‹ Documents historiques, critiques, apologétiques, concernant la Compagnie de JésusChapitre 62 sur 69 · CINQUIÈME ASSERTION · texte numérisé non relu

CINQUIÈME ASSERTION

Le si jle de TEdit est barbare , et Torthographe en est ridicule. '

Le style de i'Ëdit est barbare, et on ne persuadera jamais aux connoisseurs qu'il soit du siècle des d'Ossat, des Duperron, des Sully, desVilleroi, des Chiverny, etc. Ce n'est pas ainsi que sont conçus les Edits qui portent le nom d'Henri IV. Il est trop singulier que les Edits de 1694 et de 1596 se ressemblent entre eux, et qu'ils ne ressemblent en rien « à un Edit intermédiaire de 1695. «Nous pourrions, ce semble, nous permettre ces discussions minutieuses de grammaire, que la Cour de Paris n'a pas jugées indignes d'elle dans le procèsverbal « de vérification des Extraits des Assertions ; r» mais la Cour de Paris n'est pas obligée comme nous à garder des ménagements avec le public. Nous nous contentons d'exhorter le lecteur à parcourir les Edits d'Henri IV, et a les comparer avec celui du 7 janvier; nous osons lui promettre que ce n'est que dans celui du 7 janvier qu'il trouvera les barbarismes suivants : Induire et persuader la liberté de pouvoir aite^iler à la vie da

roi Chastel, nourri et élevé depuis quelques ans et fait le

cours de ses études. Pour raison de quoi ledit Guignard ayant été publiquement exécuté ^ et recognoissanl combien pernicieuse

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eH lO' dememte des Jésniteis en France Vûulens et nous

plait que le» Jésuites cà ils sercnt trouvés qiiils soient punis, etc., etc.

L'orthographe que les fabricateurs de TEdît ont adoptée n'est point du siècle d'Henri IV ; nous pourrions même ajouter qu'elle n'est d'aucun siècle. Nous en appelons aux écrits déjà cités des ministres et des secrétaires d'Etat, qui n'aboient pas sans doute une orthographe qui ne fût que pour eux; nous en appelons aux lettrés originales d'Henri IV lui-même. Je prends un Ëdit « du mois de mai 1594, » ou, si Ton aime mieux, la déclaration de guerre faite à l'Espagne «le 17 janvier 1695, » c'est-k-dire dix jenrs après le prétendu Edit. Dans ces deux pièces et dans plusieurs autres que j'ai lues en original, l'orthographe est toute différente de celle de l'Edit contre la Société. Faudra-t-il encore, par déférence « pour l'expédition déposée au greffe, » croire que l'orthographe « du 17 janvier n'étoit plus semblable à celle « du 7 janvier précédent, « ni a celle « du mois de février suivant? » J'ai lu le procès de Châtel imprimé en 1595 ; l'apologi^ de Jean Châtel publiée dans le même temps par le furieux Jean Boucher, etc. Dans toutes les pièces que nous venons ^indiquer, on lit ceux et non ceulx.,,; outre, féaux, et non oultre , féaulx ; on lit royaume et non royaulme,..; desseins, témoins, et non desseings, témoings; je n'ai trouvé nulle part atlemptats , eognoitre, sugjets, hinumanité, quehue, Jehan, etc., etc.; partout j'ai trouvé Jean Châtel, Tiraw Boucher, dans tous les actes émanés de l'autorité du roi, sous l'époquç dont il s'agit; je trouve partout exécution et jamais exécutement,* dès l'année 1593, dans une déclaration du roi du 27 décembre, on lit queueei non quehue,' la cire est Jaune et non pas janlne; dans l'Edit du mois de mai 1594, Henri III est le feu roi notre très cher seigneur, et iion comme dans l'Edit du 7 janvier, notre très honoré sieur, etc.

Je pourrois même ajouter qu'il est très douteux qu'on

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ait dans aucun temps écrit sugjets, hmunumàé, qoehue, prinuy etc. Cette orthographe ridicule ne se trouve que dans le texte de FEdit, visé par les parlements de Paris et de Dijon 9 etc.

Il seroit aisé d'étendre ces discussions grammaticales, mais le peu que nous en ayons dit nous met en droit de conclure que FEdit a été fabriqué par un faussaire maladroit, et adopté par des magistrats ignorants, inattentifs ou passionnés. On ne persuadera point à un homme judicieux que, dansTEdit du 7 janvier 1595, on ait dû suivre une orthographe différente de celle qu'on trouve dans tous lés Edits portés sous le règne d'Henri lY, différente même en plusieurs points de celle qui a été en usage depuis Joinville, Clemengis, Villon, Commines, Baïf, Marot, Rabelais, Jodelle, jusqu'à l'auteur de XEpitre à UranU et du Dicticrmaire philosûphiqne portatif. Ceux qui auront la patience de comparer Torthographe de ces différents écrivains s'avoueront à eux-mêmes, et malgré cfux, que cet argument, qui n'est pas de nature à être présenté ici dans toute sa force, forme seul une démonstration complète contre l'authenticité de l'Edit du 7 janvier 1595.

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