TROISIÈME OBJECTION
InstUut.
u II a donc existé au milieu de nous une Société « dont le régime abominable étoit sur le point à! asservir a r Europe entière. Vmsûixxi politique, auquel tous les mem- < bres se conformoient aveuglément, est un tissu de lois « injustes ettyranniques. On voit, dans la mobilité de ses « constitutionslejeupuériled^uneconscience qui s'abuse « et qui cherche à tromper les autres. C'est un code qui « contient des dispositions destinées à éluder toutes les a mesures; c'est l'art de tromper réduit en règle, l'injus- « tice mise en maxime. C'est, en dernière analyse, Yenthoù « siasmeet lejànatisme réduits en principes. C'est là que les « vingt-quatre vieillards [i)ojit'Ç}i\sé différexites méthodes a de se moquer de Dieu: l'art de tromper son confesseur « en se confessant bien ; le secret de faire un serment a devant un juge sans se parjurer; la méthode de mentir « sans blesser Iti vérité ; les moyens de se venger sans «péril, d'assassiner par esprit de charité; le secret de « vendre à faux poids et de voler sans faire tort à sa « conscience ni à son prochain ; c'est un ouvrage mons- A trueux et informe qui contient le développement af- « freux du machiavélisme > qui justifie toutes les hor- <f reurs, qui attente à l'autorité de rÉglise, des Conciles, « du Saint-Siège , des évéques , des souverains , etc..
(i) On sait que c^est sous cette déaomioation dérisoire, que Pascal présente vingt-quatre casuistes de la Compagnie de Jésus, dont il falsifie les textes, pour les calomnier et les liyrer au mépris et à la risée de ses lecteurs. Toutes les imputations atroces que présente ce passage du Compte rendu par M. Joly de Fleury, sont tirées des Provinciales ou de la Morale-Pratique d^ Arnaud. L'érudition du procureur-général n'alloit pas plus loin ; et il en alloit de morne de celle des autres faiseurs de Comptes rendus, {Note de V éditeur.)
« qui proscrit des yœux qui n^obligent point. Jevondrois ^pouvoir douter, dit Foracle de la Justice , d'après le ga- « zetier janséniste , que presque tous les Jésuites atvancetU « que chacun peut exécuter le meurtre d autrui, et que celui « qui tue par commission fait une œuvre de charité (i). »
RÉPONSE
lo LUnstitut des Jésuites renferme « ce qu'il y a de pliis parfait dans FEyangile. » C'est un saint qui en est Tauteur, et.,$pi^^pom est dans le calendrier, « sans opposition des magistrats. » C'est un saint jacobin qui Ta confirmé; un Concile œcuménique l'appelle j9<ÎPttjr^(2), et ne veut pas qu'on le rende meilleur, «puisqu'il défend d'y rien changer : » et cet institut attente à Vautcrité de r Eglise!
â^) L'institut des Jésuites a été confirmé p^r Paul III , en 1540 ; par Jules III , en i550 ; par Grégoire XIII , en 1584} par Grégoire XIV, en 1591; par Paul V, en 1606; et.le souverain pontife qui l'a confirmé le premier, celui qui a. défendu cTy rien changer sous peine d* excommunia cation^ a été loué par tous ses successeurs, sans excepter Benoit XIV : et cet institut attente à F autorité da Saint* Si^ge I
. ,3^. Le corps épiscopal , dans tous les temps, et dans \^ fiernière assemblée en particulier, n'a rien vu de répi^hensible dans Tinstitut des Jésuites ; les évéques mêmes du Portugal en font l'éloge le moins suspect : et cet institut attente à l'autorité des évéques !
4« Henri IV a loué, aimé, protégé l'institut ; Louis XIII, en 1621, se fé^cite auprès de Grégoire XV, d'avoir donné sa confiance k ceux qui l'observent; Louis-le- Grand, selon nos critiques modernes, étoit Jésuite de
(i) Compte rendu au parlement de Paris, le 17 avril.et le 8 juillet (3) Le Concile de Trente.
robe courte; ils ont tous donné leur coeur aux Jésuites... Et Vinslilul attente à Vautorilé des souverains!
5° Sixte V, Richelieu, Mole, Baville, Lamoignon, etc., t)nt regardé l'institut comme un chef-d'œuvre de sagesse; Montesquieu, oui, Montesquieu lui-même loue rinstitut et ceux qui le gardent... Cet institut a mérité la vénération de Vincent de Paule, de François de Sales, de Charles Borromée, de Philippe de Néri et de tous les saints des derniers siècles; il a donné des directeurs à saint Charles , a sainte Thérèse , à la bienheureuse de Chantai, etc. ; il a sanctifié huit Jésuites, à qui TEglise a décerné un culte public ; il a donné des maîtres au grand Condé, aux Lesdiguières, aux Luxembourg, aux Villars, dans Tépée; aux Fénélon, aux Polignac, aux Rohan dans l'épiscopat. .. Et il autorise tous les crimes!
Le parlement, dans toutes ses classes, a jugé le procès pour ou contre les Jésuites sur leur institut; et il n'en a pas vu, ou il eh a dissimulé les horreurs pendant deux siècles!
Quant à la singularité des vœux simples des Jésuites, il me suffira de. dire qu'elle est admise dans tous le^ pays catholiques; qu'elle est autorisée par l'Eglise, par les diplàmcs des souverains; qu'elle est reconnue par Henri IV, dans Tédit de 1603, et par Louis-le-Grand dans, la déclaration de 1715.