‹ Documents historiques, critiques, apologétiques, concernant la Compagnie de JésusChapitre 28 sur 69 · DISCOURS PRELIMINAIRE · texte numérisé non relu

DISCOURS PRELIMINAIRE

ToDT le monde n'est pas assez désœuvré pour lire, pour vérifier, pour comparer ce qui s'écrit pour où contre les soi-disant (i) Jésuites; et il est trop pénible pour un François de ne pas prononcer. De là tous ces jugements prématurés qui font de leurs adversaires et de leurs partisans autant àe fanatiques et (^enthousiastes (a). On aime les Jésuites , ou on les hait; la passion seule décide s'il faut les admirer ou les détest^er, les plaindre ou lés condamner.

Ils observent un institut pieux , suivant l'Eglise assemblée; zitile, suivant l'Eglise dispersée ; exécra^ ble^ suivant trois classes du Parlement de France {yj\

(i) Telle ëtoitla fureur des ennemis des Jésuites, qu'ils allèrent jusqu'à soutenir que leur ordre n'aroit jamais eu d'existence Ugaie^ et qu'en conséquence de cette folle imputation , plusieurs d'entre eux ne les appeloient plus que les soi-disant Jésuites. {Note deV Editeur,)

(9) Cette accusation ê^ enthousiasme et de fanatisjne est sans cesse reproduite dans les Comptes rendus contre les Jésuites : ces deux mots reparottront donc souvent dans les ouvrages de leurs apologistes \ et il est à propos que le lecteur en soit prévenu. {Note àe V Editeur.)

(3) Les parlements de Paris, de Rennes et de Rouen. Nous avons déjà parlé de la tentative qu'a voit faite le parlement de Paris de ne former

tO DISCOURS

im institut vénérable, selon Bossuet, la lumière de la gfande Eglise ; abominable, suivant l'archiviste impartial de la petite Eglise (i); un institut consacré à Trente , proscrit à Rennes , brûlé à Rouen ; un institut autorisé par les Papes et les Saints, flétri par les Normands et les Bretons ; un institut qui proscrit toutes les vertus, et qui forme les plus grands Saints; qui attente à toutes les lois, et qui obéit à tous les législateurs; qui résiste à toutes les autorités ,. et qui se soumet à Tabus du pouvoir ; qui m.e- -naoe rUnivers entier d'une servitude prochaine , et /qui se laisse écraser par le plus petit sénéchal ; qui maîtrise ou qui assassine les rois, et qui souffre d'être nriaitrisé par les huissiers.... Voilà le contraste frappant qu'offre la position actuelle des Jésuites en iFrancc.

Us sont coupables des forfaits les plus atroces, et les ; tribunaux s'obstinent à ne produire aucune preuve y ils enfoncent le poignard dans le sein des rois pour qui ils devroient donner leur vie, et ils laissent vivre des particuliers isolés qui les diffalliept;;. ils. sont capables de tout pour perdre leurs ennemis , et leurs ennemis ne se cachent pas. Ce sont des artisans d'intrigues , incapables de plier et

de tous . les parlements de France qu'un seul parlement , diyisc par classe. Il se ^dësignoit }ui-méme comme formant la première classe sous le nom de. parlement métropolitain. (JVote de P Editeur.)

' (i) Le gazetier ecclësi astique, journal janséniste.

(i\V« de VEditfur.)

PRÉLIMINAIRE. Il

de se soumettre , et des automates ou des marionnettes que le caprice du général fait mouvoir avec un fil ultramontain ; ce sont des gens d'esprit, qui ne pensent plus ce qu'ils pensent , au premier signe d'un despote, qui peut, à son gré, en faire des imbéciles ou des s.célérats; ils sont, en un mot, tout ce qu'on veut , et tout ce qu'on ne veut pas.

Il existe donc une société d'hypocrites, qui , sous un sac noir, ne sont ligués ensemble que pour se jouer de la science , de la vertu , de la religion ; que pour faire servir Dieu et l'Eglise à leur scélératesse. Vingt mille fripons , déguisés en prêtres , ont concerté entre eux qu'il falloit unanimement renoncer à son salut , en le préchant aux autres* Ils s'accordent à mener la vie la plus laborieuse , une vie privéÇjdetout ce qu'on appelle plaisirs, agréments, et ils se font pauvres, pour amasser au Paraguay des trésors dont ils ne doivent pas profiter. Qui donc ^n fait son profit? les mylords de Tordre, sans dppte ; mais comment se fait-il que , parmi tant de subalternes qui se sacrifient si sottement pour eux, qui nç sont pas moins scélérats qu'eux , jusqu'à, présent , il PC. s'en soit pas trouvé un seul qui se soit fait traître , pour cesser enfin d'être dupp ?

Une génération entière qui s'est formée dans leurs collèges aux bonnes lettres et aqx bonnes moeurs, se trouve ainsi livrée à un trouble inexprimable. Elle doit tout à ses maîtres, et le Parlement lui ordonne d'être ingrate ; elle n'a jamais entendu de leur bouche que

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