‹ Documents historiques, critiques, apologétiques, concernant la Compagnie de JésusChapitre 34 sur 69 · DEUXIÈME OBJECTION · texte numérisé non relu

DEUXIÈME OBJECTION

Secret des Jésuites.

« Lies Jésuites se lient à leur Société, et sans examen ^ pbtir tin atéViir qui peut être affreux, sans conrioitre les cfaâilnes dont ils se chargent. Ife ont caché leur institut;: le- parlement n'en a jamais eil''c6nlioissance, etc. »

RÉPONSE

1» On trouve Tanalyse des Constitutions dans la vie Aq frère Ignace, écrite ^^v frère Bonhours , en 1679. On y voit un détail très circonstancié de ces Constitutions; et frèife Bônhonrs avoit manifesté que le général de la Com|)agnie y est « absolu et maître de tout. »

2^ Les ehnfemis dés Jésuites ont fait eux-mêmes une analyse très détaillée de rinstitùt, dans un mémoire qu'ils' dressèrent en 172S «pour être prélenté aux ambassa- «( deurs plénipotentiaires des princes souverains deVËu- « ropc, assem'blés au congrès de Sôissons. »

On voit dans la seconde pairtie de ce' mémoire , tout ce quon lit aùjouruThui dans les arrêts du parlement; mêmes inipùlations , m'^mes citations, mêmes falsîficàtiorls. L^s ennemis des Jésuiies avsincent donc le liierisohgé lé pluà^àvéré, et le^pltis capable de décrédiier tout ce que la malignité leur inspire, lorsqu'ils disent qu^ils n'ont jamais connu un institut qu'ils ontf eux-mêmes anatomisé , commenté , falsifié depuis long-temps. £% comment n'auroient-ils pas connu un institut dont il s'est fait seize éditions, et qu'on trouve dans toutes lesi bibliothèques? Arnaud et Pasquier, dans leurs p)ai*«' doyers, Tattaquent en le ico^ant , ct^c.

3<* Lii' classa métropolitaine du paflëinchtTk examine plusieurs fois. Les lettres-patentes de F'rançois' Il furent

enregistrées, le i3 février i56a, avec cette clause exigée par le parlement, que les Jésuites renonceroienl à leurs privile ère s, etc.

On connoissoit donc leurs privilèges. Dans un arrêt du 23 décembre 1592, on lit ces mots : « Vu lesdites « institutions et constitutions d'icelle Société, approu- « vées par les Saints Pères , c'est-à-dire,, par les Pères « du Concile de Trente» » Dans une sentence confirmée par arrêt du parlement,, en 1692 , on s'exprime ainsi : « Vu les statuts et les décrets^de ladite Société^ etc. » On connoissoit donc les constitutions dicelle Société ; et les magistrats croyoient bonnement qu'elles avoient l'approbation des SS. PP. du Concile de Trente. On s'est bien ravisé depuis.

4^ On interdit certains livres de TEcriture-Sainte aux ignorants et aux profanes qui pourroient en abuser.. Ceux qui communiquoient les livres saints aux idolâtres, dans les premiers siècles de TÉglise, étoient regardés et ^unis comme des apostats (i).

b^ Le parlement cache les véritables motifs de ses arrêts contre les Jésuites ; il déclare même à la pluralité des voix : « qu'il est juste de les condamner sans les en* « tendre. » Ce qui étoit autrefois un déni de justice , n'est plus, dans la nouvelle jurisprudence, qu'un moyen d'abréger les procédures.... Un tribunal subalterne vient d'apprendre aux Evéques a qu'on veut substituer aux a Jésuites , convaincus de perversité , ui/e congrégation at- 9i tachée aux principes de la religùm, » Ne seroit-ce pas là le mot de l'énigme (2) ?

(i) Ceci se rapporte au reproche qu'on faisoit aux Jésuites , de ne pas laisser prendre connoissance de leur institut ; ce qui étoit faux , dans l'acception générale que l'on donnoit à ce reproche, et vrai, dans certain cas où il étoit utile et prudent de le faire. C'est ce que nous aurons occasion de prouyer. {Nol£ de V Editeur,)

(3) Bailliage de Tours, 7 »vril 1762.,

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