, fondé sur les plus saintes lois, distingué par les plus éminent^ vertus, et «outeau par toute Tau* lorité de la puissance ecclésiastique !

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