‹ Documents historiques et statistiques sur les communes du canton d'Auneau, arrondissement de ChartresChapitre 30 sur 36 · CAESAR PONT. MAX · texte numérisé non relu

CAESAR PONT. MAX

Revers, — Autel de Lyon. Sans légende, A l'exergue : ROM. ET. AVG.

M. B. NÉRON (1). —Avers, —Tête l-aurée à gauche.... NERO CAESAR AVG. P. MAX. TR. POT.

Revers. — Génie ailé portant un globe.

S, G. Sans légende.

M. B. — Avers, — Tête laurée de Néron à droite :

légende fruste.

Revers, — Temple de Janus. Légende fruste,

M. B. Trajan (2). — Avers, — Tête laurée à droite : IMP. CAES. NERVA TRAIAN. AVG. GERM. PP.

Revers. — Victoire volant à gauche , la ' main appuyée sur les reins et tenant de la main droite un globe sur lequel est écrit : S* P. Q. R. Dans le champ : SG. Légende : TR. POT. COS. IL P. P.

G. B. ^DRiEN (3). •— Avers, — Tête laurée à droite....

lANVS.

Revers entièrement frmte,

G. B. Antonin-Pie (4). — Avers. — Tête laurée à droite ANTONINVS. AVG. PIVS. P. P. IMP. IL

(1) Successeur de Glaudius, Tan de J.-G. 54.

(2) Empereur, l'an de J.-C. 98.

(3) Succède à son oncle Trajan, l'an de J.-C. 117.

(4) Antonin-Pie ou le Pieux , ayant été adopté par Adrien , lui succéda (an de J.-C. 138). On lui donna le nom de Pieux , parce qu'à son avènement à l'Empire, il pardonna à tous les criminels. Dans la quinzième année de son règne , U arrêta, par un édit spécial, la persécution des ehrétiens.

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Revers, — Femme drapée et debout, le pied gauche appuyé sur une proue de vaisseau, tient de la main droite un gouvernail appuyé sur un globe : TR. POT.... COS.

M. B. — Plusieurs moyens bronzes d*Antonin, en-

tièrement frmtes.

G. B. Lucius-Verus (1). — Avers. —Tête barbue et laurée, à droite : L. AVREL. VERUS. AUG. ..

Revers, — Génie ailé et debout écrivant sur un bouclier posé sur un tronc d'arbre : TR. P. IIII IMP. IL COS IL Dans le champ :

se.

G. B. Marc-Aurèle (3). r- Avers. — Tête laurée et barbue (2) à droite : M. ANTONINVS AVGVS. TR. P.

Revers, — Génie ailé et debout écrivant : VIG. GER. Sur un bouclier posé sur un tronc d'arbre : P. M. IMP. COS. III. Dans

le champ : S. C.

G. B. — Avers. — Tête laurée et barbue à

droite:.... AVREL. ANTONINUS....

Revers. — L'empereur et Vérus (4) assis sur une estrade; un personnage est debout devant eux et un autre monte sur l'estrade. Légende fruste.

(1) Lucius- Vérus el Marc*Aurèle , adoptés par Antonin-le-Pleux, lai succédèrent (an de J.-C. 161).

(2) Cette pièce est d'une belle conservation.

(3) Après la mort de Lucius-Vérus , Marc-Aurèle régna seul (an de J.-C. 169).

G. B. Faustine jeune (1). — Avers. — Tête à droite : FAUS- TINA....

Bevers. — Femme drapée et debout, V tenant de la main droite une patère (2), et

• de la gauche une haste (3) ; un paon est à ses pieds. Dans le champ : S. C. — Légende fruste.

M. B. — Quelques moyens bronzes de Faustine

jeune, entièrement frustes.

G. B. LuciLLE (4). — Entièrement fruste, ; on ne peut reconnaître que la tête.

G. B. Commode (5). — Avers. — Tête barbue et radiée à droite.... FELIX AVG. BRÏT.

Revers. ~ Jupiter, nu et debout, tient la foudre de la main droite et de la gauche une haste. Dans le champ : S. G. — Légende fruste.

M. B. — Avers. — Tête barbue et radiée à droite.

Légende fruste.

Revers. — Femme drapée, assise sur une chaise, tient de la main droite un gou-

(1) Fille d'Antonin-Ie-Pieux, épousa Marc-Aurële et mourut en Tan 175. Elle avait été nommée mère des soldats {mater castrorum).

(2) Vase usité dans les sacrifices chez les Romains, pour recevoir le sang des victimes ou faire des libations.

(3) Longue lance dont se servaient les Grecs et les Romains. '

(4) Fille de Marc-Aurèle et de Faustine, épousa , à l'âge de 17 ans, Vérus qni faisait la guerre aux Parthes, et le fit ensuite empoisonner. Remariée au bout d'un an à Glaudius Pompéianus, elle se livra à son frère Commode contre lequel elle ourdit, en 183, un complot qui fut découvert. Commode la fit exiler à Gaprée oU elle mourut à Tâge de 38 ans.

(5) 11 succéda , en 180 , à son père Marc-Aurèle , et fut empoisonné par une de ses concubines en 192.

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veruail , et, sur le bras gauche, une corne d'abondance.... COS. V. P. P.

P. B. Gallien (1). — Avers, — Tête radiée à droite : GAL- LÏENVS AVG.... . .

Revers. — Dans le champ , un cerf marchant à gauche : DIANAE CON. AVG; à Fexergue R.

P. B. — Quelques petits bronzes de Gallien entiè-

rement frustes.

P. B. Posthume &). — Avers. — Tête barbue et radiée à droite :.... VMVS P. F. AVG.

Revers. — Femme drapée debout, tenant de la main droite un gouvernail et sur le bras gauche, une corne d'abondance. — Légende fruste.

P. B. Tetricus père. — Avers. — Tête barbue et radiée • à droite : IMP. TETRIGVS AVG.

Revers. — Femme drapée et debout tenant de la main droite un rameau, et, sur le bras gauche, une double corne d'abondance : HILARITAS....

p. B. — Avers. — Tête barbue et radiée à droite :

IMP. TETRIGVS P. F. AVG.

Bevers. Hygiée (3) debout, sacrifiant près d'un autel : SALVS AVG.

(1) Fils de l'empereur Valérîen, lui succéda Tan de J.-C. 253.

(2) Il avait été nomnaé sous Yalérien gouverneur des Gaules. Mécontent de Gallien , son successeur, il se fit proclamer empereur en 257 par ses soldats , qui le massacrèrent en 269.

(3) Déesse de la Santé, fille ou femme d'Esculape. — On la renrésente tenant d*une main une coupe et de Taulre un serpent.

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Module qQÎBvre.

Module quinaire.

Obole. —

JP. B. ^ Même avers et légende que ci-dessus.

Revers. — Femme drapée et debout, tenant de la main droite une fleur^ et de la gauche une haste : SPES AVG.

Même avers et légende que ci-dessus.

Revers. — Femme drapée et debout, présentant de la main droite une patère à un serpent qui s'élance d'un autel^ et tenant de la main gauche une haste : SALVS AVG.

Même avers et légende que ci-dessus.

Revers. — Femme drapée et debout, tenant de la main droite une fleur^ et de la gauche une haste : SPES AVG.

" Avers. — "fête barbue et radiée à droite : IMP. TETRICVS P. F. AVG.

Revers. — Femme drapée et debout, tenant de la main droite une couronne, et de la gauche une ancre : AVG. (sic).

Une infinité de très -petites oholes du même empereur, avec revers différents, mais légendes iUisibles.

P. B. TÉTRicus fils (1). — Avers. — Tête imberbe et radiée à droite :...RICVSCAES.

Revers. —L'Espérance, marchant à gauche, tient de la main droite une fleur, et de la gauche, relève le pan de sa robe : SPES AVG.

(i) tétricus p^é, célèbre gaulois ^ était président de TAquitaite soas les empereurs Valérien et Gallieu. Indigué des débauches de Gailien, il se lit déférer l'empire (an 267). Aurélien défit Tétricus père et Tétricus fils en 274, et les fit paraître à soa triompbe.

Obole.

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P. B. — Même avers et revers que les précédents.

Module quinaire,

P. B. ~ Même avers que les précédents.

Module

quinaire. __ Revers, — Femme drapée et debout,

tenant de la main droite une couronne et, de la gauche, une ancre : LAETITIA AVG.

Oboles. — Dix oboles très-petites, au même revers

que le précédent.

— Une infinité de très-petites oboles du même empereur, avec revers différents, mais légendes indéchiffrables.

P. B. Claude LE Gothique (1). — Avers. — Buste radié à droite:... DIVS AVG.

Revers, — Femme drapée et debout, tenant de la main droite des balances, et, sur le bras gauche, une corne d'abondance : AEQVITAS AVG.

P. B. — Avers. — Tête radiée à droite : DIVO....

Revers. — Autel allumé.... CRATIO.

— Beaucoup d'autres petits bronzes du ^ même Empereur, mais entièrement frustes.

P. B. DoMiTii^s-DoMiTiANUS (2). — Avers. — Tête barbue et radiée à droite : IMP. DOMITIVS PIVS.

(1) Déclaré empereur par rannée après la mort de Gallien en 26S, U mourut de la peste en 270.

(2) Domilien, général de l'empereur Dioclétien, en Egypte, prit la pourpre impériale à Alexandrie vers Tan 288. U remporta plusieurs victoires et mourut deux ans après de mort violente.

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~ 41 — Revers. — Personnage nu et debout, tenant de la main droite une palme, et, de la gauche, un javelot transversal: PAX AVG.

Getle pièce est unique ou au moins excessivemeot rare, d'abonl* parce que le tyran qu'elle représente a été proclamé empereur loin des Gaules, et ensuite parce qu*on n'a pas encore mentionné de petit hron%e latin de ce prince.

P. B. Constantin le Jeune (1). — Avers, — Buste lauré de Constantin II à droite : CONSTATIVS IVN. NOB. C.

Revers. — Castre prétorienne avec étoile au-dessus: une palme, au-dessous, entre les lettres QT. PROVIDENTIAE CAESS.

P. B. Constant I (2). — Avers. — Tête, à droite, ornée d'un bandeau de pierreries : CONSTANS.

Revers. — Deux victoires drapées et debout se regardant tiennent chacune une couronne : VICTORIAE DD. AVG. M. Dans le champ M.

P. B. Valens (3). — Avers. — Buste orné d'un bandeau de perles et tourné à droite : DN. VALENS. P. F. AVG.

(i 2) Ils étaient tous les deux fils de Cons(antin-Ie-Grand et se partagèrent l'empire avec un troisième frère, Constantin U, en 337. Le premier fut assassiné en 350 ; le second mourut de la fièvre en 361.

(3) Il fut associé à l'empire en 364 par son frère Valentinien et mourut en 378.

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Revers, — Victoire drapée, marchante gaache, tient de la main droite une couronne, et, de la gauche, une palme: SE- CVRITAS REIPVBLICAE. Dans le champ 0. F. I.

P. B. — Deux autres petits bronzes semblables. .

M. B. Magnus-Maximus (i). — Avers. — Buste orné d'un bandeau de perles et tourné à droite : DN. MAG, MAXIMVS. P. F. AVG.

Revers. — L'empereur debout, en habits militaires, relevant une femme tourrelée qui est à genoux à ses pieds : REPARATIO REIPVBLICAE.

IL Monnaie française.

B. L. Henry III (2). — Avers. — Dans le champ, grand H couronné, accosté de trois fleurs de lys: >ii HENRIGVS III. D. G. FRANC ET P. REX — 1579;

Revers. — Dans le champ, croix évidée et fleurdelisée; SIT NOMEN DOMINI BE- NEDICTVM. — Gros de Nesle. >

Maisons a eu aussi ses jours de prospérité : il y avait un château, \m prieuré, une maladrerie; tout a été détruit.

Le château, construction du moyen-âge, existait dans la parcelle n^ 240 de la section B, contrée dite le Bois de la Croix, entre les chemins de Maisons à Noir-Epinay et de Sainville. On rencontre dans ce lieu des traces d'anciennes

(1) Maxime, allié par sa 'mère à Constantin le Grand, se fit proclamer empereur en 383, et fut mis à mort par les soldats de Théodose en 388.

(2) Roi de France le 15 mai 1574 ; mort en 1589.

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constractioQs^ ai&si que de vastes souterrains: plusieurs habitants âgés de Maisons nous ont affirmé y être descendus et les avoir parcourus en partie.

D'après le Fouillé du diocèse de Chartres^ imprimé en 1738, il y avait à Maisons un Prieuré de Tordre de Saint- Benoît, réuni à rarcUevôché de Paris; Tabbé de Morigny près d'Etampes, coUateur de ce bénéfice, était gros décimateur de Maisons et y possédait une propriété.

Il y avait aussi une cure fondée sans doute par Tabbé de Morigny qui en était le présentateur et fournissait au curé une portion congrue.

Une ancienne tradition veut encore que plusieurs religieux aient babité autrefois la ferme de M. Ronceret située derrière la mare, et que Ton appelle encore la Recette. Était-ce le prieuré dont nous venons de parler?

Maladrerie du Petit-Sainville.

Suivant une ancienne tradition répandue à Maisons, à Sainville, il aurait existé autrefois un couvent au lieu nommé le Petit-Sainville, et, après sa destruction, les pierres auraient servi à construire celui dont les bâtiments existent encore à SainviUe.

Cette tradition, tout en rappelant un ancien établissement n'est pas tout à fait exacte, comme on va le voir; ce n'était pas un couvent, mais bien une Maladrerie dont les revenus furent réunis en 1693 à THôtel-Dieu d'Ablis. Le couvent de Sainville n'a donc pu être bâti avec les pierres de cette Maladrerie, puisqu'il ne date que de 1724 (1); il faudrait alors supposer que les bâtiments de la Maladrerie fussent restés abandonnés et en état démines peiudant un très-long temps, et eussent été recueillis ensuite par les sœurs de la Présentation de Sainville qui sont maintenant à Tours. Ce qui

(1) Voir la eommune de Sainville.

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semblerait confirmer cette dernière opinion^ c'est que la supérieure de Tours visitant celte maison vers 1835, déclara « qu'elle leur était d'autant plus chère, que les pierres en » avaient été^ ramassées par leur première mère fondatrice, avec quelques sœurs, et de leurs propres mains. » Cette maladrerie, à en juger par les substructions mises au jour vers 4847, et parmi lesquelles on a trouvé plusieurs monnaies du Moyen-Age, devait être assez considérable : les bâtiments occupaient une partie des parcelles n*« 49, 21, 22 et 23 de la section B ; la chapelle se trouvait placée en face, de l'autre côté dn chemin qui conduit àSainville, dans la parcelle n« 24 de la même section et dans la contrée dite le Berceau. De nos jours encore, on va en pèlerinage s'agenouiller dévotement sur la place où était construite la chapelle de la Maladrerie; elle était sous le vocable de Saint- Maur, dont la statue un peu mutilée se voit dans l'église de Maisons.

Voici la copie textuelle de l'édit de 4693 qui réunit les revenus de la Maladrerie de Maisons à l'Hôtel-Dieu d'Ablis; cette pièce , conservée dans le trésor de la fabrique de Maisons, constate le droit qu'a la commune de disposer pour ses pauvres de deux lits audit Hôtel-Dieu :

» Vu au Conseil du Roy l'avis du sieur évêque de Chartres et du sieur de Rouville, conseiller de Sa Majesté en ses conseils, maître des requêtes ordinaires de son hôtel, l'intendant et commissaires départis en la généralité d*Orléans, sur l'employ à faire au profit des pauvres, des biens et revenus des maladreries, hôpiteaux et hôtels-Dieu y mentionnés, du diocèse de Chartres, en exécution de l'édit et des déclarations des mois de mars, avril et aoust 1693, oûy le rapport du sieur île Freubert de Remillon, maître des requestes, et suivant l'avis des sieurs commissaires départis par S. M. pour l'exécution desdits édits et déclarations, et tout considéré.

» Le Roy, en son conseil, en exécution desdits édits et

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- 45 - ^ déclarations^ a ordonné et ordonne qu'il sera établi un hôpital des pauvres malades à Ablis^ auquel S. M. a uni et unit les cens et revenus de la maladrerie de la Magdeleine dudit Ablis, de V Hôtel-Dieu d* Anneau et chapelle de Saint- Cosme et Saint-Damien en dépendant, de la Maladrerie de Saint-Maur du Petit-Sainville , pour en jouir du 1" juillet 1695, et estre lesdits revenus employés à la nourriture et entretien des pauvres malades qui seront reçus audit hôpital, à charge de satisfaire aux prières et services de fondation dont peuvent estre tenus ledit Hôtel-Dieu et lesdites maladreries, et de recevoir les pauvres malades des lieux et paroisces où sont situés ledit hôtel-Dieu d'Auneau et ladite maladrerie de Sainville, à proportion de leurs revenus; et sera ledit hôpital régi et gouverné par des administrateurs de la qualité portée par les ordonnances et suivant les statuts et règlements qui seront faits; et, en conséquence, ordonne Sa Majesté que les titres et papiers concernant lesdites maladreries et ledit hôtel-Dieu et chapelle, biens et revenus en dépendant, qui peuvent estre en la possession de maistre Jean -Baptiste Macé, ci-devant greffier de la chambre Royalle, aux archives de Tordre de Saiut-Lazarre, et entre les mains des commis et préposés par le sieur Intendant et commissaires départis en la généralité d'Orléans, même en celles des chevaliers dudit ordre, leurs agens, commis et fermiers ou autres qui jouissoient des biens et revenus avant Tédit du mois de mars 1693, seront délivrés aux administrateurs dudit hôpital, à ce faire les dépositaires contraints par toute voie; ce faisant, ils en demeureront bien et valablement déchargés. — Et pour Texécution du présent arrest, seront toutes lettres nécessaires expédiées.

• Fait au Conseil d'Estat privé du Roy, tenu à Paris, le 9 mars 1696. j^

Notes qui se trouvent au bas de l'arrêt ci-dessus transcrit : « Les terres de la Maladrerie du Petit-Sainville et la

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Chapelle sont dans la paroisse de Maisons; — raisons qui le prouvent :

€ 1<» M. Tabbé de I^origny gros décimatenr de Maisons, décime les terres.

> 2o Les habitans du Petit-Sainville payoient la taille à , Maisons.

» 3** Ils se disoient dans leurs actes de la paroisse de Maisons.

«> 4» Le Ponillé met la chapelle du Petit-SainvlUe dans le doyenné d' Anneau.

> &> Les visites faites à Malsons par Messeigneurs les évoques de Chartres^ par leurs députés ou par les grands archidiacres. *

Nous avons peu de documents sur la seigneurie de Maisons qui dépendit de Tabbaye de Morigny jusqu'à h révolution de 1789; cependant les anciens titres de la fabrique nous en ont fourni quelques-uns.

1593 — < Aveu rendu par la fabrique de Maisons à noble damoiselle Genevièfve de Porret, veufve dé feu Goillanme de BouUehard, vivant escuyer, sieur du Ghesne-Briohanteau (1), tant en son nom que comme ayant la garde noble de Marie et Ëlizabeth les de Boullehard^ enfons dodict deffunct et d'elle.

» Le martyrologe de l'église Saincte-Anne de Maisons mentionne à la date du 5 octobre 1672^ l'obit de deffuncte damoiselle Jehanne de Boullehard, en son vivant femme de deffunct noble homme Pierre Larmet.

1665. — Champart deu à Monsieur Fabbé de Morigny, à < cause de sa seigneurie de Maisons, par les gagers et proviseurs de lléglise et fabrique de Madame Saincte-Anne dodict Maisons.

(i) Hameau de Saintine.

1670. — > DeffoBcte noble Damoiselle Jehaime de Fraiûville ordonne une messe estre dicte en l'église de Maisons par chacun an à toujours mais.

1732. — > Aveu rendu par la fabrique de Maisons à baut et puissant seigneur messire Pierre René de Brizay, chevallier, seigneur comte de Denonvîlle, Maisons, Louvillela-Chenard en partye, Chesnay et autres lieux, baron du Puiset, et par engagement du Roy, seigneur de la ville et domaine d'Yenville, brigadier des armées du Roy, lieutenant général pour Sa Majesté au gouvernement des villes et pays chartrain.

1741. — » Messire Louis Ren^ de Brizay, seigneur marquis de Denonville et autres lieux, maréchal des camps des armées du Roy, lieutenant général pour ie Roy de la province de Chartres et pays chartrain.

1781. — » Haut et puissant seigneur messire Ange René comte de Brizay, chevalier de Tordre royal et militaire de Saint-Louis, capitaine sous-lieutenant des gens d'armes de la garde ordinaire du Roy, lieutenant général pour Sa Majesté au gouvernement des villes et pays chartrain, seigneur de Denonville, Monvilliers, Adonville, Maisons, Ouarville-en- Beauce et autres lieux. >

ÉGLISE. — Nous avons vu que, dès le commencement du XII« siècle, l'église de Maisons, placée sous le vocable de Sainte-Anne, était un prieuré-cure. Cet édifice forme un rectangle de 11 mètres de largeur sur 30 mètres de longueur, dont 17 mètres pour la nef, 6 pour le cœur et 7 pour le sanctuaire. Au sud se trouve un croisillon construit en appentis, ayant 3 m. 50 sur 6 mètres; au nord est placée la sacristie, longue de 7 mètres ; a côté s'élève la tour du clocher formant un carré de i mètres, qui a vingt mètres de hauteur dont 16 jusqu'à la naissance du toit. Les nervures et la voûte du chœur et de la chapelle latérale ont été détruites; on en retrouve quelques débris épars; la

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charpente porte encore des traces non équivoqaes d'un incendie dont il faut sans doute faire remonter la date aux guerres de religion du XVI* siècle, époque où 300 églises de la Beauce, entre Paris et Orléans, furent dévastées ou détruites par les protestants. — Les fenêtres sont ogivales, ainsi que la porte d'entrée ouverte dans le pignon ouest.

Jusqu'en 1710, la sacristie fut placée derrière le maîtreautel, ce qui diminuait l'étendue du sanctuaire et nuisait à l'exercice du culte. La fabrique résolut de remédier à cette fâcheuse situation , comme nous rapprend la requête suivante adressée à Messieurs les vicaires généraux du diocèse de Chartres, le siège épiscopal étant vacant :

€ Suplient très-humblement François-Hector Veneau, curé de Maisons-en-Beauce, Le Blanc, Denis Laignau, gagers et les principaux habitans de ladite paroisse, soussignés, disans que pour la décoration de l'église dudit Maisons et la commodité du service divin , il serait à propos de construire dans un coin inutile de ladite église une. sacristie et repousser le maître-autel contre le pignon, en détruisant un petit réduit obscur qui est derrière ledit autel qui sert actuellement de sacristie. Mais comme ils ne peuvent y parvenir sans démolir deux autels massifs de pierre, ils ont recours à votre authorité pour en obtenir la permission, et de faire la dépense qui conviendra aux frais de la fabrique, pour faire lesdits ouvrages. Ce considéré. Messieurs, il vous plaise commettre quelques personnes pour visiter les lieux et, sur son procès- verbal, accorder auxdits suplians lesdites permissions, et vous ferez justice. »

Cette requête fut visée le 17 avril 1710 par C. F. de Monstiers de Merinville (1), vicaire général , qui, avant d'y faire droit, commit le curé de Sainville pour examiner la com-

(i) Charles François de Monstiers de Merinville, fat sacré éTèqae de Chartres, le 25 mai 1710, par M. le Cardinal de Koailles, et prit possession le 2 jain suivant.

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modité ou incommodité des réparations proposées et dresser procès-verbal de tout ce que dessus.

Le 28 du môme mois, François Le Bel, curé de Sainville, fit la visite dont il avait été chargé :

« Nous avons remarqué, dit-il dans son rapport, que le retable d'autel est placé à six pieds du pignon de ladite église ; que la table dudit autel qui est massif, estant construit de pierre, est trop haute et trop large, et par conséquent très-incommode ; qu'il y a très peu de place entre le dernier degré dudit autel et la balustre de la communion ; que la sacristie ne contient de terrain que ce qui se trouve entre le derrière dudit autel et ledit pignon, qui est même très-obscure, n'y ayant aucune ouveirture pour y recevoir la lumière, et qu'enfin à côté du sanctuaire il y a une grande place inutile en forme de cancel, au bout de laquelle il y a un autel aussy massif construit en pierre; qu'en faisant les changements proposés, le sanctuaire se trouverait plus large et le passage plus libre; et qu'en transportant l'autel dudit bas-côté au cancel auprès de la tour ou clocher de ladite église, on y ménagerait une sa-r cristie propre et commode , en faisant élever un mur entre ladite place et le sanctuaire... Nous avons de plus rccongnu^ que la dépense estimée à 150 livres n'est pas exagérée et que la fabrique peut y faire face avec ses ressources; adjoulant que le sieur abbé de Morigny , seigneur fondateur et haut justicier de ladite paroisse, a donné son consentement à ce que lesdits ouvrages et augmentations soient faits. »

Ensuite est écrit :

« Veu les pièces cy- devant, Nous vicaire général de M«' l'évêque de Chartres, avons permis et permettons par ces présentes aux sieur curé et habitans de la paroisse de Maisons-en-Beauce, de démolir le maistre-autel de la dite paroisse, ainsy qu'un autre petit autel qui est à costé du dit maistre-autel, construire un nouvel autel avec les ornements convenables, bastir une sacristie à côté du grand

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- SOautelàgauche; à condition néantmoins gae le dîl curé de Maisons assistera à la démolition des denx sosdfe autels^ qull en retirera les reliques si aucunes il y a el les renfermera en quelque lieu décent, et à condition encore que ladite fabrique ne faira aucim emprunt pour la dépense qu'il conviendra faire pour ledit embellissement, et qne ladite dépense n'empêchera pas qu'on acquitte les charges ordinaires de ladite fabrique. — Fait à Chartres, le vingtneuf avril mil sept cent-dix. — Signé : G. De la Bastie^ vicaire général. »

1740. ~ « Devant les notaires commis à la confection du livre-terrier de la seigneurie de Maisans-ennBeausse, les marguilliers et proviseurs de Téglise paroîssialle Sainte- Anne dudit Maisons, déclarent tenir à titre de cens, champart et avenages annuels et perpétuels, portant lots, gants, ventes, saisine, deffault et amandes, quand le cas y échoit, suivant la coutume d'Estampes, de messire Claude le Bègue de Majainville, abbé commendataire de l'abbaye royale de la très sainte Trinité de Morigny, seigneur de Maisans-en- Beausse, Bissay et autres lieux, conseiller aumosnierdo Roy, chanoine de l'églize cathédrale de Chartres, prieor de Sainte-Jame, prévost d'Anjou en l'églize Saint-Martin de Tours et conseiller au parlement de Paris, — divers héritages et terres labourables entre autres : le lieu presbUeral dudit Maisons se consistant en deux chambres à feu planchaiiées, grenier dessus, cave dessous, couverte de chanme, petite cour devant close à murs, poutil ouvrant sur la rue et jardin au bout desdits bâtiments aussy clos à murs, porte ouvrant sur les champs, assis audit Maisons proche l'églize et carrefour dudit lieu. ^

Po-pulation, — Les registres de l'état civil de Maisons remontent à 1627. Nous avons dit qu'en 1250 on y comptait 96 paroissiens; en 1736, 220 communiants, en 1777, 65 feux (325 habitants). Depuis cette dernière époque, la population de la commune a peu varié.

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Les receiisemeBts généraux lui donnant :

En 1826.

En 1836.

En 1846.

En 1856.

En 1866.

3il habitants.

Ce dernier chiffre se répartit entre 103 ménages occupant 90 maisons.

Les travaux relatife à l'opération du cadastre ont été terminés sur le terrain en 1812, mais, par suite des événements politiques survenus à cette époque, la matrice cadastrale n'a été mise en recouvrement qu'en 1818. — La nature et la contenance des propriétés de Maisons se divisent ainsi qu'il suit, d'après la matrice cadastrale :

Terres labourables. .

Bois taillis ....

Jardins potagers . .

Superficie des bâtiments

Hectares. Ares. GeoUares.

Maisons est un pays de grande culture; les propriétés y sont peu divisées et ne présentent qu'une proportion de deux parcelles deux tiers par hectare.

Les bois taillis, d'un assez mauvais cru, sont disséminés par bouquets sur le territoire; les essences principales sont : le chêne, l'orme, le tremble, le bouleau et le coudrier; on les coupe tous les neuf ans et le produit est consommé dans la localité etjes communes environnantes.

La principale industrie des habitants consiste dans la culture des terres. Ces produits s'écoulent sur les marchés d'Auneau, de Dourdan et d'Etampes. Les femmes s'occupent surtout pendant l'hiver à tricoter des bas et des chaussons de laine pour les marchands de Pussay (Seine-et-Oise).

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Il n'existe à Maisons d'autre usine qu'un moulin à vent déjà cité^ situé à quelques centaines de mètres du village, en allant à Sainville^ lieu dit au meux-moulin,

La marne quq Ton tire sur ce territoire, au moyen de puits de 3 à 4 mètres de profondeur, est d'assez bonne qualité. On trouve aussi facilement de la pierre à bâtir sur le finage de Maisons.

MOINVILLE-LA-JEULIN.

Moinville est un petit village de l'ancienne province de Beauce, situé à 12 kilomètres d' Anneau, son chef-lieu de canton et bureau de poste, et à 20 kilomètres de Chartres. — Son territoire est limité par ceux des communes suivantes : au nord, Voise; à Test, Sanleuil et Ouarville; an sud, Boisville-la-Saint-Père et Prunay-le-Gillon; à l'ouest, Francourville.

L'origine de cette commune paraît être antérieure à l'époque carlovingienne, comme nous l'établirons tout-àrheure. Elle porte dans les chartes du Moyen-Age et dans les titres postérieurs les noms de : Modini- Villa (800); — Moesi'Vilîa, v. 1101; — ManunvUla, v. 1195; — AfoesviUa, 1215; — Moenvilla, 1222; —Moiemilla, 1235; - quelques années plus tard, on y ajouta la seconde partie de son nom ^ Mongeinvilla-Goelli, v. 1250; toutefois nous trouvons encore Moinvilla seul, en 1270. Puis viennent les noms de Moinvilla-Jeulani, 1285; — Moinville-la-Jullain, 1401; — Moinville-la-Geulain y 1449; — Mayriville-la-Jeulain , 1495; — - Saint-Maur-de-Moinville-la-Jeulain, 1736. >

Le polyptique d'Irminon mentionne ce lieu au IX» siècle, sous le nom de « Modini-VUla, > comme étant situé à vingtcinq milles de Villemeux vers le midi (1), et appartenant à

(1) u De Modini- Villa — Milliaribus viginti quinque a Villamilt, Aostrum Ycreus. » -- Polypt., tom. 2, p. 85.

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Tabbaye de Saint-Germain-des-Prés; mais son existence est beaucoup plus ancienne, si l'on considère que Ton retrouve en la possession de cette abbaye, sous Charlemagne, la plupart des biens qui lui .avaient été donnés par Charles Martel en 741.

A celte époque, Jl y avait au lieu qui nous occupe deux manses (l)ingénuiles à chacun desquels étaient attachées des terres suffisantes pour l'entretien des colons.

Le premier manse, contenant 12 bonniers (2) de terre, était tenu par trois colons, leurs femn^es et leurs enfants :

« Guntharius colonus et uxor ejiis colona, nomine Godelindis; Gunthardus est ejus filius. Et Amalgaudus colonus et uxor é^us colona, nomine Sigedrudis. Isti sunt eorum infantes : Gauslindis, Amalwara. Et Grimo colonus. Isti très manent in Modini-Villa, Tenent mansum i ingenuilem , habentem de terra arabili bunuaria XII. Solvunt similiter. »

Au second manse, tenu par quatre colons, leurs femmes et leurs enfants, étaient aussi attachés 12 bonniers de terre labourable :

« Ermengardis colonus et uxor ejus colona , nomine Sicleverga. • Isti sunt eorum infantes : Ermengaudus, Sicledulfus. Et Ratmundus colonus et uxor ejùs colona, nomine Odaltrudis. Et Ratgaudus colo- ' nus ; et Sicledulfus colonus et i^xor ejus colona, nomine Sigeburgis ; Sigebrandus est eorum filius. Isti iiiio' manent in Modini-Villa . Tenent mansum i ingenuilem , habentem de terra arabili bunuaria XII. Solvunt similiter. >

Ces deux manses, qui ont formé les deux divisions actuelles de la commune — Moinville et BarbainvUle, — dépendaient du lise de Yillemeux et de la décante (3) de

(!) Voir ci-dessus pag. 4-, note 4.

(2) Le bonnier contenait alors 128 ares.

(3) Voir ci-dessus, page 4, note l^*.

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Gîuroldus. Ce dernier résidait à Ghaudon. Il tenait^ aveea femme et ses cinq enfanta un manse ingénuité ayant U bonniers de terre labourable , un demi arpent de vigne, m arpent de pré, un demibonnier de pâture. Il payait la mêae redevance que les colons, mais au lieu du service anqodi était tenu, il payait cinq sous au mois de mai et entretenait la pâture d'un cheval. Il devait faire aussi les raies {U et les corvées :

c Giuroldus, coloDus et (fecanu;, et uxor ejus colona, Pinola. Isti sunt eorum infantes : Eutharius, Andréas^ LahamdiSj Tnithildis, Otlioa. Iste manet in Casdon. Tenet' mansum i logenuilem , habentem de terra arabili bunuaria xim , de vinea dimidiun aif^ennum , de prato aripennum i , de pastura dimidium bunuariyn. Débet similiter solvere, sed, propter servitium, solvit in maio meose solides V, et pascit caballum. Facit rigas et curvadas.

L'obligation par les colons de faires à certaines époques de Tannée des corvées de charrues ou de donner des labours à une certaine quantité de terre, étail nécessairement très-usitée dans un pays de culture comme la Beaoce. Aussi en trouvons-nous des exemples fort anciens dans nos archives.

Au X® siècle (vers 949), les religieux de Tabbaye de Saint-Père avaient à Moinville trois colons ou cultivatenrs nommés Erembert, Beiiedict et Amaltrude. Ils faisaient chacun le labour d'une raie (six perches), savoir : sur deni perches de terre, pour les semailles d'automne (2), un tebour sur une perche et demie pour les semailles de mars (3), et autant pour la corvée. Chacun d'eux donnait aussi pour ce labourage deux mesures de froment, un sol

(1) Le labourage d'une raie comprenait six perches.

(2) Hibemam — blé méteil, composé moitié froment, moitié seigle, ou simplement blé d*hiver, par opposition au blé de mars.

(3) Tramitsetn — blé trémois, autrement blé de mars, aûisi Downé parce qu'on le récolte trois mois après l'avoir semé.

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pour rhost (1), quinze jours pour la Jaille des arbres (2), un charroi (3), tes ouvrages manuels qui lui étaient prescrits; enfin il payait pour la redevance d'avoine un muîd^ et trois poulets avec des œufs :

« In Moenis Villa hahitabant m : Erembertus, Benedictus, Amaltnidis; faciebant quisque rigam, ad hibernam n»» perticas, ad tramissem perticam i et dimidiam , in corvedam tantamdem. Pro qua aratura dabat quisque modios frumenti M^^ , ad hostem solidum i , caplim dies xv*^^™ faciebat, et carridium, manuum opéra sibi injuncta (4). »

1101-1124. — Un chevalier, nommé Raoul et surnommé de Villeray (5), s'étant converti, donna aux religieux de Saint-Père la terre d'une charrue^ de labour qu'il avait à Moinville, en présence et du consentement de son frère Etienne et de Pierre, son fils. Mais comme celte terre relevait en fief de Herbert, fils d'Ergersinde, qui lui-même la tenait de Hugues, vicomte du Puiset, il fallut obtenir leur consentement, ce qui ne se fit pas sans difficulté :

« Miles quidam nomine Radulfîis, agnomine de Villiriaco

appellatus, ad conversionem Teniens, dédit nobis in Motsi Villa terram ad unam carrucam..., presentibus atque concedentibus fratre suo Stéphane, et filio Petro... Quia vero terra illa de qua hicagitur de fevo Herberti , filii Ergersendis, erat, qui et ipse eam a Hugone ,

(1) Hoslis — host, expédition ou chevauchée. Le mot liostis désigne toujours un service militaire : c'est celui qui se fait pour le Roi, dans les guerres concernant la défense du territoire. — V expédition est presque toujours la même chose que Yhostis. — La chevauchée est un service militaire dû par le vassal à son seigneur dans les guerres privées. C'est aussi un service de sûreté ou d'honneur, c'est-à-dire dû pour escorte ou pour cortège.

(2) Caplim — action ou obligation de tailler les arbres du seigneur quand il l'ordonnait.

(3) Garridium — droit de charroi dû au seigneur.

(4) Cart. de Saint-Père, p. 36 et 37.

(5) Hameau de Saint-Lucien , aujourd'hui détruit.

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vicecomite de Puteolo tenebat, .Herbertus quidem prior eam €odcessit. Vicecomes Tcro ad concedendum aliquantum darior fuit ; ad extremum vero^ nobisoperam dantibus, venit in capitulum nostrum, omnem que calumpuiam , in quam se contra nos erexerat, dimittens, beneGcium hoc sua concessione firmavit... (1). •

f Hugues Maupetit et Robert, fils de Raimbert de Villeneuve, eurent aussi une contestation avec les religieux de. Saint-Père ; au nombre des personnes qui se portèrent caution de la transaction intervenue, nous en voyons ûgurer quatre de Moinville; Eudes, Guérin, Albert et Thibault. € Plegii Roberli : Odo de MoenvUla , XX solidos ; Garinus de Moenvilla, XX; Albertus de MoenvUla, XX. Plegii Hugonis: Garinus de MoenvUla, XX solidos; Theobaldus de MoenvUla, XX... (2) »

Vers le même temps, Hildegarde, femme d'Ansold de Mongerville (3), étant sur le point de mourir, donna aux mêmes religieux la terre qu'elle avait à Moinville, que son premier mari Raoul, surnommé Bigot, avait achetée et lui avait donnée en propre pour en faire ce qu'elle voudrait. Ce fut fait du consentement de Payen de Mongerville, d'Adèle, sa femme, de ses fils et de ses filles, et de Hugues, vicomte de Châteaudun, seigneur dominant :

(r Hildegardis, uxor Ansoldi de Mongeri Villa, cum more-

retur , reliquit nobis in elemosina terram quam habebat apud MoenvUlam , quam vir suus prier Radulfus , qui cognominatus est Bigolus, emerat atque ei propriara ad quicquid vellet faciendum dederal. Et Paganus de Mongeri Villa nobis eam concessit ipse et uxor ejus Adelais , et filii ejus omnes et filie , et Hugo \icecomes Caslridunensis, qui supremus dominus erat... (4). ^

(1) Cart. de Saint-Père, p. 421.

(2) Cart. de Saint-Père, p. 427.

(3) Hameaa de la commune de Santeuil.

(4) Cart. de Saint-Père, p. 425.

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1138. — Henri de Ludon (1) et Agnès^ sa femme^ sur le point de faire un voyage à Jérusalem, vendirent aux lépreux de Beaulieu la grosse dîme de Moinville, et deux parties de la menue dîme de la même villa. Ce fut fait à Gourdez (2), du consentement d'Evrard du Puiset, vicomte de Chartres, oncle de ladite Agxiès, de sa fille Pétronille, des flrères d'Agnès, Adam, Haranc, Richard, Hugues et Henri, Raoul et Gilon, clercs; en présence de Henri > fils d'Evrard, Gaufrid du Chesnay (3), Odon d'AUonnes, et Pierre, oncle d'Agnès, qui donna aussi son consentement :

< Ego Ebrardus de Puteolo, vicecomes Carnotensis, notum facio presentibus et futuris quod Henricus de Ludon et Agnes , uxor ejus, neptis mea , magnam decimam de MoesviUa et duas partes minute décime ejusdem ville, qi\am praefata Agnes possidebat de matrimonio , filia sua Petronilla laudante et concedente in presentia mea , de cujus feodo erat, causa vie Jerosolimam , leprosis de Belle Loco liberam et quietam in perpetuam vendiderunt. Hanc vendicionem laudaverunt et concesserunt fratres predicte Agnetis scilicel Adam, Harenc, ftfchardus, Hugo et Henricus, Badulfus et Gilo, clerici. Testibus istis, Henrico filio mec , Gaufrido de Chesneio, Odone de Alumna , Petro avunculo Agnetis qui hoc voluit et concessit. Hoc totum deliberare et guarentire per secula manu cepi. Et ut hoc ratum habeatur et stabile, sigilli mei munimine confirmavi. Actum • apud Gurdeas , anno gratie millesimo centesimo quinquagesimo tricesimo octavo, decimo Kalend. Aprilis (4). »

Cette vente fut confirmée en 1197, par Regnault, évoque de Chartres.

1215. — Au^nombre des dîmes données aux lépreux de Beaulieu par Regnault, évêque de Chartres, figurent celles de Moinville :

(1) Hameau de la commune de Saumeray.

(2) Hameau de la commune de Morancez.

(3) Hameau de la commune de Mottereau.

(4) Gart. de Beaulieu, p. 214.

€ Totas majores décimas et medietatem miautarom decimanun apod MœsviUam.

Et encore : c Apud MoesviUam mapam decimam et duas partes minute décime et duas partes panis (1). >

1240. — Suivant une charte d'Albéric-le-Comu, évêque de Chartres, le prévôt (prêteur ou préfet) de Tabbaye de Saint-Père, à Santeuil, était obligé d'aller tous les ans au mois d'août, chercher avec un cheval la dîme que les religieux avaient à MoinviUe et d'en justifier à leurs sergents:

« Praspositus (ville nostre de Sanctolio) tenetur quolièet anno, tempore Augusti , querere cum eqoo decimam nostram , quam habemus apud MoUnviUam, et servientibus qui sunt pro nobis monstrare (2). »

En 1258 — les hommes de Moinville profitèrent des franchises que les moines de Saint-Père accordèrent à plusieurs de leurs villas. Suivant une transaction approuvée par lettres de saint Louis, roi de France, il fut convenu que les hommes de ces villas pourraient avoir des moulins et des fours, rétablir les vieux et en construire de nouveaux, à leur volonté, avec faculté de moudre et de cuire là où ils voudraient :

€ Sciendum est autem quod bomines villarum.... MoinviUe poterunt habere in dictis Yillis molendina et furna vetera et nova, et vetera reficere, et nova edificare, prout voluerinl.... Aclum anno Domini MCCLVIIl , mense septerabri (3). »

« Symon de l'Aubespine (qui vivait de 1350 à 1414),

possédait une terre à Moinville-la-Jullain , soubz le ressort

de Chartres (4).

(1) Gart. de Beaulleu, page 240.

(2) Gart. de Saint-Père, prolég., p, Lxxiij.

(3) Gart. de Saint-Père, p. 70B.

(4) Consistance du domaine de Chartres an commencement da XV« siècle.

1493. — Dans les recettes faites pour le compte de révoque de Chartres^ le curé de Moinville-la-Jeulin est porté pour 20 sous.

Nous trouvons sur Moinville les deux notices suivantes:*

1620-1721. — « Moinville-la-Jeuslain, appartenant à trois seigneurs. Il y a trois justices.

€ Ldi Chastellenie, appartenant à M. de Lestourville (1) qui a droit de haute, moyenne et basse justice; — • l'autre partie à M. le marquis de Viantais, qui a moyenne et basse justice; — et la dernière appartenant à M. des Cures, à cause de sa seigneurie des Cures, qui est moyenne et basse. Le tout relevant au bailliage (2). >

1777. — a Moinville-la-Jeulin — seigneur, M. de Bouville; — i lieues du chef-lieu; — 42 feux; — 1,000 septiers de terre (80 perches au septier); — 16 arpens de bois; — 1 moulin à vent (3). »

ÉGLISE. — Dès le XlIIe siècle Moinville avait une église sous le vocable de Saint-Maur; un pouillé du diocèse de Chartres dressé vers 1250 en fait mention sous le nom de « Mongeinvilla-Goelli, ecclesia domini episcopi carnotensis, » et lui donne 18 paroissiens; elle faisait partie du Grand- Archidiaconé et du doyenné d' Anneau. Cet édifice forme un petit rectangle dont la longueur dans œuvre est de 17 mètres 60 cent., sur 7 mètres 40 de largeur, comprenant la nef et le chœur. La sacristie, construite en appentis derrière le chœur, à Test, a 3 mètres 40 sur 4 mètres. Dans Tangle nord-ouest se trouve le clocher dont la hauteur est de 14 mètres 60; il est supporté par la charpente de Féglise,

(1) Aujourd'hui hameau de Boiaville^la-Saint-Père.

(â) Mémoire de tous les bourgs de TËlection de Chartres (arch. d'Eure-et-Loir).

(3) État dressé pour la perception des tailles dans les paroisses du département de l'Election de Chartres (Arch. d'Eure-et-Loir).

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construit en bois et couvert en ardoises. — L'intérieur de

l'église est éclairé par quatre fenêtres ogivales ouvertes dans

le pan du côté sud; elles sont garnies de vitraux à petites

^losanges en verre ordinaire sur châssis de plomb.

Moinville est une succursale dépourvue de desservant et réunie à Voise située à deux kilomètres; les habitants vont à la messe à Voise. Le curé dit deux grandes messes à Moinville, le dimanche après FAssomption et le jour de Saint Maur, fête patronale,^ plus une messe basse par semaine pendant Tannée. Les baptêmes se font à Voise et les enterrements à Moinville.

1557. — « Les gagers de la fabrique de Voise reconnaissent tenir trois mines de terre à titre de cens portant lots, gands, ventes, deffaut, saisine et amende quand le cas y échet, suivant la coutume de Chartres, — de messire Louis de Gaillard Courcelle, chevalier, seigneur de Goureelle, Bracheux, le Pontil-Olivet, d'Escures et autres lieux, lieutenant des seigneurs les maréchaux de France au département du comté de Clermont en Beauvoisis, et dame Louise Adélaïde Fougeu d'Escures, son épouse, à cause de leur ditte seigneurie d'Escures, anciennement nommée des Blancs- FosseZy scituée en la paroisse de Moinville -la- JetUin-en- Beauce, et es environs, ensemble de laditte paroisse de Moinville et branches en dépendantes (1)... >

Population. — Les registres de Tétat civil de Moinville remontent à 1692.

Au XIII® siècle on comptait à Moinville 18 paroissiens; en 1738, 106 communiants ; en 1777, 42 feux (126 habitants). — Les recensements généraux lui donnent :

En 1816 136 habitants.

En 1836 162 —

En 1846 154 —

En 1866. . 237 —

(1) Tit. de la fab. de Voise.

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Ce dernier chiffre se répartit de la manière suivante :

Maisons. Ménages. Habilants.

MoiNViLLE (chef-lieu) 39 48 186

Barbainville (1) 8 8 45 '

Le Bas de l'Orme (2) 1 1 6

Totaux. . . 48 57 237

La nature et la contenance des propriétés se divisent, d'après la matrice cadastrale (3), ainsi qu'il suit :

Hectares. Ares. Centiares

Bois-taillis 14 20 40

Jardins potagers 2 3 56

• Pâtures. . .' » 72 40 ,

Terres labourables 496 21 95

Superficie des bâtiments ... 1 97 02

Total. . . . . 515 "ïi 33

Moinville est un pays de grande culture; les propriétés y sont peu divisées et les parcelles ne présentent qu'une proportion de 2 1/5 par hectare.

Les bois-taillis ont aujourd'hui une plus grande étendue que celle constatée au moment du cadastre, parce qu'on en a planté dans les plus mauvais terrains.

Les essences principales sont: le chêne qui domine, l'orme, le frêne, le bouleau, l'acacia et le coudrier; on les coupe tous les 9 ans, mais leurs produits ne suffisent pas au chauffage des habitants qui en tirent de Béville et d'Auneau.

(1) Les recensemeots antérieurs attribuaient la population de ce hameau à la commune de Santeuil.

(2) Passage à niveau du chemin de fer d'Orléans.

(3) Les travaux relatifs à l'opération du cadastre ont été terminés sur le terrain en 1813 , mais par suite des événements politiques survenus à cette époque , la matrice cadastrale n'a éte^ mise en recouvrement qu'en 1818.

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Il n'existe à Moinville d'antre usine qu'un moulithà-vent. La principale industrie des habitants consiste dans la culture des terres; les produits agricoles s'écoulent sur les marchés de Chartres, Étampes, Gallardon et Anneau. — Une partie des femmes et des enfants s'occupent, surtout pendant rhiver, a tricoter des bas et des chaussons de laine pour les marchands de Santeuil et autres localités.

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