‹ Documents historiques et statistiques sur les communes du canton d'Auneau, arrondissement de ChartresChapitre 17 sur 36 · V. Tesniêres (2). — Ce nom indique un lieu habité par · texte numérisé non relu

V. Tesniêres (2). — Ce nom indique un lieu habité par

(1) Comptes deia fab. de Francourville , Arch. d'Eure-et-Loir.

(2) On connaît encore dans Eure-et-LoiF les Tesniêres^ ferme, commune de la Bazoche-Gouet; le Val de Tesniêres, commune de Saint-Prest.

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des blaireaux appelés, au moyen-âge. Taisons, Taissans, Tessons, Taisels {Tassus et Tesso (1).

Le château de Tesmères, situé à 2 kilomètres au nord de Francourville, était autrefois la résidence des seigneurs de Francourville; Tun deux est mentionné en i633 :

« Déclaration des terres tenues en censives par la fabrique de Francourville, de Damoyselle Marye de Merain, veufve de deffunct Henry de ChoUard (2), sievr de Thésnier es (3). *

La carte de Gassini — 4784 — porte encore l'indication du château de Tesnières, mais dès Tan 4770, ce n'était déjà plus qu'une ferme. Voici ce que nous avons recueilli à cet égard :

La maison d'école était autrefois une ferme. La charpente du principal corps de bâtiment est construite en partie avec les bois provenant de la démolition d'un château qui était situé dans une contrée du territoire de Francourville appelée Tesnières , ygts Bérille. Les aiguilles et les entraits de cette charpente sont remarquables. Sur le carrelage du plancher, on lit cette inscription :

« J'ai été fait pour le compte de M. d'Hariague, seigneur et baron, gouverneur d'Auneau, Aunay, Oynville, Voise, Francourville et autres lieux, maître ordinaire en la çhamfyre des comptes à Paris, aussy conseiller du Roy, lieutenant de la Louveterie de Sa Majesté. — Fourni par Louis Chevalier, maître tuilier à CossonvUle (l) , pour être employé à LA FERME DE FRANCOURVILLE, année f 770. »

(1) Le mot Tesson s'est conservé intact dans celui de Te$sonville « Thessi^nvilla » , hameau de la commune de Briconville.

(â) C'était sans doute un des descendants, du capitaine Cholard, qui était gouvernenr du château d'Auneau en 1587. — Voir ci-dessus, p. 87.

(3) Tit. de la fab. de francourville.

(i) Hameau d'Auneau.

On remarque aussi iea la juaisou d'école ^n chambranle de cheminée fort intéressant.

4518. — Le martyrologe de la paroisse de Houville mentionne une donation 4ie six hlcmcs à prendre sur trois minots de terres situés au terroir de T^smères.

&MÂNGIËRES.

JîJous avons déjà eu occasion de signaler que les noms de lieux, tirés des jpiroductiQns principales du territoire en végétaux, ou minéraux, avec la terminaison ières, sont en général très-anciennes, et il en existe des exemples au Ve siècle. Dans un diplôme.de Charlemagne — an 774 (1), — Garancières-en-Drouais (2) est appelé Waranceriœ, nom indiquant que Ton y cultivait la garance « Warancia, Garantia » . Le pom de la paroisse qui nous occupe a la même origine. Elle faisait partie du Pagus Stampensis (FEtampois ou pays de Dourdan), dont la première mention existe dans Grégoire de Tours (3), et se trouvait comprise dans le doyenné de Rochefort au XIII® siècle. Lors de la formation du département d'Eure-et-Loir, en 1790, la commune de Garancières dépendait du canton de Sainville, district de Janville ; elle fut classée dans le canton d' Auneau , par la seconde organisation du département, en 1801.

Cette commune, est située dans la grande plaine de Beauccv « Garencerùe-in-Belsia », à 15 kilomètres d' Anneau et à 35 kilomètres de Chartres. Son territoire est limité par ceux des communes suivantes : au nord, Allainville, Ghatignonville et Authon (Seine-et-0ise); à Test, Autlion et SainteJ^EscobilIe (Seine-et-Oise); au sud, Sainville; à TouGst, Sainville et Allainville (cette dernière de Seine-et- Oise).

(i) D. Bouquet, V, 727 A B.

(2) Commune du canton de Dreux.

(3) Hist., IX, 20 etX,19.

Le sol, calcaire-maraeux, entièrement découvert et cultivé sur tous les points, est dépourvu d'eaux courantes. Cinq puits, dont un seul est commun, de 30 mètres de profondeur, servent aux besoins des habitants; deux mares communales, dont la grande conserve toujours bien son eau, sont à l'usage des bestiaux.

La nature et la contenance des propriétés se divisent ainsi qu'il suit, d'après la matrice cadastrale (1) :

Hectares. Ares. Centiares.

Terres labourables i,094 85 78

Bois taillis 4 60 30

Jardins potagers 4 90 52

Superficie des bâtiments. ... 3 46 89

Totaux 1,107 38 49

Nous avons indiqué l'ancienneté probable de Garancières justifiée par son nom, peut-être faut-il reporter son exis-. tence à l'époque celtique. Sous le sol d'un jardin (section B, no 171 du plan cadastral) on a découvert, en 1850, à 6 mètres de profondeur, des excavations qui présentent des galeries plus ou moins longues, creusées dans le roc, ayant 2 à 3 mètres de hauteur et 1 à 12 mètres de largeur; elles sont bordées à droite et à gauche et terminées à leurs extrémités par des cellules ou retraites dont quelques-unes n'offrent, pour y arriver, qu'un passage de 33 centimètres de largeur sur 1 mètre de hauteur. Dans une de ces cellules, on remarque un endroit ayant servi de cheminée, et, à l'entrée d'une autre, des restes oxydés de gonds en fer, ayant servi à supporter une porte qui en fermait Fouverture. Un antique escaher à spirale et très-étroit, qui communiquait à la surface du sol dans le. jardin, et qui a donné

. (1) Les travaux da cadastre ont été terminés à Garancières en 1812; mais , par suite des événements politiques survenus à cette époque , la matrice cadastrale n'a été mise en recouvrement qu'en 1818.

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lieu à la découverte de ces souterrains par son affaissement, a été détruit à cette époque. Quelques années seulement après, on a pratiqué, pour descendre dans ces excavations, un escalier dont la porte donne sur la rue.

Nous trouvons là tous les caractères de monuments celtiques dont M. de Caumont donne ainsi la description :

. « Un grand nombre de souterrains ont été observés en Picardie et dans plusieurs communes situées des deux côtés de la rivière de Somme; ce sont pour la plupart des allées larges de sept à huit pieds et d'une hauteur à peu près égale, bordées à droite et à gauche de cellules creusées dans la roche. Ces petits appartements sont carrés ou bien ils s'arrondissent et forment des demi-cercles. Partout ils sont creusés avec art, et ceux du même souterrain ont la même forme et les mômes proportions. L'on croit que ces excavations ont été pratiquées par les Celtes pour se cacher lors d'un danger pressant, et pour y retirer du blé ou d'autres provisions, comme le faisaient les Germains, suivant le témoignage de Tacite : « soient suhterraneos specus aperire, eosque insuper limo onerant, suffugium hiemi et receptaculum frugibus (1). »

« L'abbé Lebœuf, qui connaissait de pareilles excavations dans plus de 30 paroisses, depuis l'embouchure de la Somme jusqu'auprès de Péronne, supposait qu'elles avaient été pratiquées ou au moins considérablement agrandies aux IX« et X« siècles par les habitants du pays, afin de se mettre à couvert contre les Normands qui remontèrent souvent la Somme à cette époque; plusieurs antiquaires les regardent comme un ouvrage Gaulois, ce qui l'engage à les signaler sans toutefois se décider pour cette dernière opinion. » '

Nous avons déjà cité un Souterrain semblable à Aunay- (1) Tacit. de moribus Germaniœ^ cap. III.

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sotis^Aufleau; nous en trouverons un autre à Roinville, dont nous donnerons le ddssin.

Quant à Texistence de Garancières sous l'occupation romaine, elle ne peut-être révoquée en doute aujourd'hui, par suite de substructions antiques, découvertes en 1848, 1849 et 185Q, dans la contrée d«â HanU-d'Oisonville, h droiie et à gauche du chemin de Garancières à OisoQviile. En déblayant ces substruclions pour en extraire des pierres, on a exhumé dans les parcelles n»» 279, 347, 349 et-350du plan cadastral, section B, des tessons de potme, des débris de grosses tuiles creuses et de tuiles plates à rebords, une .paire de forces, beaucoup d'ossements d'animaux, elc, et onze grands bronzes romains très-oxydés dont deux seulement nous ont été remis, les autres ayant été dispersés. L'un de ces grands bronzes représentait la figure rf'Anfoni», avec légende et revers entièrement frustes. L'autre, de Posthume — légende de l'avers également fruste — représentait, au revers, l'Empereur entre deux soldats avec cette légende : a FIDES MILITVM. » On y a trouvé aussi divers ustensiles et vases, dont un en terre dite campana était parfaitement conservé ; il a été malheureusement brisé par des enfants auxquels on l'avait donné. — Dans les jardins et cours des maisons adjacentes à celle n» 172 de la section B, dans l'intérieur de Gai^ncières, on a également découvert des fondations d'antiques constructions Gallo- Romaines, desquelles on a exhumé une grande quantité de tuiles plates à rebords et de tessons de poterie.

1033-1069. — Guntard de Garawcières ayant été reçu dans la société des moines de Saint-Père, et admis par l'abbé Landry à la participation de leurs prières , en reconnaissance de cette faveur, leur donna un alleu à Abanville (1) et d'autres alleux à Rosai (2), du consentement et

(1) Hameau de Lévéville-Ia-Chenard.

(2) Hameau d*Ymonville.

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à la prière de Gaultier son fils. Il prit ensuite l'habit monastique, attendant la fin de sa vie :

c... Ego Guntardus de Garanceriis, omnibus tam presentibus quam futuris , et maxime monasterii Sancti-Petri Carnoti , curam gwentibus scripto notîficarî disposai , qtiô pacto societatem mohachorum ejusderâ loèi adepttis sim. Domnum enim Landrieum abbatem et fratres regiminis illius subditos adîi, et ab eis partîcipatîonéra oratiomim postulavi, Gujus rei gratia , aloduin anum silum in tilla que dicitur Abunvilla; itenque alios apud Rosetum, ticines terre beati Pétri , [ure hereditario , Galterii filii mei consensu et prece , dedi supraraemorato loco beati Pétri, apud quos factus monachus intransibilem vite terminum expecto (1)....

Guntard qui était chevalier, pataît cepéiidant ne pas être resté à Tabbaye, car il mourut dans sa maison comme nous rapprend la charte suivante :

Ant. a. 1080. — Nous voyons qu'étant sur le point de mourir, il députa vers le prieur de Saîtit-Père, le t)rianl de lui envoyer au plus vite un des moines de l'abbaye et de lui faire apporter l'habit monastique; ce qui fut fait. Guntard renouvela la donation dès alleux qu'il avait faite précédemment; mais il mourut avant d'avoir revêtu l'habit que le religieux lui avait apporté. Ce dernier fit transporter son corps à l'abbaye où on l'ensevelit honorablement parmi les moines. Au nombre des témoins figurent Hardouin, neveu de Guntard et Martin son éeuyer :

... « Quidam mites ^ nomine Guntardus de Garenceriis, ad nos mittit, obnixe petens ut sibi unum ex fralribus nostris confcite mitteremus. Qui cum ad eum venisset, et sciscitasset quid vellet : Ego, inquit , infirnaitate pressus qua et mori timeos , anmuente Domino ,

cupio fieri monachus Haec deniqne locutus, predictus hoïwo,

antequam habitum monachilem qui sibi ferebatur ab caenobio^indueret, viam universae carnis est ihgressus. Gujus glebam corporis

(1) Cart. de Saint-Père, p. 413.

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frater ville qui ad eam ierat assumens, ad monasterium detulit^ atque inter fratres monasterii bonorifice curavimus sepelire. Nomina vero testium praelibat» donationis voluimus subscribere. . . Harduinum, nepotem Gutardi ; MartiiAiffl^ armigerum ejos (1). >

1113-1128. -— Arnulphe ou Amoul de Garancières nous est connu par une contestation qu'il eut avec les religieux de Saint-Jean^ au sujet d'une ânée de terre que leur avait donnée Guy^ comte de Rochefort; il se démit de ses prétentions et reçut soixante sous :

a Istam unis asini terram quam Guide, cornes de Rnpe-Forti huic ecclesie dédit, Arnuifus de Garenceriis calnmpniabatur ,

quam tandem absolutam et quietam nobis concessit unde

sexaginta solides ab ecciesia recepit (2). >

Guérin, maire de Garancières, Chrétien Le Roux et Payen, ses parents, contestèrent aussi la possession de cette pièce de terre ; ils renoncèrent à leurs prétentions et reçurent 75 sous des religieux :

« Garinus, major Garenceriarum , et Crispianus Rnfus atque

Paganus , cognati ipsius Garioi dimiseruot calumpuiam unde

Lxxv solides babuerunt (3). >

1128. — Hugues de Garancières figure comme témoin d'une convention passée entre Thibault du Val-Gelé (4), et les religieux de Saint-Jean-en- Vallée, au sujet des possessions que l'abbaye avait à Montarville (5) :

« Conventionem cum Theobaldo de Valle-Gelata... Testes : Hugo de Garencerus (6). »

(1) Car t. de Saint-Père, p. 223.

(2) Tit. de l'abbaye de Saint-Jean. — Archiv. d'Eure-et-Loir.

(3) lit. de Tab. de Saint-Jean. — Archiv. d'Eure-et-Loir.

(4) Un quartier de la ville de Dreux porte le nom de Val-Gelé.

(5) Hameau de Sain ville.

(6) Arch. d'Eure-et-Loir. — F onds de Saint-Jean.

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Circaa. 1168. — Isnàrd d^ Garancières est citéeomme témoin dans une charte de Joscelin d'Aoneau en faveur de Fâbbayc des Vaux-de-Cemay : * Testes.,. Isnardns de GuA- BENCERIIS (1). >

1207. — Victor de Garancières figure comme caution d^une transaction passée entre le prieuré d' Anneau et Jehan, seigneur d'Oinville: € fide jussoreSy Vidunum de Garanceriis (2)... »

Le Polyptique de Téglise cathédrale de Chartres (an. 1300) mentionne à Garancières-en-Beauce, sur les confins de la prévôté de Nogent-le-Phaye et de la prébende dTmeray, une dîme de grains valant environ 20 livres, à prendre sur quelques terres à Garancières :

« Âpud Garanceyas'in-Belsia , in métis prepositare Nogenti- Fisci et prébende de Ymeriaco, est quedam décima grani super aliquas terras sitas circa Garenceyas;... que décima valet circa XX lib. »

Le Chapitre de Chartres avait encore à Garancières un muid de blé et 18 setiers d'avoine pour l'anniversaire de Regnault Paré :

c Anniversariam Raginaldi Pare, ad qubd habemus apud Garan-cerias-in-Belsia unum modium tritici et XVIU sextaria avene ad mensuram patrie pro impigneratione. >

Cette redevance était payée à la mesure de Garancières : c ad mensuram de Gahenceriis. »

ÉGLISE. — Le vocable de Saint-Etienne, patron de la piaroisse, indique Tancienneté de la fondation ecclésiastique de réglise. Le corps principal de Tédifice construit en moellons de maçonnerie avec baies, angles et contreforts en pierres de taille, comprend la nef et le chœur, du style ro^ nian de transition (X11I« siècle) ; il forme un rectangle de

(1) Gart. de Tabb. des Vaux-de-Cernay, tom. 1, p. 48.

(2) Tit. du prieuré d'Auneau. — Arch. d'Eure-et-Loir.

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28 mètreâ 80 de longaenr^ sur 9 met. ÎO de largeur. La sacristie, bfitie en bors d'œuvre (i met. sur 3 met. 80) oavre an nord dans le ohœur. A rextrémité nord de la nef se trouve rentrée du clocher accolé postérieurement à Téglise et dont la construction paraît remonter au XVI» siècle. Ce clocher connu dans le pays sous le nom de Tour de Garancières, dont nous donnons le dessin, est remarquable par son élévation (29 met. 40) et s'aperçoit de fort loin dans tous les environs. Cette tour formant un carré de cinq mètres, est construite en pierrres de taille avec contreforts s*élevant jusqu'au toit qui a 6 m. 90 d'élévation. Au quatrième angle se trouve une svelte tourelle contenant Tesealier ea pierre qui conduit au comble de la tour et de l'édifice. Le cadran de l'horloge est encastré dans une fenôlre géminée, située au troisième étage de la tour sous l'entablement. Sur la cloche on lit l'inscription suivante :

€ L'an 1836, je suis faite par les soins de M. P. Darien, curé de Garancières et bénite par lui, nommé Stéphanie par M. L. G. Vinet, et }i^ M. A. Pillas, en présence de M. G. Yinet, maire et par les bienfaits de M. le vicomte de Yilliers du Bemage, conseiller d'Etat, et sous l'invocation de Saint-Etienne^ patron de Garancières. — HUdebran, fondeur à Paris, >

La grande porte d'entrée ouvre à l'ouest de la nef; sa jolie baie à plein cintre est accostée de deux colonnes placées entre des piliers; elles soutiennent des arceaux cylindriques. A gauche se trouve une petite porte séparée de la grande par un contrefort terminé en larmier.

L'intérieur de l'église est éclairé par huit fenêtres à pleincintre garnies de verre blanc posé en petits losanges sur châssis de plomb. La nef et le chœur sont voûtés en lambris de planches de chêne. — Le maître autel, en chêne sculpté, date de la renaissance. Entre les quatre colonnes qui supportent l'entablement on remarque deux belles statues en bois.- — La chaire à prêcher, sculptée dans le même style.

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date de 1647. •— Les pierres tombales qui existaient dans l'église ont diparu lorsqu'on l'a restaurée en 1855.

L'église^ autrefois ceinte d'une muraille très épaisse^ a dû servir de châteavr-fort comme celle de FrancourvillQ et tant d'autres de cette contrée. La belle tourelle qui renferme Tescalier du clocher, percée de onze meurtrières dirigées vers la place ^ où aboutissent trois entrées de Garancières, en défendait rapproche de ce côté; deux autres entrées de Garancières, savoir: celle du \5ôté d'Oin ville et celle du côté d'AUainville, étaient protégées par deux petites tours forpaant les angles du mur d*encemte.

A quelle époque a-t-on cessé d'entretenir l'enceinte ainsi que les deux petites tours ? rien ne l'indique, mais on doit supposer que leur ruine date au moins de 200 ansj on remarque, en effet, dans les contreforts qui soutiennent le pan méridional de Téglise, des pierres de taille qui ont servi à former des meurtrières. Ce pan aura sans doute été réparé avec les débris du mur d'enceinte et des tours, à à une époque que l'on ne peut préciser.

A l'occasion du Jubilé de 1851, la paroisse a fait ériger une croix en fer ouvragé, placée aujourd'hui le long d'un chemin.

On conserve aux archives d'Eure-et-Loir quelques anciens titres et papiers concernant la fabrique de Garancièfes. — En 1710, un legs est fait à cette fabrique par Marie-Anne Granger demeurant chez madame de Chattonville, en la paroisse de Garancières-en-Beauce. >

Nous citerons encore un beau registre en parchemin, ainsi intitulé :

« Uan mil cinq cens et XIIIL

« Sensnyt le Registre de la déclaration des terres de l'église PARROCHIALLE DE SaINCT-ESTIENNE DE GARENTIÈRES

j^rès Authon en Beansse (1). »

(1) Village à 12 kil. de Dourdan. — (Seine-et Oise).

Le dernier acte est de 1630. — On y trouve mentionnés les champtiers du Parloir, de la Justice, la mare du Carcan,

La seconde partie de ce registre commence ainsi :

c Sensuyt le registre des rentes et revenuez donneez par testament et deuez par chescan an à la fabrique de ladite église. > Le dernier acte est de 1540.

Les registres de Tétat civil de Garancières remontent à 1679.

Au XII^ siècle la paroisse de Garancières était constituée. Un pouillé dressé vers 1250 la place dans le doyenné de Rochefort et lui donne 104 paroissiens. La cure, à la collation du grand archidiacre, valait 30 livres de revenu. Suivant un autre pouillé, publié en 1738, Garancières comptait 200 communiants et la cure rapportait 800 livres. Les recensements postérieurs lui donnent :

En 1826 306 habitants.

En 1836 291 —

En 1846 297 —

En 1856 317 —

En 1866 275 -

Ce dernier chiffre est ainsi réparti :

Maisons. Ménages. Habitants.

Garancières cheUien . ... 63 63 214

Sermonville (Hameau) ... 6 6 31

Totaux. . . 69 *'"69 ' 275

Depuis un demi siècle, la population de cette commune tend plutôt à diminuer qu'à augmenter. On attribue cette décroissance à la petite quantité de familles nombreuses, plus rares qu'autrefois, et au manque d'industrie dans les campagnes : d'un autre côté, la grande culture trouvant dans la looalité un nombre suffisant de bras pour la seconder offre peu de ressources aux nouveaux habitants qui viendraient s'y établir.

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' - 317 - Un ancien quartier de Garancières appelé le Grand-GauU, a été bâti sur des terrains autrefois en gast (terres incultes).

Sermonville. — Hameau situé à l'ouest et à 1,100 mètres de Garancières, était autrefois un fief vassal du Duché de Chartres, mentionné en 1623.

En 1528, nous trouvons un legs fait à la fabrique de Garancières par « Jehanne Francoys, femme de Pierre du Tau, son mary, demeurante à Sermonville , paroisse de Garencières (1). >

1645. — € Jehan Bouddon, recepveur de la terre et seigneurie de Sermonville, reçoit un legs fait à l'église et fabrique Monsieur Saint-Estienne de Garenlières (2). »

1687. — « Henry de Sabrevois, escuyer seigneur de Sermonville et autres lieux, demeurant audict Sermonville, exécuteur testamentaire de feu damoiselle Gabrielle Martin, veufve de deffunt Henry de Sabrevois, vivant escuyer, seigneur de Sermonville, de Bleury et autres lieux, ses père et mère (3). »

1688. — Un legs est fait à la fabrique de Garancières par « Henry de Briçonnet, sieur de Gassé, demeurant à Sermonville, paroisse de Garantières, et dame Charlotte de Languedoûe, sa femme (4). »

Sermonville possède un puits commun, de 30 mètres de profondeur et une mare communale.

Garancières est un pays de grande culture; les propriétés y sont si peu divisées, qu'elles ne donnent qu'une parcelle un tiers par hectare.

La marne que Ton exploite à ciel ouvert n'est pas aussi pure que celle des autres parties de la Beauce; elle se trouve mélangée avec moitié de terre.

H n'existe aucune usine sur le territoire de celte commune. Les femmes tricottent des bas et des chaussons de laine pour les marchands de Pussay et de Dourdan.

(i-2-3-4) Tit. de la fab. de Garancières. — Arehiv. d'Eure-et-Loir.

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GUÉ-DE-LONGROI (Le).

Au Moyen-Age, le Gué-de-Longroi était un « bon gros bourg bien peuplé, habité des plus belles maisons es dits lieux, et dépendant de la paroisse à'Ymeray, En 1790, lors de la Constitution première du département d'Eure-et-Loir, ce bourg fit partie de la commune de Saint-Cheron^U'- Chemin , qui appartint elle-même au canton de Gallardon. En 1801, Saint-Gheron-du-Ghemin et le Gué-de-Longroi, son annexe, passèrent dans le canton d'Anneau. Ce dernier état de choses dura jusqu'en 1838 ; une Ordonnance royale, en date du 5i mars, érigea le Gué-de-Lonyroi en commune et Saint-Cheron-dU'Chemin devint Fun de ses hameaux.

Le Gué-de-Longroi, situé dans une vallée riante et pittoresque, est traversé, du sud au nord, par la rivière de Voise (1) affluent de l'Eure. Cette rivière, plusieurs puits peu profonds et la fontaine d'Angle qui ne tarit jamais, fournissent abondamment aux besoins des habitants et des bestiaux.

Suivant la tradition, le Gué-de-Longroi aurait une origine toute royale, et devrait son nom à Philippe-le-Long, roi de France. Il est constant que cet ancien bourg fut privilégié de nos rois, mais on sait que Philippe-le-Long, né en 1294, monta sur le trône en 1316 et mourut en 1322; il faut donc, n'en déplaise à la tradition, assigner à ce lieu une autre étymologie indiquée par le nom même qu'il portait au commencement du XII« siècle. — vers 1200 — € Vadum de Loonrai, » c'est-à-dire le Gué-du-Long-Réage (réage, raie, sillon). Au Moyen-Age, un champ labouré en sillon « Ager strigatus » s'appelait Rigis. Ce nom est reproduit avec une légère variante dans celui que donne le Polyp-

(i) Voir ci*dessus, p. 155.

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tique de Chartres au lieu qui nous occupe : Yadum-Longi- Régis: nous retrouvons d'ailleurs cette étymologie dans le nom de Longréau, (Long-Réage) moulin situé à 400 mètres environ du Gué-de-Longroi. Une donation de 1603 énonce une mine de terre assise au terroir de Saint-Cheron-du- Ghemin, champtier de Longue-Ray e. On voyait aussi à Dreux le moulin des Longs-R^ages, aujourd'hui détruit* Nous citerons encore : c le champtier des Longs-Réages à Morainville et à Lélhuin; Les Longues-Raies (Longua-Raia), champtier au Grand-Maindreville^ commune de Fontenaysur-Eure; — Longrais (alias Longueraie et Longercde) ferme^ commune de Béthonvilliers; — et deux Lon(fueraye, anciens fiefs, communes de Gharpont et de Puiseux.

Le nom du Gué-de-Longroi peut encore venir du ruisseau de la toise qui traverse la commune du sud au nord : ce serait alors le Gué-du^Long-Ruisseau — « Yadum-Longi- Rigi ou Régi — Au Moyen-Age les mots Rigus et Reicus désignaient un ruisseau, un petit cours d'eau.

Outre les deux noms anciens du 6ué-de-Longroi que nous venons de citer, les chartes et les titres du Moyen- Age en fournissent d'autres qui ne sont que des variantes : Yadum-de-Longo-Rege ; Vadum-Longi-Rogerii ; Le Gué-dU" Lauroy (1349); Le Guié-de-Leurroy (1350); Lon^oy (vers 4450); Lourray (1471); Lorroy, Longum-Regis, Le Guayde-Loray (Ul^),

1300. — Le chapitre Notre-Dame de Chartres avait au Gué-de-Longroi, dépendant de la mairie dTmeray, 12 sous de surcens perpétuel à prendre sur une maison joignant celle de Guillot-Havard ;

< Apud Vadum-Longi-Regis , in majoria Yijoeriad, habet capitulum xn sol. supercensus perpetui super quadam domo sita juxta domum Guiloti Havart (1). >

(1) Cartiil. N.-D. - tome n, p. 332, 333.

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La culture des terres et de la vigne y était déjà pratiquée à cette époque, car le même Chapitre avait le tiers des dîmes en grain et en vin sur les terres et vignes de Bleury et du Gué-de-Longroi, situées sur les confins de la mairie d'Ymeray :

« Âpud Bluriacum, in métis majorie de Ymeriaco, est quedam décima grani et vini super terris et vineis sitis apud Bluriacum et Vadum-de-Longo-Rege , ubi capitulum habet terciam partem (1). >

Le même Chapitre avait encore à prendre dans la prébende d'Ymeray : — Cent dix sous payés par Ymeray et cinquaq^e-deux sous six deniers par le Gué-de-Longroi, dont treize deniers pour la terre du Diable :

c In prebenda de Ymereyo , Ymereium reddit ex sol.; Vadum-- Longi-Rogerii lu sol. vi den., de quibus cadunt xni den. pro terra que vocatur Diaboli (2) . »

Ante a. 4326. — Pierre-le-Riche, prêtre-chanoine et sousdoyen de l'église cathédrale de Chartres, fonda la chapelle du Gué-de-Longroi, qui fût appelée depuis: la chapelle Notre-Dame-des-Vertus :

« Anniversarium Pelri Divitis, presbiteri canoniei et subdecani , qui Capellam de Vado-Longi-Regis fundavit (3). »

Pierre-le-Riche mourut le 2 des calendes de juin (31 mai) i326, et fit à réglise N.-D. de Chartres de grandes libéralités au nombre desquelles figurent vingt livres de revenu pour la chapelle du Gué-de-Longroi :

« II Kaleudas Junii , Anno Domini M^ CCC^ vicesimo sexto , in senectute bona y obiit magne sapientie et discretionis vir, Petros Divitis, presbiter, Senonensis dyocesis oriundus, subdecanus Carnotensis . . . assignate fuerunt xx libre redditus pro capella de Vado- Longi'Regis ... (4). » .

(1) Voir la note ci-dessus , p. 319.

(2) Ibid., p. 393.

(3) Cari. N.-D. — tome III, p. 79.

(4) Cart. N.-D., tome III, p. 122.

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1426. — Uabbaye de Saint-Gheron avait encore an Guéde-Longroi divers cens et rentes provenant de la donation faite par Pasquier Chaillou, bourgeois de Chartres, suivant son acte testamentaire reçu par rofficial de la cour épiscopale de Chartres, en 1421 ; savoir :

c La moitié de soixante soulz tournois de cens deubz le jour Saint-Rémi au Gué-de-Longroy, portant gans, ventes et amendes par deifaut de paiement, selon la coustume du pays, tenuz en fief partie du seigneur de Marly et partie de Pierre de Sonchamps, chargez de cinq soulz tournois de rente envers le prieur de Saint-Cheron,

» Item, la moitié de douze livres tournois de rente que estoit tenu faire et paier chacun an Geuffroy-Aubry audit eu Chalou, à cause de la prinse d'une maison, jardin et aulnoys assis audit lieu de Gué-de-Longroy, en laquelle maison pendoit Yenseigne de la Corne-de-Cerf,

> Item, la moitié de quatre livres diz soulz tournois de rente que lui estoit tenu faire et paier Pierre Le Maistre et Marguei;lte sa femme dudit lieu de Gué-de-Longroy, à cause d'une maison, verger et rivière devant ycelle maison, assiz

audit lieu Donné à Chartres le lundy xxij* jour de

juillet Tan de grâce mil quatre cent vint six (1). >

1487. — « Jehan Lespaix demeurant au Gué-de-Longroy, recognoit et confesse avoir prins et retenu à rente annuelle et perpétuelle des religieux abbé et couvent de Saint-Cheron près Chartres,. de Tordre de S. Augustin, unes mazures où. soulloit avoir maison, cours et verger en ung tenant assiz aud. lieu du Gué-de-Longroy, pour le prix et somme de trois solz tournois de rente annuelle et perpétuelle. — Item, ung petit aulnoy en jardin assis aud. lieu. Lettres données le jeudi vingt -cinquiesme jour d'octobre, l'an mil CCCC. quatre-vingts et sept (2). >

(1-2) Arch. d'Eure-et-Loir — fonds de Saint-Cheron.

La proximité de deux places fortes^ GeMardon et iltin^ti^ dont le Gaé-de*LoDgroi est éloigné de 15 kilomètres^ en firent souvent le séjour des troupes belligérantes au XY« et au XVI* siècle. C'était alors une ville fortifiée que mentionne une charte de 1489 : c in oppido du Gué-de-Lùngroy (\). >

Sous Charles V et Charles VII, elle eut beaucoup à souffrir des guerres de cette époque désastreuse.

En 1545, nous voyons que les habitants étaient impuissants de fournir les aides et subventions que les rois de France en avaient jusque là reçues. Le seigneur du Gué-de- Longroi, voulant remédier à ce déplorable état de choses, obtint de François I" les Lettres patentes qui suivent, portant :

1° Création d'un marché hebdomadaire et de deux foires annuelles;

2^ Autorisation aux manans , sujets et habîtans du Guéde-Longroi, de lever sur eux une somme de 1,200 livres (environ 5,400 fr. de notre monnaie) pour faire les clôtures, forteresses et fortifications nécessaires à la défense de ce bourg.

« FRANÇOIS par la grâce de Dieu, roy de France, à

tous présents et à venir savoir faisons : Charles de Boullehard, seigneur de Moncelant et du Gué-de-Longroi en partie et es environs du dit Longroi nous a exposé :

» Que le Gué-de-Longroi est un bons gros bourg bienpeupléy habité des plus belles maisons es dits lieux, assis sur le chemin de Bretagne, Anjou, Poitou, le Maine, le Perche, Chartres et Paris, par lequel passe grand nombre de gens, voitures et marchandises de toutes sortes venant des dits pays à Paris et retournant de Paris es dits lieux.

(1) Voir plus loin l'extrait de cette charte à l'article de Saint-Cheron-du-Ghemin,

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» Et qae^ pour les pilleries^ fourberies, oppressions, invasions, excès et outrages qui par cy devant leur OQt été faits par les gens de guerre, aventuriers, pilleurs, coureurs et autres gens de mauvaise vie qui s'assemblent ordinairement et passent en grandes bandes et compagnies aujLquels les dits habitants ont jusqu'à présent été exposés sans pouvoir obvier, il feroit volontiers clore et fermer le dit bourg de murailles, fossés, portes, tours et tourelles, ponts levis et autres forteresses pour leur sûreté et protection sans laquelle ils s'en vont en Brest (1) ruinés et impuissants de fournir les aides et subventions que par ci-devant nous avons reçu d'eux et que nous recevrons quand il nous plaira leur ordonner, mais il doute qu'il ne leur fut permis ainsi de faire si il n'avoit sur ce expresse déclaration de notre vouloir, et lettres sur ce expédiées de notre consentement, grâce octroyée et permission.

0 Et d'abondant, nous a le dit Boullebard fait requérir et supplier, que pour le bien, profit et commodité du lieu et pour décoration et illustration de sa maison, notre plaisir fut de donner et octroyer au dit lieu un marché de chacune semaine aiï jour du samedi et deux foires l'an, une le jour de Saint-Michel, vingt-neuf septembre, et l'autre le jour de Saint-Nicolas» sixième décembre. En quoi faisant les dits habitants auront meilleur moyen eux, relever des pertes qu'ils ont souffertes par le passage des dits gens de guerre et autres affaires et nécessités permises en guerre, et à l'avenir nous aider ainsi qu'ils en ont bonne volonté.

« Pour ce esMl que, nous inclinant à la supplication et requit du dit Boullebard et en faveur et considération d^s bons, grands et recommandables services que nous avons reçus de lui et de ses prédécesseurs, tant au fait de nos guerres que autre chose es quelles les avons employés et espérons aussi que lui et ses successeurs nous ferons p^r €i-après, AVONS aux dits habitants PERMIS ET OCTROYÉ

(1) Ils quittent le pays.

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PERMETTONS ET OCTROYONS, quHls puissent à leur lùisir faire clore et fermer le dit bourg et lieu du Gué-de-Longrol de murs, fossés, tours, tourelles, voiries, pavillons ^ portes, pontS'levis et autres défenses et forteresses, etc., qu'ils aviseront bien être; pour ce faire, prendre les maisons , Jardins, terres, pour prendre et conduire les fossés et murailles ainsi qu'ils aviseront pour le mieux, en remboursant et dédommageant de l'intérêt raisonnable les propriétaires des dites maisons, terres et jardins au dire des gens à ce connaissant et discrétions de justice. Et outre pour les frais qu'il conviendra faire à la dite clôture , forteresse et fortification du dit lieu, puissent eux assembler et sur eux imposer à une ou plusieurs fois telle somme de deniers qu'ils verront le pouvoir faire , et que pour ce être de besoin, pourvu toutefois que ce soit de consentement et accord des dits habitants ou de la plus grande et saine partie d'iceulx, et que les dits deniers seront mis entre mains de quelque bon et notable personnage restant et suffisamment solvable, qui en rendra compte et reliquat par devant le baiUy de Chartres, ou son lieutenant, appelés nos avocats et procureurs du dit bailly, et aussi pour ce nos deniers n'en seront diminués, relardés "ou empêchés aucunement.

» Et d'abondant, en faveur et contemplation du dit de BouUehard, AVONS CRÉÉ, ORDONNÉ ET ÉTABLI, CRÉONS, ORDONNONS ET ÉTABLISSONS au dit lieu du bourg du Gué-de-Longroi, un marché par chaque semaine, et deux foires par chacun an; c'est à savoir : le marché au jour du samedi de chacune semaine, et les dites foires, aux dits jours de Saint-Michel et de Saint-Nicolas, respectivement commençant la première des dites foires au jour dç la Saint-Michel, la seconde au jour de la Saint-Nicolas pro- ' chaîne, venant. Et pour la tenue et exercice des dites foires et marché, avons au dit sieur de BouUehard, permis et octroyé , permettons et octroyons qu'il puisse à son loisir désigner, ordonner le lieu, place et endroit en la dite ville qu'il verra être plus propre pour sa maison ^ profit et com-

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modité de ses sujets et habitans du dit lieu, et en icelui lieu faire dresser^ planter et élever étaux^ bancs et autres , édifices pour la commodité des marchands qui fréquenteront les dites foires et marchés, ainsi qu'il verra et avisera bon être^ pourvu toutefois qu'es dits jours n'y eut autre foire et marché à quatre lieues à la ronde.

> Si mandons en mandement au bailly de Chartres ou son lieutenant que de nos présents octroy et permission de clôture, création et établissement de foires et marchés et de tout le contenu en ces dites présentes, il fasse le dit sieur Boullehard, manans, sujets et habitants du dit lieu du Gué-de-Longroi jouir et user pleinement, paisiblement et entièrement, contraignant à ce faire et souffrir tous ceux qu'il appartiendra et qui pour ce seront à ce contraints par toute voie due et raisonnable. Et mêmement les dits habitants à payer les deniers qui pour les dites clôtures, forteresses et fortifications seront mis et imposés sur eux de leur dit consentement ou de la plus grande et plus saine partie des habitants, et pour la démolition de leurs maisons et ouvertures de leurs terres, jardins, réimposition raisonnable préalablement faite par justice ou composition certaine et, nonobstant opposition ou appellation quelconque, en quoi ne voulons être différé.

> MANDONS en outre que les dites foires et marchés et leurs jours de chacune d'iceux, il fasse crier et publier à son de trompe et es lieux que bon lui semblera, de laquelle liberté que lui avons faite et à ses sujets, en sa faveur, il puisse jouir et user entièrement et sans aucun contredit et empêchement, et si aucun lui était fait, le faire réparer et mettre en son état et don, car tel est notre plaisir. Et afin que ce soit chose ferme et stable à toujours, nous avons fait mettre notre scel à ces présentes, sauf en autre chose notre droit, à autrui en toutes.

i> Donné à Paris au mois de janvier, l'an de grâce mil cinq cens quarante-cinq et de notre règne le trente-deuxième.

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» Par le Roi^ rÉvèqae de Rieox^ maUre des requêtes ordinaires de Thôtel présent, CorUeraor (1) HurauU (2). >

Les elôtures et fortifications étaient déjà conimeneées lors(|ae François l" mourut en 1547, mais alors il s'éleva une discussion au sujet de Timposition de la somme de 4,200 livres. Les propriétaires, non résidants au Gué^e- Longroi, prétendirent qu'ils n'avaient point été appelés à ladite assiette et qu'ainsi ils ne devaient point payer leur part de la cote imposée à cet effet.

Les habitants du Gué-de-Longroi eurent recours à Henri IL qui venait de succéder à son père sur le trône de France, et obtinrent de lui les TMtres patentes qui suivent, par lesquelles il confirme celles de François I«', et autorise les habitants du Gué-de-Longroi à faire contribuer les propriétaires non résidants pour leur part et portion dans ladite somme de 1,200 livres.

f HENRY, par la grâce de Dieu, roy de France, à tous ceux qui ces présentes lettres verront, salut: Nos trèschers et bien-aimés, les manants et habitants du Gué-de- Longrol, nous ont fait dire et remontrer que, au mois de janvier, an mil cinq cent quarante-cinq, feu notre trèshonoré seigneur et père que Dieu absolve, leur a permis et octroyé, entre autres choses, qu'ils puissent et leur fut loisible, faire clore et fermer ledit bourg de Longroy de murs et fossés, tours et tourelles, pavillons, portes, pontslevis et autres défenses, et imposer sur eux à une ou plusieurs fois, les sommes et deniers requis et nécessaires pour ladite clôture, pourvu toutefois que ce fût du consen-

(1) Mot famitier aux notaires et par lequel Us déclaraient que ks droits étaient payés et qu'Us étaient contents. < Vox notariis usitata, qua jura eisoluta esse et se contentos profitebantur. » Gall. Droits de registre. V. du Gange.

(2) Extrait des archives de la commune du Gué-de-Longroi ; an bas est écrit: « Martin Ringuenaire^ qui a transcrit le papier de M, Fontenelle en i76S, »

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tement et accord des habitants ou de la plus grande et saine partie d'iceux, ainsi qu'il est plus au long contmia et déclaré en leurs lettres qui en furent expédiées^ attachées avec le présent sous le contre-scel de notre chancellerie^ lesquelles du consentement desdits manans et habitants ou de la plus grande partie dlceux^ ont été vues, vérifiées et entérinées par le bailly de Chartres ou son lieutenant auquel elles sont adressantes, ainsi qu'il lui est mandé par icelles, après avoir vu le rapport des naaîtres charpentiers et maçons, commis à voir et visiter les lieux, et places plus commodes à faire ladite clôture et la prisée et estimation de ce qu'elle pourrait coûter, aurait ordonné, OUI sur ce notre avocat audit bailliage, le procureur absent, que la somme de douze cents livres tournois seroit imposée, assise et cotisée sur lesdits manans et habitants, le fort ' portant le faible, le plus justement et également que faire, se pourroit, pour être la dite somme .convertie et employée à la dite clôture et fortiûcations, sauf de leur permettre par après de lever sur eux plus grande somme, si la dite somme de douze cents livres n'y suffî^oit, laquelle suivant ce que dit est auroit élé assise, départie et égalée par les agens à ce faire élus et nommés par les habitants, et le Tôle dlcelle assiette présenté au dit bailly de Chartres ou son lieutenant qui auroient décerné commission pour contraindre les dénommés en icelui rôle et pour les sommes de deniers à quoi chacun d'eux respectivement étoit cotisé et imposé. Ce qu'ils auroient fait, fors et excepté ceux qui ont été assis et cotisés à la contribution de la dite clôture pour le regard des maisons, granges, étables et autres biens et héritages qu'ils tiennent, possèdent et leur appartiennent de dans l'enclos et ceinture du dit Gué-de-Longroi : lesquels encore bien que la dite clôture leur soit utile et profitable pour la sûreté et conservation de leurs dits biens, ou aucun d'eux, ont été ou sont refusant de payer leur dite cote imposée, sous ombre qu'ils disent n'être résidants ni demeurant au dit Longroi et qu'ils n'ont donné consen-

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tementàla dite clôture^ ni été appelés à la dite assiette; à Toccasion de quoi se sont mus et pourroient ci-après se mouvoir quelques débats, procès et différents entre les dits habitants et propriétaires qui seroient pour prendre longue retraite à leur grand préjudice et dommages, et au retardement de la clôture, jà commencée si nous ne faisions sur ce, déclaration de nos vouloirs et intentions.

» Pour ce est-il que NOUS, voulant et désirant les dits octroy et permission avoir lieu et sortir leur plein et entier effet, AVONS de notre certaine et pleine puissance et autorité royale DIT ET DÉCLARÉ, DISONS ET DECLARONS que notre vouloir et intention est que les propriétaires des maisons, héritages et biens immeubles assis au dit Longroi et en Fenclos d'ycelui frayent et contribuent pour le regard d'ycelui payement de la dite somme de douze cents livres . tournois et autre somme de deniers qu'il conviendra lever' pour la dite clôture,. encore qu'ils ne soient demeurants, ou résidants au dit Longroi, et à ce faire et souffrir soient contraints par toutes voies et manières dues et raisonnables, nonobstant oppositions, appellations quelconques ef sans préjudice d'ycelles, pour lesquelles ne voulons être différé; et si aucune exécution ou saisie ont été ou sont commencées à faire au moyen des dites lettres contre les susdits propriétaires, ou aucun d'y ceux pour raison de la dite contribution, nous voulons ycelles sortir leur plein et entier effet, nonobstant comme dessus, et quelconques ordonnances, restrictions, mandements, défenses et lettres à ce contraires.

> Donné à Fontainebleau le vingt-deuxième jour de mars, Tan de grâce mil cinq cens quarante-sept et de notre règne le premier.

» Par le Roi en son Conseil.

» De r Aube-Épine, avec paraphe (1). >

(l) Extrait des archives de la mairie du Gué-de-Longroi ; au bas est écrit : « Fait par moi Martin-Ringuenoire ^ vigneron au Gué-ie-

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Les guerres de religion et la persécution des réformés signalèrent le règne de Henri II, mort le 10 juillet 1559. François II, qui lui succéda, ne régna que dix-sept mois et vingt-cinq jours, et cependant il eut le temps de voir se former les divers partis qui allaient faire de l'histoire de la France, dans la seconde moitié du XVI« siècle, un drame sanglant de trente années. Les troubles dont la France fut alors agitée, et les combats incessants dont notre contrée fut le théâtre (1), retardèrent sans doute les travaux de clôture et de fortifications du Gué-de-Longroi, car ces travaux commencés en 1547 n'étaient pas encore achevés en 1571, plus de vingt-quatre ans après, sous le règne de Charles ÏX. Nous voyons en effet ce prince donner, le 27 juillet de cette année, les lettres patentes qui suivent, et par lesquelles il permet aux habitants du Gué-de-Longroi de lever sur eux une somme de 500 livres (environ 2,250 fr. de notre monnaie) pour achever la clôture et fortification du bourg qui était alors, disent ces lettres, plus qu'à moitié faite et en bon état.

€ CHARLES par la grâce de Dieu, roy de France, au bailli de Chartres ou son lieutenant, salut :

» Nos chers et bien-aimés les manans et habitants du Gué-de-Longroi nous ont fait remontrer que dès le mois de janvier mil cinq cent quarante-cinq, feu notre très-cher honoré seigneur et ayeul le roi François premier, que Dieu absolve, leur permit et octroya entre autres choses qu'ils puissent et leur fut loisible faire clore et fermer le dit lieu du Gué-de-Longroy de murs et fossés, tours et tourelles, pavillons, portes, ponts-levis et autres défenses, et imposer sur eux à une ou plusieurs fois, les sommes de

Longroiy paroisse de Bleury, en 476S, — C'est sans doute par erreur que le Gué-de-Longroi est indiqué ici comme dépendant de Bleury, au lieu d'Ymeray dont il faisait alors partie.

(i) En 1562, le prince de Gondé s'empara de Gallardon, lors des guerres de religion.

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deniers requises et nécessaires pour ladite clôture, pourvu que ce fût de leur consentement ainsi qu'il est plus au long contenu et déclaré tant par. les lettres que notre dit seigneur ayeul leur en fit lors expédier^ à vous adressantes, que par autres lettres de déclarations de feu notre trèshonoré seigneur et père le roi Henri, du vingt-deuxième mars mil cinq cent quarante-sept; lesquelles vous avez par votre sentence vérifiées et enterrinées, ainsi qu'il vous étoît mandé par ycelles, et ce faisant^ après avoir vu le rapport des maîtres charpentiers et maçons commis à voir et vérifier les lieux et places plus commodes à faire la dite clôture, et la prisée et estimation de ce qu'elle ponrroit coûter, ORDONNÉ, oui sur ce notre avocat ou procureur au dit bailliage, que la somme de douze cents livres tournois, seroit imposée et cotisée sur lesdits habitants, le fort portant le faible le plus justement et également que faire se pourroit, pour être convertie et employée à la dite clôture et fortification, sauf de leur permettre après de lever sur eux plus grande somme si celle desdits douze cents livres ne suflasoit : Laquelle à ce moyen aurait été départie et levée sur lesdits habitants et du tout employée à ladite clôture et fortification, en sorte qu'elle est maintenant plus qu'à demi faite et en fort bon état, et néanmoins n'a pu et ne peut ycelle somme suflare à la parachever. Ainsi convient encore pour ce faire, employer jusqu'à la somme de cinq cents livres tournois ou environ que les dits habitants vous requéreroient volontiers à présent leur permettre lever sur eux, suivant lesd. lettres de nosd. feu seigneur ayeul et votre ditte sentence sur ycelles, mais ils doutent que ne veuillez faire quelque difficulté, otant seulement les défenses générales par nous faites de lever aucuns deniers sur nos sujets sans notre licence et congé qui leur rapporteroit un dommage inestimable outre ce que fis ont jà fût et employé à ladite clôture et fortifications leur seroit nuisible et de nul profit, si par nous ne leur était subvenu, nous requérant très humblement à ces fins nos lettres et

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provision. Pourquoi^ NOUS> ce considéré^ désirant donner aux d. habitans moyen d'accomplir et parachever selon leur dessein la dite clôture et fortifications , VOUS MAN- DONS, COMMETTONS et très-expressément ENJOIGNONS par ces présentes que, si notre Procureur ouï, il nous appert sommairement de ladite permission octroyée dès Tan 1545 par notre d. feu seigneur et ayenl auxd. habitants de clore et fortifier led. lieu du Gué-de-Longroi et imposer sur eux et chacun d'eux à une ou plusieurs fois les deniers à ce requis et nécessaires que par votre sentence vous avei dès lors vérifié lesd. lettres et suivant ycelles permis auxd. habilans lever sur eux la d. somme de 1,200 livres, sauf où il ne suifiroit à en lever par après plus grande que lad. somme levée ait été du tout employée à ladite clôture et fortification et néanmoins ne suflase, ainsy convienne encore pour la parachever, employer jusqu'à ladite somme de 600 livres tournois ou environ ou de tant que suffire doive, vous en ce cas, et en suivant les dites lettres de nos feu seigneur ayeul et père et votre dite sentence, permettiez aux dits exposants et auxquels au d. cas avons permis et permettons par ces présentes, imposer, départir et faire lever sur eux et chacun d'eux le fort portant le faible, le plus justement et également que faire se pourra, ycelle somme de cinq cents livres tournois pour l'employer et convertir au parachèvement de la dite clôture et fortification et non ailleurs ni en autre effet, sous peine de nous en prendre aux ordinateurs en leur propre et privé nom, et à ce faire et obéir contraignez ou faites contraindre de par nous, tous ceux qu'il appartiendra par toutes voies dues et raisonnables, ainsi qu'il est porté par les dites lettres de nos dits feu seigneur ayeul et père, nonobstant oppositions ou appellations quelconques pour lesquelles et sans préjudice d'ycelles ne voulons être différé, pourvu toutefois que la plus grande et plus saine partie desdits habitants se soit à ce consenti ou consente, que nos deniers n'en soient retardés ni diminués, et que celui qui recevra et aura le

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maniement et administration desdits deniers^ sera tenu d'en rendre bon compte et reliquat, si quelqu'un y a d'y ceux, vous, notre procureur et desdits habitants présents^ car tel est notre plaisir, nonobstant comme dessus et quelconques ordonnances, restrictions, mandements, défenses et lettres à ce contraires; de ce faire nous donnons plein pouvoir, puissance, autorité, commission et mandements spécial par ces dites présentes. MANDONS ET COMMAN- DONS à tous nos justiciers, oflaciers et sujets à vous et vos commis en ce faisant obéir.

ï Donné à Paris le vingl-septième jour de juillet l'an de grâce mil cinq cens soixante et onze et de notre règne le onzième.

» Par le Conseil

» TÉHEILEMENT (4). >

Après la mort de Charles IX, les habitants du Gué-de- Longroi eurent encore besoin de recourir à la protection royale pour continuer leurs travaux, car ils obtinrent de Henri III les lettres patentes suivantes, datées du 34 mars 1577 et confirmatives des précédentes :

« HENRY, parla grâce de Dieu, roy de France et de Pologne, au bailly de Chartres ou son lieutenant, salut: NOUS vous MANDONS et COMMETTONS et très- expressément ENJOIGNONS par ces présentes recevoir nos chers et bien aimés les manans et habitants de Longroi, à vons présenter les lettres patentes ci-altachées sous notre contrescel par eux obtenues de feu notre très-cher et très-aimé seigneur et frère le roi Charles dernier, décédé, que Dieu absolve, dès le vingt-septième juillet mil cinq cens soixanteonze et ce faisant, procéder à l'entérinement et vérification d'ycelles et les faire jouir de leur contenu pleinement et paisiblement; ainsi que par lesdites lettres est porté et avons mandé, et que eussiez fait et feriez si elles eussent

(1) Extrait des archives de la commune du Gué-de-Longroi.

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été ou étoient octroyées par nous Repais notre avènement à la couronne et à vous présentées de dans temps dus et nonobstant leur surannation que ne voulons aux dits habitants aucunement nuire, ni préjudicier, et, dpnt en tant que besoin seroit, les avons relevés et relevons de grâce spéciale par ces présentes, car tel est notre plaisir, nonobstant quelconques lettres à ce contraires; de ce faire, vous donnons plein pouvoir, puissance, autorité, commission et mandement spécial. MANDONS ET COMMANDONS à tous nos justiciers, officiers et sujets, à vous en ce faisant obéir.

> Donné à Paris, le pénultième jour de mars. Tan de grâce mil cinq cens soixante dix sept et de notre règne le troisième (1).

Henri III ne se borna pas aux lettres patentes qui précèdent en faveur des habitants du Gué-de-Longroi. Trois ans après il leur donna une autre marque de sa royale protection et de sa bienveillance, en leur octroyant rétablissement à'un marché et deux foires :

« HENRY, par la grâce de Diei;i, roy de France et de Pologne, à tous présents et à venir, salut : Nos chiers et bien amez les manàns et habitants du bourg et ville du Gué-de- Longroy nous ont très-humblement fait remonstrer que led. lieu de Longroy est un bon et gros bourg d'os et enuironné de murailles et fossez, bien peuplé et habité, basty de plusieurs et belles maisons et édifices, assis en bon et fertille pais sur le chemin de Bretaigne, Aniou, Poitou, le Maine, Perche, Chartres et Paris, par lequel passent ordinairement grand nombre de gens tant marchands que autres auec

(1) Au bas de la copie de ces lettres qai existe aux archives de la commune du Gué-de-Longroi , on lit ces mots :

< Écrit par Martin Ringuenoire qui a trouvé cela dans les écritures de M, Fontenelle cy devant chapelain de notre ehappelle du Gué de Longroi. — Fait le H mars 476S, »

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voictores et marchandises de touttes sortes venans desd. pays à Paris et retonmans de Paris esd. lienx. Pins y a de dans led. bourg plusieurs hostelleries pour y loger être, cepuoir les marchands allans et trafflcquans de bestail grc et menu et autres marchandises en diuers lieux ^ et qv pour décorer led. lieu et bourg du Gué-de-Longroi, il no plaist y establir un marché la sepmaîne^ ensemble detu foires par an à tel jour que nous aviserons. A SCAUOIR faisons que NOUS inclinant liberalie à la suplication et re- 4iuête desd. habitants et pour autres bonnes et grandes considérations à ce nous mouvant^ AUONS au d. lieu et bourg du Gué-de-Longroy, CRÉÉ, ORDONNÉ et ESTABLY et par ces présentes CRÉONS, ORDONNONS et ESTABUS- SONS un marché au jour de samedy chacune sepmaine et 4eux foires par an, assavoir. Tune le;owr et feste de Saint- Barnabe, au mois de juin, et l'autre le;oMr et feste Saint" Nicollas d'hiver, au mois de X»»«; auxquels marché et foires tous marchands et autres puissent hanter et trafiquer, vendre, débiter et trocquer touttes sortes de marchandises li cites et honnestes et tout ainsy qu'il est accoustumé fair en autres lieux de nostre Royaume où il y a foires et mar chez, pourveu qu'il n'y ait aux d. jours autres marchez et foires à plus de quatre lieues à l'environ du d. lieu et bour. du Gué-de-Longroy auxquelles ces présentes puissent pré judicier. SY MANDONS et donnons en mandement au bailly de Chartres ou son lieutenant et à tous nos autres justiciers et officiers qu'il appartiendra, que ces présentes ilz fassen lire, publier et enregistrer partout où il apartiendra et dr contenu jouir et user plainement et paisiblement les d. ha- 1 bitants et leurs successeurs perpétueUement à tousiours cessant et faisant cesser tous troubles et empeschements au ; contraire. Leur permettant en outre de faire construire, édifier et bastir halles, étauxet boutiques pour la commodité des marchands fréquentans et trafiquants èsd. foires et marché en tel nombre qu'ilz verront bon estre. Car tel es notre plaisir. Et afin que ce soit chose ferme et stable à

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Avec Vinci-

A. Ancienne chapelle du château démolie en.

B. Emplacement du château détruit en majex:

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