MONDONVILLE
Quels étaient le nom de ce lieu et sa consistance topographique sous Toccupation romaine, rien ne l'indique; mais les tiers conquérants des Gaules y ont laissé des traces encore apparentes de leur long séjour. En effet, la commune ayant organisé en 1848 et 1849, des ateliers ponr donner de l'occupation aux ouvriers, fit défoncer derrière le village, à 800 mètres environ au nord-est, une partie du chemin Poitrat qui était plus élevé que les terrains environnants. Dans la contrée dite la mare du SauU, les ouvriers rencontrèrent, à droite et à gauche du chemin précité, des traces de constructions gallo-romaines, notamment dans les parcelles no» 165, 168, 169, 172, 176 et 177 de la Section A, et n» l«r de la section B. On exhuma de ces fouilles une grande quantité de fragments de tuiles plates à rebords, de grosses tuiles creuses et des tessons de poterie, ainsi que plusieurs pièces de monnaies romaines et du Moyen-Age, dont quelques unes nous ont été communiquées :
M..B. de Néron. — Avers: tête radiée à droite IMP
MAX. TRPPP
Revers: Génie ailé portant un globe et volant à gauche — sans légende.
P. B. de Valentinben i. — Avers; tête à droite ornée d'un bandeau de perles : D. N. VALENTIMA- NVS..P. F. AVG.
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Rei)ers : Victoire drapée, marchant à gauche, tient de la main droite mie couronne et de la gauche une palme : SECVRI- TAS REIPVBLIGAE. A l'exergue : SMAQS.
AR. — Avers: croix égale dans un cercle de grenetis >b CARTIS CIVITAS.
Revers : profil chartrain — obole anonyme de Chartres (Monnaie du Moyen-Age).
En examinant les vieux débris de constructions provenant des fouilles faites les années précédentes , on a trouvé aussi parmi des amas de tuiles et de pierres, une corne de cerfeX une hache celtique. Ces fouilles avaient mis à découvert plusieurs emplacements de maisons antiques, et il est certain que le sol en renferme encore beaucoup d'autres : 11 y a donc eu évidemment dans ce lieu une agglomération . d'anciennes habitations.
Mondonville est situé dans la plaine de la Beauce, à 3 kilomètres de l'ancienne voie romaine de Paris àBlois, dite Route de César y k 13 kilomètres d' Anneau et à 30 kilomètres de Chartres. Son territoire, traversé par le chemiA vicinal de grande communication n» 19, d' Anneau à Pithîviers, par Janville et Toury, est limité par ceux des communes suivantes : au nord, Denonville et Morainville; à Test, Morainville, Léthuin et Gouillons; au sud, Gouillons et Louville-la-Chenard ; à l'ouest, Ouarville.
Le nom de cette commune paraît remonter au Ille siècle; elle le devrait à l'une des trois sœurs de Sainl-Aignan , évoque de Chartres (245-290), appelées Bonde, Monde, Ermenonde, qui donnèrent à la Vierge leurs terres et ont laissé, en effet, leurs noms à plusieurs localités (1). La Villa
(i) Dondainvitte et Mondonville, hameaux de la commune d*Amilly; — Mondonville-Sainte-Barbe ^hzmeikVi dépendant de Moutiers et de Prasville ; — Ermenonville-la-Grande et Ermenonvillela-Petite, communes du canton d'Illiers.
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de Monde devint successivement Mondonis-Villa , MundavUla, Mondonvilla.
Au XI® siècle, la paroisse ne portait encore que le nom de MondonvUle, lorsque son église fut donnée vers 1099 par Yves, évoque de Chartres, à l'abbaye de Saint- Jean qu'il venait de fonder. Il exempta cette église du droit de synode et de visite et de toute exaction, et comprit dans sa donation les serviteurs et les servantes, les terres cultivées et incultes qui en dépendaient :
a Dedimus necnon et ecclesiam de Mondonis- Villa , liberam a synodo (1) et circada (2) et omni exactione (3), pariterque serves cl ancillas et terras sive cultas sive incultas. »
Ce privilège d'Yves fut confirmé par une bulle de Pascal H, datée de Chartres le 13 des calendes de mai 1108 Toutefois nous verrons que la paroisse ne prit le nom de Mondonville-la-SairU-Jean qu'au Xlle siècle.
L'église actuelle de Mondonville, placée sous l'invocation de Saint 'Martin, paraît être la même que celle qui existait du temps de l'évêque Yves, car son architecture accuse le Style roman de transition. C'est ce que semblent indiquer
(1) Le synodus était une taxe imposée aux ecclésiastiques que révêque réunissait en synode, au siège épiscopal, une ou plusieon fois par année, tant pour s'assurer de leur savoir et de leur aplitade, que pour punir les fautes commises contre la discipline.
(2) Dans l'origine, on désignait sous le nom de parata les préparatifs et les frais faits pour la réception des hôtes, particulièrement des envoyés royaux et des officiers publics. Le même mot fut employé plus tard à désigner les dépenses faites par les curés et les maisons religieuses pour la réception des évêques et des archidiacres en tournée. Ces dépenses se convertirent à la longue en une redevance fixe appelée circada et circata ou circumitio, de circumire, mot qui rappelait la visite diocésaine , objet de cette prestation.
(3) Les exactiones étaient des droits éventuels, comme les amendet et les frais judiciaires, ou des charges arbitrairement imposées parles seigneurs, c'est à dire de vraies exactions.
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les corbeaux ou modillons à figures grotesques qui supportent la corniche tout autour du bâtiment, ainsi que la porte où Ton remarque plusieurs voussures concentriques en retrait. Le vaisseau, formant un rectangle, terminé par une croupe demi-circulaire , est construit en moellons avec angles, baies et contreforts d^angle en pierres de taille. Sa largeur est de 8 mètres dans œuvre et sa largeur de 26 mètres, comprenant la nef et le chœur; la sacristie, établie dans la partie demi-circulaire du chevet, est séparée du chœur par une cloison. Au-dessus de la nef et du chœur est placé un plancher sous la charpente. Un petit clocher en bois et couvert en ardoises s*appuie surleplanchef dans Tangle sud-ouest de la nef; sa hauteur est de 5 mètres 50 centimètres. — L'intérieur est éclairé par cinq fenêtres à plein cintre; la porte d'entrée, aussi à plein cintre, s'ouvre à l'ouest dans la nef.
La sculpture de la boiserie qui forme Tautel principal est remarquable par son travail et le bon goût des décors; le panneau du milieu est orné d'un fronton soutenu par deux colonnes d'ordre corinthien dont les feuillages bien fouillés attestent une main habile : le buste du Père éternel, tenant le globe sur sa main droite et étendant la gauche en signe de commandement, figure en ronde-bosse très-saillante au milieu de ce fronton. Chaque panneau, à droite et à gauche du maître autel, est surmonté d'une frise supportée aussi par des colonnes d'ordre corinthien semblables aux. deux premières, et ornées de guirlandes de fleurs offrant le même travail et le même fini d'exécution : le tout est en beau bois de chêne.
Aujourd'hui TégUse de Mondonville est annexée à celle de GouiUons distante de 2,.500 mètres; c'était autrefois un prieuré dépendant de l'abbaye de Saint-Jean-en-Vallée de Chartres. Différents titres concernant ce prieuré sont conservés aux archives départementales d'Eure-et-Loir; ils nous ont fourni les documents qui suivent.
Prieure de M'ondonyille.
1241. — Guyot, ditToiseux, de Mondonville, et sa femme Milesinde^ vendent aux religieux de Saint-Jean «n-Vallée deux setiers de terre labourable à Mondonville, pour la somme de six livres chartraines :
f Universis présentes litteras inspecturis Albertus divina permis-
sione Garnotensis episcopus salutem in Domino. Noveritis qaod
sicut nobis constitit per Florentinum dileètum capellanDm nostmm
et Johannem de Sutinea dilectum clericum nostrnm ad boc a nobis
specialiter députâtes, Guiotus dictus occiosus de MundunviUa et
Milesendis uxor sua , in presentia dictorum Florentini et Johannis
constitutif recognoverant se vendidisse Âbbati et conventui Sancti
Johannis de Valleia Carnotensi decem sextarios terre semeurs silos
apud Mundunvillam in censiva et dominio dictorem abbatis et con-
ventus, precio vigenti sex librarum Garnotensiumdequotenuenintst
propagatos coram dictis Florentine capellano nostro* et Johaooe
clerico nostro. Promiserunt etiam dicti Guiotus et Milesendis uxor
sua dictis abbati et conventui prefatam terram garantisare contn
omnes et contra dictam venditionem aliqua ratione non venire,
exceptioni non soluti pretii et omni auxilio renunciantes spoBle
specialiter et expresse. Firmavit etiam dicta Milesendis quod contn
dictam venditionem ratione dotalicii vel alia non veniret, iide fNrestiU
corporali. In cujus rei testimonium ad petlcionem dictorum Guioti e^
Milesendis, dictis abbati et conventui présentes litteras dedimns
sigilli nostri impressione munitas. Datum apud Garnotum anno
Domini M^ CG<» XL^ primo , raense februario.
1598. — Lesdits religieux font établir le livre terrier àt leurs terres situées dans l'étendue de MondonviUe-la'SaiiU' Jean, — Un autre livre terrier des mêmes possessions M confectionné en 1744.
1619. — « Déclaration reçue par Jean Guenée principal tabellion juré en la chastellenie d'Ouarville pour M" Goumay
et Pastoureau^ et faitte par honneste personne Anthoine Cassegraiû, laboureur, demeurant à Mondonville-la-Saint' Jean, au nom et comme procureur de noble homme Jean Lenormant, conseiller du Roy et controlleur général du taillon en la généralité d'Orléans,, lequel audit nom confesse qu'il tient à tiltre de cens annuel et perpétuel de messieurs les Religieux, prieur et couvent de Saint- Jean-en-Vallée les Chartres, à cause de leur terre et seigneurie de Mondonville-la-Saint-Jean , les terres assises audit terroir de Mondonville..., et à luy appartenant au moyen de Tacquisition, par eschange entre luy et honorable Michel Gharon et Marie Combault sa femme, le 13 aoust 1618 »
1626. — « Robert Bauldouin, prieur claustral de Tabbaye Sainct-Jehan-en-Vallée les Chartres, baille à tiltre de ferme pour neuf ans, k Louis Richault, laboureur, demeurant à Mondonville-la-Sainct' Jehan , cinq sepliers d'e terre assize au terrouer de Morainville..., moyennant deux septiers de bled mesteil mestoyen par chacun an. »
1631. — « Charles Philippon, religieux, prieur claustral de lad. abbaye, afferme pour six ans, dix minots de terre labourable assiz à Mondonville-la-Sainct-Jehan, juxte d'un bout la rue du village, d'autre le chemin de Mondonville à Ouarville.
1658. — « Pardevant Damien Herien, notaire et tabellion juré es lieux et paroisses de Morainville et Mondonville-la- Sainct-Jean, Messire Remy Lamberdin, prebtre prieur de Mondonville-la-Sainct-Jean, confesse avoir baillé pour neuf ou six ans, à Jean Camiaille, marchand laboureur, demeurant à Ossonville, paroisse d'Ouarville, la mestairie et terre deppendapt É?M prieuré de M<mdonmlle4a'Sainct'Jehan , se^ consistant en maison à demeurer , granges , écuries , estrizes, et la grange encloze dans la court du prieuré, avec la quantité de quatorze à quinze muids de terres labourables assizes au terrouer du dit Mondonville et es environs...,, moyen-
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nant cinq moids de bled mesteîl^ rendu à Estampes. Doardan oa Sainct-Amonl^ aux choix et obtion Mi bailleur par chacun an^ le jour de sainct André.
1744. — € Joseph Charpentier, seigneur de BrandeUm, é* Mesliers (1) et de Boisgibanlt, demeurant à Orléans, recoinoist et confesse tenir à tiltre de cens et avenages annneV et perpétuels... de messieurs les Yénérable prieur, dunoines réguliers et chapistre de Vabbaye de SaifU-Jean-en- Vallée les Chartres, seigneurs hauts justiciers des lieux é Mondonville-la-Saint-Jean y Ardelu, Manterville, paroisse è Sainville, Eddeville paroisse d'Ou^irville et autres lieu . cause de leur fief et seigneurie du dit Mondonville, les hériîtages et terres labourables dont la déclaration suit.... >
1748. — € Aveu rendu pour les mêmes héritages pu Jacques Charpentier, escuyer, sieur de Mondonville, seigneur de la Rivière et de Boisgibault, conseiller secrétaire du Roy, maison couronne de France et de ses flnances. demeurant à Orléans, estant auteur de M*» Estienne Blin, prestre, docteur de Sorbonne, curé de Bainville-le-ConUt. par contrat passé le 13 octobre 1748. »
1753. — « Gilles Maugars, receveur de la terre et seigneurie d'Oisonville, adjouiant à sa déclaration de 1744, reconnoisl tenir (comme dessus) c'est asçavoir : une maison manable, un fournil à costé, une estable, une grange, le tout d'un tenant, cour devant lesd. bastîmeiits clos de mon un grand portail et un poutil pour entrer dans lad. coor, sise audit Mondonvllle. — Item, un jardin clos de mon contenant treize perches, d'un bout la rue de MondonviDe et différentes pièces de terre dont le déclarant donne la désignation.
Au nombre des prieurs de Mondonville nous citerons Guillaume Laisné, cet infatigable compilateur dont les écrifc recommandent le nom à la postérité.
(1) Hameaux de la commune d'illiers.
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Guillaume Laisné.
Prieur de Mondonville,
La famille beauceronne de Laisné eut pour chef un marchand de Paris, qui vint se fixer à Blandainville, près IlUers, vers la fin du XV« siècle. Celte famille contracta promptement des alliances avec la haute bourgeoisie et même avec la noblesse du pays. Nous citerons : les Beschebien , Haligre, Trouillard, Edeline, de Pardieu, du Ru, Jouet, Rossard, Guérin, BeUier, le Facheu, Grenet, Chrestien de Carqualeu et de Courcillon de Dangeau (1).
Cependant la branche à laquelle appartenait notre prieur resta toujours dans une condition modeste. Guillaume était fils de Hector Laisné, marchand drapier à Chartres, et de Verdune Jouet. Marguerite Laisné, sa sœur unique, fut mariée à Pierre Mignot, sieur de Chavannes, procureur au Grand-Conseil, prévôt de Bailleau-rEvêque et maire de Senarmont.
Guillaume Laisné exerça d'abord la profession d'avocat, puis il entra dans les ordres, fut licencié en droit civil et en droit canon et devint prieur de SairU-Jean-de-Brou et de Mondonville.
Le département des Manuscrits de la Bibliothèque impériale possède, sous le titre de Mémoires du Prieur de Mondonville, une collection en treize volumes (onze de texte et deux de tables), qui renferme un nombre considérable de copies ou analyses de pièces relatives à Thisloire de la Beauce, de l'Orléanais et du Blésois. L'auteur de ce recueil nous est révélé par la note suivante écrite au recto de la page première du douzième volume : « Ex ïibro qui Prsedicator Carnuteus, inscribitur^p. 283, Guillelmus Laisné^
(1) La généalogie des Laisné se trouve dans le volume 7 , p. 4 et 9 des mémoires de Guillaume'; elle a été rédigée longtemps après la mort de ce dernier.
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in utroquejure licentiatus, Prior sancti Johannis de Braioto et de Mondonvilla, contulit œdkes Prœdicâtorum Cam, et obiUa, i635, 28 octobris; jacet in ecclesia sancti Martini Cam. (1). >
Cet ouvrage, dont chaque volume portait pour marque distinctive une lettre de l'alphabet, fut partagé, aa XVII« siècle, entre différentes personnes de Chartres. Les volumes A, E, I, passèrent à M. du Tronchay, assesseur au présidial, et, après sa mort (19 octobre 1681), à M. Guéau, curé de Saint- André. A la même époque, M. Nicole, Heutenant-général du bailliage, possédait les volumes B, D, F, G. Le volume C appartenait à un M. Ci&temay. Tout le recueil, àTexception du volume B entré, on ne sait comment, dans les archives du département d'Eureet-Loir, passa, vers le commencement du siècle dernier, dans le cabinet Gaignières, qui devint, en 1715, la propriété de la bibliothèque du Roi.
La Bibliothèque de Chartres possède encore un volume, côté -{-, nM812, à la fin duquel se trouve un cahier de 77 pages autographes du prieur de MondonvUle, Ce cahier porte pour titre: « Extraict des mémoires de M. desEssars, conseiller à Chartres (2), intitulé : Recueil journalier de ce qui s'est négotié et arresté en la chambre et compagnie du
(1) Cette citation a été arrangée pour le sens. L'ouvrage inlitolé Prctdicator CarnuteuSj du jacobin Nicoloê Lefebvre (in-^iS) eha Claude Peigné^ 46$7, contient à la page indiquée la phrase suivante: « Guillelmus Laisné^ in utroque licentiatus^ Prior sancti Johannis de Braioto et de Mondonvilla, qui codices contulit^ et obiit 28 octoh. 463S , jacet que in prœfata cède Sancti Martini. »
C'est par erreur que le catalogue des Manuscrits de la Bibliothèque communale de Chartres (p. 128, n" 6) place la mort de Laisné yers Tannée 1655.
(2) M. des Essars était député du Jiers-Etat da bailliage de Charres ; aussi, bien que ses mémoires ne soient pas spéciaux à la ville de
Chartres, il serait intéressant d'examiner leur valeur historique et de savoir s'ils ont été publiés ou si plutôt ils ne seraient point inédits.
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Tier»^Estat de France, en rassemblée générale des Trois Estas y premièrement assignez par le Roy en la mile de Sens au dkt»^ sep^e mU Vie quatorze, du depuis transferez par Sa Majesté au dixième d'Octobre ensuivant en la vilie de Paris, » Le volume lui-même provient de Fabbaye de Josaphat/ et renferme diverses pièces imprimées^ toutes relatives à la tenue des Etats-généraux^ de 1587 à 1614. Guillaume Laisné ayant légué la plus grande partie de ses écrits à Josapbat^ cela explique Texistence de ce manuscrit à la fin d'un volume ayant appartenu à cette abbaye.
Il est assez difficile de deviner le but que se proposait le prieur de Mondonville. Compilateur infetigabie^ il a fouillé toutes les archives dont il a pu forcer la porte, et il a inséré, à peu près pêle-mêle, tout ce qui lui est tombé sous la main. Le soin qu'il a mis à relever les noms propres et à constater les alliances, peut faire croire à la pensée d'un travail généalogique sur les familles nobles ou bourgeoises qui avaient, de son temps, une notoriété quelconque dans le pays. D'un autre côté, ses copies et analyses de cartulaires, pouillés, registres capitulaires, comptes domaniaux, plaids du bailliage, etc., indiqueraient des projets d'étude ecclésiastique et civile. Laisné était probablement de la race de ces érudits qui passent leur vie à entasser matériaux sur matériaux pour un livre dont ils n'écriront jamais une ligne. Ce qu'il a copié., extrait, analysé, annoté est quelque chose de fabuleux, et l'on ne peut se défendre d'un sentiment d'étonnement mêlé presque d'effroi en suivant des yeux cette écriture microscopique , qui est parvenue, malgré ses abréviations, ses épargnes sur les blancs interlinéaires et ses empiétements sur les marges, à dévorer le papier de onze gros volumes.
Il y aurait certainement beaucoup à tirer du recueil de Laisné, car une assez grande partie des documents qu'il contient proviennent de communications particulières et sont perdus ou introuvables aujourd'hui. Mais ce n'est pas chose facile que de faire le tri des richesses du bon prieur.
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On ne le déchiffre qu'avec beaucoup de peine, et eam rabsence de tout classement réguUer rend pour ainafc la lecture obligatoire depuis la première ligne jusqrfi l dernière, la bomie volonté du curieux est souvent noseï
de rudes épreuves. „ ^ ^ , • •
Les extraits que notre savant confrère, M. E. de Lepa» a déjà publiés dans les mémoires de la société archéolomt d'Eure-et-Lofr nous iniUent aux trésors de cette mm féconde; c'est à lui que nous avons emprunte les <k» ments qui précèdent sur le prieur de Mondonville.
Le Nécrologe de l'église cathédrale de CJiartt^ J» tienne à la date du 15 des calendes de mai (17 avril) *, de la vidamesse Elisabeth (1), qui donna a cette eglia Dour la rédemption de son âme, tout ce que Etienne, Il Segnault, tenait d'elle en fief à Mondonvdle. Gaillao«. son flls (2) confirma cette donation après le décès de« mère, en présence de l'évêque Goslin (3).
. ObiitHelisabeth. Qu» vicedomina concessit huic ecclesi» p» redemptione anim* su*, quicquid apud Mundam VtUam taét de teodo eius Stephanus, Raginaldi filius. Hanc concessionem rnsh sL concessit, defuncta maire. GuiUelmus, episcopo Gosleno pres«te. et Roberto decano, et precenlore Hamelino et Hugone sub<leca«. etMilone preposilo, audientibus, et Reneno Blesensi archidiacono. •
.508 - Odon ou Eudes de Mondonville figçre au nombn des serfs qui furent affranchis par Guy, abbé de Saint-PèK de Chartres, avec leurs héritiers ainsi que leurs enfaiff nés et à naître :
« Guido abbas sancti Pétri Carootensis, et totus ejusda
lociconvenlus, quosdam ecclesie sue serves forenses, quorum ..
(1) Elisabeth était femme de GuiUaumel«' de Ferrières, qui «iiitk
^TGuXmen'de Ferriéres. ûls de Guiltaome I» et d'ÉnsaM», tiDtlevVdamé.ersU70-1180. J
(S) Ce préUt siégea de 11*8 à 1158.
mina inferius sunt notata^ cum heredibus eorum natis vel nascituris, a vinculo servitutis absolverunt . . . Odo de Mundunvilla »... Actum anno ab incarnatiooe Domini millesimo ducentesimo octavo, regni vero nostri anno vicesimo nono , . . (1) »
Vers le même temps, Morin de Mondonvîlle, Bernard et Gilduin, son frère, de Mondonville, figurent au nombre des témoins de la donation faite à l'église de Saint-Jeanen-Vallée par Menier et sa femme, Renault et Gontard, fils de Vital de Chalo « testes . . . Morinus de Mundunvilla, Bernardus et Gilduinus f rater ejus de Mundunvilla (2). >
124rj3. — Guy, seigneur d'Auneau, pour assurer l'anniversaire de sa femme Hélisende, donne au prieuré d'Auneau deux setiers de blé de rente annuelle à prendre sur sa dîme de Morainville, le jour de la Toussaint:
«... Ego Guido , miles , dominus Alneoli , notum facio quod ego... dedi et concessi in puram èlemosinam monachis et prioratui de Alneolo duo sextaria bladi annui redditus , . . . super parte seu portione mee décime de Morainvilla aunuatim in sanctum festum omnium sanctorum percipienda (3).. *
Au XlIIe siècle, Macot de Berchères, homme -lige de révêque de Chartres, tenait un fief à Mondonville, et, comme prévôt, recevait 6 deniers de toutes les amendes et de toutes les ventes faites à Mondonville, et 30 pains la veille de la Nativité de Notre-Seigneur ; il en recevait autant à Ermenonville-la-Grande et à Luçon (4) pour les amendes et les ventes, la dixième partie du chanvre et du lin, 2 setiers d'avoine, à la mesure de Chartres, à prendre dans la grange de l'évêque de Chartres, et 1 charretée de foin à Pontgouin, aussi chargée, à la volonté dudit Macot,
(1) Lettre de Philippe II, roi de France. ■— Cartulaire de Saint- Père, p. 673.
(2) Titre de Tabbaye de Saint-Jean. — Archives d'Eure-et-Loir.
(3) Tit. du prieuré d'Auneau. — Arcb. d'Eure-et-Loir. (4} Hameau d'Ermenonville.
que 3 chevaux pussent à peine la tramer hors des prés^ même avec le secours de 6 hommes; mais si le charriot se brisait dans le pré, à cause de sa surcharge, ledit Macot n'avait pas de foin dans Tannée. Depuis la fête de Sainte- Croix en mai jusqu'à la môme fête en septembre, ledit Marcot a le droit, tant que Tévêque demeure hors la banlieue de Chartres, de prendre chaque jour, pour lui et son écuyer, la prébende de foin et d'avoine nécessaire à 2 chevaux, et bouche à court pour lui et son écuyer, ainsi que le vin et la chandelle sulfisante pour les besoins du garçon... . Toutes les fois que l'évêque de Chartres veut aller en hostage (visite des hôtes), les hommes de Berchères doivent un roussin (petit cheval de selle) pour lui et son écuyer, elle dit Macot ainsi que son écuyer, est tenu d'accompagner l'évêque , à condition qu'aussitôt qu'ils sont sortis de leur maison, à l'occasion du dit voyage, ils chevauchent aux frais et dépens de V^vêque. Le métayer de l'évêque doit aussi tous les ans, au même Macot, une corvée de 4 chevaux faite par les hommes de Berchères, et 2 chevaux une fois par an pour que ledit Macot puisse transporter le bois provenant de la forêt. Et pour jouir paisiblement de ces droits et prérogatives, ledit Macot est homme-lige du seigneur évêque et doit lui rendre foi et hommage.
c Macotus de Bercheriis . . , tenet apud Mondonvillam , ut prepositus , et recipit vi denarios de omnibus emendis et vendis factis apud Mondonvillam , et xxx panes in crastino Nativitatis Domioi, et apud Ermenonvillam-Magnam et apud Lucon totidem de emendis et vendis, et decimam partem cannabi et Uni, et duo sextarios avene ad mensuram Carnoten&em in granchia episcopi Carpotensis, et unam quadrigariam feni apud Pontem-Goeni tam honeratam, quod vix très equi , si vùlt Macotus , trahere possint extra prata prefata , cum auxilio etiam vi virorum ; et si dicta quadriga firaeta fuerît , pro nimio honere, in dicto prato, dictus Macotus in illo anno predictum fenum non habebit. Et habet dictus Macotus a festo sancte Crucis in maio usque ad festum sancte Crucis in septembri, tam diu cum moratur episcopus infra banleugam Carnotensem, singulis
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diebus/pro se et suo armigero, prebendam competentem feni et avene duobus equis, et bouche à court ei et suo armigero et vûri garcioni vioum et candelam ad suffidentiam . . . QuotiescumquA episcopus Carooteosis vuH ire in hostagium , unum roncioum pro suo armigero babet et débet habere de hominibas de Berçheriis; et dictus Macotus tenetur et suus armiger cum dicto episcopo pergere, ita tamen quod ex quo de domo sua egressûs iiierit et ejus armiger, occasione dicti itineris, ipsis propriis sumptibus et expeosis dicti episcopi equitabunt. Habet etiam corveiam iv equorum singulis anois de bominibus de Bercheriis. Débet etiam medietarius dicti episcopi eidem Macoto semel ia anno administrare et tradere duos equos ad opus dicti Macoti , videlicet ad asportandum L'gnum de bosco. £t pro predictis pacifîce teneodis dictus Macotus est homo domjni episcopi^ et eidem homagium facere débet et tenetur (1). »
Les attributions des anciens maires méritent d'être étudiées^ parce qu'elles donnent lieu à plusieurs questions importantes^ non-seulement par rapport à l'administra tîon domestique des terres pendant le Moyen-Age, mais encore au sujet des premières institutions municipales dans les campagnes. C'est pourquoi nous transcrivons, chaque fois qu'ils se présentent, les textes qui peuvent servir à l'éclaircissement de ces questions.
Voici un autre acte qui concerne Mondonville au XIII« siècle.
< C'est le fief que Radulphe, maire de Mondonville, tient du seigneur évêque de Chartres à Mondonville; savoir : quatre muids et demi de terre et son hébergement (2), un hostise (3) et un arpent de terre et les bornages; pour
(1) Chart. eccl. Carnet, fo 33 r, Bibl. imp. cart. 4.3.
(2) Herbergamtntum. L'hébergement était la ferme bâtie des XI1I« et XlVe siècles,
(3) Hostagium, L'Hostise ou l'Hospice était là teuure d'un hôte. Il comprenait, outre une maison et des bÀtiments d'exploitation, quelques pièces de terre d'une étendue variable.
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chaque bornage (1) il reçoit deux deniers^ chaque taverne nouvelle lui doit un setier de vin et 88 pains à la Nativité; il a les gants (2) de la vente des terres ou des maisons de la dite villa ; pour chaque citation faite par lui ou par ses mandataires sur des gens demeurant hors sa mairie, il reçoit deux deniers. Tant que le seigneur évêque habile Chartres, le maire doit manger, s'il veut, à la cour du seigneur évêque, si toutefois ce dernier mange chez lui; mais le maire est tenu d'apporter à Chartres, au palais de révêque, toutes les redevances de sa villa, savoir les poules, Tavoine, le mouton, la frecenge (3) et le champart. Le dit maire doit avoir, pour le transport des poules, un setier de vin et quatre pains, autant pour Tavoine et de même pour les autres redevances; autant pour le charroi de Noël et celui de la Saint-Jean; autant pour chaque charroi, le champart et les corvées. Chaque jour où le maire ou son mandataire fait faner dans les prés de Tévêque, il doit avoir pour ses dépenses du pain, du vin et des viandes, si c'est le temps d'en manger; les autres jours où la viande n'est pas permise, une cuisine convenable. Il reçoit aussi pour le cens, un setier de vin et quatre pains. >
tt Hoc est feodum quod Radulphus major de MondonviUa tenet a domino episcopo Carnotensi apud Mondonvillam , videlicet : quatuor modios et dimidium terre, et suum herbergamentum , et unum hostagium, et unum arpentum terre et bonagia; de quolibet bonagio duos deoarios; de qualibet taberna nova unum sextarium vinî, et quater viginti et octo panes in natali Domini , et de venditione ter-
(1) Bonagium, Le droit qu'avaient surtout les maires des viUes de fixer les limites des terres des vassaux.
(2) Aux ventes qui se faisaient dans une seigneurie, on stipulait pour les officiers du seigneur une espèce de gratification , qui se paya d*abord en nature (une paire de gants). Le plus souvent cette gratification se payait en argent et ne s'en nommait pas moins un gant oo des gants — ganni , Chirotecœ,
(3) Droit qu'on payait en porc frais ou jeune, et souvent en argent
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rarum vel domonim dicle ville, dictus major de predictis vendis habet cerothecas. De qualibet citatione facta per dictiim majoreui^ vel per mandatum ejus de gentibus extra majoriam predictam morantibus ii denarios. Quamdiu dominus episcopus rooratur apud Carnotum, dictus major débet comedere^ sivult, in curia domini episcopi , si tanien dictus episcopus in propriis domibus comederit. Dictus vero major débet asportare apud Carnotum in curia domini episcopi omnes redibentias predicte ville, videlicet de gallinis, de avena et le mouton et la frecenge, et campipartagium. Et débet dictus major habere pro dictis gallinis asportandis unum sextarium vini et iiiio' panes et tantura pro avena, et sic pro aliis; et de ^charreio Nativitatis Domini et Nativitatis sancti Johannis- Baptiste totidem; et pro quolibet charreio de campijpartagio et de. corveis totidem. Singulis diebus in quibus dictus major vel cjus mandatum (sic) in pratis domini episcopi , pro fennare in dictis pratis, dictus major débet habere vel ejus mandatum expensas suas, videlicet panem^ vinum et carnes, si tempus est comedendi ; aliis vero diebus in quibus non comeduntur carnes, coquinam competentem. Et de censu similiter unum sextarium vini et iiiio' panes (1). »
La première appellation de Mondonville-la'Saint'Jean se trouve dans Tobit de Simon , comte de Rochefort, vicomte de Chartres^ et seigneur du Puiset (2), pour Tanniversaire duquel son fils Guy, seigneur du Puiset et évêque de Langres (3), amortit tout ce que Tégllse de Chartres possédait ou pourrait posséder à Mondonville-la-Saint-Jean ou ailleurs :
c Obiit Simon, condam dominus de Puissato, pro cujus anniversario in oratoriis nostris annuatim celebrando, Guido, episcopus Lingonensis et dominus de Puissato , fîlius ejus , amortifîcavit nobis quicquid habebamus , ratione enptionis vel donacionis , in feodo suo
(1) Chart. eccl. Carnet. Bibl. imp. cart. 4-3 , f° 34.
(2) Simon vivait en 1233. Il avait hérité de la vicomte de Chartres de Gaucher de Bar, son oncle, fils de Milon, comte de Bar-sur-Seine.
(3) Guy, vicomte de Chartres de 1252 à 1266.
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apud Mondonvillam'Sancti'Johannis vel alibi, et quod possemus cpiiete et pacifiée possidere (1). »
Un pooillé du diocèse da Chartres^ dressé vers 1250, plaoe la paroisse de MondontiUe-la-Saint'Jean dans le doyenné d'Anneau et lui donne 40 paroissiens : c in decanatu Alneoli, Mondonvilla sancti Jokcmnis, ecclesia parrochialii, i La cure^ à la collation de Tabbé de Saint-Jean ^ valait 50 livres de revenu. Puis ce fut un prieuré-eure qui dépendit de Tabbaye de Saint-Jean jusqu'à la révolution de 89.
1251. — f Au mois de mai de cette année, les chapelains* des Dix-Autels de Tiglise Notre-Dame de Chartres achetèrent de Mathieu de Neuvy, écuyer, prêtre curé d'Ymon ville, moyennant 80 livres Chartraines, tout ce qu'il possédait tant en fief que domaine, au terroir de Mondonville-la-Saim- Jean, ainsi que plusieurs cens, seize raizes d'avoine et la moitié des ventes de Mondonville, que ledit Mathieu partageait avec les religieux de Saint- Jean; en outre deux oies blanches qu'il avait coutume de percevoir sur l'abbaye de Saint-Jean^ par les mains du prieur de Mondonville. Cet acquêt fut confirmé par Girard de Trancrainville, chevalier, par Mathieu du Chesnay, écuyer, et par Pétronille, fille de Guillaume du Thoré, chevalier, premier, second et troisième seigneurs féodaux (2). »
> La même année, au mois de juin, les chapelains des Dix- Autels acquirent d'Henri du Tronchay, écuyer, et d'Isabelle, sa femme, moyennant 10 livres parisis, tout le fief qu'Odeline, veuve d'Henri du Tronchay, t^ait dûdit écuyer à MondonviUe'lorSaùit'Jtmi (3). >
(1) Nécrol. de TégUse N.-D. de Chartres.
(3) Archives d'Eure-et-Loir ; fonds du Chapitre; cart. Cape/Zamm, folio 29, recto.
(3) Ibid.
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1555. — « Pierre Lubin et Robert Paupin, demourans à Mondonville-la-Saint' Jehan, figurent comme témoins dans un acte de vente passé devant le bailly de la chastellenie de Bretheucourt^ par Estienne Letore^ clerc substitut juré commis au lieu de Morainville et Mondonville'la'Saint'Jehan, pour messieurs les religieux de Saint-Jehan-en-Vallée de Chartres.
1583. — Les religieux, prieur et couvent de Saint-Martindes-Champs à Paris, seigneurs de Mondonmlle-la-Saint-Jean, se font représenter à la rédaction de la coutume d'Orléans.
Nous trouvons la seigneurie de Mondonville ainsi désignée dans Ips deux notices suivantes :
1670-1721 — « Mondonville-la-Saint'Jeany appartenant à M. de Boistier en partie , et partie aux religieux de Sainct- Jean-en-Vallée de Tordre de Sainct- Augustin, lesquels ont droit de haute, moyenne et basse -justice relevant au bailliage (1). »
1777. -- « Mondonville-la-Saint-Jean. — Seigneurs, les religieux de Saint-Jean; — 6 lieues du chef-lieu et 5 de la rivière; — 42 feux; — 900 septiers de terre (80 perches au septier); — 5 arpens de bois (2). >
1718. — « Un procès eut lieu au sujet de différentes pièces de terre, entre la fabrique Saint-Gervais et Saint- Protais de la paroisse de Lestuin, et messire Pierre-Charles- François de Perrochel, chevallier, seigneur de Grandcbamp, Morainville, Mondonville-la-Saint-Jean , Lestuing en partie, principal héritier de défuncte dame LouisscrMarie de Fontenay, sa mère, laquelle estoit fille de Louisse de Fesnières, en leur vivant dames des dites seigneuries, demeurant
(1) Mémoire de tous les bourgs de l'étendue de TÉIection de Chartres.
(2) Élat dressé pour la perception des tailles dans les paroisses du département de l'élection de Gbartres.
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ordinairement en son chasteau de Grand-Champ^ province du Maine^ pour lequel est elleu domicile en son chasteau de Morainville (1). »
1745. — Nous trouvons encore à cette date : « Messire Prerre-Charles-François de Perrochel, chevalier, seigneur de Grand-Champ (pays du Maine), Morainville, Léthuin, Mondonville- Saint-Jean, en partie et autres lieux (2). >
1756. — Déclaration censuelle est rendue à messire Ferdinand-Charles Ollivier, chevallier, seigneur chaslelain d'Orsonville, Bretouville, Mondonville-la-Saint-Jean , Roinville-sous-Auneau, Poisac, Aucconville et autres lieux, conseiller du Roy en ses conseils, grand maistre enquesteur général, réformateur des Eaux et forêts de France (3). •
1787. — « Par devant Pierre Bauchet, notaire royal résidant à Boisville-les-Létourville, sieur François-Henry Rabourdin, laboureur, demeurant à Noir-Épinay, paroisse de Léthuin, avoue tenir à titre de cens et champart seigneurial emportant droits de lods, gands, ventes, deffaut, saisines et amendes, quand le cas y échet, suivant la coutume de Montfort-Lamaury , de messire François-Denis- Barthélemy de Perrochel, chevallier de Tordre royal et militaire de Saint-Louis, ancien oflûcier des gardes-firançaises, seigneur de Morainville, la mairie de Léthuin, la grande grange de Mondonville-Saint-Jean et autres lieux, demeurant ordinairement en son château de MaisoutMaugis au Perche, à cause de sa seigneurie de Morainville, différents héritages situés au terroir de Morainville, dont les tenants énoncent le chemin tendant de Morainville à Sainville — le chemin de Mondonville à Noir-Épinay; — le chemin de Moraiaville à Léthuin (4). >
(1) Titre de la fabrique de Léthuin.
(2) Idem.
(3) Tilre de la fabrique d'Oinville-sous-Âuneau.
(4) Titre de la fabrique de Léthuin.
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En 1790, la commune de Mondonville fit partie du district de Janville et du canton de Sainville; mais, en 1800, elle fut comprise dans le canton d' Anneau.
Les registres de l'état civil de Mondonville remontent à 1601. Nous avons vu quelle était la population de cette paroisse au XIII» et au XVIIIe siècle; les recensements généraux lui donnent :
En 1816 204 habitants.
En 1836 2i5 —
En 1846 200 —
Ce dernier recensement constate 54 maisons et 54 ménages.
On voit que, depuis 50 ans, la population est restée stationnaire.
Le sol de Mondonville, calcaire marneux, est entièrement découvert et cultivé sur tous les points; on y remarque seulement trois petits bouquets de bois. Il n'y a point d'eaux courantes; trois puits de 30 mètres de profondeur, dont un seul est commun, et deux mares communales, servent aux besoins des habitants et des bestiaux.
D'après la matrice cadastrale (1), la nature et la contenances des propriétés se divisent ainsi qu'il suit :
Hectares. Arei. Gentiarts.
Terres labourables 530 13 46
Bois taillis 1 . 49 50
Jardins potagers 3 98 88
Superficie des bâtiments. ... 1 37 76
Total 536 63 60
(1) Les travaux relatifs à ropéralion du cadastre ont été terminés en 1813, mais la matrice cadastrale n'a été mise en recouvrement qu'en 1818.
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Mondonville est un pays de grande culture; les parcelles ne présentent qu'une proportion de 2 i/2 par hectare. Aussi, la principale industrie des habitants est-elle la culture des terres; les produits agricoles s'écoulent sur les marchés d'Auneau, d'Etampes et d'Angerville . Les femmes s'occupent, surtout pendant l'hiver, à tricoter des bas et des chaussons de laine pour les marchands de Pussay.
Un moulin à vent; situé dans la contrée du Cheneau à 500 mètres du village et sur le bord du chemin de grande communication n» 10, est déjà cité.
MORAINVILLE.
Cette commune, la plus petite du canton d'Auneau sons le rapport de l'étendue de son territoire et de sa population, est située en plaine à 11 kilom. d*Auneau, à 27 kîlom. de Chartres^ et à 500 mètres du chemin vicinal de grande communication n» 19 d'Auneau à Pithiviers, par Janville et Toury. Son territoire est limité par ceux des communes suivantes : au nord, Denonville et Maisons; à Test, Léthuin; au sud, Mondonville-Saint-Jean; à l'ouest, Denonville.
La première mention de ce lieu, appelé Morinvallis, se trouve dans une charte de l'année 1257, par laquelle Guy, seigneur d'Auneau, du consentement de sa femme Léticia, de Guy son fiis, et de Philippa , sa fille, concède au prieuré des Moulineaux sa dîme de Morainville :
« Utiiversis présentes litteras inspectons, Guido , dominus Alneoli, miles, salutem in Domino. I^otum facio universis quod Ego, de assensu et voluntate Leticie uxoris mee , Guidonis filii mei et Philippe filie mee, donavi et concessi in puram et perpetuam elemosinam, fratribus domus de Molinellis Grandimontis ordinis , amore Dei et divine pietatis intuitu, totam decimam quam ego habeo apud MorinvaUem, quamcumque et in quibuscunque existentem ab ipsis fratribus et successoribus eorùm qui pro temporibus erunt , ex nuse pacilîce et. quiète et libère tenendam^ habendam et possidendam in
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perpetuum , pro salute ac remedio anime matris mee defuncte. Promitto. . . Datum anno Domini millesimo ducentesimo quinquagesimo septimo (1). i
Ce n'était alors qu'un fief seigneurial, possédé par la famille de Morainville, dont la généalogie, d'après les mémoires de Guillaume Laine, prieur de Mondonville (2), commence à Guillaume, qui vivait en 1260. A la page 51 du volume D de ces mémoires sont mentionnés plusieurs « tillres en la possession de M. de Chatignonville demeurant à Vierville proche Lestuing et de Sainte - Escobille en Beaulse. »
Ces pièces dont la plus ancienne est de 1403, intéressent particulièrement la famille de Morainville, et incidemment les familles de Prunelé, de Moillard, des Feugerais, de Chambray et de Molitard.
« D'autres contrats et papiers, en la possession de M. de Guillerville en Beaulse, sont relatifs à la famille de Morainville et autres. Le plus ancien est une rente du 26 avril 1668, dans laquelle sont parties Antoine de Guillerville, écuyer sieur dudit lieu, et Etienne de Morainville, écuyer, sieur de Poupry en Beauce. d
1518. — « Nous trouvons encore dans une déclaration faite par le prieur de Louye pour l'amortissement du prieuré : « Item sur le seigneur de Guillerville appelle Moranville, à cause d'un héritaige que souloit tenir Symon . Mesnart, huit septiers de mestail mesure d'Estampes (3). »
1556. — « Transaction du 1«' décembre, entre les héritiers de Jean de Morainville, écuyer, et ûe demoiselle
(1) Au dos est écrit : « Decimus de Molinéilis. — M. de la disme de Morenval. » — Recueil des chartes du prieuré des Mouliueaux. — ■ A. Moutié,1846.
(2) Voir ci-dessus , page 69.
(3) Recueil cité page 70.
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- ^4 — Marguerite Le Prince^ sa femme. Les biens partagés sont situés à la Maison-Neuve près Châtres (Arpajon), à Léthuin, Mémillon^ Baigneaux, Balgneville, Fains, Reverseaux, Poupry, Morainville, etc. (1).
1670. — f Françoise de Morainville en tient le fief, lerre et seigneurie de la garenne ù'Ormoy et autres arrière-fiefs qui en dépendent (2). »>
En 1637 , Morainville dépendait encore de la paroisse de Léthuin^ quoiqu'il y eut la chapelle de Saint-EiUrope , depuis un temps immémorial. Il est question de cet édifice religieux dans un acte passé « le 12 octobre 1637, à Morainville en Thostel de Toussainct Noyer, praticien, demeurant audit lieu, » concernant la donation de plusieurs pièces de terre faite à la chapelle de Monsieur Sainct-Eutroppe , scituée dans le village de Morainville.
Mais déjà les habitants de Morainville s'occupaient des moyens d'obtenir l'érection de leur chapelle en église paroissiale. Suivant un acte passé le 25 octobre de cette même année, nous voyons « les manans et habittans de Morainville représentant la plus grande et saine partye d'icelle, réunis au carrefour dudit Morainville, lesquels de leurs bons grez et bonne vollontez, sans contrainte, ont chargez et chargent, tant de leurs propres que d'acquêts, touttes et chacunes les terres à eux appartenantes , scizes au terroir dudit Morainville, de une seconde dixme qui e&t à raison de deux gerbes pour chacun seplier de terre, sans aucune chose en rien réserver par chacune dépouille, et icelle à toujours, laquelle seconde dixme ce prendra et sera enlevée sur lesdittes terres à eulx appartenantes par le curé qui sera mis et institué en la chapelle de Monsieur Saincl- Eutrope, seize à Morainville, touttes fois et quantes, pour par ledit curé cellébrer le service divin festes et dimanches
(1) Mém. de Gmllauroe Laisné , vol. 4 , p. 2«
(2) Aveu de Nogent-le-Roi.
dans ladilte chapelle^ et administrer les«saincts Sacrements auxdits habittans dudit Morainville , le tout pour l'enlretènement dudit curé; — pourquoi faire lesdits habittans ont consentys et consentent qu'il soit pris^ comme dit est, à toujours, ladicte seconde dixme sur lesdictes terres tant de présent qui procèdent que sur les acquêts qu'ils pouront faire à Ta venir; et pour faire la nomination dudit curé, que pour distraire ledit Morainville de la paroisse de Létuin et autres choses nécessaires pour l'exécution des présentes, ont lesdits habittans fait et constitué leur procureur-général et spécial, irrévocable, messire Georges de Fesnières, chevallier, seigneur de Morainville, lieutenant- colonel du régiment de Beauce, auquel ils ont donné et donnent par ces* dittes présentes pouvoir de ce faire, et pour le payement de laditte seconde dixme commencera sytost et incontinent qu'il y aura un curé mis à laditte chapelle, nommé par ledit seigneur de Morainville... »
J638. — L'acte qui précède ne tarda pas à recevoir son exécution; quelques mois après, la chapelle Saiat-Eutrope fut érigée en église paroissiale, et, Morainville distrait de Léthuin, forma une nouvelle paroisse. Nous copions l'acte concernant cette érection :
a Aujourd'huy deuxsiesme jour de may mil six cens trente-huit, ajrès midy, devant la chapelle de Morainville, pardevant Estienne Heren, notaire, tabellion juré audit Morainville, Lestuing, Mondonville-la-Saincl- Jean, pour mon dit seigneur, fut présent en leurs personnes messire Georges de Fesnih^eSy chevallier, seigneur de Morainville, Menéville et les Prolles, lieutenant-colonel pour le service de Sa Majesté au régiment de Beauce, et dame Angélique de Coutel, son espouze, deluy deument authorisé, pour l'effait des présentes, vinrent Renard, Guillaume Durant, Toussaint Noyer, Michel Lautergnier et Eslisabet Rouet, sa femme, de luy aulhorizé, Jullien Gautier et Geneviève Gautier, sa fille et fille de soy usante de ses droits, Nicolles
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Rouet^ Teave de deffanct Jean Foiret^ Hierome Foiret, Ëstienne Cheret^ Jeanne Pingres^ veuve Philippe Tuby^ Ifarie Villemain^ veuve feux Pierre Piogeon^ Thomasse et Eslisabet les Bordiers^ filles vivantes et jouissantes de leurs droits^ Jean Gautier^ Léonard Michau^ Mathurin Laigneau, Narcisse Servain, Louis du Bois^ Jacques Durant^ Jean Rouet et Hervé Lauvergnier^ tous manans et habitans dodît Morainviile^ lesquels ont dit et déclaré que ayant desjà par cy-devant présenté requeste à Monseigneur TEvesque de Chartres à se qu'il luy plust erriger la chappelle de SanU- Eutrope qui est bastye audit MoramviUe en parraiêse dûtraUte, et^démambrer levUlage de Morainville de toparrotne de Lestuing, de laquelle iïs despend, tant pour la longue defigultez de chemins que autres chousses à plain contenus eu ladicte requeste, pour laquelle esglize parroissiale constituer et erriger il est nécessaire doter et fonder caUuy à qui la cure sera conférés, et ordonnera ceque servante Thostel, il puisse y trouver sa nourriture et entretènemeht, ledit seigneur et dame de Morainville et lesdits habitans dudit lieu, meus de charité et de dévotion, désirans pour la gloire et honneur de Dieu, pourvoir aux nécessitez spirituelles tant d'eux que de leurs enfans, domestiques^ serviteurs et autres bonnes considérations à se les mouvans, ont recongneu et confessé, donné et donnent par ses présentes par donation irrévocable faite entre* vifs et en la meilleure forme que donnation peut valloir sans espérance de la révoquer cy-après, pour quelques causse et occasion que serôit, et promettant ledit seigneur et dame Tirn pour Tautre, chacun d'eux seul pour le tout, sans division ny discution, renonçans au bénéfice de ladite division et discution à Tordre de droit de icelle discution, garantir de tous tro\^blcs et empeschement générallement quelconques; et encore lesdits habitans chacun à leur égard à ladite cure et esglize parroissiale de Morainville qui sera cy-après errigé, deux gerbes de bled et autant d'avoine, orge et autre grain à prendre par chacun an sus chacun septier de
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lerre de toutes les terres labourables apartenant audit sieur et dame de Moralnvillé qui se trouver(Hit en semance^ assis tant au terroir de Denonville que dudit Morainville, contenant quarante muid ou environ en plusieurs pièces et divers champs sans aucunes réserves synon celles qui sont à part closses à fossez et haie^ lesquelles non comprisse^ y en a quarante muid ou environ apartenant audit seigneur et dame et dépendant de la terre et seigneurie de Morainville; et encorre sur chacun septier de terre qui sera en semance comme dessus^ apartenant ausdits habitans de Morainvilie cy-4e6sus desnommez^ dont Jullien Gautier y en a deux septiers, du Bois six s^tiers^ Geneviève Gautier^ TousssÂnt Royer sept muid et ainsy des autres terres dudit terroir^ le tout pour lesdits habitans renonçans à la quantité de vingt muid de terre labourable et plus; lesquelles deux gerbes sur chacun septier de terre sera prinse et persue aanuellemenll par ledit curé de Morainvilie par forme de segonde dixme^ de laquelle tous les-dessus dénommez se chargent outre et par dessus celle qu'ils ont acoustumez paier au sieur abbé de Marmoutier comme curé primitif dudit Lestuing ou autres; laquelle segonde dixmequi aparliendra audit curé de Morainvilie, reviendra par chaque année à dix-huit ou vingt septiers de bled ou environ, tant bled que mestail, et trois muid d'avoine ou environ; outre laquelle segonde dixme de deux gerbes sur chacun septier de terre ledit seigneur et dame et habitans de Morainvilie ont encorre donné à ladite cure de Morainvilie, les menues dixmes du lieu seigneurial et village de Morainvilie, droit de batesme, mariage, mortuaire et généralement »tous autres droits parrochiaux apartenant au curé dudit Lestuing, lequel ledit seigneur et dame indamnisent et recompensent. » Et encore ledit seigneur et dame ont donné et donnent par ses présentes en la forme et manière que dessus, une pièce de terre proche et joignant ladites chappelle à eux apartenant, contenant huit perches de long et trois perches et un tiers de perche de large, tenant d'une part et d'un
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bout audit seigneur, d'autre part à Toussaint Noyer et d'autre bout sur la rue dudit Morainville, sur laquelle ledit seigneur et dame s'obligent de faire bastir à leurs despens un lieu preshiteral pour loger ledit curé, qui contiendra deux chambres basse, une grange pour mettre lesdites dixme, le reste qui servira à faire un jardin qui sera clos à murs de bauge, en se compris la quantité de quatre perches de long et une perche et demy de large de terre pour faire un simetière pour ensépulturer et enterrer les corps desdits habitants dudit lieu; à la charge que ledit curé tiendra et relèvera en fief ledit lieu presbiteral, suivant la coustume du lieu seigneurial de Morainville.
» La perception desquelles grosses et menues dixme et droits parrochiaux ne commencera à courir que du jour que le curé commencera à sélébrer le service divin en ladite esglize parroichialle Saint-Eutroppe et non plus tôt. Lequel service divin le curé sera tenu chanter et sélébrer au jours ordinaires selon et ainsy que Ton a coustame de dire, chanter et selebrer en d'autres esglizes parrochialle du diossaize de Chartres. — Et encorre à la charge de par ledit sieur curé dire à toujours mais, par chacun an, un service pour et à l'intention des père et mère dudit seigneur de Morainville fondateurs de ladites chappelle. — Et encorre à la charge que ledit sieur de Morainville et successeurs seigneurs dudit Morainville demeureront patrons de ladites cure, pour et en cas de mutation soit par decez, résignation ou autrement, en quelque sorte que se soit, dez curé qui y seront, en nommer par eulx d'autres à Monsieur le grand archidiacre en l'église de Chartres qui les représentera à monseigneur Tévesque de Chartres, pour bailler les collations et provisions requises et nécessaires.
» Cette donnation et fondation cy-dessus faites pour les causses et considérations cy-dessus, et que tel est le bon plaissir et vollonté desdits sieur et dame et habitans de Morainville. Ainsy fut fait et passé et arresté. Et pour consentir les insinuation et esmologation de laquelle pardevânt
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pus jages qu'il apar tiendra^ iceux sieur et dame et habians susnommez ont fait et constitué leur procureur générai >t spécial et irrévocble le porteur des présentes auquel il lonne pouvoir de se faire en tout se que au cas apartiendra era requis et nécessaire, le tout sans préjudicier aux places X droits 'ihonoriûques que ledit seigneur de Morainville a [ans réglize dudit Lestuing. Promettant ledit seigneur et lame et habitans de Morainville ensemblement et solidairenent comme dessus est dit, par les fois et serment de leurs îorps, soubzrobligalionde tous et chacuns leurs biens meu- )les et immeubles, présens et à venir, et ont pour agréable, érme estable à toujours mais le contenu en ses présentes ans jamais y contrevenir sur paine de tout despens paier. \enonçans à toutes chosses à se contraires.
> Donné en tesmoing de se soubz le scel au contrat de adite Prévosté de Morainville; et ce fut fait et passé audit tforainville, présens : Vincent Galland, cordonnier; Simon Delangre, laboureur; Pierre Lamy, demeurant à Denonnl\e; Biaise Peron, maistre barbier-sirurgien, demeurant i Ouarville; Anthoine Le Tessier, demeurant à Sainville, 5t maistre Pierre Pesson pour tesmoings qui ont avec ledit seigneur et dame de Morainville et autres comparans signé, edit jour et an que dessus. »
Le premier 'curé en titre . de Téglise de Morainville fut nessire Jacques Lair, comme nous rapprend son testanent daté du i\ octobre 1651, par lequel il ordonne « qu'il ioit baillé et paie à Téglise et fabrique de ce lieu de Moraindlle la somme de cent livres tournois pour estre employez m Tachapt de terres qui demeureront à tousiours mais à adite église, en considération de ce qu'il a esté cwre' pnnitif de ladite église.
1649. — « Lettres du Bailly de la chastellenye de Lesuing, pour monseigneur l'abbé de Mermoustier-les-Tours, i cause de ladicle abbaye seigneur du dict Lestuing, porant donation de divers héritages à la fabrique de l'églize
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• — 90 ~ monsieur Sainct-Eatroppe de Morainvillle, par messire Georges de Fesnières, chevallier, seigneur de MorainvUUj MondoQ ville ^ Noir-Espinay , Lestuing et autres lieux ^ demeurant audit Morainville, et dame Angellicque de Coûtai , son espouze (1). >
Georges de Fesnières mourut le 3 juillet 1651 , Angélique de Coûte] ^ sa veuve fit à cette occasion^ de nouvelles largesses à la cure de Morain ville. Par son testament du 25 septembre elle donne à ladite cure six muidz de terre en une pièce faisant partie de celle de 17 muidz appellée la Marche, assize au terroir de Vierville proche Noir-Espinay et Lestuing; laquelle pièce est enclavée entre trois chemins: Tun d'iceulx appelle le chemin d'Ablis à Orléans , on autre qui tend de Lestuing à Vierville, appelle le Chemin-des-Bm et Tautre qui tend dud. Noir-Espinay à Vierville. Ladite dame donne et délaisse trois muidz, moitié desdits six muidz pour accomplir et exécuter la dernière voUonté de deffunct messire Georges de Fesnières, chevalier, son petit-fils, vivant enseigne aux gardes du roy, seigneur du Perruchet et dudit Lestuing, depuis ratiffiée par ledit feu messire Georges de Fesnières, seigneur de Morainville, son ayeul; — les trois autres muidz sont donnés à la cure de Morainville, • à la charge que les hadilans de la paroisse de Denonfilie qui ont des terres au terroir.de Morainville, ne payeront à l'advenir aucune dixme audit sieur curé ny à ses successeurs curez dud. lieu, si bon luy semble auxdits babitans en considération qu'iceux habitants de Denonville n'ont auculne commodité du service qui se dict par chacun jour à Téghse dudict Morainville, ny l'assistance des sâincts sacremens... Ce fut fait et passé au chastel et lieu seigneurial dxdit Morainville , i^diT le ministère de Jean Siron notaire el* tabellion aud. Morainville, le 25« de septembre 1651, ea présence de Nicolas Poussineau, prêtre curé de Lestuing, Jean Poussineau, maître chirurgien demeurant audit lien de
(1) Tit. de la fabriq. do Morainville.
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Lestoing, maître Jacqaes Monet^ greffier de la chastellenye' de Noir-Espinay , demourant aadit Morainville. >
1718. — Procès au sujet de différentes pièces de terre entre la fabrique Saint-Gèrvais et Saint-Protais de la paroisse de Létuing, et messire Pierre Charles François de Pérrochel, chevallier, seigneur de Grandchamp, Màrainville, Mondonville-la-Saint-Jean, Lestuing en partie, principal Jiéritier de défuncte dame Louise Marie de Fontenay , sa mère, laquelle estoit fille de Louise de Fesnières, en leur vivant dames des dites seigneuries, demeurant ordinairement en son chasteau de Grand-Champ, province du Maine, pour lequel est elleu domicile en son chasteau de Morainville (1). »
1745. — Nous trouvons encore à cette date « Messire Pierre Charles François de Perrochel, chevalier, seigneur de Grand-Champ (pays *du Maine), Morainville, Léthuin, Mondonville-Saint-Jean, en partie et autres lieux (2). »
1777. — Un état dressé pour la perception des tailles dans les paroisses da départemeint de l'élection de Chartres, mentionne :
Morainville, seigneur M. Grandchamp; — 6 lieues du chef-Heu; 35 feux; — 600 sepliers de terre (80 perches au septier); — 100 arpens de bois; — un moulin à vent. »
Un autre mémoire (1670-1721) des bourgs et paroisses de rélection de Chartres, porre :
c Morainville, appartenant à M. du Boistier. Il y a haulte, moyenne et basse justice relevant à Breteucourt. »
Les Perrochel étaient néanmoins les seigneurs dominants de Morainville, ainsi qiii'il résulte des deux aveux que nous allons citer :
(1) Tit. de la fab. de Léthuin.
(2) Tit. de la fab. de Denonville.
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1787. — Pardevant Pierre Bauchet, notaire royal résidant à Boisville-les-Létourville, sieur François Henry Raboordin, laboureur, demeurant à Noir-Espinay, paroisse de Létnin, avoue tenir à titre de cens et champart seigneurial emportant droits de gands, ventes, deffaut, saisines et amendes, quand le cas y échet, suivant la coutume de Montfort-Lamaury, de messire François-Denis Barthélémy de PerrocM, chevallier de Tordre royal et militaire de Saint-Louis, ancien ofiScier des Gardes-françaises, seigneur de MoraiwoiUe, la Mairie de Léthuin, la grande grange de Mondonvîlle- Saint-'Jean et autres lieux, demeurant ordinairement en son château de Maison-Maugis au Perche, à cause de sa ««gneurie de Morainvtlle, différents héritages situés au terroir de Morainville, dont les tenants énoncent le chemin tendant de Morainville à Sainville — le chemin de Mondonyille à Noir-Epinay; — le chemin de Morainville à Létuin (1). i
1788. — « Aveu rendu à messire François Denis Barthélémy de Perrochel, chevalier de Tordre royal et militaire de Saint-Louis, ancien officier des Gardes-françaises, seigneur de Morainville, et des seigneuries et mairie de Létuin, grande grange de Mondonville-Saint-Jean, fief de Mèresville en dépendants, de Maison-Maugis au Perche et autres lieux (2). 1
Le château qui appartient à M. de Perrochel, comte de Morainville, est situé à Tentrée du village du côté de Morainville; il n'offre rien de remarquable. C'est une belle maison moderne construite dans un parc assez étendu , entouré de murailles, avec un élégant parterre au-devant, aboutisssant sur le chemin de Denonville à Pussay.
La ferme du château, qui en est voisine, consiste en une belle maison pour loger le fermier, et en vastes bâtiments d'exploitation autour d'une très-grande cour.
(1) Tit. de la fab. de Léthuin.
(2) Tit. (le la fabriq. de Denonville
Vis-à-tis de cette ferme se trouvait l'ancienne chapelle du château devenue église paroissiale en 1637 (1); elle a été vendue en 1818 pour être démolie : la commune est réunie pour le culte à celle de Denonville^ distante de 2 kilomètres.
Les registres de l'état civil datent de 1639^ époque correspondante à celle de Térection de la paroisse.
Le Fouillé de 1738 donne à Morainville 60 communiants; — en 1777, il y avait 35 feux, soit 105 habitants; les recensements généraux lui donnent :
En 1816 99 habitants.
En 1836 94 —
En 1846 86 —
En 1866. . .' 81 —
Ce dernier recensement constate 27 maisons et 27 ménages.
On voit que la population de Morainville tend plutôt à diminuer qu'à augmenter; cela tient au peu d'étendue de son territoire et au peu de morcellement des propriétés cultivées qui ne présentent guère qu'une proportion de 2 parcelles par hectare.
D'après la matrice cadastrale (%, la nature et la contenance des propriétés se divisent ainsi qu'il suit :
hect. ares. oent.
Terres labourables .:.... 340 52 85
Bois-taillis et futaye 30 99 10
Jardins potagers 1 74 39
Superficie des bâtiments .... 1 27 63
Total 374 53 97
(1) Voir ci-dessus page 85.
(2) Les opérations du c&dastre ont été terminées en 1812, mais la matrice cadastrale n'a été remise en recouvrement qu'en 1818.
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Le sol calcaire, marneux et généralement peu profbiid, est moins découvert que dans d'autres parties de la Beauce; le dixième environ de son étendue est couvert par des bois situés aux environs du village, ce qui <m rend l'aspect plos pittoresque. Les essences principales sont le chêne qui domine, Forme, le frêne, le tremble^ le bouleau^ Facaeia et le coudrier; on les coupe tous les neuf ans.
Morainville, dépourvu d'eaux courantes, est alimenté par deux puits communaux de 30 mètres de profondeur, deux mares communes et une mare particulière.
La principale industrie des habitants consiste dans la calture des terres; les femmes s'occupent, surtout pendant l'hiver, à tricoter des bas et des chaussons de laine pour les marchands de Pussay.
La seule usine qui existe, est un moulin à vent dit vers Léthuln, situé proche le chemin PoitraL
La marne, d'une bonne qualité, se tire au moyen de puits de 10 mètres de profondeur.
OINVILLE-SOUS-ÂUNEÂU.
Les mots Ville et Villiers jouent un très-grand rôle dans la formation des noms de lieu en France ; Eure-et-Loir en possède 479, savoir: du mot ville 72 communes et 332 hameaux; au total 304; — du mot villiers , 21 communes et 54 hameaux. On y compte aussi 4 Villette. La plupart de ces noms de lieu appartiennent à l'époque carlovingienne plutôt qu'à l'époque normande de notre histoire. Le mot qui précède ou qui suit celui de ville, indique le genre de construction ou la destination de la villa (1) primitive, ou le nom de son propriétaire.
Oinville figure dans nos chartes du Moyen-Age sons les
(1) Villêtay dimlQQtif de villa ^ étendue dt territoire comprenut plusieurs maisons voisines les unes des autres, mais non agglomérées.
noms de: Hunis-Villct . Hunavilla Oenis-Villa, Hmvilla, Oeinvilta, Oywvilla, Oynville'SaubZ'Atmeelprès Gallardon — Suivant Tétymologie probable de la première partie du nom, ce serait la villa riche ou abondante en vin (oina$) , ou la villa-enclos des moutons (oieios), comme nous verrons que le mot Oisonville signifiait l'enclos ^es bœufs.
Le passé des premiers temps d'Oinville se perd dans là nuit des temps; mais les Romains y ont laissé des traces de leur long séjour. Dans la contrée dite derrière les jardins, section A no» 678, 679 680, et dans celle de la Vigne, section G no» 5 et 6, on a rencontré des traces de substructions antiques, des débris de grosses tuiles creuses, et de tuiles plates à rebords, ainsi que de nombreux tessons de poterie, que nous aAons vus en 4850: le terrain, d'une noirceur extraordinaire, indiquait que les anciennes demeures ont été détruites par le feu. Des fouilles opérées dans ces parages amèneraient sans doute la découverte de monnaies et d'autres objets.
Cette commune est située en plaine à 4 kilom. d' Anneau et 48 kilom. de Chartres. Son territoire est traversé de Test à Tonest par le chemin vicinal de grande communication no 32 d' Anneau à Jouy, terminé en 1849. Sa position à proximité des bois et de la petite vallée de la-Voise, lui donne un aspect moins monotone que celui de la plupart des autres communes de la Beauce. La Voise qui coule à l'extrémité est du territoire, dans la direction du sud au nord , sert de limite entre Anneau et Oinville ; on y pèche des brochets, des anguilles, des écrevisses, des vairons, des loches et des têtards. — Sept puits, dont un communal, d'environ 12 mètres de profondeur et sur lequel on a établi une pompe en 1848, fournissent abondamment aux besoins des habitants. Une mare particulière est à l'usage des bestiaux.
Le sol siliceux-marneux, assez uni et découvert au nord et an nord-ouest, présente quelques accidents de terrrain à l'est; les bois s'étendent dans cette partie et un pen au sud^est.
La nature et la contenance des. propriétés, d'après h
matrice cadastrale (1) , se divisent ainsi qu'il suit :
hect. ares. cent.
Terres labourables 910 56 77
Prés 26 90 10
Vignes 2 27 70
Bois-taillis 56 30 il
Jardins potagers 6 78 8i
Aulnaies et saussaies 1 49 50
Pièces d'eau » 22 60
Mares » 32 90
Pâtures 4 70 50
Terres vaines et vagues .... > 85 50
Superficie des bâtiments. ... 4 03 78
Total. ... 4,011 48 30
Oinville est un pays de grande culture; les propriétés ne présentent qu'une proportion de trois parcelles par hectare.
Les prairies naturelles, situées dans la vallée et sur te ; rives de la Voise, sont marécageuses et tourbeuses; le foin, de très-mauvaise qualité, ne sert qu'à faire de la litière aoi bestiaux; on les exploite, en extrayant de la tourbe que l'on vent à quelques tuileries et chaufourneries qui en foBt usage. — Plusieurs propriétaires y ont fait des plantations d'aunes et de peupliers, afin de les utiliser plus avanugeusement.
Les 2 hectares 27 ares 70 cent, de vignes, signalés parle cadastre, ont été successivement arrachés, leur faible produit ne compensant pas les frais de culture. En 1850, ilna restait plus que 50 ares à Cherville, près du cheminii* ; Gallardon. '
(1 ) Les travaux relalifs aux opérations du cadastre ont été termiBei en 1812 sur le terrain, mais la matrice cadastrale n'a été misetf recouvrement qu'en 1818.
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Les bois taillis, réduits aujourd*hui à 51 ares, sont disséminés par bouquets sur le territoire , mais particulièrement à Test; les essences principales sont : le chêne, Forme, la charmille, le frêne, le bouleau, le peuplier, Tauné et le coudrier. On coupe ceux de la prairie, tous les 6 ans, et les autres, tous les 9 ans.
Les pâtures et terres vaines et vagues ont été, en majeure partie, plantées en bois.
Les aunaies et saussaies sont plus étendues aujourd'hui, qu'au moment du cadastre, attendu qu'une partie notable des prairies a été convertie en cette nature de propriété; elles sont généralement plantées dans la vallée de la Voise et d'une belle végétation.,
L'industrie principale des habitants consiste dans la culture des terres ; les femmes s'occupent pendant l'hiver surtout à tricoter des bas et des chaussons de laine pour les marchands de Dourdan et des environs. On n'y compte que deux usines, c'est-à-dire deux moulins à eau situés l'un à Poissac, monté à l'anglaise, et l'autre à Longceux, ancien système ; ils sont mus par la rivière de Voise et n'ont chacun qu'une paire de meules.
Le moulin d'Oinville, appelé le moulin-neuf, était détruit en 1718. « Suivant un bail du 17 avril de cette année, son emplacement, qui contenait un arpent environ, formait un pré loué 50 sols. En 1656, le fermage était de 3 minots de fèves et, en 1766, de 2 minots ou une mine de fèves bonnes et bien cuisantes. »
Seigneurs d'Oinville.
Les seigneurs d'Oinville-sous-Auneau nous sont connus dès leXJe siècle:
Ante a. 1080. — Nous voyons Gautier, fils de Fledald, du consentement de sa femme et de sa sœur, se désister en faveur des religieux de Saint-Père, de trois alleux au
nombre desquels figure celui de Oinville et de tout ce dont il s'était emparé concernant ces alleux :
c .... Ego Walterius, filius Fledaldi, cam uxore mea et sorore ejus^ guerpum facimus de alodo Huni ViUœ.,, et quicquid io bis alodis invadendo pervaseram (!}...»
Gautier donna aux mêmes religieux la moitié de Téglise d*Oinvîlle et de toute la terre qui en dépendait. Gaatier d'Auneau, seigneur suzerain, y donna son consentement ayec ses fils. Le donateur reçut un arpent de vigne ^ appelé Refroy, estimé 25 livres :
€ Ego Hubertus , (2) , et omnis congregatio sancti Pétri Carnotensis cœnobii, notum esse volumus... Walteriuro, videlicet filium Fledaldi, medietatem vicariae Hunis Villœ..,, ac tocius terrae quae ad istas villas pertinet, sancto Petro concessisse perpetuo jure ; pro eaque accepisse agripennum unum vineae, quae vocatur Rafredus, pro qao Dobis offerebantur XXV libre nummorum. Huic quoque dono assensum praebuerunt Walterius de Alneto, cujus beneficio hanc ipsam Ticariam supra dictus Gualterius tenuerat^ filiique ejus Gautrerius, Gauslinus, Gualterius^ cum pâtre assenserunt (3). >
1101-H29. — Hardouin d'Oinville, serf de Saint-Père, ayant épousé Guiburge, servante de Saint-Lomer de Blois, il fut convenu entre les Chapitres des deux abbayes qu'ils partageraient les fruits à provenir des deux époux :
€ ... Nos Carnotensis scilicet atque Blesensis cenobii capitula, litteris hiis omnibus notum fîeri Tolumus, quoniam, tempore abbatum nostrorum Willelmi atque Mauricii , pari utrinque et communi consensu, statuimus inter nos atque firmavimus, ut fructus qui de Harduino de Humilia ^ serve utique sancti Pétri, et Guiburge, ancilla sancti Launomari , ipsius Harduini uxore , exiret, per médium inter nos et ex equo partiretur (4) . »
(1) Cart. de Saint-Père, p. 224.
(2) Hubert, était abbé de Saint-Père, en 1075 et 1078.
(3) Cart. de Saint-Père, p. 204.
(4) Cart. de Saint-Père, p. 328.
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1207. — Un homme de la milice de Jean, seigneur d'Oinville-sous- Anneau, s'étant emparé d'une hostise et d^un verger que le prieuré d'Anneau possédait à Boisgasson (1) ; Germain, prieur d'Auneau, porta plainte à Girard, abbé de Bonneval, dont le prieuré relevait. Jean d'Oin ville et Hugues, son ûls, Robert de Bretonvilliers (2), pour ses fils, furent mis en cause, et, après enquête, et de l'avis de plusieurs prudhommes au nombre desquels figurent Jean, seigneur d' Anneau et Jean du Masteau (3), chevaliers, les religieux du prieuré furent rétablis dans leur possession. Philippe, seigneur du Masteau, Hugues, seigneur de Prunay, et Victor de Garancières, son oncle, se portèrent caution :
ce Ego Girardus Bonevallensis ecclesie minister humilis, totusque ejusdem ecclesie conventus, notum facimus tam presentibus quam futuris quod cum raota fuisset controversia inter Gerraanura priorem nostrura de Alneolo, ex nostra parte, et dominum Johannera de Oinvilla^ et Hugonem filium ejiis, et Robertum de Bretonvillari , pro filiissuis, ex altéra, super quada m hostitia apud nemus Gaschonis sita, quam quidam homo predictorum militum injuste occupaverat, tandem medietante prudentum et bonorura virorum consilio,utraque pars fîde et plegiis positis, in discrelos viros dominum Johannem de Alneolo, et dominum Johannem de Maseiello... milites, compromisit... et fîdeijussores dédit dominum Philippum Masetelli et deminum Hugonem de Prunaio et dominum Viclurium de Garanceriis avunculum suum (4)... î
1208. — Au mois de mars 1208, Maurice d'Escuillemont (5) et Hodierne, sa femme, donnèrent entr^ autres choses, à l'église de Saint-Cheron près Chartres, la dîme
(1) Hameau d'Auneau.
(2) Hameau d'Oinvi Ile-sous- Auneau.
(3) Ancien fief déjà cité.
(4) Tit. du prieuré d'Auneau.
(5) Ëqaillemont, hameau de la commune d'Auneau.
d'une mine de fer, in mina ferri, qu'ils possédaient dans la paroisse d'Oinville, du fief de Hugues d'OinvUle (1).
Nous signalerons, en passant, que le terroir d'Oinville offre encore des parties ferrugineuses, et qu'un champtier appelé les Marteaux paraît avoir été le siège d'une exploitation de minerai, sans doute celle dont parle la charte précitée.
4235. — Guillaume, seigneur d'Oinville, chevalier, confirma la donation de la terre de Boisgasson, faite par Hugues, son frère, et y ajouta cinq setiers de terre pour le repos de l'âme de son père et de sa mère, de Marguerite, sa première femme et d'Agnès sa seconde femme encore existante. Ce fut fait du consentement de Jeanne, sa mère, d'Haimeric son fils aîné, et de ses autres enfants Hugues et Guillaume :
€ Ego Guillelmus, dominus Oinville,.,. Sciant universi quod booe memorie Hugo de Oinvilla, frater meus, me concedente et volante, priori et roonachis de Alneolo , pro anniyersario suo , dédit et concessit unam hostisiam quam ipse habebat in villa propria monachorum qui dicitur Boscus Guasconis , insuper et unum arpentum terre situm juxta viam que ducit ad Pruneiura...
c Ego Willelmus, dominus Oinvilky miles, notum facio... pro anime mee , necnon et uxorum mearum Margarite jam defuncte et Agnetis adhuc existentis, me ad perpetuam elemosinam contulisse priori et monachis sancti Nicholai de Alneolo , concedentibus uxore mea Agnete adhuc existente, et matre mea Johanna ac fîliomeo majore natu Haimerico et aliis fîliis meis Hugone, Willelmo, quandam terram quinque sextarios bladi sementis vel parum plus capientem... Actum Alneoii anno Domini MoCG^XXXquinto, mense maio (2). »
En 1244, Guillaume d'Oinville, chevalier, fils de Jeanne, veuve de Haimeric d'Oinville, en son vivant aussi chevalier,
(1) Arcb. dép. Saint-Cheron , B. 8.
(2) Tit. da prieuré d' Anneau. — Archiv. d'Eure-et-Loir.
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— ioi —
(Confirma la donation faite par la dite Jeanne, d'une dîme située sur le territoire d'Oinville, et d'une place pour y hastir une grange; mais comme, la place où ceste grange devait être construite, n'était pas désignée, Guillaume fit cette désignation à rentrée de la ville d'Oinville, vis à-vis la croix boisée et en fixa ainsi les limites: ladite place s'étendra 1» de huit toises ou plus vers le chemin qui va d'Oinville à Chartres; 2o de huit toises ou plus vers les vignes d'Oinville; S» vers ladite ville de sept toises ou plus, et vers Chartres, de sept toises ou plus. Haimeric et Hugues, fils dudit Guillaume, approuvèrent cette donation ainsi limitée, et ajoutèrent, sous la foi du serment, que s'il arrivait que l'abbaye fit construire un édifice sur ladite place, l'hôte qui l'habiterait serait exempt de toutes corvées, coutume et redevance, qu'il pourrait y entrer et en sortir librement avec sa famille, et jouir de toutes les aisances (1) paisiblement selon le droit commun des autres hommes. Guillaume promit en outre de se présenter devant le bailli du roi à Janville pour renouveler et affirmer les dites donations :
« Noverint universi quod Guillelmus de Oenvilla , miles , filius Johannè , quondam relicte Hemerici de Oenvilla , quondam militis , coliationem et concessionem, quam fecit dicta Johanna conventui sancti Pétri Carnotensis, de quadam décima sita in territorio de Oeni-Villay et de quadam platea ad quandam granchiam faciendam, voluit et concessit.... Et cum dicta platea.... nondum fuisset certo loco dicto conventui assignata, idem Guillelmus predictam plateam assignavit in capite dicte ville de Oeni-Villa, versus cnicem buxatam et talibus fînibus eam determinavit et determinari voluit et concessit : videlicet quod dicta platea extendatur per octo tesias velamplius deversus viam qua itur de Oeinvilla ad Carnotum , et deversus vineas de Oeinvilla per octo tesias vel amplius , et tercio deversus
(1) Eisamentum, — Jus utendi ia aliène prsedio rébus non sais. — Le droit d'usance sur le fonds d'autrui, des choses qui ne vous appartiennent pas.
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eandem villam per septem tesias vel amplius , et deversus Carnutum per septem tesias vel amplius.... Preterea Hemericus et Hugo, filii dicti.Guillelmi , omnia et singula premissa voluerunt et concesserunt... Voluerunt etiam quod, si contigeret dictum conventura in dicta platea aliquod ediBcium facere , quod hospes in dicto edificio manens libère et quiele et absque ulla corveia , custuma et redibencia sit , et ibi maneat, et liberum exitum et introitum habeat cum familia sua; et omnia eisamenta dicte ville , sicuti alii homines habent , habeat et pacifiée peïcipere possit. Preterea dictus Guillelmus promisit quod ipse coram baillivo dominî régis apud Hyenviilam ibit, et ibi, in plena assisia , coram dicto baillivo , omnia premissa et singula vera esse cognosceret et concedet.... Actum anno Domini millesimo ducentesimo quadragesimo quarto, mense novembri (1). j>
1528. — Il y eut un long procès au sujet des dîmes entre les religieux de Tabbaye de Saint-Cheron près Chartres, et le curé d'Oinville. Les premiers soutenaient que, de temps immémorial, ils avaieiit le droit de prendre le quart des grosses et menues dîmes des fruits existants et des animaux nourris, de leurs produits et dépouilles dans les villages et territoires A'Oinville, an Bas-Auconville , de Poissac et Longsaux dépendant de ladite paroisse d'Oinville ; en conséquence ils demandaient que le curé fut condamné : à leur rendre la dite quatrième partie des dîmes qu'il avait induement perçue; à leur payer pour chaque année la quantité d'uft muid de blé, d'orge et d'autre grain, suivant la nature des dîmes; pour celle des bêtes à laine et des agneaux, vingt toisons de laine et dix agneaux; vingt fagots des produits des chanvres et des lins... et si, les dîmes n'étaient pas en nature, à payer pour chacune année leur valeur, savoir : pour les grosses dîmes 12 livres tournois, et six livres tournois pour les menues dîmes... Une sentence de Toflacial de Chartres, rendue le U décembre 1528, termina ce différend en faveur des religieux :
(1) Cart. de Saint-Père, p. 696.
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« Religiosi ^ri, abbaset conventus sancti Carauni prope Garnotum ordinis sancti Augustini , dicunt et in jure proponunt coram nobis venerabili et scientifico viro domino officiali Garnotensi actores coram dominum Yvonem Yveline pre^byterum rectorem seu curatum ecele* siœ parrochialis de Oynvilla reum, quod dicti actores... habuenint et habent jus percipiendi quartam partem, de quibus quatuor partes totum faciunt , omnium et singularum grossarum et mioutarum decimarum fnictuum existentium et animalium nutritorum et eorum incrementorum et spoliatorum in viliagiis et territoriis de OynviUa, Auconvilta- Basse , Poysac et Longsaidx existentibus in parrocbia dicti loci de Oynvilla finibus et métis ejusdem.... per taie et tantum tempus à quo non exslitit in contrariummemoria... ; in quarum decimarum perceptione actores fuerunt manutenti in possessione et saisina per dominum baillivum Garnotensem aut ejus locum tenentem anno Domini millesimo quadringentesimo sexagesimo contra deffunctum dominum Nicolaum Iveline presbilerum, dura viveret, curatum dicti loci de Oynvilla , et de post defïunctus dominus Hubertus Iveline ultimus curatus pacificus diçti loci accepit ad firmam et pensionem annuam ab actoribus, tamdiu quamdiu esset curatus dictae curiae de Oynvilla , décimas dictorum territoriorum et villagiorum tam grossarum quam minutarum videlicet anno Domini quadringentcsimo nonagesimo quinto...^ et quartam partem decimarum dictorum territoriorum et villagiorum reus tenetur actoribus restituere et reddere , et pro restitutione et solutipne actoribus solvere pro quolibet anno quàntitatem unius modii bladi , seliginis ordei alteriusve grani secundum naturam decimarum, et animalium langevorum et agniculorum viginti vellera lanae , et decem agniculos , decem fagatos proginarum canapum et linorum..., et si predictae decimae non sunt in rerum natura , ad eisdera actoribus solvendum pro valore grossarum decimarum summam duodecim librarum Turonensium pro quolibet anno aut aliam , et pro décima minutarum decimarum pro quolibet anno summam sex librarum Turonensium aut aliam.... Visis principali processu, scripturis,oblationibus etinterpellationibus in eo factis , et meritis ejusdem requestis et conclusionibus expensarum.... dicimus quod ob bonam et justam causam reus impedivit dictarum expensarum condemnationem et ipsum ab eisdëm reques-
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tis actorem absolvimus, actores ab illis repellendo... Datnm etactum in judicio anno Domini millesimo quingentesimo Tigesimo octavo, die décima quarta mensis decembns*... Signatus de Sainctes. »
Dans le compte rendu' par Girard Haligre, receveur ordinaire du domaine du bailliage et duché de Chartres appartenant à Madame Renée de France ^ touchant les recettes faites de la Saint-Jean 1564 à pareil jour 1565, on lit :
30 € Des cens de la vicomte de Chartres, à Gallardon, communs au roi et à messire Hue d'OinvUle, chevalier, et vendus en 1521 à Regnault de Refuge (1). »
1666. — Louis de Lattaignant, conseiller du Roy en la cour de Parlement, consent, comme seigneur suzerain, à la donation faite à la fabrique d'Oinville, de divers héritages situez à Baronville (2).
1670-1721. — « De la Baronnye et Chasteilenie d'Aulneau dépendent :
f OynvUle-soubZ'Aulneau , appartenant à M. le marquis de Sourdis d'Alluyes. Il n'y a point de justice, vont plaider à Aulneau.
« Mais il y a justice au hameau de Poissac, paroisse dud. Oynviile, appartenant à M. de Lyonne. 11 y a justice, haulte, moyenne et basse relevant à Yenville.
« Plus au hameau de Cherville de lad. paroisse de Oynviile, appartenant à madame de Cherville, il y a haulte et basse justice relevant à Montlouet, de Monllouet à Gallardon et de Gallardon au bailliage de Chartres. >
1716. — « Haut et puissant seigneur messire François Gilbert Colbert, seigneur baron d' Anneau, Aunay, Oinville, Francourville et Voise, maistre de camp d'un régiment de
(1) Mém. de Guillaume Laisné, 4« Tol. p. 147.
(2) Tit. de la fab. d'OiaviUe.
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cavalerie entretenu pour le service du Roy ^ et brigadier des camps et armées de Sa Majesté. «
1724. — € Messire Pierre d'Hariagues, escuyer, conseiller secrétaire du Roy, maison et couronne de France et de ses finances, trésorier général des maisons et finances de Son Altesse royale Monseigneur le duc d'Orléans, seigneur baron des baronnyes et chastellenye d'Auneau, de la Vieille -Court dudit lieu d'Aunay, Voise, Francourville, Oynville et autres lieux. >
1730. — « Déclaration censuelle par la fabrique d'Oinville à Pierre cfHariagues, écuyer, conseiller-secrétaire du Roy, maison, couronne de France et de ses finances, seigneur de la baronnie et châtellenie d'Auneau, châtellenies d'Aunay, Voise, Adonville, Francourville, vieille cour dudit Auneau, seigneurie d'Oinville, »
Mme veuve d'Hariagues mourut en 1749, laissant pour seuls et uniques héritiers deux fils: Dominique, qui lui succéda dans la baronnie d'Auneau, et Pierre d'Hariagues de Guiberville, qui fat seigneur d^Oinville et autres lieux. >
1777. — La famille d'Hariagues est encore mentionnée dans un état dressé pour la perception des tailles dans le département de Télection de Chartres :
€ Oynville (sous-Auneau), — seigneur M. d*Hariagues; — - 3 lieues du chef- lieu et 1 de la riyière; — 76 feux;» — 1700 septiers de terre (80 perches au septier); — 130 arpens de bois; — 12 arpens de prés; — 3, moulins. »
Eglise. — Le vocable de Saint-Rémi (1), patron de la paroisse, ne permet pas d'en faire remonter la constitution au delà du sixième siècle, et nous avons vu que Téglise est
(1) Saint-Rémi, archevêque de Reims, en 460, mort en janvier 533 à 86 ans, baptisa, Clovis en 496, après la bataille de Tolbiac et convertit presaue tous les sujets de ce prince. Plusieurs paroisses du diocèse l'ont adopté pour patron ; notamment celle d'Anneau voisioe d'Ointville.
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mentionnée dans la seconde moitié du onzième siècle comme appartenant à l'abbaye de Saint-Père de Chartres. Cette église, construite en moellons avec angles, contreforts et baies en pierre de taille, forme un rectangle ayant 19 met. 60 c. de longueur sur 7 mètres de largeur, avec croupe polygonale à côtés inégaux : la hauteur des combles est de 11 mètres. La tour ou clocher placée en hors d'œuvre au midi, a 10 mètres de hauteur : son parement extérieur est en pierre de taille et son parement intérieur en moellon. —
L'édifice est éclairé par six fenêtres à plein cintre, dont une au nord et cinq au sud. Il est placé en contre-bas du sol, ce qui le rend très-humide : on y descend par un escalier de quatre marches, après avoir traversé un porche qui précède la porte d'entrée.
Les registres de l'état civil d'Oinville remontent jusqu'à l'année l603.
Un pouillé du diocèse de Chartres, dressé vers 1250, place Oinville dans le doyenné d'Auneau et lui donne 54 paroissiens; suivant un autre pouillé de 1738, il y avait 200 communiants. Les recensements postérieurs constatent : En 1816. ....... 339 habitants.
En 1836 327 —
En 1846 312 —
En 1856 316 —
En 1866. 330 —
Ce dernier chiffre est ainsi réparti entre le chef-lieu de la commune et les hameaux qui en dépendent :
Maisons. Ménages. Habilanls^
Oinville 27 29 401 '
Cherville U 42 464
Longceux 1 > »
Occonville 3 3 9
Poissac U 44 56
Maisons non habitées ..... 3 > >
Totaux. . , 89 88 330
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I. Cherville. ■— Le fief de Cherville était vassal de Villiers-le-Morhiers et ressortissait pour la justice à Nogent-le- Roi. Nous avons déjà cité cette ancienne seigneurie, p. 104^ aujourd'hui simple hameau situé dans la plaine et à 2 kilom. d'Oinville. Son nom latin Sechervilla paraît avoir été formé des deux mots sechura et villa qui indiquent que^ dans Forigine, c'était un domaine rural dont ils nous font connaître en même temps la consistance. Au moyen-âge les noms sechura et sechorata désignaient, en effet, retendue de pré qu'un faucheur peut couper dans un jour {quantum unus sector per diem secare potest de prato) (1).
1436. — Jean de Chartres, écuyer, seigneur de Cherville et de Montlouet, reçoit en foi et hommage Adam d'Écrosnes, seigneur d'Oisoaville.
Chevard, dans son histoire de Chartres — lom. II, p* 125 — rapporte le fait suivant :
€ Dans le mois d'octobre 1590, les habitans de Chartres ayant appris que Henri IV s'était éloigné de Paris, profitèrent du moment pour faire passer des vivres dans la capitale, sous la conduite du sieur de Saint- Arnould-des-Bois ; fes sieurs de Cherville , de rancienne famille de la maison de Chartres, lesquels étoient de la nouvelle religion, allèrent les attendre et les chargèrent si vigoureusement, que le sieur de Saint-Amould resta sur la place. Il y eut plusieurs blessés, entre lesquels étoit Jean de TËspine, échevin, qui, étant porté à Anneau, y décéda. »
1657. — Acte de donation reçu par Pierre Chappe, tabellion en la chastellenie de Gallardon, commis es lieux de Cherville, Auconville et environs, pour hault et puissant seigneur messire Noël de Bullion, chevalier, seigneur de Bonnelles, conseiller du Roy en tous ses conseils, secrétaire de ses ordres et baron dudict Gallardon (2).
(1) Du Gange Gloss.
{%) Tit. de la fab. d'Oinville.
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1765. — Déclaration censuelle par la fabrique d'Oinvillc, pour la confectioQ des terriers des seigneuh de Cherville et fief en dépendant^ appartenant à messire Joseph Gaspard Pecou^ seigneur dudit Cherville et autres lieux.
£n 1768^ « Messire Dominique d'Hariagues^ seigneur baron d'Auneau et autres lieux, conseiller du Roy, maître ordinaire en sa chambre des comptes > , eut un procès à soutenir contre Messire Gaspard Pecou, seigneur de Cherville, prenant fait et cause pour François Loinielle, gardechasse de la terre de Cherville (l).
Au moment de la révolution de 1789 le château de Cherville appartenait à M«»o veuve de Saint-Aignan. Cette dame ayant émigré, le domaine de Cherville fut saisi en 1792 et vendu comme bien national; le château tomba sous le marteau des démoUsseurs en 1799, il n'en reste plus que remplacement converti en terres labourables. Ce château était situé au centre du hameau de Cherville, au nord et sur. le bord du chemin qui le traverse.
Nous devons peut-être compter encore au nombre des seigneurs de Cherville, un membre de la famille des Rohan. M. Thévert possède une lettre d'un prince de Rohan, écrite au sujet d'un don envoyé par lui à des habitants victimes d'un incendie à Oinville.
Cherville possède plusieurs puits particuliers peu profonds et deux fontaines , dont Tune est située dans une propriété particulière, et l'autre près de l'ancienne ferme du château. Derrière cette ferme se trouve une mare qui en dépend : une autre mare, peu éloignée de la précédente, a été faite en 1848.
Son territoire est traversé par le chemin de grande communication no 32 , d'Auneau à Jouy. D'autres chemins conduisent de Cherville à Carnet, a Occonville, à Saint-Cheron, au Luet et à Baronville. Grâce aux nouvelles voies de com-
(1) Tit. de la seignenrie d'Auneau.
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^ 409 — municatioD^ la situation de Gtierville s'est bien améliorée depuis 30 ans.
II. LONGCEDX. — Moulin sur la rivière de Voise, à 1,900 mètres au nord-est de Oinville. Ce lieu est appelé Loncseux en 1 472 , et Longsaulx ( Longus Saltus — long bois ) dans une charte de 1528, rapportée ci-dessus, page 102. C'était un fief dépendant de la seigneurie de Levainville, et dont nous trouvons cette désignation en 1786 :
€ Le moulin de Longceux consistant en un moulin à eau, avec le cours d'eau, faisant de bled farine, ayant chambre pour le meunier, fournil, grange, écurie, étable. et autres bâtiments couverts en tuiles, avec cour devant et jardin au bout, cinq septiers quatre boisseaux de terres labourables qui valent quatre arpens vingt-six perches ou environ de prés fauchables, le tout affermé moyennant cinq cents livres par an.
» En 1767, le moulin de Longceux était loué huit cents livres. >
1764. — La fabrique de Levainville rend aveu à Monseigneur de Bullion, à cause de sa seigneurie d' AtLconville-Lon' :eux, pour divers héritages siués au champtier de la Vallée ie Lonceux, d'un bout le chemin d'Auconville à Lonceux )t Garnet(l).
IIL OccoNviLLE. — Ancienne prêtrière du chapitre de ;;hartres au XIII« siècle, est aujourd'hui un hameau dépeniant des communes du Gué-de-Longroi et d'Oinville-sous-Auleau. Il est situé à 2 kilomètres de cette dernière commune et >orle dans les chartes du Moyen-Age les noms de ; Abconsi- ^illa; Asconvilla; Ascumvilla; Atonvilla; Osconvilla; Ossonilla; Auconvilla ; Ausconville ; Acconvilla ; Auconville, Nous rouvons ce lieu mentionné dès le XII» siècle, mais il est
(Ij Tit. d6 la fabrique de Levainville.
beaucoup plus ancien^ si l'on considère que le mot Acm forme la première partie de son nom. Ce mot paraît être, en effet, d'origine celtique, comme Mâcon; il présente surtout les plus grands rapports avec ceux d'Acon (Eure), Agon (Manche), et Agaùnum (Saint- Maurice -en- Valais). Celui-ci, dans la langue primitive des Gaules, signifiait une pierre , un rocher : Agaunum accolœ irUerpretatione scUM sermonis saxum dignoscitur (1). >
Circa 11 00. — Agnès, fille de Robert de Gallardon, s'étant faite religieuse, son père fit donalion à Tabbaye de Saint-Père de la dîme qu'il possédait à Occonville par droit héréditaire :
c Ego Robertus de Galardone.... pro filia roea, Agnete nomine, que ad contemplative vite quietem dulcissimam convolavit, dooo décime inviolabili , decimam quam in Absconsivillâ jure fas-
reditario solidissime teneo, celestis regni beato Petro janitori
atlribuo(2). »
Circa 1155. — Josselin, seigneur d'Auneau, exigeait des hommes d' Occonville différentes corvées contre la teneur des titres; mais il abandonna ses prétentions et en demanda pardon au Chapitre de Chartres :
c Joscelinus de Alneolo , capitulo saocte Marié salutem. Noton sit omnibus tam presentibus quam futuris quod ego Goscelinus , ncognoscens culpam meam de angariis, sive corveis, quas injuste habebam in terra vestra apud Ascumvillam , et dimitto eas absoloie, et condono in perpetuum cum tota posteritate meonim hsRdum(3). •
La villa d'Occonville avait été acquise par Raimbanld de Chaunay, archidiacre , chanoine de Notre-Dame de ChartreS; et donnée par lui à cette église :
(1) Vita S. Romani , abbat. dé Gondâlo fundatoris.
(2) Cart. d3 Saint-Père, p. 409.
(3) Bibl. Imp.; Liv. des Privil.y de Végl, de Chartres, cart. 28, p. 87, et 28 WSjfo 39 v".
Antea. 1180, — « XVI kalendas mardi, obiit Raimbaldus de Galniaco, hujus ecclesie canonicus et archidiacoous,... qui villas subscriptas huic ecclesie adquisivitvidelicet.... Asconvillam (1).... »
Un autre archidiacre Hubert, prévôt de Sainte-Marie, avait déjà donné au Chapitre les alleux (2) qu'il possédait à Occonville :
Ante a. 1120. — t VIIII kalendas augusti, obiit Hubertus, archidiaconus et prepositus Sa nctae- Marias, qui dédit caoonicis suis alodos quos habebat ad Asconvillam (3). >
1208. — André d'Osconville figure au nombre des serfs qui furent affranchis par Guy , abbé de Saint-Père , sous la garantie de Tautorité royale : « Andréas de Oscumvilla{i). »
1231. — Pierre de Rozay, chevalier, afferme à Téglise de Saint-Cheron-du-Chemin , pour y planter de la vigne ^ deux arpents de terre situés entre Saint-Cheron et Auconvillle : « Duo arpenta terre ad plantandum vineam site inter Sanctum-Karaunum et Aeonvillam (5). »
1282. — Guillaume d'Auconville, fils de Galier d'Auconville, écuyer, reconnaît avoir vendu aux Lépreux du Grand- Beaulieu, près Chartres, un muid de blé de rente annuelle à' prendre sur la grange du monastère, à Louville-la-Chenard : c Guillelmus de Auconville^ filius Galeri d'Auconville, armigeri(Q).,.. »
1300. — Le Chapitre de Chartres avait à Occonville^ dans la mairie d'Ymeray, plusieurs terres appelées les terres du
(1) Cart. N.-D. de Chartres (Nécrol.), tom. lU, p. 141.
(2/ L'alleu ne fut d'abord que le patrimoine, ou le propre, opposé aux acquêts; ensuite on donna ce nom à tout ce qu'on possédait, soit en pleine propriété, soit en nue propriété.
(3) Cart. N.-D. de Chartres (Nécrol.), tome IIl, p. 141.
(4) Cart. de Tab. de Saint-Père, p. 673.
(5) Arch. d'Eure-et-Loir, fonds de Sainl-Cheron.
(6) Chart. Orig. aux Archives d'Eure-et-Loir, Boit, de Beaulieu.
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Diable, savoir : dix setiers de terre nommés Estamftt^. aa champtier des Arpens, six setiers; aux Maillots oaPItf d'Etaih, 4 setiers; à la Fontaine, 1 setier; aux Mam 18 setiers; an champtier des Vauguimonts, environ gi| mines; aux Petits-Prés, 6 setiers :
c Âpud AconviUam , in majoria Ymeriaci , habet capitolum fifres terras que vocantur terre Dyaboli, videllcet X sext. que toc»tur terre Estampais; item io Arpeotis circa VI sext. ia doabns fe> ciis; item apud Malleau IIU sext. ; item apud Fôntenellam i seil. item apud jlfara^to5,« circa XVIU sext. in duabus peciis; iiem i Valle-Guimondi , circa V min.; item in terrîtorio de Prate&t, circa VI sext. in tribus peciis (1). »
Occonville était en outre chargé envers le chapitre de Chartres , de 52 sous 6 deniers de cens annuel, dont iisoui pour la terre du Diable :
< In prebenda de Ymereio, reddit Atonvilla LU sol. VI àeB.è quibus cadunt XII sol. pro praedicta terra Dyaboli. »
1702. — € Marie Duperche, demeurant à Garnet^ dôme et lègue à Nostre-Dame-des-Vertus du Gué-de-Longroy, m minot de terre assis au terroir à'Auconmlle, champtier di bois de HatUte-Maison (2). »
1753. — « Déclaration censuelle par la fabrique d'Oinville à messire Pierre d'Hariagues, écuyer, conseiller-secrélai/v du Roy, maison, couronne de France et de ses finances, seigneur baron d'Auneau et autres lieux, à cause des» seigneurie d*Auconville. »
1764. — c Devant le commissaire préposé à la confeclioi des terriers du marquisat de Gallardon et dépendances pour hault et puissant seigneur Monseigneur Auguste-Léon (fc Bullion, chevalier, marquis de Bonnelle, baron d'Auquain-
(1) Cart. N.-D., tome II, p. 332.
(2) Tit. de Tanc. fab. de Saiut-Cheron da Chemin.
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ville, seigneur de Fervaques, Eclimont, Saint-Symphorien, Bleury, Âuconville-Montlouet , Auconville - Longceux , et autres lieux, conseiller du Roi en ses conseils et son lieutenant-Général en la province de Guyenne, — la fabrique de Levainville reconnaît tenir divers héritages dudit seigneur, à cause de la seigneurie d'AnconvUle-Longceux, divers héritages situés au champtier de la Vallée de Longceux, d'un bout le chemin d'Âuconville à Longceux et Carnet (1). >
1768. — « Par devant Jean Legeijdre, géographe et commissaire nommé pour la rénovation du papier-terrier de la lerre et seigneurie^du Boulay d'Auconville , appartenant à messire Joseph Gaspard Pecou, seigneur de Cherville, ancien conseiller du roi, maître ordinaire en sa chambre des comptes à Paris, les gagers de Téglise et fabrique de Sainl- Cheron-du-Chemin reconnaissent tenir dudit seigneur, à îause de sa seigneurie du Boulay-d'AucDnville, une mine le terre labourable, assise au terroir d'Impeau, champtier les Grosses-Pierres ou Butte-Marineau. »
Nous noterons aussi, en terminant cet article, Thistoire le la Çogneuse d*Occonville, passée aujourd'hui à Tétat de égende : ce sera un exemple de plus pour le public dont a crédulité ou l'amour-propre encourage Terreur, en forlant presque la main à ceux qui le mystifient.
« Au commencement de notre siècle, une jeune fille de e hameau, nommée N... Duport, passa pour être hantée lar un esprit frappeur. Partout où elle se trouvait, on ntendait des coups sourds et profonds qui semblaient enir de sous-terre. Les habilans des villages voisins venaient la veillée entendre ces bruits qui paraissaient mystérieux
tout le monde. L'exagération aidant, la renommée de la lie Duport alla jusqu'à Chartres. On voulut voir clair dans 3tte affaire, et la fille Duport fut mandée à la Préfecture.
(1) Tit. de la fab. de Levainville.
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— H4 — Là elle fut forcée d'avouer que le hasard lui avait appris qu'en frappant le sol avec son pied, d'une certaine manière invisible, elle produisait ces coups qui avaient d'abord surpris ses parents, puis ses voisins. Engagée par la curiosité publique à cacher son jeu, elle avait continué ce rôle, sans autre but que de se poser en personnage mysténeux, et sans autre intérêt que celui d'émerveiller la foule f »
IV. PoissAC. — Ancienne châtelîenie, aujourd'hui simple hameau situé dans la vallée sur les bords de la Voise, à 900 mètres à Test de Oinville et tout à proximité du chemin vicinal de grande communication n^ 32 d'Anneau à Jouy. •
Ce lieu dut être cher aux Druides , si Ton en croit les mots latins Poisseium et Poceium qu'il porte dans les chartes du Moyen-Age. Ce nom paraît avoir pour étymologie le vieux mot Pose — Posa — qui signifiait amas de pierres, et indiquei;a.it qu'il y avait peut-être là un de ces monuments druidiques que possède encore la vallée de la Voise (1). Ajoutez à cela une fontaine sacramentelle dite de Poissac, située au milieu du hameau, qui alimente aujourd'hui un moulin et verse son tribut à la Voise. Le registre des contrats du chapitre de Chartres mentionne le moulin de Poissac en 1447.
En 1208, les religieux de l'abbaye de Saint-Jean avaienl des possessions à Poysac « apud Poiseium » , et les Lépreux de Beaulieu, près Chartres, y levaient la dîme :
€ Et apud Poceium quartam parlera minute décime , et decimaiB magnam in quandam partem territorii ejusdem ville (2). »
1528. -- Nous avons vu (page 102), que l'abbaye de Sainl- Cheron prétendait aussi le quart des dîmes de Poysac.
(1) Voir V Annuaire de 1867. — Introduction aux documents historiques du canton d'Auneau.
(2) Cart. de Beaulieu, p. 241.
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1583. — Le seigneur de Poissac se fait représenter à la rédaction des Coutumes d'Orléans.
1651. — € Lettres du Bailly d'Orsonville, Poissac et Auconvilie, données soubz le scel aux contractz de la chasîellenie de Poissac, pour messieurs les vénérables religieux, prieur et couvent de Saincl-Martin-des-Champs-les-Paris, seigneurs chastellains hauts justissiers desdits lieux, concernant divers héritages légués à la fabrique d'Oinville.
1756. — « Déclaration censuelle par la fabrique d'Oinville, pour la confection des terres de la seigneurie de Saint- Martin de Poisac et A'uconville, pour messire Ferdinand- Charles Ollivier, Chevallier, seigneur chastellain d'Orsonville, Bretonville, Mondonville-la-Saint-Jean, Roinvillesous-Auneau, Poisac, Auconville et autres lieux, conseiller du Roy en ses conseils, grand maistre enquesteur général, réformateur des Eaux et Forêts de France. »
1775. — Déclaration par la fabrique d'Oinville devant Pierre Ouin, commissaire à la confection du terrier de Saint- Martin de Poissac, Auconville et dépendances, pour Monseigneur le marquis de Chabonois et madame son épouse.
OISONVILLE.
Un officier supérieur en retraite à Toury, le commandant Constantin, autrefois employé aux travaux de la carte de France dans nos contrées , a proposé pour Oisonville une origine Teuto-Franque qu'il explique ainsi :
« Vers la fin du règne de Louis IV, la langue latine n'était plus employée que dans les écrits, c'était la langue scientifique; la langue franque ou plutôt allemande avait disparu de la race des Kartings, et l'antipathie prononcée de la race gallo-romaine, pour tout ce qui rappelait la conquête, avait amené une modification dans les noms de
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lieux en leur donnant une terminaison romane. Ces changements avaient été d'autant plus facilement admis par les hauts harons d'origine allemande romaine^ que les formes du nouvel idiome se rapprochaient plus des deux langues qui lui avaient donné naissance. Ainsi une ferme ^ en latin viUay avait vu à la suite de Toccupation se transformer ce mot en weiler dans le langage parlé ^ tout en conservant son nom romain dans le langage écrit. La formation romane laissait^ en ne changeant que la finale^ subsister le radical tel qu'il fut : le mot villa dut prévaloir et prévalut.
> On sait que les formes tudesques s'étaient conservées sous l'habillement romap dont on avait revêtu les mots d'origine germanique. En effet, sur les bords du Rhin, h coutume est encore d'ajouter au nom du lieu dit la terminaison qui indique pour ainsi dire son origine et les motiis de sa construction : weiler, hameau, plusieurs maisons réunies, viculus, — Ainsi, ochscmoeiler, signifierait i*enclo> des bœufs, Oisonville. > Nous n'avons pas de motifs ponr contester l'étymologie tudesque proposée par M. Constantiii, attendu que le mot villiers a chez nous la même signification (1) que dans les pays voisins du Rhin; mais nous sommes convaincu, comme nous avons déjà eu plusieurs fois l'occasion de le dire, qu'en Beauce, en Normandie, en Picardie, etc., les terminaisons en ville des noms de lieux, viennent, non du germanique weiler, mais du latin villa (2). Nous ferons remarquer, toutefois, que la basse latinité cache presque toujours une racine étrangère.
Quoi qu'il en soit de l'étymologie d' Oisonville , cette commune porte dans les chartes du Moyen-Age les noms de Osenvilla, Oseinvilla, Osinvilla , Osannivilla, Oysonvilla.EUt se trouve à 38 kilomètres de Chartres, à 18 kilomètres
(1) Villiers, villare, villaris^ villaretumy villarium {vUttUa aà vicultu decem aut 4% domorum, seu familiarum)^ petit bou| composé de 10 ou 12 maisons ou familles.
(2) Voir ci-dessus, p. 94.
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d'Auneau, son chef-lieu de canton; à 10 kilomètres de Battdreville, son bureau de poste; et à 6 kilomètres de Sain^- .ville, chef-lieu de perception. Son territoire, situé enplainet à 1 kilomètre de la route de Paris à Pithiviers, est limité par ceux des communes suivantes : Sainte-Escobille et Mérobert (Seine-et-Oise); à Test, Congerville (Seine-et- Oise); au sud, Grandville-Gaudreville et Orlu; à l'ouest, Vierville et Sainville.
Quelques substructions antiques ont été découvertes dans la contrée^ du Champ-Martin, à gauche du chemin d'Oisonville à Vierville , ainsi que près du moulin-à-vent, à droite du chemin qui conduit à Congerville; on a exhumé souvent des débris de grosses tuiles creuses et des tuiles plates à rebords, des tessons de poterie et quelques monnaies en bronze; indices suffisants du séjour que les Romains ont fait dans cette contrée.
Le village d'Oisonville, comme ceux du Gué-de-LODgroi et de Sainville, était clos de murailles, il y a quelques siècles. On remarque encore dans les rues qui Tentourent à Touest, des restes de tourelles avec meurtrières, ainsi que l'emplacement d'une porte d'entrée à la sortie du village en allant à Garancièi?es : elle consistait en une grande porte à plein-cintre pour le passage des voilures; une autre petite porte ronde ouverte à côté servait aux piétons. Une semblable porte existait à Tautre extrémité sur le chemin qui conduit à Étampes. La trace des fossés d'enceinte a disparu; mais on voit encore trois piliers des anciennes portes, dont un est surmonté d'une étoile.
Dans l'enceinte de la ville s'élevait le château dont l'établissement, suivant la tradition, remontait au XlIIe siècle. Il a été modernisé, et l'ensemble, qui n'a rien de remarquable, n'offre plus les caractères distinctifs des constructions primitives. La tourelle placée à l'angle du château qui est près de l'église et fait face à la place, pourrait peut-être remonter à cette époque. On retrouve çà et là plusieurs souterrains qui paraissent communiquer au château. On
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voyait encore, iPy a 35 ans, deux beaux piliers en pierres de taille au ckamptier de la Justice.
« Au commencement du XVI» ^ècle, le château d*OisoB-. ville appartenait à messire François d'AUonville, chevalier de Tordre du roi. Henri IV, qui aimait beaucoup ce seigneur, vint un jour lui rendre visite à Oysonville. Après le déjeuner, François d'Oysonvflle , ayant mené le roi dans te parc, se plaisait à lui faire admirer les plantes rares dm\ il avait décoré ses fiâtes- bandes. Henri IV s'arrêtait surtoni devant les diverses espèces de rosiers qui ornaient le parterre, et faisait compliment à son hôte sur la richesse d« son jardin. Alors un laboureur du pays, nommé Cad€t, le plus riche tenancier du seigneur d'Oysonville, se hasarda à dire au roi qu'il avait encore de bien plus belles fleurs et en grande quantité, et que, si Sa Majesté voulait le suivre, il serait heureux de les lui montrer. Henri IV était boa prince; il consentit à accompagner le laboureur. Celui-ci le conduisit dans une pièce de blé en fleur, et lui montrant les épis : « Sire y dit- il, voilà les plus belles fleurs que je connaisse. — Tu as raison, mon ami, lui répondît Henri, « sont aussi celles que je préfère. » Et, de retour à Paris, le roi envoya au laboureur quatre épis de blé en or que les descendans de Cadot ont conservés pendant longtemps, i
ÉGLISE. — Cet édifice, restauré par M. Moutonné, architecte, pendant les années 1854 à i857, est fort ancien et de forme rectangulaire; il est construit en pierres, briques et silex, avec baies, angles et contreforts en pierres de taille. Ce rectangle, long de 28 mètres 10 cent, dans œuvre, sur 15 mètres 60 cent, de largeur, comprend une nef principale large de 7"» 50, une nef latérale (6™) avec une chapelle; le tout voûté en pierres de taille formant voûtes d'arêtes avec nervures. — La sacristie, construite en hors d'œuvre à Tangle méridional, a 6"» 80 de longueur, et 2«» 70 de laideur. — - Au sud du collatéral se trouve aussi en hors d'œavre une lôur en pierres (largeur ô"» 70, longueur 5"» 60); sa
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hauteur, jusqu'à Tentablement , est de 20™ 60. Là-dessus s'élève le clocher, haut de 7 mètres couvert en ardoises.
L'intérieur de Téglise est éclairé par sept fenêtres à pleincintre, garnies de verres blancs lozangés sur châssis de plomb. — Hauteur sous voûte, 11 mètres; — le toit, couvert en tuiles, a 5«» 50. —La hauteur totale du bâtiment est ainsi de i&^ 50.
La porte d'entrée à plein cintre , pratiquée dans le pignon ouest, ouvre dans la grande nef.
On remarque dans l'église d'Oisonville, debout contre les parois du mur du sanctuaire, du côté septentrional, quatre pierres tombales, de différentes grandeurs et de différents âges qui, autrefois, recouvraient les dépouilles mortelles des anciens seigneurs du pays.
La plus antique de ces pierres tombales a depuis longtemps attiré l'attention des archéologues, par 1^ richesse de son ornementation. Cette pierre (1), de fort grande dimension, 1™ 25 de large sur 2^ 30 de long, était placée précédemment dans le sanctuaire, et tous les jours foulée par les pas du prêtre; elle n'a dû sa conservation qu'à la dureté de la pierre de liais dont elle est formée : néanmoins la pureté des lignes s'est altérée, et le travail de la gravure se laisse souvent plutôt deviner qu'apercevoir. Mais, telle qu'elle est, c'est une des plus belles pierres tombales qu'il soit possible de rencontrer.
Sa date est tout à fait des premières années du XY« siècle : aussi reconnaît-on l'architecture de transition entre le système rayonnant du XIV« et le flamboyant du XV^ siècle.
(1) La Société archéologique d'Eure-et-Loir possède dans son musée un moulage en plâtre de cette pierre , dû à la libéralité de M. le marquis d'0ison\ille.
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Tandis que les deux pignons et les rosaces du haut de la pierre semblent, par leur style, antérieurs à Tannée 4400, le costume et la coiffure des deux personnages figurés sur la tombe appartiennent certainement à la seconde moitié do règne de Charles YI. Ces deux personnages sont le seigneur et la dame d'Oisonville , comme nous l'apprend Pinscription très-fruste aujourd'hui, gravée autour de leur tombe :
« (ffjî fli6t nobU l)omme memxt l^iiam ViSscvom^ cl)^Dalwr, jnîrb mQntnx ïr^ r^lU Dilte^ qui tr^fom l'an 2r^ Qvhe mil €€€€ tt I)uU) U four Ire pasqM fleuries, îremîer jour ïre mar0(1) : flUeu en ûjt l'âme. — €yi qUi noble îrame maîrame HQxm la Mot
L*homme est à gauche, en armure de chevalier, le p<»gnard et Tépée au côté, ganté et éperonné, les mains jointes sur la poitrine. A ses pieds, on voit son lévrier et son cornet de chasse; sur sa poitrine, son écu à 6 annelets^ 2, SX coupé d'une bande vairée. Adam était sans doute un cadet de la maison d'Ecrosnes , comme l'indique la brisure de son écu. Parmi les sceaux donnés aux Archives d'Eure-et-Loir par M. le duc de Luynes, nous trouvons celui d'un Jean d'Ecrosnes, chevalier, qui porte également 6 anneUU, 3, 2, 1 : ce Jean d'Ecrosnes confirme à l'abbaye des Vani de Cernay, en 4229, le don du Champ Saint-Michel au territoire de Jouy, fait à ladite abbaye par Gilles, prêtre d« Saint-André de Chartres. — Plus tard, en 1436, Ado» d'Ecrosnes , seigneur d'OisonvUlè et de Montlouet , et sans doute fils et successeur de celui dont nous décrivons b tombe, fait hommage à Jean de Chartres, écuyer, seigneur
(1) Le jour des Rameaux, 31 mars 1408.
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— laide Cherville, pour sa dite seigneurie de Montlouet. — Plus lard encore, au XYI® siècle, nous retrouvons la famille d'Ecrosnes propriétaire des seigneuries de Boigneville et d'Yermenonville.
A Rambouillet, quatre appuis de fenêtres, d'une maison de la rue du Belvédère, sont formés de quatre fragments appartenant à une seule et même tombe provenant de réglise des Vaux de Cemay (1). €es quatre fragments réunis offrent, depuis le col jusqu'aux genoux, la représentation d'un chevalier maillé, les mains jointes, et revêtu de sa colle d'armes, sur laquelle pend son écu à six annelets, posés 5, 2 eM , et à une bande diminuée brochant sur le tout. De petites figures de saints, ou peut-être de moines, sont étagé€[s dans des niches sur les pieds droits qui soutenaient Tarcade dont on ne retrouve plus que les consoles. Le dessin de cette figure est d^une grande finesse d'exécution et d'un style qui annonce les premières années, du quatorzième siècle. Nous sommes tenté de l'attribuer à Simm d'Ecrosnes, chevalier, qui, le 3 janvier 1318, par acte passé devant le prévôt de Paris, donna à Tabbaye des Vaux-die-Cemay trente setiers de blé de rente annuelle. En effet, ces armoiries, à la brisure près, sont bien les mêmes que celles figurées sur le sceau de Jean d*Ecrosnes, car il ne faut pas tenir compte du changement dans la disposition des annelets , motivé uniquement par les exigences du dessin ou le caprice du lapicide. Or Simon d'Ecrosnes qui possédait des terres et des rentes à Bretonville, dans la châtellenie de Bretheucourt, terres qui. ne sont pas éloignées d'Oisonville, peut bien être l'un des ancêtres d'Adam d'Oysonville et appartenir, comme lui, à une branche cadette de la famille de Jean d'Ecrosnes, ce qui avait motivé une brisure 4u même genre sur les. armoiries qui nous occupent. Mais revenons à la tombe d'Adam d'Ecrosnes.
(1) Cette maison a appartena, depuis la révolution, à nu vieillard, mort octogénaire il y a plus de trente ans, et qui, dans sa jeunesse, avait été le jardinier du monastère.
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A droite de la pierre est Timage de la dame du chevalier. Son costume est tout à fait le même .que celai que nous remarquons dans la statue de Blanche de Roucy^ à Textérieur de la chapelle de Vendôme (1 ) , statue qui doit af^D^rtenir à Tannée 1420 environ. La dame d'OisonyiUe porte sur sa robe ses propres armoiries k 6 coquilles, 2> a, 3, parties avec celle,s de son mari.
Au-dessus de ces dieux personnages se voient, comme nous avons dit, deux pignons avec rosaces à compartim^ls rayonnants, terminés par un bouquet. Dans le haut, sur un fond de feuillage,. quatre anges semblent encenser le seigneur. Les jambages terminés par des tourillons, présentent de chaque côlé, dans des niches, trois petits personnages, très-mutilés par le temps, mais où Ton peut reconnaître cependant trois femmes à gauche, et trois hommes à droite. Enfin, aux quatre coins de la pierre, sont quatre écussons, deux d'Adam d'Ëcrosnes à gauche, et deux de sa femme à droite.
Les inscriptions des autres sépultures nous fourniss^t les titres de quelques-uns des anciens seigneurs d'Oisonville et la date de leur décès; les renseignements certains qu'offrent ces monuments funéraires sont trop précieux pour que l'archéologue ne doive pas mettre tous sas soins à les recueillir partout où il les rencontre. Voici la teneur de ces inscriptions , toutes trois gravées sur le marbre :
« CY GIST JEANNE DV MONCEAV, DAME D'OYSON- VILLE, FEMEDE M'^ FRANÇOIS D'ALLONVILLE , CHLÊR
(1) Celle chapelle, pratiquée hors d'oeuvre enlre les deux contreforts de la cinquième travée de la nef méridionale de la 'cathédrale de Chartres, est ainsi appelée en mémoire de Louis de Bourbon, comte de Vendôme, qui la fit commencer en 1413, pour accomplir un vœu qu'il avait fait à la sainte Vierge. Il mourut en 14>46 ; son cœur fut déposé dans cette chapelle.
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~ 123 — DE L'ORDRE DV ROY, FILLE DE Mre FRANÇOIS DV MONCEAV, SEIGMDE S*-CYR ET DE FONTAINEBLEAV EN PARTIE, CHLER DE L'ORDRE DV ROY, ET DE DAME ANTOINETTE DE COVRTENAY, FILLE DE TRÈS HAVLT ET TRES ILLVSTRE lEHAN DE COVRTENAY, SEIGNEVR DE BLENEAV; A LAQVELLE DÉCÉDÉE L^AN MIL Vc LX, LÉ XI NOVEMB. GABRIELLE D^ALLON- VILLE, DAME DE CHASTILLÔ-LE-ROY, SA FILLE VNI- QUE, A VOVLV RENDRE CE DERNIER TESMOIGNAGE DE SON AFFECTION.
» prit} JDieu pour Bon ftme. »
(Marbre noir de 82 cent, de long sur 58 de large).
« CY GIST Mrc PAVL LE PREVOST, CHL¥r, BARON D'OYSONVILLE, SEIG^ DV PLESSIS, LA BOVRDINIÈRE, VAVBERNARD ET AVTRES LIEVX, CONS' DV ROY EN SES CON"i« ROYAies ET PRIVÉ, M« DE CAMP D'INFAN- TERIE ET DE CAVALLERIE, MARÉCHAL DES CAMPS ET ARMÉE DE SA MAJESTÉ ET PRÉPOSÉ AV GOVVER- NEMENT ET DIRECTION DES FINANCES DE LA HAVTE ET BASSE ALSACE, QVI DÉCÉDA LE XXIX NOVEMBRE M DC LXXXIX.
» iprie? Bxm pour eon iane. »
€ CY GIST DAME FRANÇOISE LE PRÉVOST, VEWE DE MESSIRE BERNARD BRISSONNET, CHEVALIER, MARQVIS D'OYSONVILLE ET AVTRES LIEVX, LA- QUELLE, APRÈS AVOIR DONNÉ PENDANT SA VIE ET
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IVSQVES AV MOMENT DE SA MORT DES MARQVES DE SA PIÉTÉ ENVERS DIEV ET DE SA CHARITÉ ENVERS LES PAVVRES, EST DÉCÉDÉE A PARIS, LE 3IVIN 1702, ET A ÉTÉ APPORTÉE EN CETTE EGLISE OV ELLE REPOSE. >
» ^nt} Witn pour te wpos îr^ son hnt. » (Marbre noir de 70 cent, de long sur 57 de large.)
La dernière inscription, gravée sur une pierre de liais, est placée contre un des piliers de la nef : on voit au-dessous un crucifix avec une femme à genoux à gauche, et à droite un écusson chargé d*un sautoir, à Smerlettes, 2 et /, et une étoile en chef :
« Ces 0a0ter$ ttfromBtnrB it céaviB^ prâens et abt>txàx^ 0ont Unvig îr^ faite et Vive h toujours por d^amn an, U l)uttwsme jour îr'aoust^ um messe h nme^ mQÏlleB h troj)$ psaulmes et trojis Ufons^ amcqnes le Crbexa sut la fosse, et la prière U îritnamlje prAârant m ftome îre la granîr^ messe ^ et îre mettra par jcl)acun Mmanrl)e îre l'eau beniste ou hexàsAïet aXtacijé en îrwsoub?, pour le ttmïbe îre rame îre ïreffunte iWarsuerite j^oussajje, laquelle ou Bts ainis ont îronn/ un^ septler îre terre îx Végli}t îre céans.
» <H)utre, 0Ottt lesîrits fla^iers h tousjourB mais tenus faite îrire îreulr messes l)aultes, lune aui ©uatre-femps îre Çenteeoste et l'autre anx tfluatreîemps îre ïloel, auU merereîris îr'teeuU €luatre-
€emp0i amt U €ibtva et la prière les Mmantl)e8i ^vécùfan$ , anecques la prière et Cibera les foura Hne |Ia$que$ et ^Toussaint; , au salut qui se îrict c/atts après soupper es&irt^ jours ^ pour le remèîre îres âmes >es ami? trespasée^^ îre JEl* iJïatljurin j^oussajie, presbtre mxé îre jce'ans après ^ qui^ pour re faire, a i^onne h IVfllise îre t<?atts îreuU aultres septiers îre terre , comme il appert par les lettres îre ce fairtes et passées par îretiant maistre nicollas piiiguenet) notaire h (8)|;sont)ille. »
Il existe aussi dans l'église d'Oisonville, près des cordes de la cloche, un écusson qu'il est difficile de déterminer; cependant nous avons cru voir qu'il est chargé d*un sautoir, à 3 merlettes ,2 et i, et une étoile en ^pointe, »
Cet écusson reproduit celui que nous venons de citer avec la différence que l'étoile est en pointe au lieu d'être en chef. On ignore si ce sont les armoiries d'une famille d'Oisonville ou celles de la paroisse.
Nous venons de donner les noms de quelques-uns des seigneurs d'Oisonville. Les autres nous sont peu connus, les anciens titres de ce domaine ayant été brûlés ou dispersés pendant la tourmente révolutionnaire de 93. Voici ce que nous avons pu recueillir :
1130-1150. — Dernier d'Oysonville, « Bemerius de Oseni)illa » figure au nombre des témoins dans une charte par laquelle l'abbé de Saint-Père affranchist Pierre Herpin, l'un des serfs de l'abbaye (1).
(1) Cart. de Saint-Père, p. 294.
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1660. — « Pardevanl Claude Pioguenel, notaire royal au bourg d'Oysonville, Gondreville, Congerville, Thionville et autres lieux au bailliage et duché d'Estampes , fut présent en sa personne messire Paul Le Prévost, chevalier, setgivew et baron d'Oysonville et autres lieux, conseiller du Roy en tous ses conseils d'Estat et privé, maréchal de ses camps et armées, lieutenant de ladite Majesté en Alsace, maistre de camp de cavalerie et infanterie, estant de présent en son chasteau du lieu seigneurial dudit OysonvUle, lègue et donne à la fabrique d'Oysonville cens livres tournois de rente deus par messire Antoine du Bois des Cours, chevalier, seigneur de Ghaslenay, et Damoiselle Danelière, son épouse, et diverses pièces de terre désignées audit acte. — Cette donation fut ratifiée par messire Charles Le Prévost, escuier, prestre chanoine vétéran de Nostre-Dame de Chartres, frère du donateur. »
Ce fut en faveur de Paul Le Prévost que Louis XIV « érigea la terre d'OysonviUe en marquisat mâle et femelle. »
1664. — Il y avait un marché à Oisonville.
1672. — € Lettres du Prévost de la prévoslé, haute, moyenne et basse justice du marquisat d*Oysonville , pour messire Bernard Briçonnet, chevallier, seigneur, marquis dudit lieu, pour terminer un procès entre la fabrique d'OysonviUe et les exécuteurs testamentaites de deffunt messire Jean Drouere, prestre, curé dudict Oysonville(i).
1684. — € Bail passé pour et au nom de Messire Bernard Briçonnet^ chevallier, marquis d^Oysonville, seigneur de la Chaussée, Congerville, Germigny et autres lieux, lieutenant au gouvernement des maisons royalles, chasses et plaisirs de Saint-Germain et Versailles, et dame Françoise Le Prévost, son espouze (2).
(1) Tit. de la fab. d'Oysonville.
(2) Tit. de la fab. d'Oysonville.
1748. — < Déclaration par la fabrique d'Oysonville des terres tenues à cens de messire Charles-Bernard Briçonnet, chevallier, tnarquis d'Oysonville , seigneur de Gondreville, baron de Lane, seigneur du Bouchet, en Anjou et autres lieux^ à cause de sa seigneurie dudit Oysmivîlle (1). »
1757-1789. — On conserve aux archives départementales d'Eure-et-Loir différentes pièces concernant la i^wdfe d'Oy^ sonville. Nous y trouvons : — Nomination d'Etienne Leclerc, comme garde-chasse, par Geneviève-Claude Briçonnet, veuve de René du Pont-d'Aubevoye, marquis d'Oy sonville, — Déîense aux marchands de bas de jeter leurs eaux de teinture et de foulage dans les rues d'Oysonville qui ont écoulement à la mare commune. — Défense sous peine de 10 livres d'amende d'entrer dans le parc d'Oysonville. »
En 1841, le domaine d'Oisonville était possédé par M. Du Pont'Aubevoie, capitaine de vaisseau, comte d'Oysonville.
Cette famille est très-ancienne et nous la trouvons mentionnée au Xle siècle :
Goslin d'Aube-Voie — G&uslinus de Alba-Via — figure comme témoin dans une charte (apte a. 1030), par laquelle Hugues Poirier abandonne à l'abbaye de Saint-Père toutes les coutumes qu'il détenait injustement dans la terre de Saint-Pierre-de-Jusiers (2).
M. André Charles Ihéodore du Pont- Aubevoie, eonUe^Oysonville y dernier rejetoû du nom d'Aubevoie, est mort le 2 novembre 1862, laissant pour héritier Mi le marquis de Rïlly, son neveu; mais sa mémoire ne périra pas à Oison* ville, cai* la commune lui doit la Maison de Saint- André qu'il a créée en 1839 et différentes libéralités qui ont donné lieu, à L'institution d'un Bureau de bienfaisance dans cette cornmune.
(1) Titre de la fabrique d*OysotfvUte.
(2) Cart. de Saint-Père, p. 182.
Par ses testaments et codicilles olographes en date des 22 mars 1859, 4 décembre 1860 et 25 septembre 1861, M. le comte d'Oysonville a légué à la fabrique de l'église et au maire de cette commune :
c 1» Une maison avec dépendances , dite de Saint-André, sise à Oisonville, ainsi que le mobilier qu'elle renferme, le tout évalué 9,500 fr., et une rente 3 p. O/o sur l'Etat de 3,400 fr. applicable notamment : 1,600 fr. au traitement de quatre sœurs de Saint-Paul, chargées de tenir à Oisonville une salle d'asile, un ouvroir et une école gratuite; — 600 fr. à l'achat de vêtements pour les enfants qui fréquentent l'établissement, — et 550 fr. en distribution de soupes et médicaments à ces enfants et aux pauvres.
2» Une rente de 3 p. O/o sur l'Etat, de 1,200 fr. pour Ventretien de huit vieillards pauvres appartenant à la commune d'Oisonville ;
30 Une rente de 3 p. O/o sur l'Etat, de 650 fr., à la charge de remettre annuellement 150 fr. au titulaire de la succursale d'Oisonville, pour l'acquit de services religieux et d'appliquer le surplus des arrérages à tin prix de vertu,
4» Une rente 3 p. O/o sur PEtat, de 600 fr., à la charge d'en remettre les arrérages au desservant de la succursale, pour les distribuer aux pauvres.
5"» Un terrain érigé en calvaire avec ses ornements d'une valeur de 2,500 fr., et une rente 3 p. O/o sur l'Etat, de 500 fr,, destinée à l'entretien de ce calvaire.
M. d'Oysonville avait encore légué à la commune une pièce de terre estimée 600 fr. pour y construire une maison d'école, mais la délibération du conseil municipal concernant celte libéralité n'a pas été approuvée par le décret impérial du 3 août 1867, qui a autorisé l'acceptation des autres legs.
Population, — La paroisse d'Oisonville était constituée au XIII« siècle , sous le vocable de saint Pierre et saint Paul.
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Dû pouillé du diocèse, dressé vers 1250, la mentionne sotts le nom de Oseinvilla^ et lui donne 64 paroissiens; la cure, à la collation de Tarchidiacre, valait iO livres de revenu: elle faisait partie du doyenné de Rochefort. Un autre pouillé, publié en 1738, constate à Oisonville 300 communiants et 700 livres de revenu pour la cure.
Les registres de rétat civil de la paroisse remontent à 1599. — Les recensements généraux postérieurs lui donnent :
En 1816 528 habitants.
En 1836. . 521 —,
En 1846 502 —
En 1866. 431 —
Ce dernier recensement constate 129 maisons et 145 ménages. On voit que depuis 50 ans la population d'Oisonville a toujours été en diminuant.
En 1790, cette commune fut classée dans le canton de Gommerville, district de Janville; elle passa dans le canton d'Auneau, lor^ du remaniement des communes en 1801. Oisonville est une succursale pourvue d'un desservant, et a pour annexe Vierville qui en est éloigné de 3 kilomètres.
Le sol d^OisonvilIe, calcaire-marneux, est presque entièrement découvert et cultivé sur tous les points. Les bois^ qui forment la dixième partie du territoire, sont disséminés par bouquets à sa surface; la plupart ne sont que des taillis essences de chêne, charmille, bouleaux, aunes, saules, coudriers, ormes, acacias; cependant on remarque quelques futaies dans les plus anciens et ceux qui senties mieux aménagés : on les coupe tous les neuf ans et le produit est employé au chauffage et au charronnage.
Le territoire privé d'eaux courantes possède onze puits de 30 mètres de profondeur dont trois sont communs; deux mares qui sont communales tarissent dans les grandes sécheresses. Lu nature et la contenance des propriétés
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Hectares.
Are«.
Oenliares.
^e divisent ainsi quil suit, d'après la matrice cadastrale (i) :
Terres labourables .
Bois taillis
Jardins potagers. . . .
Terres vaines
Superficie des bâtiments .
Total. . .
Oisonviile est un pays de grande culture; les propriétés y sont peu divisées^ et les parcelles ne présentent qu'une proportion de 3 par hectare. *
En fait d'usines^ Oisonviile possède un moulin-à^ent et une tuilerie assez importante. L'atgile servant à la fabrication de la tuile et de la brique se trouve sur le territoire dans la contrée vers Guillonville, et la pierre propre à la chaux se tire dans le sol à peu de profondeur. La principale industrie des habitants est la culture des terres; cependant il a existé une certaine industrie déjà citée (2), propre à cette localité; c'était la fabrication à Taiguille et au métier de bas^ bonnets et chaussons de laine; elle a été dans une situation prospère jusqu'au moment où la fabrication mécanique est venue la paralyser.
La route départementale n^ 9 de Limours à Angerville traverse Textrémité est du territoire sur une longueur de 2^200 mètres; les habitants ont établi un bon chemin bien entretenu pour aller d'Oisonville à cette route qui n'est éloignée que d'un kilomètre; c'est le chemin vicinal qui conduit à Coogerville.
(1) Les tfavaax relatifs à l^opération du cadastre ont* été terminés sur le terrain en 1813, mais par suite des événements politiques survenus à celte époque, la matrice cadastrale n'a été mise en recooTi^ ment qu'en 1818.
(2) Voir ci-dessus, p. 127.
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te chemin vieinal d'Oisonville à Vierville à éooûitnencé à être borné et empierré en 1849 sur une longueur de i^OOO mètres; il a été continué ensuite jusqu'à son achèvement.
D'autres chemins vicinaux conduisent à Goillonville^ à Gaudreville, à Garancières^ à Grandvllle et à Sainville par Manterville. La plupart de ces chemins servent principalement à l'exploitation.
ORLU.
Le territoire d'Orlu, qui tfapas six cents hectares de superficie, est limité par ceux des communes suivantes: au nord, Oisonville et Vierville; à Test, Gaudreville; au sud, Gommerville et Ârdelu; à Touest, Ghâtenay.
Cette localité est située dans la plaine, à 4,500 mètres de la route départementale u9 7; de Chartres à Angerville; elle se compose du bourg d*Orlu et du hameau de Bissay éloigné de 900 mètres, qui paraissent avoir formé, dans l'origine, une vaste villa ou domaine rural dont Orlu était la limite — Orlnm, Orli (Bord) : nous retrouvons ce mot et ses dérivés dans les noms que la commune portait au moyenâge a Orli, Orleium, OrHacum, Orliarumlocus. » Plus tard sont venus les noms de : Aullue, Aullu, Aulu et Orlu,
Le passé d'Orlu nous est peu connu; c'est le sol lui-môme qui nous a révélé quelques traces de son antiquité.
Dans la contrée dite des Closiaux, à gauche du chemin qui conduit d'Orlu à Bissay, on a rencontré à diverses époques des puits comblés et des traces de constructions Gallo- Romaines sur une étendue de terrain assez spacieuse. Le sol recèle des débris de grosses tuiles creuses, de tuiles plates à rebords et des fragments de poteries de diverses couleurs. J'y ai rencontré, en juillet 1847, des débris de petites meules de moulins à bras {molœ trusatiles), en pierre volcanique d'Auvergne;
On tirait encore en ce moment des pierres provenant des
antiques fondatioûb^ pour charger le chetnin deBissay; elles étaient mêlées avec une grande quantité de débris de tuiles creuses et de tuiles plates à rebords.
îs(itGes substructions se prolongent jusqu'à Bissay, hameaa dans l'intérieur duquel on connaît un ancien puits comblé, ainsi que des traces de constructions antiques : on y a trouvé assez souvent des monnaies romaines^ même en or.
1131. — Geoffroy d'Orlu c Gaufridus de Orli > figure comme témoin d'une transaction passée entre les moines de Saint-Père et les lépreux de Beaulieu au sujet des prébendes que les chanoines de SaintJean avaient dans l'église de Saint-Martin-au-Val (1).
1130-1149. — Thibault d'Orlu « Theobaldus de Orliacot assiste comme témoin à la donation faite à l'abbaye de Saint-Père par Urson, fils de Nivelon de Meslay (2).
11 35-1 U3. — € Dans une pancarte qui énumère différentes possessions de la même abbaïe, données à cens ou a ferme pour 15 ans à partir de l'année 1135^ nous trouvons la mention que Thierry de Morville (3) détenteur d'une dnée (4) de terre que Pierre d'Orlu avait donnée pour «o» affranchissement , devait payer chaque année dix sols an chambrier de l'abbaye, le jour de Saint-Rémy; il était tenu néanmoins d'acquitter toutes les coutumes pour la même terre :
< De eisdem... constat a nobis ita esse traditum, anno ab incar* natione Domini MCXXXV», usque ad XV annos.... De una asiqaU terre, a Peiro de Orlu nobis, pro liberiate sua^ donata, reddit annuatim X solidos camerario nostro, festo sancti Remigii^ Teod^
(1) Cari, de Beaulieu» p. 68.
(2) Cart. de Saint-Père, p. 365.
[ (3) Hameau de la commune de Hanches.
(4) L'ânée — Asinala — contenait environ 7 arpents, c*est-à-di« 295 ares iO centiares.
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ricus de Mauri Viila ; ita tamen quod de eadem terra totas nihilominus cdhsuetudines reddet (1). »
L'abbaye de Saint-Père avait encore à Orlu huit setiers de terre labourable^ dont le colon acquittait chaque année le champart, et 2 sous le jour de Noël :
c Apud Orliarum quoque , habet eadem obediencia terram ad VIII sextarios semeDtis de qua coIodus cum campiparle reddit, in natali Domini, II solidos perannum (2).
1667. — Donation à la Uhrique Sainct-Médard d'Aulln , par daraoiselle Eléonore de Sainct-Paul, veufve feu Anthoine d'Ardilly, vivant escuier, demeurant à AuUu (3).
Eglise. — La paroisse d'Orlu, placée sous le vocable de Saint'Médard (4), son patron, était fondée au XIII» siècle. Elle dépendait du doyenné de Rochefort, et n'avait alors que 36 paroissiens: c Ecclesiœ parrochiales,,. in decanatu Ruppefortensi.,, Orlu, 56 parrochiant, » La cure, à la collation de Tabbé de Morigny, valait 12 livres de revenu.
Quant à Téglise, c'est un rectangle ayant 18 mètres de longueur et 5 mètres 10 de largeur. La sacristie, construite en hors d'oeuvre derrière le chœur, à l'est, forme un petit quadrilatère de 3 mètres. Elle a été bâtie en 1730, avec les matériaux provenant d'une maison tombant en ruines, qui avait été donnée à la fabrique d'Orlu en 1679, par Jean Drot, laboureur et Louise Coiié, sa femme. Les murs sont en moellon rempli en mortier de chaux et ciment avec angles, contreforts et ouvertures en pierres de taille du pays.
(1) Cart. de Saint-Père, p. 379.
(2) Ibid. p. 381.
(3) Tit. de la fab. d'Orlu.
(4) Saint-Médard , appelé vulgairement S. Mard , évêque de Vermandois à Noyon et de Tournay , né vers Tan 457 ^ mort en 545 ou 546. Aa X"* siècle son culte élait très-répandu et diverses églises furent fondées en son honneur. On en compte trois dans Eure-et-Loir : Chauffours, Landelles et Orlu.
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•— A l'ouest tm petit clocher^ qui a iî mètres SO de la base au sommet, est établi en charpente sur le comble et soutenu par quatre poteaux de fond, en bois, reposant sur le sol de réglise : une échelle de bois, placée à rintérieur, sert à y monter.
La nef et le chœur voûtés en bardeau sont éclairés par cîûq croiséres plein cintre de 40 cent, sur 1 m. 20. — :, Un passage, limité par le cimetière, donne accès à la porte d'entrée placée à Fextrémité de la nef au nord.
Orlu est annexé à Ghâtenay pour le culte et paye uûe redevance annuelle au desservant de cette succursale distante de 3 kilomètres.
Les registres de Tétat civil remontent à 1668.
Nous venons de voir qu'au XIII« siècle Orlu n'avait que 36 paroissiens. Un pouillé de 1738 lui donne 80 communiants. Les recensements généraux de la population constatent :
En 1826 124 habitants.
En 1846 98 —
Ce dernier chiffre se répartit ainsi qu'il suit :
Maisons. Ménages. Habitants.
Orlu (bourg) 18 19 65
Bissay (hameau) 9 11 41
Totaux. . : . 27 30 106
Bissay, hameau déjà cité (pag. 131) situé dans une petite vallée, est appelé au moyen-âge c Bussetum, Buisseium, Bisseyumy » noms qui indiquent un lieu couvert ou planté de buis. C'était autrefois une seigneurie que nous trouvons mentionnée au XII« siècle (H30-1150). Etienne de Bissay figure comme témoin d'une donation faîte à l'abbaye de SaintrPère, avec Hilduin maire d'Orlu; Thierry de Chavannes et Gaufrid, son neveu; Christian de Chavannes; Michel d'Ardelu; Briant de Vierville et plusieurs autres : Testes....
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-. 13S - Steptmnns de BurSsËTO ; Uilduinui, major de OftLt); fheodo^ ricus de Chavennis; Gaufridus nepos Theoderici de Ckaven^ nis; Mickael de Ardelu; Brientius de Vervilla (1). »
1627. — Déclaration par la fabrique de l'église parrochialle Monsieur Sainl-Médard d'Aullue, des terres tenues à cens de Monsieur Tabbé de Morigny, à cause de sa terre et seigneurye de Bissay (2).
1774. — Donation à la fabrique d'Ardelut par Paul de Poilloûe'; escuyer, sieur d'Orbigny, demeurant k Bissay.
Il existe au milieu du hameau de Bissay une mare et un puits communal de 20 mètres de profondeur qui suffisent aux besoins des habitants et des bestiaux.
Le sol d'Orlu, calcaire-marneux, est entièrement découvert et cultivé sur tous les points de petits bouquets de bois disséminés çà et là, rompent la monotonie de la plaine; on remarque de légers accidents de terrain du côté de Bissay et entre Orlu et Viervilte. Il n'y a point d'eaux courantes, mais seulement un puits communal de 30 mètres de profondeur et une mare qui conserve à peine son eau.
La matrice cadastrale (3) établit la nature et la contenance des propriétés d'Orlu ainsi qu'il suit :
hect. ares. cent.
Terres labourables 505 94 95
Bois taillis '. 3 91 90
Jardins potagers 1 98 92
Superficie des bâtiments .... 1 53 62
Total 51? 39 39
(1) Cart. de Saint-Père, pag. 458.
(2} TU. de la fab. d'Orlu.
(3) Les travaux relatifs à l'opération du casdalre ont été terminés sur le terrain en 1813, mais par suite des événements politiques survenus à cette époque, la matrice cadastrale n'a été mise en recouvrement qu'en 1818.
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Le chemin d'intérêt commun no U de Dourdan à Janville et à Néuville-aux-Rois traverse le milieu du territoire et passe par Bissay. — D'autres chemins vicinaux conduisent de Bissay à Goraraerville, à Gaudre ville et à Vier ville.
ROINVILLE.
L'origine de Roinville^ ainsi que celle de la plupart de nos anciennes communes, se perd dans la nuit des temps ; toute trace de l'époque celtique a disparu de la surface du sol, et rien ne rappelle aujourd'hui le souvenir de nos ancêtres dans cette contrée, sinon l'existence de quelques souterrains, que Ton ne peut cependant faire remonter avec certitude jusqu'à cette époque.
Ces excavations se trouvent à 8 ou 10 mètres de profondeur, sous plusieurs maisons de Roinville; en juillet 1848, M. de Widranges, contrôleur des contributions directes, à qui nous sommes redevable de ces documents, a descendu dans celle qui existe sous la maison du sieur Bourgeois (section G n<» 391 du plan cadastral). Celte galerie a 10 mètres de longueur, 1 m. 60 de hauteur et 1 m. 50 de largeur; elle est taillée dans le roc, bordée à droite et à gauche et terminée à son extrémité par des cellules ou retraites ayant la même hauteur et un mètre de large. Dans le fond d'une de ces cellules ou retraites on remarque une cheminée hors d'usage, dont le tuyau bien maçonné se dirige vers la surface du sol. Il n'y a plus aujourd'hui à ce souterrain d'autre entrée que celle communiquant à la cave de la maison qui est moins enfouie sous le sol, et de laquelle il faut descendre par un escalier de 16 marches pour arriver dans cette excavation.
Nous retrouvons là tous les caractères de monuments celtiques dont M. de Caumont donne ainsi la description :
« Un grand nombre de souterrains ont été observés en Picardie et dans plusieurs communes situées des deux côtés
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de la rivière de Somme; ce sont pour la plupart des allées larges de sept à huit pieds et d'une hauteur à peu près égale ^ bordées à droite et à gauche de cellules creusées dans la roche. Ces petits appartements sont carrés on bien ils s'arrondissent et forment des demi-cercles. Partout ils sont creusés avec art et ceux du même souterrain ont la même forme et les mêmes proportions. L'on croit que ces excavations ont été pratiquées par les Celtes pour se cacher lors d'un danger pressant, et pour y retirer du blé ou d'autres provisions ^ comme le faisaient les Germains, suivant le témoignage de Tacite : t Soient subterraneos specm aperjre, eosque insuper fimo onerant^ suffugium hiemi et receptaculum frugibus (1). >
« L'abbé Lebœuf , qui connaissait de pareilles excavations dans plus de 30 paroisses, depuis l'embouchure de la Somme jusqu'auprès de Péronne, supposait qu'elles avaient été pratiquées ou au moins considérablement agrandies aux IX« et X« siècles, par les habitans du pays, afin de se mettre à couvert contre les Normands qui remontèrent souvent la Somme à cette époque, et que plusieurs antiquaires les regardent comme un ouvrage Gaulois, ce qui l'engage à les signaler sans toutefois se décider pour cette dernière opinion. >
Nous avons déjà cité un souterrain semblable à Aunaysous-Auneau, et à Garancières.
Le polythéisme grossier des Celtes dérivé de l'adoration des phénomènes naturels, et qui précéda ou accompagna le panthéisme, mystique du Drtiidisme, avait fait des pierres un symbole reUgieux. Malgré le temps, le progrès et la main des hommes, ces grands destructeurs des œuvres du •passé, le pays chartrain conserve encore assez nombreux les vestiges de ce vaste ensemble de monuments produits, en dehors de toutes les conditions de l'art, par une même
(1) Tacit. de moribus Germaniœ^ cap. 1111.
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pensée et un même culte ^ et connus sotis le nom de GelUques ou Druidiques. Les pierres leyées, menhir , peulvan, (mean pierre ^ hir long, peul pilier); les pierres couchées, dolmen et àerni-dolmen (taol table), les pierres tournantes, les cercles de pierres, Cromlech (grounn, (yhrounn, rénnion^ lech pierres en breton^ les allées couvertes et tons ces groupes de blocs grossiers consacrés par la tradition gauloise^ ont des représentants bien déterminés dans la contrée qui nous occupe. Nous en avons déjà décrit plusieurs (i) et nous citerons encore la pierre de RointUle à 150 mètres sur la droite du chemin de Rouvray à Bisseau et 800 mètres mètres en deçà de ce dernier hameau. Cette pierre présente dans sa configuration naturelle une voûte arrondie de 1 m. 70 de large et 0 m. 70 de haut; elle n'a pas moins de i ni. de long sur 3 m. et demi de large. Par sa forme, sa position, son espèce 9 elle accuse soit une table de dolmen privée de ses supports, soit une grotte de même origine.
Quant à Texistence de Roinville sous Toccupation romame elle ne peut être révoquée en doute aujourd'hui. En effet, à xùx kilomètre environ de la commune, dans la contrée de la Baste ou de la Bâte (2), des ouvriers enlevant de la terre dans un champ, mirent à jour, en 1846, des substr actions antiques parmi lesquelles se trouvaient des débris nombreux de grosses tuiles creuses (imbrices), de tuiles unies et des plates à rebords (hamatœ tegulœ) ; des tessons de poterie rouge [terra campana) à personnages et animaux en relief, et de poterie commune, ainsi que des fragments de mosaïque, de marbre de diverses couleurs ; des petites meules à bras (m^olœ trusatiles) : plusieurs grandes tuiles à rebords et unies étaient parfaitement conservées.
Dans la partie d'habitation gallo-romaine , àoni on a découvert les ruines, on a trouvé des conduits carrés formés
(1) Voir notre introduction au canton d* Anneau, Annuaire de 1867.
(2) Ce mot a plusieurs significations que nous indiquons ci-après, page 140.
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avec de grandes briques, destinés à faire circuler la chaleur d'un poêle établi à sa partie inférieure; Taire d'une pièce contigûe à ces conduits était formée par une mosaïque à fond blanc avec des dessins de diverses couleurs^ mais ce curieux travail a été mis en pièces par les ouvriers et par les curieux : un morceau de mosaïque et une brique dés conduits de chaleur ont été déposés par M. de Widranges au musée de Chartres. On a retiré aussi de ces ruines plusieurs monnaies romaines qui ont été dispersées, et un croc en fer à deux dents. Près de là existe un puits dont on a enlevé les pierres qui en formaient la maçonnerie jusqu'à deux mètres de profondeur; le reste se trouve enfbui dans le sol.'
Les subslructions paraissent occuper un espace beaucoup plus étendu que la partie mise au jour; leur exploration pourrait amener la découverte d'objets curieux et intéressants pour Thistoire locale et l'archéologie.
La trace apparente d'un fossé, dont le relèvement a encore un à deux mètres de hauteur, avait d'abord fait prendre ce lieu pour l'emplacement d'un camp, mais un examen plus attentif du terrain porte à penser que ce serait au . contraire celui d'une ûlla très-importante, et que les conduits en briques seraient ceux d'un hypocauste ou Prœfurnium, conduisant la chaleur au Tepidarium, Les bains, comme on le sait, étaient indispensables aux Romains, et ils en avaient tellement répandu l'usage dans les Gaules , qu'outre les établissements pubhcs où l'on se rendait pour les prendre,. chaque villa possédait aussi son Balneum orné de colonnes, de mosaïques et de peintures à firesque. Le vaste emplacement occupé par les bâtiments que nous signalons ne laisse aucun doute à cet égard, et nous sommes persuadé que les fouilles qui pourraient être faites à la Baste mettront à jour les diverses pièces qui caractérisaient une immense habitation.
Parmi les villas ou maisons de campagne découvertes tant
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en France qu'en Angleterre, dit M. de GaQmont(t;,ii grand nombre étaient situées dans les vallons abrités d vent, et sur le penchant des collines exposées au sokl presque toujours à proximité d'un cours d'eau ; qaelqoâ unes occupaient une telle étendue, que l'on conçoit facile ment pourquoi Sénèque disait que certaines vUlœ ressaA blaient plutôt à des camps qu'à des maisons de campagne^ j et qu'elles surpassaient les villes en magnificence.
La plupart n'étaient pas seulement des maisons de plaisance, mais elles comprenaient aussi ce qu'exige l'économi rurale, soit pour loger les bestiaux et les cultivateurs, sa pour serrer les moissons et autres récoltes, ce qui explique la vaste étendue de terrain occupée par la vUla de RainvSk Nous en trouvons la confirmation dans le nom de la Bask qu'elle portait et qui est resté à son emplacement. Au moyenâge, le mot Basta signifiait un enclos — vallum, septum - On appelait Bastide un domaine rural avec une maisos d'habitation — cBos^i^fa, prœdium rusticum cum maîisione.y Ce lieu est mentionné dans une charte donnée en 1215. par laquelle Renault, évoque de Chartres, confirme à la Léproserie de Beaulieu diverses possessions au nombre desquelles figure la quatrième partie de la Bas te à Roimille: € quartam partem majoris décime de Labata apud iîotnnilam (2). »
Roinville, situé en amphithéâtre au-dessus de la vallée de la Voise qui coule au bas du village, se trouve à 20 kilomètres de Chartres et à 3 kilom. d' Anneau, chef-lieu de cantM et bureau de poste; il est limité par ceux des communes suivantes: au nord, Anneau; à l'est, Aunay-sous-Aunean; au sud, Saint-Léger-des-Aubées ; à l'ouest, Béville-l^ Comte.
Cette situation près de la Voise a sans doute fait donner à Roinville le nom de RodaniviUa qae nous trouvons dès le
(1) Antiq. monum. tom. 3 , p. 88.
(2) Archiv. d'Eure-et-Loir, fonds de Beaulieu.
— ut — £1^ siècle. Nous y voyons, en effet, le radical Rodos {demrsus, écoulement). Un cours d*eau s'appelait au moyenige : Roierie ou Rourie — Roeria (Rivus, vel rivulus, Ca- %aîis). Ajoutons que Roinville possède trois fontaines qui jaillissent sur son territoire : celle de la ville, située dans la rue de Morée (1), celle de la Renarde, qui a son origine dans la rue de ce nom , et celle du Grand-Pré, au-dessous du village. Elles déversent leurs eaux dans la Voise après un cours trajet.
Dans le siècle suivant, JîodanmWa était devenu iîoenmWa; puis vinrent les noms de : Roeinvilla, Roinvilla, RoinvUlajuxta-Alneolum, Rouainville , Saint-Georges de Roinville-som- Auneau,
1069. — Une bulle du pape Alexandre confirme à l'abbaye de Saint-Denis de Nogent-le-Rotrou diverses possessions, au nombre desquelles figurent les villageois de Roinville :
tt Âlexander, servus servorum Dei, dilectis filiis Yvonis priori monasterii ejusque fratribus tara presentibus quam futuris regularem YÎtam professis.... rusticos apud Roenvillam et quascumque alla canonice in Carnotensi parrochia possidet, autoritate sedis apostolice confiriiMimus (2). >
A cette bulle est jointe la note suivante :
€ C'est une censive qui appartient au prieuré de Saint- Georges de Roenville près Auneau et qui dépend de Saint- Martin-des-Champs; laquelle censive nous avons échangée avec lesdits de Saint-Martin-des-Champs pour la censive du PuitS'Chartrain, »
(1) Ce nom indique Vétat primitif du lieu qui était marécageux. Au moyen-âge, les roots Moray Morus désignent un marais {Locus palustrisy aquaticus — palus, stagnum), Anglis 3/oore , Flandris il/oer , Moeren.
(2j Cart. de Saint-Denis, aux Arch. d'Eure-et-Loir.
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Au Xl« siècle, la paroisse de Roinville était déjà constituée; elle appartenait à l'abbaye de Saint-Martin-des-Ghamps dont les reli^eux y fondèrent tin prieuré, comme il appert par la cbarte que nous allons rapporter; elle a pour titre : EreUio prior(Uu$ de BoinvUla :
Vers 1084, Goslin, fils de Goslin-le-Riche^ Odeline, sa femme, Albert fils du Yidame Hugues, et sa mère Ada, do consentement de Hugues, clerc, de Geoffroy, évêquede Chartres, et de l'archidiacre Hildegard, donnèrent, pour la rédemption de leurs âmes, à Dieu et à Saint-Pierre de l'église de Cluny sous Tobédience de Saint-Martin-des- Champs, la moitié, c'est-à-dire l'autel, de l'église de Saini- Georges, martyr, à Roinville, la terre d^une charme, m arpent de terre pour y planter 'de la vigne, faire an jardin et un verger, toutes les bostises de ladite villa, avec les courtils et les jardins, la moitié des prés et des moulins, les fours et toute la justice de la môme villa. Gauthier, fils de Fléad, qui possédait l'autre moitié de l'église, en fit aussi l'abandon, du consentement de Eudes Tôte-de-Fer, de qui GautUer la tenait; Eudes lui-même possédait ce bénéfice de la libéralité de Guerry, fils d'Ingelrand de Noce, chanoine de Sainte-Marie :
fl Gausienus, filius Gfausleni], divitis, et uxor ejus Odelina, e( Albertus filius H[ugQiiis] vicedomini , et Ada mater ejus , anonente Hugone clerico , Dec sanctoque Petro Cluniacensi ecclesiae, ad obedientiam sancti Martini de Gampis, pro redemptione animaram suarum , dederunt apud Rodanivillam medietatem ecdesiœ nncii Georgii marlyris ^ altare scilicet, annuente Gauûido Carnoteoà episcopo, et Hildegario archidiacono, et terram unius carrooe, et agripennum terrae ad vineam faciendam , et ad hortum ac vintum sufficienter, et omnia hospitia ejusdem villae , cum curtis el hortis et medietatem pratorum et moledinorum, ac furnos et ornneoi justitiam ejusdem villae.... Walterius, filius Fledaldi, qui alterao partem ejusdem ecclesiae sancto Petro et fratribus sancti Martiiii dédit... Et hoc donum concessit Teudo, caput ferri, et uxor ejus
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Herseodis , et Harduinus filius ejus , quia Walterius illud tenebat ab illis* Hk quoque Teudo idem benefieittin  Werrico filio Engelranm de Naci, sancte Mari» canonico possidebat.;. concessit positus iii ecclesia supradicta (1). »
AuXUI^' siècle^ Téglise du priaaré était devenue église paroismale; un pouillé du diocèse^ drossé vers 1250^ en fait mention et la place dans le doyenné d'Auneau. La cure^ à ]a eollatk)n du prieur de Saint-Martin-des-Ghasaps^ avait 88 paroissiens et valait i2 livres de revenus : < Ecclesiœ parrochiales in decanatu Alneoli.,, Roinvilla,— parrocfetant 88, ^Mimatùmes i% liv, » Cette église, depuis sa fondation, a subi plusieurs modifications, entre autres celle du transept, qui donne à l'édifice une forme irrégulière. Elle a, dans sa plus grande longueur, 27"* 40, savoir: la nef principale 20 mètres, le chœur 4 mètres, l'abside 3« 40, sur une largeur de 6» 20. Au nord se trouvent : une tour carrée, dont la base sert d'entrée à l'église; à la suite, une petite nef collatérale, longue de 9» 50, sur 4"m 30 de largeur; puis le transept large de 6"» 50; et enfin la sacristie longue de 4. mètres sur 3 mètres de largeur. La tour dont nous venons de parler est construite en moellon smillé et pierre de taille employée par assises réglées; la charpente en chéae est couverte en tuiles. Cette tour forme un quadrilatère de 5 mètres de longueur sur 4" 30 de largeur; sa hauteur est de 22m 50^ dont 15'^' 50 jusqu'à l'entablement, et 7 mètres pour le toit.
La nef principale, le chœur et le transept sont voûtés en planches; la nef collatérale en plâtre. L'ensemble est éclairé par huit fenêtres garnies de verres blancs sur plomb, dont 7 à plein cintre de 1 mètre sur 1» 50; celle du transept, de forme ogivale, est coupée par un meneau surmonté d'ornements qui accusent le XV» ou le XVI* siècle, Cette fenêtre, large de 2 mètres, est murée sur les dem tiers de sa hauteur, qui est de 3"» 50.
(1) Gallia ChnsL, tome VIII, p. 304.
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JSHQ(JSS£AU.
Le prieuré de Roinville a subsisté jusqu'à la révolution de 1789.
Il fut vendu par la nation en 1792, comme tous les biens qui appartenaient aux églises et aux communautés religieuses.
La maison it Prieur existe encore aujourdlmi; c'est celle que ToD voit tout près de réglise de Roinville, et qui forme aujourd'hui b ferme de M. Gintract; il y avait une porte qui ouvrait directement dans l'église, et servait jadis aux desservants du prieuré.
A côté de la petite porte de cette ferme, a droite de Tallée qui conduit à l'église, on remarque le pilori où l'on attachait ceui
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— i45 — qui avaient été condamnés par la juridiction ecclésiastique. Ce pilori; dont nous donnons le dessin, tel qu'il était en 1850, a 2 «» 33 cent, de hauteur sur 0 «» 66 c. de largeur; il était surmonté d'un écusson soutenu par deux anges, et sur lequel étaient sculptés une épée en pal et deux clefs en sautoir, brochant. On voit encore, le tenon de fer auquel le carcan était attaché.
Nous citerons encore une ancienne auberge avec portes et fenêtres ouvragées en pierre de taille; celle hôtellerie importante était très- fréquentée autrefois par les voyageurs^ à cause du grand chemin de Paris à Vendôme dont il sera question à Tarticle de Voise.
Il ne nous reste que peu de chose à dire de Roinville.
1135-1164. — « Joscelin, seigneur d*Anneau, donne au prieuré d' Anneau cinq arpents de terre labourable, tenant à ceux qu'il avait sur le chemin d'Auneau à Roinville : »
c In iila sua cultura que est ad sinistram euntibus de Auneello Roenvillam , dédit eis quinque agripennos eorumdem culture contiguos(l). »
1201. — « Geoffroy, prêtre de Roinville, et Landry de Roinville, Jean du Masteau (2) et autres sont témoins de la transaction passée entre les religieux de Bonneval et le seigneur de la Chapelle d'Aunainville , au sujet des novales dues au prieur d'Anneau : a Testes... Ganfridvs, presbiter de Roenvilla; Landricus de Roenvilla'; Joliannes de MaseteL.. »
1292. — Dans un accord passé entre le seigneur d'Auneau et les religieux de Bonneval, au sujet de la justice dépendant du prieuré d'Anneau , nous trouvons le passage suivant :
(1) Tit. du Prieuré d'Auncau.
(2j Voir ci-dessus, p. 28.
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« Et il fut accordé que lesdits Relligieux ont et auront dans la terre de Roinville et de Pointerel et ailleurs, se ils en ont point en ma chastellenie d'Auneel, la joustice de sept soh et demy ainsi qu*à Auneel et es lieux dessus dicts, sur lesquels lieux je ay et auray toute la justice haute et basse en la manière et en la forme dessus dits(l)... »
1695, « Au nombre des anciens biens et revenus du prieuré de Louye(2), nous trouvons :
« A Boinville, demy arpent de vigne en une pièce nommée Bolle-Nostre-Peau; au-dessus, cinq arpens en une pièce; au-dessus du Chesne-de-VOye, un arpent et demy. »
1756. - a Déclaration censuelle par la fabrique d'Oinville, pour la confection des terres de la seigneurie de Saint-Martin de Poisac, et Aueonville, pour meslre Ferdinand Charles OUivier, chevallier, seigneur chastellain d'Orsonville, Bretonville, Mondonville-la-Saint-Jean, Roinville-souS" Anneau, Poisac, Auconville et autres lieux, conseiller du Roy en ses conseils, grand maistre en questeur général, réformateur des Eaux et Forêts de France. (3). »
1777. — Un état dressé par la perception des tailles dans les paroisses du département de l'élection de Chartres, contient la mention suivante :
« Roynville (souhz- Anneau), 4 lieues du chef-lieu et une de la rivière. — 1600 seliers de terre; (80 perches au setier); 43 arpens de bois; 50 arpens de prés; 2 moulins à vent.
> Roynville appartient en partie au sieur Pousset (appelé ailleurs Poucet), prieur du sieur de Sourdis, qui a haute, moyenne et basse justice relevant au bailliage.
(1) Tit. du prieuré d'Auneau. — Arch. dép. d'Eure-et-Loir.
(2) Voir les notes sur ce prieuré à l'article d'Auneau. — Annuaire de 1867, page 40.
(3) Tit. de la fab. d'Oinville-sous-Auneau.
-» L'autre partie appartient à M. de Lataignan qui a aussi un droit de haute et basse justice relevant au bailliage. >
Population, — Les registres de Tétat-civil remontait à
Un pouîUé du diocèse publié en 1738 ^onne à Roinville 300 communiants; la cure, à la présentation de l'archidiacre, faisait partie de l'élection de Dourdan et valait 700 Hvres de revenu. Les recensements postérieurs constatent :
En 1816 378 habitants.
En 1836. ....... 448 —
En 1846 460 —
En 1866 498 -
Ce dernier chiffre se répartit de la manière suivante :
Bui3iii8. méittjpes. habi'aats
Roinville (1) 123 129 475
Maisonnette du chemin de fer. .114 Ombreville (station du chemin de fer) (2) 3 4 19
Totaux 127 134 498
On voit que, depuis 50 ans, la population de Roinville a toujours été en augmentant.
La contenance territoriale de Roinville que nous venons de citer en 1777, a été bien modifiée depuis cette époque, ainsi qu'il résulte de la matrice cadastrale (3) :
(1) Comprenant les quartiers de V Etang, de la Noue^ de la Place et de Morée.
(2) Le recensement de 1851 mentionnait encore : la Croix-Rouge (maison nouvellement construite, située à 160 mètres du village). — La Plâtrière (chaufournerie située à 460 mèires).
(3) Les travaux sur le terraih ont été terminés en 1813, mais la matrice cadastrale n'a été mise en recouvrement qu'en 1818.
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hect.
ares.
cent..
Terres labourables
Pâtures
Prés
Vignes.
Bois taillis
Jardins potagers
Oàeraies
Aulnaies et saussaies ....
Terres vaines et vagues . . .
Superficie des bâtiments . . .
Total. . .
Roinville est un pays de grande culture, quoique les parcelles y figurent dans une proportion de 5 4/5 par hectare . ce qui est occasionné par la culture des vignes et des aunaies qui sont divisées à Tinfini.
Les prairies situées dans la vallée et sur les bords de la Voise sont marécageuses et de mauvaise qualité; on a cherché à les utiliser en y plantant des aunes et des peupliers dont la végf^tationest assez rapide. C'est par une erreur matérielle très-préjudiciable aux propriétaires de ces prés, qu'ils ont été évalués jusqu'à un revenu net de 121 francs l'hectare, lors des opérations du cadastre, car leur produit est presque nul.
Un tiers des vignes a été successivement arraché depuis le cadastre , leur produit étant trop incertain. Celles qui restent occupent le revers des coteaux à l'exposition du sud; elles peuvent donner, année moyenne, 470 hectohires de vin médiocre, au prix de 16 francs l'hectolitre.
L'industrie des habitants consiste principalement dans la culture des terres et de la vigne. Les femmes s'occupent, pendant l'hiver surtout, à tricoter des bas et des chaussons de laine pour les marchands de Dourdan et des environs.
Les usines sont peu nombreuses ; on y compte : un moulin à eau, agencé à l'ancien système et n'ayant qu'une
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— U9 — paire de meules; il est situé au bas du village et mu par les eaux de la Voise, mais il reste souvent en chômage pendant les grandes chaleurs de Tété. — Un moulin à vent est bâti au lieu dit le Moulin-du-Parc , et un four à chaux et à plâtre sur le bord du chemin d'Auneau, au lieu dit la Plâtrière, ^
On trouve facilement sur le territoire de la pierre à bâtir et de la marne de médiocre qualité.
Le chemin vicinal de grande communication n» i^^, de Boisville et Santeuil à Dourdan, traverse Roinville du sud au nord; il sert de chemin vicinal pour aller à Anneau et à SaiQt-Léger-des-Aubées. Nous avons déjà cité ce chemin en 1135.
Le chemin vicinal de grande communication n« 7, de Chartres à Elampes traverse le territoire de Test à l'ouest, à 1,6U0 mètres de Roinville, et sert de chemin vicinal pour aller à la Chapelle-d'Aunainville et à Béville-le-Comie.
Le chemin vicinal de Roinville à BrelonviUiers joint le chemin de grande communication n« 19, d* Anneau à Pithiviers par Janviîle et Toury.
D'autres chemjns vicinaux cenduisent de Roinville à Aunay, à Poissac, à la ferme de Levesville, à Voise et à Goimpy.
Le vieux Chemin des Pèlerins, abandonné aujourd'hui, traverse le territoire du sud-ouest au nord-est, et ne sert plus qu'à Texploitation.
Le Chemin de la Baste, servant aussi à Texploitation , est une ancienne voie qui conduit à la contrée de la Baste déjà citée page 138, et se perd dans les terres un peu au-delà.
Notiee sur les TÛiers de H. Bonrgeois de RoinTille.
La Société de pisciculture d'Eure-et-Loir, fondée en 1855, venait d'êire autorisée par arrêté préfectoral du 21 novembre 1856; elle avait mis sous les yeux de M. le Préfet l'exposé de ses travaux pendant cette dernière année. Nous ne sui-
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vrons pas le rapporteur dans le compte-rendu des expérimentations qui avaient été faites sur différentes espèees de poissons : le Saumon, la Ti'uite, le Brochet, la Perche la Carpe, la Tanche, la Brème, le Barbeau et Y Anguille ^ expérimentations qui ont plus ou moins réussi. Toute science nouvelle a ses adhérents et ses détracteurs , et il est difficile de la faire adopter par les masses ;, surtout lorsque les résultats ne sont pas assurés. Nous avons donc choisi, dans le rapport précité, comme spécimen, la notice due à la plume intelligente de notre honoré confrère, M. Barreaux, docteur-médecin à Grouville (Saint-Léger-des-Aubées) auquel nous ferons encore quelques emprunts à Tarticle de cette dernière commune.
« Au bas du parc de Baronville, entre les villages d*Oinville et Roinville-sous-Auneau, dans la prairie de la Voise, existent, depuis une quinzaine d'années, plusieurs tourbières dont les eaux claires et profondes renferment naturellement du gardon et du brochet.
» M. Parmeniier, le premier propriétaire, a cherché à les peupler.de perches, de tanches et de carpes.
» Les perches et les tanches se sont reproduites; mais les carpes, tout en prenaat un bel accroissement ( 5 à 6 kilogrammes), n'ont presque pas peuplé, sans doute à cause de la fraîcheur de l'eau et de la grande quantité de brochets.
» Depuis plusieurs années cette propriété était le rendezvous des amateurs de pêche qui, comme toujours, détruisaient à l'envi le poisson, sans songer à le multiplier, qudnd un vigneron de Roin ville, le sieur Bourgeois, pêcheur passionné, qui avait entendu parler des avantages de la pisciculture, résolut de l'essayer dans les pièces d'eau de Baronville.
» Il acheta la propriété composée de onze arpents qui renferment six viviers, dont les plus grands ont presque un arpent de superficie.
i> Il commença par nettoyer les pièces d'eau de tous les
joncs, roseaux et dépôts de gazons qui pouvaient lui cacher les ennemis qu'il voulait anéantir. Puis il fit une guerre acharnée aux perches et aux brochets; il tua de ces derniers qui pesaient jusqu'à 8 kilogrammes.
3> Il détruisit les rats d'eau et pécha les hydrophiles, qui heureusement n'étaient pas nombreux.
» Les viviers étaient bien disposés quand vint l'époque du frai pour la carpe.
2> Bourgeois prit douze carpes à Tépervier dans la rivière de Roinvilie, au moment où elles commençaient leurs ébats. Il y avait six mâles et six femelles du poids de 500 à 1,000 grammes.
• On procéda immédiatement à la fécondation artificielle, telle qu'elle est décrite dans l'ouvrage de M. Lamy.
» Les œufs fécondés furent ensuite placés dans trois conditions différentes : une portion fut mise dans des baquets; une autre fut déposée dans des fossés pleins d'eau de pluie et dans des mares de la plaine ; la troisième portion fut posée sur des touffes de mouron d'eau (Samolus Valerandi) dans un bateau à moitié plein d'eau qui séjournait depuis plusieurs années dans une des touroières.
» Les œufs des baquets n'ont pas éclos ; peut être parce que le bois de ces vases n'avait pas trempé assez longtemps.
» Ceux des fossés et des mares ont donné une belle éclo- .sion; mais presque tout l'alevin a péri, mangé par les larves d'hydrophiles ou asphyxié par la chaleur qui desséchait les mares.
» Le résultat le plus intéressant eut lieu dans le bateau. Au bout de cinq à six jours, par une température de 20 à 25 degrés centigrades, tous les œufs étaient éclos, et huit jours après, l'alevin, qui n'avait encore reçu aucune nourriture, grossissait à vue d'œil. Il avait doublé de volume dès cette première semaine. Il fut ensuite réparti dans les diverses pièces d'eau, et on commença à le nourrir quinze jours après son éclosion.
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? L'alimentation fut composée uniquement de mie de pain , de farine d'orge et de son de blé.
» Ces aliments étaient jetés dans les endroits peu profonds, et les jeunes carpillons arrivaient en si grand nombre et avec une telle voracité, que le pain et le son n'avaient pas le temps d'atteindre le fond.
> La nourriture a été donnée presque tous les jours pendant trois mois; aussi les carpillons, vers la mi-octobre, avaient-ils atteint en moyenne 5 centimètres de long et une belle apparence.
i> On a cessé de nourrir depuis les premiers froids.
» Il est à remarquer que l'alevin a vécu exclusivement de matières végétales et qu'il n'a pas pris la moindre parcelle de viande.
» Ce régime a été suivi à cause d'une circonstance exceptionnelle : la malveillance, qui s'attache à tout, a répandu le bruit que Bourgeois allait élever ses poissons avec les débris d'un équarrissage voisin. Le dégoût s^en serait suivi. Aussi a-t-on eu le soin de ne porter aux viviers aucune matière animale.
» Bourgeois a l'intention de donner au printemps prochain des pommes de terre cultes, des haricots et de l'orge bouillis, ainsi que les menus grains de sa grange.
» Tels sont les essais de la première année, et Ton peut les considérer comme satisfaisants..
» 301) anguilles, libéralement fournies par l'értablissement (le Mainlenon, ont été introduites dans les tourbières, et l'avenir nous dira si l'on doit en continuer le peuplement.
» Les gardons, débarrassés des brochets, ont donné cette année une belle production naturelle.
j> La Société de Pisciculture voit déjà le résultat de son influence dans l'entreprise de Bourgeois, qui, confiant dans les promesses de la science, se met pratiquement à la besogne et cherche à produire en abondance un aliment presque inconnu dans cette partie de la Beauce.
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•» Puisse celte initiative être suivie de beaux succès et de nombreux imitateurs I -» '
Malheureusement ce vœu n*a pas été entendu, et, après quelques années d'existence, la Société de Pisciculture a cessé de Motionner. Son influence pourtant n'a pas été perdue, car plusieurs adeptes poursuivent encore les essais indiqués.
SÂINT-LÉGER-DES-ÂUBËES.
.Cette commune est située en amphithéâtre sur le bord de la petite vallée où coule le ruisseau de Saint-Léger, qui prend sa source sur le territoire au bas de la. Garenne, se dirige du sud au nord et se jette dans ^a Voise après un parcours de 1,610 mètres. Ce cours d'eau alimentait autrefois quatre étangs placés à la suite les uns des autres, audessous du village, mais qui sont desséchés aujourd'hui : on aperçoit encore les chaussées ou digues qui barrent la vallée. La majeure partie de ces étangs est plantée en ormes, frênes, peupliers et oseraies.
Son territoire est limité par ceux des communes suivantes : au nord, Roinville; à l'est, Aunay-sous- Anneau, la Chapelle-d'Aunainville et Denonville; au sud, Santeuil; à l'ouest, Voise et Béville-le-Comte.
Saint-Léger va nous offrir des souvenirs et des traces concernant les grandes divisions de notre histoire : VAge ancien, le Moyen-Age, VAge moderne. De précieux documents nous ont été fournis à ce sujet par notre savant et honoré confrère M. Barreaux, docteur-médecin à Grouville- Sainl-Léger; nous avons puisé les autres dans nos cartulaires, ainsi que dans les archives départementales et communales.
lo AGE ANCIEN.
Cette période , commençant à la création et se terminant à Tan de J.-C. 476, comprend, pour ce qui nous occupe, l'époque Gauloise ou Celtique, et l'époque Gallo-romaine.
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Époque Gauloise. — Nous croyons devoir attribuer à cet âge ancien un certain nombre de trous circulaires , d'une profondeur de deux mètres environ , évasés dans le fond et remplis de cendres ou de terre légère. Ces cavités, dont l'usage est encore énigmatique » se sont rencontrées sur le versant de Sainl-Léger qui regarde Vest et le sud. Elles étaient creusées dans un terrain calcaire, très-sec et ne contenant aucun débris dlnduslrie. Leurs parois ne portaient pas la trace des coups du pic qui caractérise tous les travaux faits avec Tinirument de fer.
En voyant la disposition de ces trous, presque alignés an bas du vallon, à l'abri des vents nord-ouest , à proximité d'un puits très-peu profond, et au bord d'un étang, on est porté à penser qu'ils ont fait partie d'une demeure humaine et qu'ils ont pu servir de retraite aux premiers habitants de la contrée. Cette idée se confirme lorsqu'on voit les mêmes cavités sur d'autres points et dans des conditions analogues. Ainsi, à Béville, au bas du coteau calcaire qui descend vers la fontaine, on a trouvé des trous semblables à ceux de Saint-Léger. M. Barreaux en a vu un, en forme de baratte , qui avait deux mètres de profondeur, presque trois mètres au fond, dont les parois. étaient lisses et sans trace d'entailles : elles semblaient faites lentement avec un corps dur qui grattait la marne plutôt qu'il ne la piochait. Ce trou. était rempli de cendres sèches, quoique rien n'indiquât qu'un foyer y eût été allumé. Les cendres venaient donc da dehors et devaient avoir comblé la cavité au moment d'une vaste combustion des bois environnants.
Dans beaucoup d'autres localités , des trous semblables ont été décrits avec les mêmes caractères, n'est-on pas alors fondé à les regarder comme les premières habitations celtiques, surtout si l'on rapproche leur forme ronde de celle atiribc.ée aux huttes des peuples gaulois et germains? Ces huttes, peu élevées au dessus du sol, en forme de ruches, couvraient une cavité où chaque famille passait l'hiver. Nous trouvons une grande analogie entre le territoire de Sainl-
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Léger et celui de rancienne LtUèce (aujourd'hui Paris )^ iont le sol marécageux était parsemé de huttes semblables à celles dont nous venons de parler^ lorsque César Y convoqua une assemblée des peuples Gaulois^ 53 ans avant J.-C.
Les huttes ont été détruites^ mais les trous sont restés convoie témoins muets de ces temps reculés; les cendres qu'ils renfermaient sont peut-être les seuls débris des forêts vierges incendiées par les divers conquérants des Gaules? Dans cette hypothèse^ Saint-Léger serait un des points les plus anciennement habités par des hommes qui se réunissaient alors au bord des vallées , près des sources et des lieux abrités.
Époque Gallo-Romaine. — Après la conquête, le sol fut occupé par une population qui , au contraire de la précédente, choisit les lieux élevés pour y établir sa demeure et dominer la plaine. Nous trouvons sur le territoire de Saint- Léger une de ces habitations, probablement fondée par des Gaulois et occupée ensuite par des Romains : c'est ce que nous indiquent les débris de poterie grise, noirâtre, grossière et informe, d'origine gaélique, et d'autres de poteries rouge à pâte fine , bien travaillée , élégante de forme et de fabrique romaine.
Ces restes de station Gallo-Romaine se rencontrent au nord de Saint-Léger, du côté de Roinville, sur le plateau le plus élevé delà contrée (153 mètres au-dessus du niveau de la mer), non-loin de la route de Chartres à Étampes — chemin vicinal de grande communication n» 7 -— , au champtier des Chaises, qui aboutit sur le chemin vicinal de Voves à Anneau , et tout près de l'ancienne voie de Paris à Vendôme.
Depuis un temps immf^morîal, remplacement de ces ruines était rendu à la culture; la charrue, en passant sur les substructions, remuait seulement quelques pierres noircies par le feu, des morceaux de tuiles à rebords ou de poterie et même des fragments de fer et*de fonte. Mais per-
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sonne n'avait opéré de fouilles en cet endroit^ lorsqne. en 1862, BI. Petite géomètre à Saint^Léger^ fit défoDcer une pièce de terre , an milieu du champtier des Cham. Voici le résultat de ce travail :
€ Presque partout le sol est mêlé de décombres ^ et, dans plusieurs endroits, on dé<*ouvre des fondations de mors dirigés en sens divers, qui ne sont suivies que jasqu'aoi rives du champ et se prolongent évidemment sur les parcelles voisines. A côté des fondations. Ton rencontre es abondance des débris de grosses tuiles à rebords, des tessons de terre grise, d*autres presque noirs ^ quelques-oo^ d'un beau rouge. Certains fragments en terre presqm blanche semblent avoir appartenu à de petits vases trèfétroits de goulot , comme les urnes lacrymatoires. D'autres fragments en terre commune, semblable à celles de nos pots à fleurs , ont appartenu à des amphores de grande dimension, dont les bords étaient ornés de moulures grossières ; des anses d'amphores massives sont assez bien conservées.
» A l'extrémité ouest du champ, vers la vallée^ on trouve des fondations plus rapprochées , plus épaisses , qui indiquent les assises d'une construction assez importante. Can^ un angle de ces subsiructions, sous une épaisse couche de terre mêlée , o^ découvre un dépôt ^'argile plastique qai n'est pas originaire du sol , car la terre à potier ne se trouve pas dans les environs. Sous une de ces fondations existe aoe ouverture, qui paraît être l'entrée d'une cave remplie avec des pierres de démolition.- On n'a pas cherché à la vider ni à suivre la descente qui se dirige vers un champ voisin où certainement on trouverait aussi des traces de construftiens, car on y voit, pendant les années sèches, une surface circulaire où la végétation reste languissante , comm«' si le sous-sol était occupé par une aire dure ou par l'emplacement d'une large tour.
» Outre'des tuiles et des poteries, on a trouvé des fragments de meules en *grès et en pierre d'un grain très-fifl;
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polie corame du marbre , des monnaies en bronze de Clùude et de Vatentinim, enfln uoe sorte d'anneau de bronze qui semble êire le goulot d'un vase brisé au niveau du collet. Nous sommes donc, sans aucun doute, sur remplacement d'une habitation gallo-romaine; mais la grande quantité de tessons , jointe à la présence de l'argile plastique conservée en d'pôt, indique que cette construction a dû être une fabrique de poterie, dont le nom ne nous est pas parvenu. Le mot Chaises ne rappelle rien sous ce rapport, mais il éveille au contraire un souvenir féodal. En effet, dit Bercherelle, dans le langage du Moyen-Age, le mol Chaises se disait 4 des quatre arpents de terre, qui étaient autour d'un château hors des fossés, et qui, avec le château lui-même, entraient dans le préciput de l'aîné : c'est ce qu'on appelait le vol du chapon, i
D'après cette étymologie, on est fondé à supposer que la fabrique gallo-romaine se sera plus tard transformée en un château féodal qui , lui-même , a été détruit à une époque bien reculée; car un des derniers témoins de l'édifice porte la date du IX^ siècle : c'est une pièce d'argent de Charles le Gros , avec la légende Mttvllo (Metz). Une fois sur la voie des suppositions, on ne s'arrête pas facilenient, surtout en archéologie, et l'esprit se complaît à chercher ces relations avec les objets récemment découverts et les objets voisins mieux connus. Aussi, après avoir, parla pensée, rebâti un domaine féodal avec le mot Chaises ^ on explique sa destruction avec un autre mot : « Étany-du-Roy. » En effet, au bas du champtier des Chaises, et par une pente de quelques cents mètres, on descend à la vallée de la Voise, près de la bonde où existait un étang poissonneux, et qui devait nécessairement, vu sa proximité du château, en être une dépendance? Et pourtant des lirres du XlVe siècle le désignent sous ce nom « Etang-du-Roy. »
Si le roi possédait l'étang , il devait posséder également le manoir seigneurial. Rien n'indique qu'il y eût autrefois dans cette contrée un domaine royal ; on en est réduit à
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supposer qu'un de nos rois qui bataillaient contre les seigneurs féodaux, aura enlevé ce fi<ef à quelque vassal rebelle, ce qui n'était pas rare alors, et aura fait raser le châieau en ne conservant que Tétang? on verra d'ailleurs à Tarticle du hameau de Goimpy, comment Tancien manoir des sires de Saint-Léger fut remplacé.
Des traces de constructions gallo-romaines ont encore été découvertes en 1850, tout près des maisons de Saint- Léger dans la contrée de fa Coudraye, section C du plan cadastral, n*>» A30 à 435, 442 et aux environs. Un sol noirci par l'incendie laissait voir à sa surface des fragments de tuiles plates à rebords, de grosses tuiles creuses et quelques tessons de poterie rouge (terra campana) .
2o Le Moyen-Age (476 à 1453).
Lorsque le mélange des différentes races que les invasions du V° siècle avaient mises en présence sur le sol de la Gaule fut accompli et eut formé de nouveaux peuples et des idiomes nouveaux, les premiers colons commencèrent par défricher les terres qui leur étaient abandonnées; les grands bois disparurent, et remplacement du lieu qui nous occupe prit le ndm de l'espèce d'arbres qui couvraient cette partie du territoire, c'est-à-dire les Aubérèdes (peuplier blanc ou tremble) — Alberus, populus alba seu tremula. Au moyen-âge les lieux où se trouvait cette espèce d'arbres s'appelaient une Aubraye — Albares, Alberia, Albereia, Albarela (arboretumy iocus arboribus quas perinde liait Alberi vacant, consitus). Nous retrouvons ces mots dans les noms que la colonie portait aux XI® et XII^ siècles : Albares, 1056; Albaria, 1099; Albera, H19; les Aubers, vers 1116; Albaretum, 1150; Albareth, Albereth, 1151.
1150. — La villa Albereth figure au nombre des possessions de l'abbaye de Saint- Jean-en-Vallée, confirmées par une bulle du pape Eugène III.
Un colon nommé Gilbert, qui tenait la métairie et V église
d'Albereth, vint;,rouver Hubert Tun des religieux de Saint- Jean, et le pria de nourrir Gaultier, son flls, de le vêtir et de l'entretenir jusqu'à ce qu'il fût en âge de pourvoir à ses besoins, et qu'alors Hubert lui donnerait 40 sous pour tenir lieu de ce que son père avait eu à Alberelh; ce qui fut fait. Les cautions de ce traité furent : Vasiin de Denonville et Eudes, écuyer de Hubert de Mantarville.
« Nos saneti Johannis Canonici notum esse volumus tara futuris quam preseniibus quod Gilleberlus habens mediatoriam cum ecclesia saneti Johannis apud Alberelum , rogavit Hubertum fralrem nostrum ut fîlium suiira puerum nomine Galterium nutriret et procuraret in cibis et vestibus usque ad tempus quo Galterrus quid sibi utile providere posset, et tune Hubertus XL. solides Galterio daret pro omnibus que apud Alberetum habuerat pater ejus, quod totum faclum est, et pucro jam adulte nurami redditi sunt a Huberto xl. solidi predicto Galterio. Juravit predictus Galterius hos XL. solidos se nuraquam quesiturura neque pro hiis que pater suus apud Alberetum habuerat, calumpniam facturum. Testes Hubertus canonicus; Herveusprior noster; Simon sororius Galterii. Johannes Araanguini ; Gerbertus frater Marescot. Hi etiam fideijussores : Vaslinus de Danunvilld qui fidera recepit; Odo faraulus Huberli de Armentarvilla; Balduinus famulus noster (1). »
Vers la même époque, Odeline, femme d'Ascelin, maire de Sainville, Raoul son fils et sa fille Ermengarde donnèrent leur consentement à l'accord qui fut fait entre ledit Ascelin et les chanoines de Saint-Jean au sujet de la terre des Aubers, et par lequel Ascelin se désista de ses prétentions. Au nombre des témoins nous trouvons : Raoul, curé de Sainville, Hubert de Mantarville (2), l'un des chanoines; Raoul de Sainville et Bernard de Boulonville (3) :
a Nolum fieri volunnus tam futuris quam presentibus quatinus Odelina, uxor Ascelini majoris Sainville ^ et filius eorum Radulfus,
(1) Arch. d*Eure-et-Loir. — Fonds Saint- Jean. (2 3) Hameaux de Sainville.
fîliaque Ermengardis concesserunt concordiam qnam fecimus cam eodem Ascelino de terra Albereth qiiam calumpniabant. Testes: Pelrus prior ; Huhertus de Ermenfarvilla, canonici nostri ; Paganas. presbiter de Bèrtnlcort; Radulfus prpsbiter Sainvilie; GualleriE Alberli filius; Thomas de Aulon; Guillelmus cognomine vitulus; Radulfus nepos ejus ; Helmoinus de Corberosa ; Richerius ; Bigote ipsius filius ; Richerius nepos ejusdem ; Hubertus Chinellus ; Gaafridus Beliardis filius ; Gaufridus, famulus nosler ; Fulcherius filins Bernardi de Bolonis Villa, Odo quondam famulus Domini Hoberti(i). .
il 51. — Morbier, fils de Gunlard, renonçant aux vanité? du monde, donne sa personne, c'est-à-dire prend Thabii monastique à Tabbaye de Saint-Jean, et pour ne pas y entrer gratuitement, il abandonne tout ce qui dépendait de son fief d' Albereth, tant en blé qu'en argent. Au nombre des témoins figurent : Landri de Manlarville (2), Hugues de Gallardon , Robert de Béville, Etienne de Berchères, Drogon de Saugis (3) :
« Ego Morcherius, Guntardi filius,... omnibus que possidebam renuiiti-jins, dedi me ipsum ecclesie beati Johannis, per manusi domni abbalis , et ne vacuus inlrarem , conluli eidem ecclesie quicquid habebam perlineos ad feodum Alberelh, tam in annonis quam ia nummis... Prelerea quicquid ad feodum illum pertinens adquirere possunt Canonici , totum eis ex inte^TO concessi.... Actum publia anno incarnati verbi M» G® L» !<>, presentibus quorum subscripU sutit nomina : Garinus abbas , Theatdus prior, Laudricus de Amtnlarvilla, .. Hugo de Gakrdone^ Robcrlus de Bevilla^ StephaoBâ de Bercheriis, Drogo de Chauyeio.,. (i) »>
Cependant la villa des Aubers commençait à se peupler. Nous voyons Renault et Guatard, enfants de Vital de
(1) Chart. orig. Archiv. d*Eure-et-Loîr. — Fonds Saint-Jean.
(2) Hameau de. Sainvilie.
(3) Hameau de Saint-Lucien.
(4) Orig. sur parch, Archiv. d'Eure-et-Loir.
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Chalo (1) donner à Téglise de S^int-Jean quarante arpents de terre avec les masares des hôtes, et toutes les justices de ladite villa et des terres. II fut convenu : que les délits qui se commettraient en dehors de la villa, seraient justiciables des chanoines; que ces derniers auraient les deux tiers des amendes et les donateurs l'autre tiers; mais que ceux-ci n'auraient point la justice pour les entrées et les sorties de ladite villa, aûn qu'à cette occasion ils ne pussent molester les hôtes; que les champarts et les autres revenus de ladite terre seraient aussi partagés par tiers. Le partage de la terre enlre les colons fut laissé à la disposition des chanoines. Les témoins de cette donation sont nombreux. Nous citerons : Ernaud de Gasville; Guillaume de Cinq-Ormes (2); Morin devMondonville; Geoffroy du Coudray; Payen d'Édevilie (3); Gautier de Ville-Neuve; Hilduin, fils de Hervé d'Ardelu; Etienne et Nivelon de Denon ville; Ricard de ManchainvilleiA); Herbert de Mérobert (5); Ascelin, maire de SaiuviJle; Bernard et Gilduin son frère de Mondonville; Pierre et Renault d'Ardelu :
< Majores nostri consilîo usi sapienti que fîrma esse voluerunt scripti memorie tradere curaveruat. Quorum auclorilalem seculi dos sancii Jobannis canonici notum esse volumus tam futuris quam presentibus quod Raginandus et Guntardus filirVitalis de Cliailo dederunt ecclesie sancli Juhannis quadraginta arpenta cum mansionibos hospitum in villa que vocatur Alberelh , et omnes juslicias de cor« pore ville et arpentis. Quod si in exteriori terra aliquis forisfecerit , nos juslicias faciemus , et de eo quod accipiemus ipsi duas partes habebunt, nos terciam terranfi ad unam carrucanfi et tertiam partem totiiis terre relique, prêter terranfi ad unam carrucam quam ipsi rcliiiebunt, sed in egressibus vel ingressibus ville eam non habe-
(1) Chalo-Saint-Mard , commune du canton d'Étampe8(Seioe-etOise).
(2) Hameau de la com. d'Houviiie.
(3) Hameaux de la com. d'Ouarville.
U) Hameau de la com. de Santeuil.
(5) Hameau de la com. de Saint-Georges sur-Ëure.
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buDt, ne hospites hac occasione.valeant molestare. Si aliqwski^ pitum ecclesie eis forisfecerit, clamorem facieot priori in t potestate terra illa erit. Si eis justiciam facere noluerit, vd poterit/ipsi antequam illud faciant^ abbati ecclesie Johanois dent; quod si eis justiciam facere noluerit vel non poterit, illi pi exteriorem terram justiciam sibi adquirent Predicte terre eohn nos disiribulores esse coricesserunt... Testes qui secuntur affoeiw Ernaudus de Gaesviila ; Guiiielmus de V. Ulmis ; Moriaus de Jfodunvilla; Gaufridus de Coldreio; Paganus de EddeviUa; Gauten de Villa-Nova; Hilduinus Blius Hervei de Ardeluto; Slephaw et Ni vélo de DanunvWa ; Ricardus de Manchenvilla ; Herbertosè Manso-Huherio ; Ascelinus^ major àe Sainvilla; Bemardus et & duinus frater ejus de Mondanvilla ; Petrus et Ranulfus de Arit-
Mo (1). »
Nous avons vu que l'église des Aubers existait en 115û, ce fui sans doute vers ce temps que la paroisse fut consliiatt sous le vocable de Saint -Léger (2), d'où lui vint son nooi « Saint- Léger 'des- Aubées. » Nous la trouvons ainsi menlioftnée dans une charte de 1171, rapportée ci-après : o Ecdt-
(1) Orig. sur parchemio, aux arcbiv. d'Eure-et-Loir; fonds Salni- Jean.
(2) Saint Léger, évêque d'Autun, vivait au Vil® siècle; son cdl* était déjà très -répanda en France dès le siècle oîi il est mort, etfc nombre des églises qui furent dressées en son honneur est très-€ODSdérable. On en compte quatre dans le département d'Eure-*rt-UifJ celles de: Dt^nonviKe, HouvUle, Hojiix et Louvillidrs-en-Drotiais. - Cinquanle-deux communes de France portent le nom de Saint-Ugtr seul ou joint à un autre mol. Nous citerons entre autres Saini-Légiren-Yvelines , village dans la forêt de même nom, à 12 ki'oraèires d? Rambouillet (Seine-el-Oise). En 679, saint léger fut Tnarljrivé dans ' celte forêt, et 200 ans plus tard, le roi Car oman y fut tué â b^ chasse. On remarque dans un chimp de cette commune un ^ros bloc j de grès de 9 mètr»'S 17 Cfnl. de surface, supporté par quatre gro?» j pierres entre lesquelles est un intervalle vide. Cet ancien monumai celtique est appelé dans le pays Pierre^Ardoue , et Ton croit encw? qu'elle a servi de marchepied à la Vierge lors de son assomptioD.
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im sancH Leod^gani de Alberiis. » — Un pouillé du diocèse \ Chartres, dressé vers 1250, )a place au nombre des [lises du Chapitre de Chartres : t Ecdesie capUnli Carnonsis .. Sancius Leodegarius de Albez, » faisant partie du >yenné d'Auneau. Puis vinrent \e^ noms de : Sanctus- ^odegarius -de -A Ibatis ; Sanctus - Lindegnrius -de- Albez ; mctuS'LigerivS'de- Albez ; SaiuULéger-deS'Aubyez ; Saintfger-des-Aubez. — En 1793, lorsqu'on changea les noms li rappelaient la rehgion ou la royauté, la commune fut )mmée Montagne des- Aubées ; mais elle ne conserva pas ngtemps cette dénomination et reprit. Tannée suivante, nom qu'elle porte aujourd'hui.
1171. — Guillaume de Champagne, évêque de Chartres i 1164, puis archevêque de Sens en 1168, et légat du linl-Siége, avait donné au Chapitre de Notre-Dame de lartres Véglise de Saint- Lé ger-des-Aubéea Hbre et exempte I toute juridiction de l'archidiacre; le pape Alexandre nfîrma cette donation :
« Alexander episcopus, servus servorum Dei, dilectis filiis Gaule, decano, etcanonicis Carnotensis ecdesie... firma vobisvestris e successoribus et illibafa perraaneant... ecdesiam sancli-Lfoderii-de-Alberiis , sicut a Willelrao , Senonensi archiepiscopo , aposice sedis legato, curara et administrationem Carnotensis ecdesie rente, libéra et absoluta ab omni jurisdictione archidiaconi , Capi- 0 in perpetimm donata est et concessa, Milone, archidiacono , in jus erat archidiaconalu , conventiamet assensum prebente... (1). »
Un passage du Cartulaire de N.-D. de Chartres, (tom. II, 291 ) nous fait connaître que l'église de Saint-Léger-desibées faisait partie des prébendes du Chapitre de Chartres ns la mairie de Derchères-la-Maingot :
M In majoria Bercheriarum-Maingoti.,. cum archidiaconatu donatione ecclesie sancti-leodegarii de albatis. »
1) Cartul. B. E. Carnut. Tom. I", p. 191.
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Cette église n'est pas parvenue jusqu'à nons telle qa<!i^ a été primitivement établie; la tour est d'arcbiteeto* romane de transition et la nef d'une constraction ^Kt rieure. Le corps de Fédifice, de forme rectangnlaire.flt bâti en moellon avec angles et contreforts en pie» de taille; il a ^9 mètres de longueur y compris la nef.fc chœur et la sacristie placée derrière : sa largeur tôt k 9 mètres 80 centimètres.
Au sud du chœur se trouvé une tour carrée renfCTii* l'escalier qui conduit au clocher ; le tout constrait en pie» de taille. Cette tour^ large de 2 mètres 60, sur 2 mètres, i 25 mètres de hauteur; au-dessus s'élève le clocbers aiguille polygonale^ couverte d'ardoises^ dont la haatev. y compris sa base, est de 46 mètres 50 cent. ; ce qui done pour la tour et le clocher, une hauteur de 44 mètres.
L'intérieur de l'église est éclairé au nord par une fen*t à plein cintre, et au sud par deux fenêtres également à p>â cintre, mais dont la baie coupée aux deux tiers de sa h& teur par un meneau, forme deux ventaux circolain surmontés d'un œil-de-bœuf. Les vitraux sont en \m ordinaire posés à petites losanges sur châssis de plomb.
La voûte, en lambris de frise de chêne de 15 centimèdb de largeur, forme dans la coupe transversale de la «f, deux parties de plafond d'un mèlre de largeur de chaft côté, et deux demi circonférences au milieu. Le maaw état de cette voûte, si curieuse au point de vue de l'aiquaire, avait été signalé a la Société archéologique d'E> et-Loir par l'un de ses membres, M. Gillard, ancien greto de la justice de paix à Nogent-le-Roi. Au moment « s'agitait la question de détruire cette voûte, la Société p M. Barreaux (1) de vouloir bien donner des renseigneintf à cet égard; nous ne pouvons mieux faire que de iran^fl» le rapport de notre obligeant confrère, qui a été loili séance archéologique du 8 mars 1866.
• (1) Déjà cité page ISiO.
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« La voûte en bardeau ne règne que sur la nef, car le ttctuaire plus moderne a une voûte'de pierre. « Elle offre six travées séparées Tune de l'autre par des traits qui ne sont que de simples poutres sans aucun ivail, de même que les poinçons qui ne portent pas la oindre sculpture.
9 Au dessous des entraits sont de gros poteaux assez mai [uarris et qui, montant le long des pans, viennent supporter s sablières trop saillantes enveloppées de douves et formant a relief carré très-disgracieux.
9 Chaque travée«renferme trois rangées de panneaux en lancbes de sapin grossièrement assemblées. > Chaque panneau formant une surface plane de 1 mètre } cent, carré environ, ne peut pas concourir à la courbe 'un cintre régulier; aussi la voûte est-elle formée d'autant e lignes brisées qu'il y a de panneaux. Celte disposition *une voûte qui devrait être en plein cintre et qui se trouve n réalité composée de fragments de plafond, lui ôte toute ardiesse et toute élégance ; chaque panneau semble n'adhéer à rien et menace de se détacher; ce qui du reste est rrivé déjà. Plusieurs restaurations ont eu lieu dans le but le consolider les panneaux en recouvrant leurs lignes de oints par des tringles. Malgré ces réparations, des planches ont tombées Tan dernier encore et ont montré Tétat de étusté de la voûte. J'en ai touché des fragments tellement vermoulus que les pointes n'y pouvaient plus tenir.
» Il résulte de cet examen que, sous le rapport de la charpente et de la menuiserie , la voûte de l'église de Saintuéger n'a aucune valeur artistique; il est même certain que }ersonne ne songerait à la conserver si une peinture à l'huile, le couleurs assez vives, ne lui communiquait un aspect }eaucoup plus attrayant que celui des voûtes en bardeau )]anchi à la chaux dans les églises voisines. C'est cette lécoralion qui a pu paraître un titre suffisant pour sauver me pièce condamnée par les ans et c'est elle que je dois spécialement vous faire connaître.
» Chacun des panneaux dont j'ai parlé forme on tableJ séparé qui représenté un sujet de l'Histoire sainte. M paysages bibliques^ des attributs religieux, des emblévi chrétiens se voieni côte à côte avec des images &io^ ments de musique, tambom^s, harpes, guitares^ viokt. trompettes, et avec des drapeaux et des armes a>sez di*^ i rates. Tous ces tableaux sont au dessous du médiocre pv le dessin et pour la coaleur qui ne vise qu'à Teffet. Tdi sont entourés d'une espèce de marbre noir et blanc ■ leur sert de cadre Trois travées seulement ont des peintura k sujets; les deux travées voisines du salictuaire ne ponfil au milieu de chaque panneau que des écussons peu varie 1 rosaces, fleurs, couronnes, mais pas une armolrie. C^ deux travées sont d'un dessin plus correct et révèlent g» main plus exercée; à moins que l'auteur n'ait été pb habile dans les ornements de fântai>îe que dans la re|n>sentalion des objets réels. C^ qui est le mieux réussi, a général, ce sont les instruments de musique que le peiflfr a répétés avec complaisance.
ï Les douves qui enveloppent les sablières portent zuà une guirlande d'ornements passablement dessinés, ns lourds.
» Les entraits et les poinçons n'ont pas échappé au iisceau de Tarliste qui partout a voulu remplacer la sculpte» absente ; aussi ne s'est-il pas fait faute d'orner ces poatw d'une foule de traits, feuillages, volutes, etc., le tout sas goût et sans bonheur.
i II n'est pas jusqu'aux piliers de l'ogive à l'entrée i sanctuaire qui ne portent les traces éclatantes de la boni: volonté du colori.*te.
> Pourtant, malgré tant de zèle, l'ouvrage n'est pas Uf miné. La travée au bas de l'église n'a que des panneau bordés du cadre en marbre, mais vides de tout dessin : F? d'eux porte la légende suivante : j
f L'an i696y avec Vaide de Dieu et le secours de plusictip bons et zélez paroissiens, et à la diligence de Claude Boulrw
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et de Marin Roger, gager s y a été fait le lambris de cette église, par les soins de M^ Jean Brulard, curé, qui Va peint de sa propre main. Priez Dieu pour lui, 1696,
» Ce qui donne de Tintérêt à celte travée inachevée, c*est une tradition admise dans le pays, qui attribue l'interruption *de8 travaux à la mort du curé Brulard, tué dans l'église même, en tombant des échafaudages. On s'explique rattachement des habitants et surtout des vieillards pour ce lambris, œuvre d'un de leurs curés, et qui imprime à toute ?église un cachet d'originalité. Car, il faut l'avouer, malgré la pauvreté du dessin, malgré la crudité des teintes, cette peinture presqu'enfantlne donne à l'ensemble de l'intérieur un certain charme inconnu aux églises froides et nues des environs. La vivacité des couleuis au haut de cette nef étroite et svelte prête à la lumière des tons harmonieux qui n'existent jamais sous les voûtes blanchies. Cet essai d'art fait comprendre l'effet que devaient produire des voûtes magistralement décorées.
» A ce point de vue seulement je n'ose pas me prononcer pour la suppression du lambris; car s'il n'offre dans ses parties aucun intérêt artistique, il n'en reste pas moins par son ensemble un des derniers spécimens d'un genre aimé des antiquaires, et en particulier de notre savant confrère, M. Raymond Bordeaux. »
Ce rapport, comme on le voit, se bornait à exposer l'état des choses et ne concluait rien. C'est que là, comme en bien d'autres communes, la divergence des opinions paralyse l'activité : il y a des conservateurs et des novateurs qui ne peuvent guère s'entendre. Les uns veulent restaurer, refaire même le lambris; les autres rêvent une voûte nouvelle en brique et plâtre ; importation récente que l'on applique sur des murailles anciennes qui ne sont point construites pour les recevoir..., invention dont les dangers sont inconnus f
Aussi, depuis 1867, rien ou à peu près n'a été fait à la voûte en bardeau de l'église de Saint-Léger : on a bouché les
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trous avec des planches...^ c'est un provisoire qui peut encore durer longtemps.
L'entrée de Téglise, placée entre deux contreforts au sud à quelques mètres du bas de la nef, «st précédée d'an porc> construit en pierres et couvert en tuiles, ayant 5 mètres df long sur 4 mètres 80 cent, de large. Sous ce porche on toc une belle pierre tombale concernant les anciens seigneim de Saint-Léger. On y lit Tinscription suivante disposée e^ cordon sur les côtés et au bas :
« €j) Qi9t imati)urme i(Bautl)roue m son niiNDii femtn^ It^e fm !lei)an JDumalt; ^ (aqfuelU Tftciia k JTJtïî' io' }fe juinfl M. \>\ CXD3. »
« !3lu50y ©ist ©uillcmette ÎDumatt;, Uur filU laquelle iécùfa U \)iy xo' Tf'oclobre M. \)^
€xxx\)r »
Cette pierre tendre, d'un beau grain, a i mètre 75 >ur 1 mètre 45 environ; elle porte deux figures de femmecreusées d'un trait pur et correct ; elles sont habillées d-» même et portent la coiffure italienne du XVie siècle, pla'/ sur le devant et traînante en arrière, la robe montantes collet rabattu, avec larges manches pendantes, cordelière <H gros chapelet à la ceinture. Chacunes d'elles ayant \^ mains jointes, se trouve sous un cintre porté par un pilik à cannelures. Au-dessus du pilier, entre les deux cintre^. est gravée une tête de mort dans un écusson qu'entonren des ornements en volutes, trèfles et feuillages.
La paroisse de Saint-Léger est une succursale qui a »iîdépourvue d'un desservant depuis 1793 jusqu'en 1850; e\v était administrée par celui de Santeuil auquel la coiiimun* payait une indemnité de 200 francs pour la desserte. 1/ J conseil municipal ayant fait l'acquisition d'un presbylèP' | placé à proximité de l'église, a obtenu enfin de l'évêché an desservant qui a été installé le premier octobre 1850.
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Le Chapitre de Chartres avait à Saint-Léger-des^Anbées, sur les limites de la prébende de Chainpsera> une rente annuelle de 12 muids de grain à prendre sur les dîmes de ladite paroisse et due par le seigneur de Saint-Léger ou ses héritiers^ à la mesure et valeur de Loêns^ où le grain devait être rendu aux frais dudit seigneur^ savoir 7 muids de blé^ 3 muids d'avoine et 2 muids d'orge; plus une rente annuelle et perpétuelle de A livres en argent payable par le curé de Saint-Léger^ pour la dîme des laines :
« Apud Sanctum-Leodegarium-de-Albatis, prope metas prébende Campi-Serruci, habet Gapitulum xu modios grani annui et perpetui redditus super decimis parrochie , per dominum Sancti-Leodegarii ,. pro décima lane, ex annuo et perpetuo redditu^ que omnia pertinent anniversario Henrici episcopi Guincestrensis... (1)
1180. — Le prélèvement de ces dîmes ayant amené une longue contestation entre le Chapitre de Chartres, Guérin de Saint-Léger et Drocon, son fils, Geoffroy, doyen de réglise Notre-Dame de Chartres, termina ce différend. Il fut convenu que Guérin et son fils percevraient les dîmes, à charge par eux de payer chaque année au Chapitre sept muids de blé, deux muids et six setiers d'avoine et dixhuit setiers d'orge :
« Gaufridus, Camotensis ecclesie decanus, et universitas Capituli omnibus ad quos littere iste pervenerint, in vero salutari salutem. Inter nos et Garinum de Sancto-Leodegario et Droconem , filium ejus y controversia diu habita est propter décimas de Sancto-Leodegario. Ad ultimum' vero, Deo coopérante nobiscum , in bunc modam predicta contentio sopita est quod prenominatus Garinus et Droco , filius ejus, singulis annis, de prefata décima in area, sine mutatione annone in pejus , ad preceptum Capituli , nobis reddent vu modios annone et duos modios avene et vi sextarios , et x et viiit^ sextarios ordei, ad miuam qua venditur et emitur. Ut autem in posterum
(1) Cartul. B. M. .Carnut. Tom. H, p. 331.
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omnis contentio super hôc eliminatuf ^ sigilli nostri auctoritate hoc confirmarc curaviraus (1). •
1325. -^ Sous ce titire : c Dé deeima de SanOa-Leodeffario, > (dime de Saint-Léger) 5 le Cartulaîre de Notre-Dame de Chartres (tom. II , p. 109), rapporte un accord qui fut passé entre le Chapitre dé Chartres, d'une part, et noble dame Radegonde^ Guillaume Galler, chevalier de Saint-Léger, son fils et Geoffroy de Yieuvicq, chevalier, son frère^ d'autre part^ duquel rapport il résulte que les dîmes de Saint-Léger appartiennent à ces derniers, à la charge de verser chaque année au Chapitre le jour de la Toussaint, à Chartres^ sept muids de froment , huit muids d'avoine et trois mnids d'orge, à la mine et valeur de Loêns. Actum anno Donum
Eli 1296, Guillaume de Péronville, seigneur de Saint- Léger-dès-Aubées, ratifia cette transaction. Dans les comptes d'anniversaires du Chapitre de Chartres, nous trouvons celui du 8 août 1308, relatif à l'anniversaire d'Henri, évêque de Guincesler, pour lequel les chanoines avaient sept muids de blé, trois muids d'avoine et deux muids d'orge, payables pàf Gûrnier le Bœuf, chevalier, seigneur de Saint-Léger-des- Aubées. — Le 23 novembre 1380, une sentence des requèCei du Palais condamna Ûudard de Cloyes à payer la rente convenue, et enfin^ le 9 mars 1482, Jacques d'Estouteville, pour s'affranchir de cette servitude, céda au Chapitre toutes les dîmes qu'il possédait à Saint-Léger, avec la grange dimeresse.
30 Age moderne (1453 à 1789).
Cette période nous offre peu de documents sur Saint- Léger proprement dit, mais on en trouvera plus loin à l'historique des hameaux qui en dépendent :
(1) Carttti. B. M. Garnut. Toin. I», p. 203.
1587. —.Pendant les guerres de là Ligue, les Reîlres allemands, auxiliaires des protestants, étaient parvenus au cœur du pays charlrain. Surpris à Anneau» le 24 novembre, par le duc de Guise, il furent obligés de battre honteusement en retraite, en laissant plus de 2,000 morts sur le champ de bataille. Une fois les Reîtres battus et dispersés, les bourgeois chartrains allèrent nettoyer les villages qui avaient été occupés par Tennemi; ils trouvèrent à Sae'n/- Léger-des-Aubée$ deux gros pétards qui furent tirés, le 24 décembre, pour la réception du Roi et emipenés à sa suite (1).
Doyen raconte ainsi ce fait, dans son histoire de Chartres (tom. II, p. 93):
« M. Jean d'Âllonville, chevalier, seigneur de RéclainvîHe, dont la mémoire sera toujours chère au pays chartrain, était alors à Chartres, lieutenant de M. de Sourdis, gouverneur de la ville. Aussitôt qu'il eut avis de la défaite des Reitres, il partit avec sa compagnie et plusieurs volontaires de la ville, pour aller chercher les canons et les boulets que les ennemis avaient enterrés entre Saint-Léger et SarUenil, et les fit venir à Chartres. Il se trouva deux pièces de chacune six mille quatre cent soixante-huit livres pesant, et qui jetaient des boulets à une grande distance : elles étaient marquées aux armes de Danemark. Il $e trouva aussi une grande quantité de boulets. Le Roi, passant par Chartres, fit emmener le tout à Paris. »
Nous avons mentionné (p. 168 et 175) la famille des Dumaiz, seigneurs de Saint-Léger et dô Goiihpy; on les retrouve encore dans les deux notices suivantes :
1670-1721. •— « Saind'Léger-deS'Aubez , appartenant à
(1) Reg. des Échevins; décembre 1585 et féTrier 1588. — Vtïlr sur la défaite des Beltres les détails que nous avons publiés dais Annuaire de 1866.
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monsieur Dometz^ conseiller à la cour des Aydes. Il y a moyenne et basse justice relevant au bailliage (1). »
1777. — o Saint'Léger-deS'Aubez, seigneur M. de Goimpy; — 4 lieues du chef-lieu et une de la rivière; — 56 feux; — 1,800 septiers de terre (80 perches au septier); 55arpeDs de bois; 5 arpens de prés (2). »
En 1790, lors de la formation du département d'Eure-et- Loir, la paroisse de Saint-Léger-des-Aubées, qui faisait partie du doyenné d' Anneau, servit à composer le canton de Sainville, district de Janville; elle fut rendue au canton d'Anneau en 1801.
Saint-Léger possède un bureau de bienfaisance et une maison d'école qui a été construite en 1842. Il se trouve à 20 kilom. de Chartres, chef-lieu d'arrondissement; à 7 kilomètres d'Anneau, son chef-lieu de canton et bureau de poste : le service des dépêches est journalier.
Population. — Les registres de l'état civil commencent en 1628 et se suivent sans interruption jusqu'en 1670; il y aune lacune de onze années jusqu'en 1680; à partir de cette dernière année, ils sont complets.
Au XIII» siècle (3), Saint -Léger comptait 90 paroissiens.
En 1734(4), il y avait 150 communiants.
En 1777 on constatait 56 feux, soit 168 habitants.
(1) Mémoire de tous les bourgs de Félection de Chartres •— Arcfaiv. d'Eure-et-Loir.
(2) Etat dressé, pour la perception des tailles dans le département de Félection de Chartres. -~ Arch. d'Eure-et-Loir.
(3) PouiUé du diocèse de Chartres , dressé vers 1250.
(4) Autre pouillé du diocèse.
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Les recensements généraux lui donnent :
En 1816 304 habitants.
En 1836 353 -
En 1856 390 —
En 1866 404 —
Ce dernier chiffre se répartit ainsi qu'il suit entre la commune chef-lieu et les hameaux qui en dépendent :
Maisons. Wosges. ^M>itants.
Saint-Léger-des-Aubées ... 55 68 257
Chauvilliers 1 1 18
Goimpy 29 33 111
Grouville 3 5 13
Monte-Bouteille 1 » »
Petit-Levainville(le) .... 1 2 5
Totaux 90 109' 404
L — Chauvilliers. — Ancienne maison conventuelle de moines, aujourd'hui ferme et distillerie, à deux kilomètres sud-est de Saint-Léger, est appelé au XIII« siècle Calvum- Villare. C'était un domaine rural c VUlare * ; le mot Calvum en indique la situation à cette époque. Le nom Calveta désignait un lieu élevé sans végation : « Montana satis fructibus nuda, » — Le mot calvetum, chez les Saxons, mersc, signifiait un marais : « mariscum, seu paludem etiam sonat, » La position topographique de Chauvilliers et de ses abords semble justifier cette étymologie.
Guillaume de Chauvilliers, bailli et capitaine de Chartres, vivait en 1417.
1669. — Les titres de la fabrique de la Chapelle-d'Aunainville mentionnent c noble homme Guion-Pelletier, receveur de la terre et seigneurie de Chauvilliers, »
Plus heureuse que la ferme du Petit-Levainville dont nous parlerons plus loin, celle de Chauvilliers renaît à une vie nouvelle. Ses friches et ses murgers séculaires ont dis-
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paru; à la place des chardons chers aa gibier des sieurs de Goimpy, oa voit de magnifiques pièces de betteraves qui viennent se transformer en alcool dans l'enceinte même de Tancien monastère* N'est-ce pas là un sujet de méditation
pour le libre-penseur? Ce domaine qui n'était pas fertile pour nourrir quelques moines; celte terre que M. de Gofmpy louait cinq francs le setier, redevance que le tenancier ne pouvait pas toujours acquitter, elle nourrit maintenant disL maîtres, vingt domestiques, une foule de bineurs et moissonneurs belges, bourguignons, normands; elle engraisse des moutons et des bœufs, et elle exporte plus de produits en une année qu'elle n'en récoltait jadis en un siècle. On ne trouve ici que travail, intelligence et progrès; devant ce résultat peut-on regretter le passé ?
Un puits de 28 à 30 mètres de profondeur et deux mares servent aux besoins des hommes et des bestiaux.
Des chemins vicinaux conduisent de Chauvilliers à Manchainville et à Santeuil.
II. — GoiMPY. — Cet ancien domaine seigneurial, situé à 1,500 mètres nord-est de Saint-Léger, est appelé Gan^, en 1500, dans le terrier de Reboulin. Son nom primitif dot être Goini'Podium, dont la première partie indique celui da propriétaire de ce domaine, Goin, Il était sans doute un des descendants de Gain, maître pelletier, que nous voyons assister avec Hâimeric, maire de Béville, Geoffroy d'Orlo et autres, comme témoins d'un accord passé, le 18 janvier 4122, entre les chanoines de Saint-Jean et les moines de l'abbaye de Saint-Père : « Goinus, magiUer peUitaritu; Haimericus, major Beisville; Gaufridus de OrU (1). • La seconde partie du nom Podium (Puy, —colline, lieu élevé, montagne) est justifiée par la position de Goimpy sur une hauteur, à 151 mètres au-dessus du niveau de la mer (deux mètres de moins que l'ancien manoir des Chaises, dont nous avons parlé ci-dessus, page 157).
(i) Cart. â« Saint-Père, p. 376.
Le domaine de Goimpy se composait autrefois da cinq fennes : une à Goimpy, deux à Saint-Léger, une à Chauvilliers, une au PetitLevainvilie. Il était possédé en 1566 par la famille Dumaitz, comme» on le voit sur la pierre tombale déjà citée (1), qui mentionne Jehan Dumaitz et Guillemelle sa fille. C'est vers le temps de cette dernière (1586) que paraît avoir été construit le château diCXxxéi placé à rentrée du hameau de Goimpys en venant de Saint- Léger ou peut-être plus tard sous Louis XIII (1610-1648). Depuis cette époque, la famille Dumaitz de Golmpy est restée propriétaire de ce domaine; voici quelques documents qui la concernent :
1709. — Par testament passé le 20 septembre, devant Guyot et Pean, notaires au Châtelet de Paris, messire Gabriel Dumaitz, chevalier, seigneur de Goimpy, Saint- Léger-des-Aubez et autres lieux, cy-devant intendant de justice, police et finances aux Isles françaises et terre ferme de TAmérique, a légué aux pauvres de ladite paroissa de Saint-Léger une somme de 1,500 livres.
Il est dit dans cet acte, que « s'il ne se trouve poiut de pauvres malades dans le cours de Tannée, les deniers seront réservés pour mieux soulager Tannée suivante ceux qui seropt malades ou pauvres.
» Et ne pourront Lesdits revenus être employés à d'autres usages qu'à ceux des pauvres malades, sinon deux cas :
>» 1<^ S'il se trouve des pauvres enfants à la mamelle dont les mères seraient si pauvres qu'elles ne pourraient pas leur avoir du lait et de la farine; auquel cas il y serait pourvu sur lesdits revenus.
» 2« S'il arrive une si grande disette qu'on soit obligé de taxer les propriétaires des lieux pour la subsistance des pauvres; auquel cas il sera permis d'employer à cet usage les revenus échus et non d'avantage, des biens de ladite charité. »
(1) Voir ci-dessus, page 168.
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Malgré les prescriptions formelles du donateur, nous voyons qu'il fut prélevé sur la somme de 1,500 livres, celle de 860 livres pour achat de quatre boisseaux de terre au terroir de^Roinville au profit de la Charité de Saint-Léger, suivant contrat passé le 11 janvier 1713, devant M. Labiche, garde-noltes au bailliage de Chartres, résidant à Béville.
« Messirè Henry Du Maitz, chevallier, seigneur de Goitnpy, Saint-Léger-des-Aubées, les Meurs, Levain ville et autres lieux, figure dans différents actes, de 1722 à 1734, qui n'intéressent pas la commune de Saint-Léger. >
En 1744, aveu lui est rendu par les religieux de Saint- Jean-en Vallée, à cause de sa seigneurie des Mœurs à Saint- Léger-des-Aubez.
Au moment de la révolution de 1789, le domaine de Goimpy se trouvait entre les mains de Pierre-Augustin Dumaitz, ancien capitaine de cavalerie. C'était un de ces hobereaux, fanatiques de la chasse, dont l'unique occupation consistait à courir le lièvre et à poursuivre les braconniers. Ses droits de chasse passaient avant tout dans ses affections ; il faisait volontiers remise d'un terme de location à un fermier pour le récompenser de ce que ses gens ne prenaient pas de gibier. On aura une idée de la surveillance incessante exercée par le seigneur de Goimpy pour tenir ses gardes en éveil et s'assurer qu'ils ne dormaient pas : chaque nuit, à heure dite, il tirait du haut de son château un coup de fusil, et chaque garde devait loi répondre de Levâinviile et de Ghauviliiers. Il ne sortait qu'armé jusqu'aux dents, et l'on parle encore dans la contrée de son célèbre fusil à quatre coups, œuvre de Lepage et une des merveilles de l'époque.
Toutes ces précautions n'empêchèrent pas qu'un soir M. de Goimpy, étant à souper, ne reçût un coup de feu à travers les vitres de la salle à manger. Le meurtrier ne fut pas découvert, mais le farouche châtelain, quoique sans blessure, ne fut pas guéri de sa haine contre les bracon-
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niers, comme riùdique le fait suivant qui a laissé un long souvenir.
En 1788 ou 1789, le dimanche gras au matin, trois braconniers furent aperçus dans les réserves du domaine; de là grande alerte au château. Un piqueur court à toute bride avertir la force armée d' Anneau, pendant que M. de Goimpy lui-même, à cheval avec ses domestiques, se tient en observation. Les braconniers se voyant surveillés cherchent à gagner a^ large, mais le châtelain et ses gens essaient de retarder leur marche en attendant main-forte. Les trois fuyards étaient déjà parvenus entre Santeuil et Voise, lorsque la brigade d'Auneau arrive, les entoure et les somme de se rendre. Rendez-vous, criait aussi le vieux seigneur; mais les braconniers font tête, s'adossent Tun contre l'autre et tiennent en joue les agresseurs. Le brave brigadier Rot s'élance pour sabrer, mais trois coups de feu jettent à bas deux hommes et deux chevaux... A la faveur de la confusion causée par cet acte de sauvage résistance ^ les braconniers parviennent à gagner Prunay-le-Gillon, leur domicile, d'où ils s'évadent pour s'engager dans les armées. Le brigadier Rot avait été tué, mais ce fait resta impuni; on pressentait déjà les événements de 93.
M. de Goimpy n'osa pas rester pendant la Révolution; il s'éloigna sans émigrer et se maria en troisièmes noces, à l'âge de 72 ans, avec une personne de 46 ans nommée Georges Desvaux. Il revint ensuite à son château où il mourut le 28 août 1814, et fut inhumé dans Péglise de Saint-Léger.
Son fils, M. Louis-Pierre Dumaitz, marquis de Goimpy, ancien chevau-léger du Roi , lieutenant-colonel de cavalerie, chevalier de Saint-Louis, émigra en 1791, et ne rentra en France qu'en 1796. Mais pendant son absence la Nation obligea M. de Goimpy père à partager avec elle ses biens dont elle prit la moitié, à titre de présuccession. Cette mesure révolutionnaire fut une source d'embarras pour M. de Goimpy, fils, qui, depuis 1814 jusqu'en 1818, eut à
âoiiitetiir a&e série de procès raineux. Ils noas offrent le pénible tableau d'une famille divisée^ qui s'écroule sousltt coups des. préteurs, des conseillers, des gens de loi, des fournisseurs rapaces, des intendants impérieux.
Vers 1820, les restes du domaine furent vendus. Le château, acheté d'abord par un cultivateur qui le convertit en ferme, entra ensuite dans le domaine de Baronville. Il e& sortit à la mort de M. le marquis d'Aligre, dont le fermier avait établi une tuilerie dans la vaste cour en 1825. Le domaine appartient aujourd'hui à un commerçant d'Oriéans qui arrache les bois, abat les murs du parc; plus* de garennes, plus de remises. Naguère encore le vieux castcl des Dumaitz faisait assez bonne figure avec ses deux tours carrées, ses toits aigus, son petit oratoire circulaire, son perron, ses sauts de loups, son arrière-cour verte et son grand potager. Au moment où nous écrivons, le marteau des démolisseurs a fait son œuvre et effacé les derniers vestiges du manoir féodal ! c'est avec raison qu'on peut dire avec le poète : « Belsia, triste solum. . / »
Étang de Goin^. — Cette dépendance du domaine seigneurial dont nous venons de parler, mérite encore d'être signalée à caisse de son influence sur la santé des habliants. L'étang de Goimpy est situé au fond de la petite vallée qui naît sous Saint-Léger, et déverse ses eaux dans la Voise non loin de son origme. Cet étang, comme tous ceux qoi furent aménagés par le régime féodal, avait été formé au moment où ces vallées n'offraient qu'un courant d'eaa irréguiier, large en hiver, étroit en été. Les seigneurs, pour se ménager des réservoirs à poisson, plaçaient un barrage à l'entrée et à la sortie de leur portion de vallée, et ces barrages, avec digues et vannes, permettaient raocomulation des eaux pendant la période humide, et en empêchaient l'écoulement pendant les saisons sèches.
Il n'y avait aucun mal à ce système d'aménagement des étangs, tant que les écluses furent bien entretenues et qu^
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les fonds ne se comblèrent point: mais un temps vint, où l'incurie des propriétaires ou des régisseurs laissa ces viviers se transformer en marais qui n'eurent plus aucun écoulement.
Ce fait est constant dans toutes les petites vallées de la Yoise , où Ton remarque entre chaque seigneurie une digue ou barrage séparant diverses pièces d*eau, dont les noms subsistent encore, quoique tout soit comblé maintenant et transformé en prairies. On désigne ces prés par les mots : Etang de Voise; étang de la Ville-Neuve; étang de Balpiquoys; étang du Roy, Celui qui nous occupe est appelé étang de Goimpy ou les Cinq-Minots ; il est passé à l'état de marais intermittent ou de prairie en vole de formation, c'est-à-dire que pendant les années humides les sources s'élèvent et inondent les prés, absolument comme cela se voit à la Conie : là aussi le séjour de l'eau sur les prés amène l'apparition de fièvres intermittentes.
Ce fâcheux état de choses a plusieurs fois effrayé les habitants et éveillé la sollicitude de l'autorité supérieure :
En 1758, maître Antoine de Saint-Maurice, conseiller du Roi en la maîtrise des eaux et forêts de Dourdan , fut envoyé avec Caprais-Morin, arpenteur en ladite maîtrise, pour étudier les causes d'une maladie épidémique qui régnait alors à Saint-Léger. Il fat reconnu que la prairie, couverte d'eau depuis quelque temps, laissait dégager des vapeurs nuisibles à la santé des habitants: On conseilla des travaux, mais les eaux s'élant retirées spontanément, rien ne fut entrepris.
En 1805, les sources recommencèrent à s'élever; la prairie fut couverte d'eau, et dès Tannée suivante une maladie pestilentielle décima la population de Saint-Léger. On dit que de 210 elle fut réduite à 114. Les registres de l'état civil portent 77 décès en quatre ans, quand la moyenne était alors de 4 à 5 par an. Mais il faut remarquer que tous les décès n'ont pas eu lieu à Saint-Léger; beaucoup de malades ont émigré dans les villages voisins où plusieurs
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- i80 âônl morts : d'autres, restés orphelins, ne sont pas revenus : aussi pôut-on évaluer la perte totale pour la population à une centaine. — A cette époque on dressa encore des devis pour aviser aux moyens de dessécher le marais ; mais comme la somme des travaux à faire se montait à 32,229 fr., 20 c, que le département laissait à la charge de la commune^ le projet d'assainissement n'eut aucune suite.
En 1839, les eaux qui avaient été basses, depuis trente ans, montèrent de nouveau, et vers le mois de mai 18iO, les fièvres intermittentes reparurent : on comptait 60 fiévreux snr 350 habitants. Saint-Léger avait alors pour maire rai homme énergique, qui prit à cœur de mener à bonne fin la question de Tassainissement de la vallée tant de fois agitée et toujours ajournée : ce fut M. Charles Labiche, cultivateur à Chauvilliers. Il se dévoua à cette œuvre avec un zèle que nous sommes heureux de signaler , non seulement pour lui rendre justice, mais encore pour rappeler les moyens d'entretenir la salubrité de cette vallée ; car les administrateurs se succèdent, les hommes passent et les nouveaux venus oublient souvent les services de leurs devanciers I
M. Labiche, s'appuyant sur un rapport de médecin qui recommandait l'écoulement des eaux comme le premier de tous les remèdes, chercha d'abord à diriger Fattention de ses administrés de ce côté; mais ce n^était pas chose facile. Depuis les études de Caprais-Morin, l'opinion était que la vallée de Saint-Léger formait un bas-fond d'un niveau inférieur à celui de la Voise, et que, par conséquent tout écoulement était impossible. Comment l'arpenteur Caprais et Tinspecteur de Saint-Maurice aVaient-ils vu cette infériorité de niveau, comment avaient-ils reconnu que l'eau remontait vers sa source? On l'ignore. Toujours est-il que l'idée d'une stagnation fatale était ancrée dans la tête des habitants et que M. Labiche fut obUgé de commencer, pour son' compte, les premières études de nivellement.
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Ce travail fait avec beaucoup de soin par M. Lebrun aîné, conducteur des ponts-et-chaussées, assisté de M. Petit, géomètre à Saint-Léger, donna un 'résultat bien différent de celui qu'on supposait, puisque depuis Saint-Léger jusqu'à la Bonde, sur une longueur de 3,560 mètres, on trouva une pente de 4 mètre 65 centimètres. Fort de cette conviction, M. Labiche entraîna tous ses administrés, bon gré mal gré, à faire immédiatement les travaux les plus urgents pour l'écoulement des eaux. Grâce à une bonne direction, ces travaux eurent un plein succès et ne coûtèrent que 1,300 fr, en i841 et 700 fr. en 184-6, — total deux mille francs, somme bien différente de celle de 32,000 fr., demandée par le projet de 1806.. Il est vrai que les études de 1850 se bornaient au nivellement du fond de la rivière, aux déblaiements des ponts et des digues, au curage des saignées, tandis que le projet de 1806 portait la destruction du moulin de Roinville dont on ne parla pas en 1840, et qui est encore debout.
11 est démontré que le marais peut être assaini; mais cela ne sulfit pas. Il faut Taider à se transformer le plus prompte* ment possible en prairie salubre, et, pour y parvenir, il faudrait des abords faciles, afin que la culture s'y porte et en bénéficie. Par malheur Taccès de la vallée est devenu bien diificile depuis qu'un jugement du tribunal de Chartres a privé les habitants d'un passage conduisant à des fondrières aujourd'hui sans issue. Maintenant l'eau peut sortir, mais les propriétaires ne peuvent plus entrer î
Toutes les pièces relatives à cette question intéressante du dessèchement de ce marais sont à la mairie de Saint- Léger; nous avons cru utile de consigner ici les phases qu'elle a subies, car 25 ans seulement se sont écoulés, et déjà les résultats obtenus par M. Labiche sont peu connus; ses avantages sont à la veille de disparaître, et bon nombre d'intéressés ignorent peut-être tout ce que celte vallée naguère infertile et malsaine doit à l'initiative individuelle, non moins tout le parti avantageux que Ton peut en tirer.
A Tartiele de la commune de Yoise^ nous entrerons dans quelques considération concernant riufluenee de la vallée de la Voise sur la marehe des orages dans la Beaace.
Goinjpy possède trois puits d'une profondeur de 26 mètres dont un seul est commun, et une mare communale qui conserve mal son eau dans les temps de sécheresse.
Des chemins vicinaux conduisent de Goimpy à Roinville, i Levainville^ à Anneau, à Bretonvilliers, à DillonviUien et à jGhauvilliers.
III. — Grouville. — L'assainissement de la vallée de la Voise nous amène à parler de la fondation du hameau de Grouville, au bord de cette prairie marécageuse qu'il contribue à fertiliser. C'est un discours académique qui a été la cause première de cette création; voici à quel propos le fait eut lieu.
En 1846, le Ministre du commerce, inquiet de la rareté et de la cherté croissante des sangsues, demandait à l'aodemie de médecine les moyens d'empêcher le dépeuplemeot de ces animaux utiles qui étalent près de disparaître de France. L'académie, dans un rapport de M. Soubeyrai, indiquait au Ministre la marche à suivre et signalait, entre autres moyens, l'établissement de marais artificiels où les sangsues seraient déposées, après avoir servi, pour s'y reposer et y multiplier. Au lieu de détruire, les sangsues par centaines de mille, on les sauvait ainsi , en partie, poor en faire des reproductions, et l'on espérait s'affranchir aiasi du tribut payé à la Hongrie et à la Perse. Le rapporteur disait un appel aux personnes qui se trouveraient en position de tenter des essais dans ce sens. M. Barreaux docteor médecin, homme de science et d'initiative, qui avait étudié la vallée, et le géomètre qui avait collaboré au nivellemeot. tentèrent les premiers essais dans ces prés ou la sangsue se i plaisait autrefois. Quelques petits bassins furent creusé»] comme lieu de repos et d'éclosion. L'Hôtel-Dieu de Chartres fournit ses sangsues hors d'usage pour faire les expé-
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riences ^ui eurent un succès coBiplet La saBgsue se reproduisait bien dans les marais de la Voiae; mais il w^li Mlu quatre aas pour connaître le résultat^ et pendant ce te^ps^ les choses avaient changé dje face. Le rapporteur, M. Soubeyran, avait fait lui-même des bassins d'élèves à Paris, et H ne voulut plus se dessaisir des sangsues employées dans les hôpitaux de la capitale. D'un autre côté, l'usage des sangsues avait presque disparu en médecine. L'entreprise tentée à Saint-Léger ne fut pas poussée plus loin; mais la maison bâtie à côté des bassins resta debout et Cul le commencement du bameau qui .compte aujoiu'd'huî cinq ménages et 22 habitants.
Le lieu où Grouinlte a pris naissance s'appelait les Groux, vieux mot indiquant une terre pierreuse et stérile comme ceux de Grouas, Grouettes, Groualeu, Voici les étymologies auxquelles ces mots peuvent donner lieii. Dans la langue ceilique Grouac'h signifie sorcières. Wétait-ce pas sur les pentes stériles, an bord des étangs, que nos ancêtres ent^E'* daient^ pendant la nuit, les danses des fées et des spr* cières? Llle de Groix, à l'entrée de la rade de Lorient, se nommait primitivement Enez-er-Grouac'h — île des sorcières — (1) Au moyen-âge on appelait Groa un marais, une terre marécageuse (Palus, terra paludosa). On désignait aussi sous les noms Groie et Groye, un lieu ou un cbamp formé de haies ou de branches entrelacées (Locus aut ager sepibus seu virguUis impleçcis conclusus, piscium capiendorum gratta).
L'établissement de Grouville, situé à 1,500 mètres au nord de Saint-Léger, est venu compléter Tœuvre de M. Labiche pour l'assainissement de la vallée, car il a appelé vers ce point le mouvement et la vie. Plusieurs prés assainis et drainés ont été mis en culture; de bons chemins établis par les habitants de Grouville permettent de trçivailler aux améliorations du sol^ et la culture maraîchère y a été
(1) Mtoioires da peuple Français par Aug. Challamel, t^ i<»r, p. 193.
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essayée avec avantage. En un mot^ depuis vingt ans^ la valeur de la vallée a doublé^ et la santé pnbliqae n'a plas à souffrir. Malheureusement ces résultats favorables sont menacés de disparaître dans un avenir prochain, devant une industrie nouvellement introduite à Grouville, nous voulons parler de l'extraction des pierres pour Tenlretien des routes. Une carrière de silex, très-estimée par les ingénieurs, est exploitée par des entrepreneurs qui effondrent les chemins, rendent les prés inaccessibles, comme autrefois, les abords de Grouville impossibles, et vont replonger la vallée dans l'abandon d'où elle était à peine sortie. Les habitants de Grouville ne peuvent, avec leurs faibles ressources, snflSre à réparer ces dégradations, ni à soutenir des procès continuels. L'administration a seule assez de pouvoir pour maintenir le progrès obtenu. Les périodes humides reviennrat tous les 25 à 30 ans; si, à ce moment, Finitiative individuelle est découragée, on verra la vallée de Saint-Léger et de Voise redevenir un cloaque inculte et un foyer d'infection : < vœ miseris. » I
Près de Grouville passe le vieux chemin de Paris à Yendôme qui n'a pas attiré l'attention des antiquaires, et oui néanmoins à dû, vers le moyen-âge, être fréquenté par les voyageurs qui se rendaient en droite ligne de l'Aunis, du Poitou et de la Touraine à Paris. Ce chemin venait s'unir, vers Ablis, au grand chemin de Blois, et l'on trouve des preuves de sa fréquentation dans les restes d'hôtelleries et d'auberges qui existent à Roinville et à Voise.
IV. — Petit-Levainville (le). — Cette ferme, située à 3,500 mètres de Saint-Léger, n'est déjà plus un centre d'exploitation, et elle paraît destinée à disparaître. Son nom et sa position sur le versant est de la Voise, semblent indiquer qu'en la bâtissant on a voulu imiter Levainville (le Grand) près du Gué-de-Longroi, qui offre la même exposition. Elle se trouve entre la Voise et le ruisseau de Meninvau, bien plus près de Roinville que de Saint-Léger. Marquons cet
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emplacement pour qu'on sache plus tard à qut en attribuer les ruines.
V. — - Monte-Bouteille. — Au bas de Ghauvilliers, dans un vallon très-aride et dans un site sauvage, existe une maison isolée appelée Monte-Bouteille, nom qui indique sa destination primitive. Cette habitation, assez importante pour servir à la culture de trois hectares de terres voisines, n'est pas occupée aujourd'hui par suite du décès du propriétaire.
Nous citerons encore deux maisons de garde-barrière du chemin de fer de Paris à Vendôme, qui traverse le territoire de Saint-Léger.
Le sol de la commune de Saint-Léger, calcaire-mameux, est un peu accidenté au nord et au nord-ouest, mais généralement uni et cultivé sur tous les points.
La nature et la contenance des propriétés se divisent ainsi qu'il suit, d'après la matrice cadastrale établie en 1812, mais qui n'a été mise en recouvrement qu'en 1818 :
Hectares. Ares. Centiares.
Aunaies et saussaies .... » 64 »
Bois taillis 79 6 48
Friches 6 75 30
Jardins potagers 5 40 67
Pâtures 1 43 72
Prés 6 22 90
Terres labourables 1,183 19 17
Vignes 3 58 40
Superficie des propriétés bâties .4 20 27
Total 1,290 ~5Ô 91
Saint-Léger est un pays de grande culture ; et quoique les propriétés y soient plus divisées qu'autrefois, les parcelles ae présentent qu'une proportion de 2 1/4 par hectare.
Les pâtures désignées par le cadastre ont été classées linsi mal à propos ; ce sont encore aujourd'hui, comme
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alors^ des terrains marécageux situés dans la vallée^ en partie couverts d*eau et où Ton a planté quelques peupliers.
Les prés situés dans la petite vallée de Saint-Léger et dans remplacement des anciens étangs sont marécageux et d'un mauvais produit. On pourrait cependant les améliorer au moyen de quelques travaux d'assainissement^ sur* tout en ouvrant un canal plus large pour récoolement ùa eaux du ruisseau et en le curant tous les ans. Quelques propriétaires ont déjà tenté ce moyen avec succès. Le produit de ces prés est assez considérable, mais le foin est de mauvaise qualité.
Les 3 hectares de vignes signalées par le cadastre onlélé suceessive^ient arrachés^ à cause de l'éventualité de leur produit.
La marne, de bonne qualité, s'exploite sur le territoire à ciel ouvert, au moyen de puits de 4 à 5 mètres de profondeor.
La commune est peu riche en usines. Nous avons déjà cité les carrières de pierres de Grouville, la tuilerie de Goimpy et la distillerie de Chauvilliers; il nous reste encore à mentionner un moulin-à-vent situé dans la contrée de Montabira, près du village de Saint-Léger, au nord.
Le chemin de grande communication n» !«' de Boisville et Sanleuil à Dourdan par Auneau, traverse Saint-Léger, et sert de chemin vicinal pour aller à Roinville et à Santeoii. Il existe aussi un embranchement de Samt-Léger à Voise, qui vient joindre la route départementale n* 7 de Chartres à Angerville,
Le chemin de grande communication n° 7 de Chartres à Étampes vient croiser le précédent à l'extrémité nord do territoire.
II y a encore un chemin vicinal de Saint-Léger à Goimpy; celui qui conduit à Monvilliers par la ferme de Chauvillien a été construit en 1850.
D'autres chemins conduisent de Saint-Léger à la Chapelled'Aunainville, à Denonville, à Manchainville et à Bé villele-Comte ; nous les mentionnons pour mémoire.
SÂINVIUS.
L.e territoire de cette commune est limité par ceax des ommunes suivantes: au nord, Aunay-sous-Auneau, Gaancières^ Paray etAlIaioville (ces deux dernières de Seinet-Oise); à Test^ Garancières^ Oisonville et Sainte-Escobille cette dernière de Seine-et-Oise); au sud, Maisons^ Léduin^ Yierville; à l'ouest^ Maisons et Aunay-sous^Aunean. le centre nous a déjà offert de précieux souvenirs celtiques it gallo-romains; Sainviile va aussi nous en fournir qui ne eront pas moins dignes d'intérêt.
Cette localité porte dans les chartes du Moyen-Age les loms de Seenvilla, Saimlla, Segetis-VUla, SainvUla. Nous le dirons rien du mot villa sur lequel nous nous sommes iéjà expliqué 9 mais nous appellerons l'attention sur les nots qui forment la première partie de ces noms. Nous y Touvons le mot sen, étymologie commune avec celles de Senanies et de Senonches, anciens sanctuaires druidiques.
En langue celtique, on appelait les Druides Senans, c'^tk-dîre prophètes, devins. Les Druidesses qui habitaient la petite isle de Sena, aujourd'hui llle de Sein, vis-à-vis Quimper-Corentin, étaient appelées par les Gaulois senes, d'où l'on peut conclure que la dénomination de Senantes, Lœus ie Senatis, signifiait la demeure des prophètes, des devins.
A tous les noms des Druides que l'histoire a fait passer jasqu'à nous, vient s'ajouter, dit Dom Martin (1), celui de Senani que porte un bas-relief d'autel gaulois trouvé dans des fouilles faites sous le chœur de Notre-Dame de Paris en
' « Pour avoir la vraie intelligence de ce mot, dit Sainte- Foix (2), il faut se souvenir que les Druidesses s'appelaient
(1) Traité d« la religioa des Gaulois, tom. Pr p. 177 {an. 1727).
(2) Essais sur Paris ; tom. II, p. 61.
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senes, témoin les vierges de Tlsle de Sain dont Mêla Mtla peinture (1) et dont il nous a conservé le nom : Galli sekas i vacant. » On ne peut douter après cela que ces deux mots n'aient la même origine; et qu'il n'y a d'autre differenee ' que celle qui est formée par le genre masculin et le genre féminin. Mais ce qui nous fournit de grandes lumières sur une matière si peu connue, c'est que parmi les Gymnoso- . phistes il y avait une secte de Philosophes composée ansa bien de femmes que d'hommes, qui portoient le nomd«; Semnes, qui étoit celui de~ Senans ou de Senes d Gaules.
Le mot sen dont les latins ont fait senior a, comme bien ' d'autres, changé d'acception avec le temps. Il ne signifiai! dans l'origine que vieillard, et s'appliquait par induction aux hommes chargés de fonctions publiques, parce qu'ils étaient choisis parmi ceux dont l'âge et une longue expérience avaient mûri le jugement. De là vint chez les Romains le mot SenatiLS pour désigner l'assemblée des vieillards, dont les membres étaient appelés Patres ou Seniam^ On sait de quels hommes en France est composé le Sénat Chez les Germains, dont les Francs faisaient partie, les hommes les plus âgés formaient les Conseils des nations; ils se nommaient dans la langue teutonique, Eldermanéi Alterman (les vieux hommes). Cette expression s'est conservée dans le mot anglais Alderman, qui sert à désigner les conseillers municipaux de la ville' de Loûdres.
(1) Pomponius Mêla , qui écrivait sous le règne de Temperenr dwde, rapporte que dans la petite isle de Sena, aujourd'hui File de Seû, vis-à-vis Quimper-Gorenlin, il y avoit un collège de Druidesses que ta Gaulois appeloient Senes ; qu'elles étoient au nombre de neuf; qu'cUis , gardoient une perpétuelle virginité ; qu'elles rendoient des oracles, eL qu'on croyoit qu'elles avoient le pouvoir de retenir les vents et d'eiciter les tempestes. Les noms de Senans et de Senes étoient &iBi i doute dérivés de Kener ou Caner^ qui signifie en gallois et en breU* i prophétiser t prédire. — Essais sur Paris, par Sainte-Foix , tom. D, | p. 61.
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D'après ces citations, Sainville signifierait donc demeure ies Druides? cette étymoiogie nous semble justifiée par les noms de deux de ses hameaux : Mantarville et le Chesne, iont nous parlerons plus loin et qui portent avec eux leur cachet d'antiquité. Si nous sommes réduits à des suppositions en ce qui concerne. ces temps anciens, il n'en est pas le même pour l'époque gallo-romaine dont nous allons exhumer des représentants iûcontestables.
C'est d'abord l'ancienne voie romaine, dite d'Ablis à Allaines, mais qui était celle de Paris àBlois; elle traverse le territoire de Sainville à l'ouest; elle est encore très-apparente et assez bien conservée.
Aux environs de Sainville et particulièrement à droite et k gauche de l'ancien chemin de Sainville à Boulonville, on a rencontré des traces de substructions antiques; le sol renferme des tessons de poteries de diverses couleurs, des iébris de tuiles creuses (imbrices), de tuiles plates à rebords (hamatœ tegulœ). On remarque les mêmes indices de substructions de chaque côté de l'antique voie romaine précitée, k partir de l'endroit où le chemin de Boulonville rencontre cette voie, jusqu'à celuî où elle quitte le territoire du côté de Paray (Seine-et-Oise). En 1848, nous avons eu l'occasion de voir des traces de constructions antiques dans les parcelles. Section A n° 5, et section B nos 601 et 885. Cette dernière présentait surtout l'aspect de bâtiments très-élendus: il y a été trouvé divers ustensiles, des cuillères en argent, ainsi que plusieurs monnaies en grand et moyen bronze des empereurs romains Auguste, Adrien, Antonin- Pie, MarC'Aurèle et de Faustine jeune, objets qui ont été dispersés ou vendus. Nous glanerons encore d'autres souvenir au Chêne et à Boulonville <1).
Lorsque les restes de l'antique forêt des Camutes eurent disparu sous les pas de la civilisation, suite de la conquête,
(1) Voir plus loin quelques détails historiques sur ces deux hameaux.
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le nom gallo-romain S^envUla fit place à celai de Segeiii-i Villa, sans doute à cause de la fertilité da territoinj essarté. Mais au XII* siècle ^ on était revenu aux motsSt»-; villa et Sainvilla, C'est sous ce nom qu'un pouillé du diocèse^ dressé vers iâ50^ mentionne la paroisse de Sainvilk. avec le vocable de Saint-Pierre ;«la cure^ à la colUtiond^ Bénédictins de Bonne-Nouvelle d'Orléans^ avait déjà !tf paroissiens et valait 40 livreS de revenu : elle faisait parti^ du doyenné de Rochefort. — Un autre pouillé > publié al 1738^ donne à Sainville 330 communiants; l'abbé de Saist'l Benoît-sur-Loire présentait à la cure qui dépendait toi^oim du doyenné de Rocbefort et valait 1100 livres de revena^
Lors de l'organisation du déparlement d'Eure-et-Loir a 1790, Sainville devint un chef -lieu de canton, dépendant di district de Janville et comprenant onze municipalités :
Sainville, Aunay, Chapelle-d'Aunainville (la), Denonvilk Garancières-en-Beauce, Lestuin, Maisons, Morainville, Moidonville-Saint-Jean, Saint-Léger-des-Aubées, Saateuil.
L'arrêté du 29 fructidor an IX (15 septembre 1801) ré» duisit le nombre des cantons de 40 à 24, celui de Sainvilk fut supprimé^ et les communes qui en dépendaient furei incorporées dans le canton d' Anneau.
Néanmoins Sainville est encore le chef-lieu d'une perccf lion comprenant onze communes: Sainville, Ardelu, Chltenay, Garancières, Léthuin, Maisons, Mondonville, Ibrainville, Oisonville, Orlu, Vierville.
Ant. an. 1080. — Albert de Sainville < Albertum de Se§t tiS'Villa * figure comme témoin dans une cbarte concernai les alleux donnés à l'abbaye de Saint-Père-en-YaUée pi Guntard de Garancières (1).
1128. — Pierre de Sainville, maçon « Petrus cefnentariiÊ\ de Sainvilla » esf cité comme témoin dans une cbarte ^i nous rapporterons à l'article de Mantarville.
(1) Gart. de Saint-Père, p. 223.
1150. — Odeline, maire de Saitiville, Raoul son fils et sa fille Ermengarde donnèrent leur consentement à Paccord qui fat fait entre ledit Asoelin et les chanoines de Saint- Jean^ au sujet de la terre des Aubers. Au nombre des témoins figurent : Raoul, curé de Sainville^ Hubert de Mantarville (1); Tun des chanoines, Raoul de Sainville et Bernard de Boulonville (2).
a Notum fieri volumus tam futurià quam présentibus quatinns Odelina, uùcor Ascelini tnajoHs Sainville, et fllius eorura Radulfias, filiaque Ërmengardis concesserunt concordiam quam fecimus tum eodem Âscelitio de terra Albereth quam calumpniabant. Testes: Petrus prior ; Hubertus de Ermentarvilla, canonici nostri; Paganus, presbiter de Bertholcort; Radulfus presbiter SainvUle; Gualterios Albert! iilius; Thomas de Auton; Guillelmus cognomine vitulus; Radulfus nepos ejus ; Hermericus de Gorberosa ; Richerius ; Bigoius ipsius filius ; Richerius nepos ejusdem ; Huberlus Chinellus ; Gaufridus Beliardis filius ; Gaufridus , famulus nosler ; Fulcherius filius Bernardi de Bolonis - Villa ; Odo quondam famulus domini Huberti (3). »
V. 1150. — Ce fut à Sainville > dans la maison du maire Ascelin, que se réunirent Richer de Villiers (4) et Hubert, chanoine de Saint-Jean, pour terminer la contestation qui s'était élevée entre eux au sujet de la terre de Manterville. Au nombre des témoins figurent : Eudes de Nélu(5), Bernard de Boulonville (6), Bernard d'Adonville (7) :
« Apud Seienvillam ia domo Ascelini majoris dum convenissent Hubertus canonicus, Richerius de Vilers, Guillehnus frater ejus. Feardus frater eorum, calumpniam quam faciebat de terra apud /irmentarvillam , sacramento abjuravit. Istis videntibus et audien-
(12) Hameaux de Sainville.
(3) Chart. Orig. Archiv. d'Eure-et-Loir; fonds Saint- Jean,
(à-) Hameau de Béville-le-Gomte.
(5) Hameau d*Aunay-sou8-Auneau.
(6) Hameau de Sainville.
(7) Hameau de FrancourviUe,
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tibus... Odo de Nelluto, Bernardus de BdunviUa, Bernardns ée AdonviUa,,. >
1227. — Désirée, dame de Sainville, veuve de Hénanli,! chevalier, amortit un muid de terre à Mantarville, en favcnr de Fabbé et du couvent de Saint-Jean (1).
1553. — Au mois de mars de cette année, Miles d'ill
doyen du Chapitre de Chartres et évêquede Luçon, ma
à Sainville et fut inhumé le 23 dans l'église des Jacobins^ Chartres :
. c Jovis 16 (martii 1553) Âpud Sainvillam prefatus reTerai4i.| pater domtnus Ludovicus, episcopus Carooteosis, postquam sibi fR certo constatatum fuit reverendum etiam patrem dominum MiUmm} d'IUiers, episcopum Lucionensem atque insignis ecclesiae Can*tensis decaDum, ab humanis decessisse... (2) »
1583. — Les abbés, religieux et couvent de Saint-BeDoisiles-Fleury-sur-Loire, sieurs de Sainville, se font reprê» senter à la rédaction des coutumes d'Orléans.
Les manans et habilans de la châtellenie de Sainville s)font représenter par maître Pierre Daniel, bailly de ladili) châtellenie. '
1711. — Aveu rendu par la fabrique de FrancourviDet messire Miles Noël de Boisseley, seigneur de SainvUle, Bé* gnaux, la Fosse-du-Phaye, les Vaux, Frainville et Ymoh ville en partie, capitaine général de la marine, cou dant pour le Roy au pays Avranchin (3). »
1670-1721. — < Sainville, bourg appartenant à l'abbé ( la Rivière. — Il n'y a point de justice; vont plaider |
Authon(4). »
(1) Voir plus loin Tarlicle de Mantarville.
(9) Mém. de Guill. Laisné, p. 289.
(8) Tit. de la fab. de Francourviile.
(4) Village à 12 kilom. de Dourdan (Seiae-et-Oise).
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1777. — Un état dressé pour la pereeplîon des tailles dans les paroisses du département de Téleetion de Chartres établit la situation de Sainville ainsi qu'il suit :
« Sainyille, à six lieuçs du dhef-Iieu; — 114 feux; — 4,000 septiers de terre (80 perches au septier); — 100 arpens de bois; — 1 moulin à vent; — seigneur, M. Vabbé Pibrac. »
Fortifications de Sainville.
En 1545, Sainville fut fortifié et enclos de murailles avec fossés, comme il appert de Tacte que nous allons rapporter et du plan qui y est joint. Cette pièce nous a été communiquée par le notaire de Sainville, et fait partie de3 minutes conservées dans son étude ; elle a pour titre :
COPIE <2w Procès^erbal et acte des kabitans de Sainville^n- Beawef pour la clôture du Bourg dudit Sainville. (La der^ nièfe année du règne de François /" fut faille cette clôture.)
tt L'an mil cinq cens quarante-cinq, le troisième jour de novembre, devant Pierre Chalopin, licentié es loix, avocat et conseiller du Roy notre sire au Bailliage d'Orléans, ont été présentés par M* Jean Egros, procureur des manans et habitans du bourg de Saînville-en-Beauce , en la présence du commis du Greffier du Bailliage d'Orléans, les arrêts du Roy notre sire François premier, obtenues par lesdits habitans en date du mois d'octobre dernier, portant permission d'eux clore de fossez, murailles, portes, portaux, ponts-levis, barbaquannes, tours, tourelles et autres choses nécessaires à fortification de ville, ensemble certain appointement contenant la vérification et entérinement des dites Letres, en date du troisième jour dudit mois d'octobre , nous requérant par ledit Egros, au dit nom, que nous eussions à nous transporter sur ledit lieu et bourg de Sainville-en-Beauçe, pour, suivant le dit appointement, procéder à l'exécution des dittes Letres ; nous certifiant par le dit Egros et le commis du dit Greffier, avoir été à ce commis par M. le Lieutenant général du dit Bailliage* pour urgente affaire survenue , à ce que
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avons accepté, et à ce faisans sommes, le dît jour, partis de la ville d'Orléans accompagnés du commis du Greffier, et allez au gite au lieu d' Yenville.
» Et le lendemain , quatrième jour du dit mois de novem- ] bre, sommes arrivez au dit lieu de Sainville en rhostellerie ; où, pour enseigne , les trois Roys; en quel lieu et heure , en attendant une heure, avons fait appeller les habitans dudil Sainville , lesquels au dit jour et heure auroient assignation par devant Nous, à la requeste du dit Procureur des habitans de Sainville, par Jean Ghambon, sergent royal an dit j lieu comme il nous a verballement rapporté et vérifié. 1
» Première assemblée, — Suivant laquelle assignation sont comparus par devant nous en leurs personnes : Etienne Boivin, Jehan Moynerie, Mathurin Binet, Macé Tourtîllon, Pierre Tronchet, Jehan Macé, Jehan Chignon, la veuve Levesville, Jehan Gheramier, Jehan Baudin, M. Robert Blandin, Pierre Labbé, Guillaume Pasdard, Macé Pasquier, Antoine Olivier, Gaspard Gommier, Henry Baron, Jehan Bordet, Jehan Gaillard, Pierre Ghevallerie, Jérôme Tronsard, Simon Ghevallerie, Laurent Lambert , Jehan Baron, Mathurin Beanjeu, la veuve Menard, Robinet Tourtillôn, Marie Tourtillon, Pasquier Tronchot, Toussaint Tronsard, M. Pierre Mignon, la veuve Pierre Mignon , Laurent Menault , Denis Tronchot, Michel Pasquier, tous Manants et habitants du dit SaînviUe, et faisant la plus grande et saine partie d'iceux.
» Aussy y sont comparus : maistre Jehan Cloussier, Monsieur Simon Ghartier, au nom et comme procureur de Jacques Alleaume, Louis Martin, Marie Alleaume, femme de Sébastien Lebreton, en son nom, et comme procureur dudit Lebreton, son mari, et Katheraine David, veuve de feu Guillaume Lembert, ayeul maternel et ayant la garde et gouvernement de Jehan Ferry Michel, et Marie-Anne-Françoise et feu Ferry, frères et sœurs, enfants de deffunt Jeacques Alleaume et Marie Roillard, jadis sa femme, en leur vivant bourgeois d'Orléans; les dittes femmes authorizées en celte partie de leurs dits marys, ayant manoir et héritages assis au dit lieu de Sainville. Le dit Ghartier, fondé de letres et procuration spéciale des dessusdits, passées par Nicolas | Rousseau, notaire royal du Ghatelet d'Orléans, le dit jour du dit mois de novembre; dont est apparu.
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» Ausquels habitants dessus nommés avons, par le commis du dit Greffier, fait fairç lecture des dites Letres et permission et du dit appointement de vérification , et à eux exposé verballement le contenu d'icelluy et enquis s'ils entendroient qu'on procédât à la lecture d'icelles Letres suivant le dit apointement de vérification, et que, pour ce faire, il convenait avoir gens experts, habiles en l'art de maçonneries, et autres gens qui par iceux habitans seroient élus d'entre eux, pour voir et conoître par quels lieux et endroits seroit plus expédient et comodç de faire la ditte encloture et enceinte de ville, selon la plus grande comodité des dits habitans, à ce qu'avec eux puissions apposer bournes, marques, portes, porteaux, tours, tourelles, barbaquannes, et autres choses nécessaires à la ditte enceinte et fortification; lesquels nous ont tous dit d'une voix forte, et excepté les dits Glousiers et Chartier, qu'ils consentoient à estre par nous procédé à l'exécution des dites Letres et permission, don et octroi suivant icelles, et vérification.
V Consentement des habitans de Sairmlle et contradictions, — Et pour ce faire, nous avons présenté : André Grandser de la paroisse du dit Sainville, Jean Dubois de la paroisse de SaiiitrLubin-des-Champs, maçons, et GilleChausé, pionnier, demeurant à Saint-Même, paroisse de Nisy, et pareillement Robinet Tourtillon, Etienne Boivin, Marie Tourtillon; les dits Tronchot, Macé Pasquier, Trousard et M°»« Robert Blandin, habitans du dit Sainville, pour avec nous procéder, tant en leur place qu'absence, à voir et regarder les lieux, et endroits oii il conviendra faire et prendre la ditte enceinte, portes et porteaux , et autres choses nécessaires. Et au regard des dits Chartier et Gloussier Chartier es dits noms, nous ont dit qu'ils consentoient la ditte encloture et enceinte être faites, mais que leurs intentions étoient que les héritages qu'ils possédoient au dit lieu et bourg de Sainville, c'est à sçavoir le dit Cloussier que sa maison en laquelle est à présent demeurant Pierre Troussard, pressoir, vuisson 3t clos de vigne, ainsy qu'il se poursuit et comporte, et le lit Chartier que le lieu appartenant aux dits Alleaumes, contenant en maison, grange, bergerie, toit et jardins, un irpent et demy ou environ, assis du côté du chemin l'Etampes, auquel lieu est demeurant Pierre Leroy, soient
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mis dedans la ditte encloture , entièrement ou bien comodément, et sans y comprendre ia ditte terre et dépendances laisBôfi et mis hors d'icelle. Et aux regards des maçons et autres présentées, disent qu'ils n'y consentent ni discutent, mais protestent que la ditte ellection ne leur puisse préjudicier. Et pareille protestation a faite et ditte Antoine Olivier. Tun des dits habitans, sans préjudieier; desquels alléguez et sauf Toir plus amplement les dittes parties en procédant au fait de la dite encloture , avons prins sur ce le serment desdits dénommés en tel cas requis et accoutumé, et ordonné que présentement nous nous transporterons accompagnés des susdits, pour procéder à l'exécution des dittes Letres et vérification, et regarder et considérer avec eux les lieux plus comodes à faire la dite enceinte de ville , portes et porteaux, ponts-levis etbarbaquannes, donnant assignation auxdits habitans de comparoir présentement, même aux dits Cloussier et Chartier et Olivier; suivant laquelle assignation nous sommes à l'instant transporté, accompagné des BUS dits dénomés et plusieurs des dits habitans , et du commis du Greffier, qui nous ont mené auprès et joignant le cimetière de l'église dudit lieu , et les héritages feu Sablon, le grand chemin tendant dudit SainviUe à Dourdàn, outre le dit cimetière et les dits héritages.
» En quel lieu par l'avis, délibération et consentement des dessus dits, avons ordonné pour la comodité et fortification, Taction de défense de laditte ville, les murailles, fossez , portes et porteaux , tours et Tourelles , barbaquannes et autres choses nécessaires pour encloture de ville, par la forme et manière qui en suit :
» Premier portail : Porte de Paris. — Et premièrement avons ordonné être fait aux lieux et endroits dessus dits une porte appellée la Porte de Paris, laquelle aura de largeur dix pieds, et de hauteur douze pieds, et sera fait une chambre haute carrée dessus en laquelle y aura cheminée , et deni apentifs par bas aux deux côtés, en chacune desquelles y aura et sera pareillement fait une cheiîiinée, et joignant la ditte porte de côté et d'autre , y sera fait deux tours et six barbaquannes en chacune d'ycelles, pour garder la ditte porte de ville et faire le proffit des dits habitans. Et de la ditte porte traversant le dit des Sablons et des Tourtillons,
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seront et commenceront 'les fossez et murailles; laquelle muraille sera de deux pieds et demy de largeur, et de profondeur jusqu'à la bonne terre neuve, et de hauteur audes* sus des terres plattes de douze pieds : et ladltte muraille faitte de pierre et de terre , hérisonnée de chaux , et le fossé de vingt-quatre pieds de largeur par le haut y et de profondeur de douze pieds ou environ. Le gôs du quel fossé se fera dedans la ville , derrière la ditte muraille.
» Tourelle Tourtillon. — Et suivront les foséêz et iliùfÉiîlléfl, jusques à la muraille de la clôture de la vigne de PaStJUier Tronchot : en quel lieu avons fait mètre une boume et piquet : où icy à l'endroit dudit piquet, distant du pied droit de la dite porte de quarante-cinq toises ou environ, selon le mesurage qui en a été faict , se fera une tourelle qui sera appellée la Tourelle Tourtillon ronde, ayant six pieds de franc creux, de la hauteur de la muraille, et de deux pieds d'épaisseur, oii y aura six barbaquannes, trois basses et trois hautes.
» Tourelle Mignon. — Et de la ditte tourrelle , régnant la ditte muraille et fossés, selon ce que dessus, par la vigne du dit Tronchot à droite ligne tirant jusques au piquet que nous a^ons fait mettre en Théritage de M. Pierre Mignon , prêtre, joignant la muraille et fossés de la vigne dudit Troussard, en quel lieu sera pareillement faicte une autre tourelle appellée la Tourelle Mignon , en la forme que dessus, distante de la précédente de quarante-cinq toises.
» Tourelle Beaujeu, — Et de la dite tourelle régneront les dits fossés et murailles, passant et traversant par lesouches desdits Mignon, les Chaussier, Troussard, Jacques Gondrot, Jehan Moynerie et autres, jusqu'à un chaumier appartenant à Etienne Boivin; en quel lieu sera faicte pareille tourelle, de la forme que les précédentes, distante de la prochaine de cinquante toises ou environ, appellée la Tourelle Beavjeu.
» 1" Tourelle Alleaume, — Et de ladite tourelle Beaujeu régneront les dittes murailles et fossés ainsi que dessus , traversant par une autre vigne appartenante au dit Toussaint Troussard, jusque joignant le jardin des Alleaumes, et dedans une ruelle , en quel lieu sera faicte une autre tourelle, suivant l'advis des dits commis, de la forme dessus
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dite, appellée la Tourelle Alleaume, distante de la ditte Tourelle Beaujeu de trente toises ou environ , et faisant la ditte Tourelle l'un des coins de la ditte ville.
» En quel lieu sont comparus par devant nous les dits Cloussier et Chartier quij nous ont requis que n'eussions aucune chose ordonner plus outre, plus tost qu'ils fussent ouis, parce qu'ils étoient à l'endroit de leur héritage. Sur quoi avons dit et apointé que prendrons l'avis des dessus dits, sans quant à présent, aucune chose ordonner à leur égard, jusqu'à ce qu'ils soient ouïs à ce que plus facilement puissions entendre leurs deffences.
» Porte d'Eiampes. — Partant nous ont les sus dits menez jusqu'à une grande rue; en quel lieu ont été d'avis être fait une porte de pareille forme et façon que la porte de Paris, qui sera appellée la Porte d'Étampes.
» Tour Vinet. — Et de la dite porte sont d'avis les susdits murailles et fossés régner, traversant par dedans les ousches de Maître Gervais Chaussier, des hoirs Muret, des hoirs Tourtillon et Vinet, et en icelle ousche Vinet estre faict une tour, qui sera appellée la Tour Vinet, de la forme des susdites.
» 2« Tour Alleaume, — Et de la ditte Tour Vinet ont été d'avis aller et traverser les dittes murailles et fossez, la vigne Cloussier et coin de Garenne, tirant en l'héritage des dits AUeaumes, et y être faicte une autre tour comme la précédente, qui sera appellée la seconde tour Alleaume.
i> Et là pour ce que nous étions hors des héritages desdits Cloussier et AUeaumes, avons requis les dits Cloussier et Chartier ce qu'ils vouloient dire : lequel Chartier nous a dit • que où nous voudrions ordonner la ditte toufrelle première Alleaume estre faicte au lieu ci-dessus désigné, le lien, maison et métairie des dits AUeaumes ne seroient enclos dedans la ceinture de la ditte ville; combien qu'ils sont tout joignant la dite tourelle, et que ce sont un lieu bien bâti qui viendroit grandement au profât de laditte ville, partant qu'il étoit comode et décent, pour le proffit d'icelle ville et circonvoisins, eu égard que les dits habitans veulent prendre partie de la ditte maison et jardin , y celui lieu estre enclos et faire la tourelle au bout des dites maisonages qui ne
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peut être outre la ditte limite ci-dessus contenue d'environ vingt toises, et là à l'endroit de laditte rue estre faicte laditte porte d'Estampes, qui ne viendroit qu'à la distance des autres tourelles ; et de là aller gagner la ditte Tour de Vinet; joint qu'il est seigneur de plusieurs places et héritages étant au dit lieu, même du four à ban, et que en ce faisant ni aurait aucune diformité, ains toute comodité pour laditte encloture ; offrant contribuer à son égard ainsy qu*il sera arbitré.
» A quoy a été dit -par le dit maître Jean Egros au dit» nom de Procureur des dits habitans, si en comprenant le dit lieu des Alleaumes, y auroit une grande tarre, charge ou domage, et intérêt pour iceux habitans à faire la ditte enceinte, et comprendre les dites maisons, et qu'ils ne pourroient porter si grands frais , et aussy que le dit coin ne seroit si comode et si carré que le prendre à l'endroit dessus dit, et y auroit diformité. Et au regard dudit Cloussier, a dit qu'il est comode pour les dits habitans qu'entièrement son. dit clos de vigne soit encloté avec celui desdits Alleaume, par ce qu'en faisant, s'il demeuroit quelques places vagues, pouroient estre bailliées à rente à gens qui y bâtiroient, et en faisant n'y auroit aucune dififormité, requérant la ditte vigne estre enclose en la ditte enceinture, ofrant de sa part contribuer.
» A quoy de la part des dits habitans par le dit Egros leur Procureur a été répliqué , qu'il n'avoit ordre faire la dite enceinte et pour prix de ville si avant, et comprendre la ditte vigne, parcequ'en ce faisant faudroit prendre grandes places vagues jusqu'à sept àrpens et plus qu'il ne faudroit enclore , en closant la ditte vigne ; chose qui viendroit à grand frais et moindre sûreté pour la ditte ville.
» Sur lesquels difTérens et avant que aucune chose ordonner sur yceux avons dit que trisage, visite, arbitrage particulier sera fait par les dénommés commis, pour savoir quelle tarre il y peut avoir comprenant ledit lieu d' Alleaume particulièrement, ensembre quelle tarre incomodité ou diformité il y pourroit avoir, comprenant en la ditte enceinte lesdits clos de vigne dudit Clousier, eu égard à l'enceinte et piquet ci-dessus devisez et aposez ' par lesdits commis et aussy qu'icelles places vagues il y pourroit avoir dedans ledit devis d'enceinte.
» Pour ce eux ouis et impositions par nous faites, aur la comodité ou incomodité donner tel appointement que de raison et ne autrement ordonné qui passerons outre , pour \oir et regarder encontre les lieux plus comodes pour la ditte fortification, attendu que lesdits commis nous ont certifié ainsy, aussy que nous avons pu connoitre et voir, que contre plus de laditte encloture et enceinte ne laissera à être enclos, soit que les dits lieux Àlleaume et Gloussiery •soient ou n'y soient point comprins, et aussi que lesdits Gloussier et Ghartier ont déclaré n'avoir que dire que en contre plus ne faut procéder par nous,
» Tour Fasquier, — Au moyen de quoy avons ordonné par l'advis et consentement des dessus dits, sans préjudice ce que dessus dit et droits desdits Giousiers et Alleaumes , que la ditte seconde Tour Alleaume, les dittes murailles etfossez régneront traversant la vigne d'André Levesquan, tiraiâ droit à un piquet que nous avons fait mettre dedans la vigne de Macé Pasquier; en quel lieu sera faitte une tour qui sera appelée la Tour Pasquier, de la forme des susdittes, distante de la précédente de cinquante toises.
» Porte d'Orléans. — Et de la ditte tour régneront les dittes murailles et fossés, traversant en Théritage des Transsards, Mathieu Pasquier, Jean Regneaut et du quel tirant droit à la rue d'Orléans et passant entre les maisons Ragueneaut et Antoine Olivier. A l'endroit de la quelle rue seront faites une porte et tour, de la forme que dessus, qui sera appelée la porte d'Orléans. Où icy est apani le dit Olivier lequel a dit qu'il n'empêche pas que la ditte porte et toar soient faictes audit lieu , attendu que sa maison et héritage n'y étoient compris.
» Tour des Gommiers. — Et de la ditte porte d'Orléans tirera la ditte muraille et fossés, traversant par l'ousctie de Gaspard et de Jacques Gommier, jusqu'à une bourne et piquet mis dedans la ditte ousche; en quel lieu sera faicte une tour delà forme susditte, qui sera apelée la tour des Gommiers, distante dB la porte d'Orléans de trente cinq toises ou environ, et faisant la ditte tour un des coins de la ville.
» Tour de Guennée, *— Et de laditte tour des Gommiers régnera laditte muraille et fossés, traversant les ouschesde
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Jean Bordet, M' Jean Egros et les hoirs de deffiint Robin de la Mothe, des hoirs de M' Pierre Beaujeu et de Jean Guennée. En quel heu et héritage du dit Guennée par la manière et façon dessus ditte, sera faite une tour, qui sera appelée la Tour de Guennée \ l)ar la manière et façon dessus dites; laquelle tour est distante de la précédente de soixante toises, et de là régneront lesdits fossés et murailles, traversant par dedans les ousches de la cure dudit Seinville, de Jérôme Troussard, et Tousche des Drapiers, jusqu'au grand chemin de Chartres.
» Porte de Chartres. — En quel lieu sera faicte une autre porte, en la forme dessus dite, qui sera appelée la p&rU de Chartres, et de laditte porte de Chartres régnera la ditte muraille et fossés, traversant par dedans une pièce de terre appartenante audit Clousier, jusqu'à un piquet misenyceile terre , distant de la ditte porte de vingt trois toises ob environ.
» Tourelle Baron. — En quel fieu sera faitte une autre tour pareille que dessus ; et- de laditte tour traversant droit par dedans les ousches de Jehan Caron, Simon Gontard, Mathurin Beaujeu, vers le cimetière dudit Sainville, régneront lesdits fossés et murailles jusques à la ditte porte de Paris, en quel lieu a été commencée à faire la ditte enclôture et. se conjoint audit heu.
» Secojide assemblée. — Et le lendemain cinquième jour dudit mois de novembre, an dit 1545, heure de sept heures attendant huit du matin, sont comparus par devant nous les dits Cloussier et Ghartier, ensemble les dessus nommés Toussaint Troussard, Pierre Tronchot, Pasquier Tronchot, Robert Tronchot, Etienne Ghausier, André Granser maçon, Jehan Dubois aussi maçon, et Gille Chaussey pionnier, avec lesquels nous sommes incontinent, suivant notre appointement donné cejourdhuy, transporté en et sur les lieux demeurez contentieux de la ditte enclôture, pour le regard desdits AUeaume et Cloussier, et séparément fait regarder par lesdits maçons pionniers et autres dessus dits , pour le regard du dit Alleaume, si c'était la comodité de la ditte ville* que laditte maison, grange et bergerie, et jardin fussent enclos en la ceinture de la ditte ville, et qu'ils fussent
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à faire trisage de la terre et lieux vagues que le procnicv des dits habitants maintenoit quil falloit délaisser, au ca que la ditte maison et choses susditte desdits Alleaniy fussent compris en laditte enceinte, et aussi quelle diformii il y auroit pour aller gagner la ditte tour Vinet. Lesquek après mesurage fait en la présence des susdits et doâ: Ghartier qui a protesté que ledit mesurage lui puisse huîr ni préjudicier, nous ont rapporté, juré, et affirmé qnen comprenant la ditte métairie desdits Alleaume, la ditt ceinture ne seroit en telle quadrature que si elle étoit faifl? selon la délibération et devis ci-dessus faictes par eoi. toutte fois que laditte mestairie pourroit estre enclose, attendu la proximité de la tour étant es jardins de laditte métairie, et que en ne faisant on comprendroit laditte mestairie et faudroit par ce faisant reculler laditte tour étant es jardins desdits Alleaume, de treize toises de largeur et de longueur pour la ceinture de laditte mestairie de de quarante toises ou environ, et de là sur la rue au booî de ladite maison, faudroit faire la porte appelée la porte d'Estampes; et dlcelle porte faudroit traverser Touche de M. Gervais Chaussier, des Murest, Tourtillon et Vinet, a l'endroit d'une petite brèche de muraille fraiche faicte, i l'endroit d'un petit clos dudit Cloussier, et par ce faisant en l'ousche dudit Vinet, faudroit reculer la tour d'icelui Vinet de onze toises, et de la tour dudit Vinet traversantles clos et vigne dudit Cloussier, ensemble la garenne droit à ligne à la seconde tour Alleaume dessus contenue ; et en ce faisant n'y auroit aucune difformité sinon que ce qui étoii en quadrature viendroit en pointe; mais bien y anroil intérest pour lesdits habitans ou autrement se feroit, lequel intérest lesdits Alleaume seroient tenus en tout événement payer eu égard à la première délibération au moyen de î'encloture, et aussi qu'il sera bien laissé environ demy arpent de terre vague es la ditte encloture, qui se peut bien monter de quatre vingt toises ou environ outre la présente délibération (1). 1
» Et au regard de la clôture requise par le dit Cloussier, ont I
(1) Il parait par la disposition des fossés que les dits Alleamnes ost été écoutés. l
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ussy dit et affirmé les dits commis, que la comprendre en 1 ditte encloture outre et pardessus le premier avis et devis i-dessus posé, convien droit enclore sept arpens de terre et avantage sans bâtiments, comprenant le dit closea^u, qui eroit chose trop incommode et de trop difficile garde, eu gard aux autres places vagues qui sont dans la ditte nceinture, et qu'il faut nécessairement comprendre, et audrait neuf seize vingt toises outre et pardessus le dit crémier advis. Ce fait pour mieux éclaircir les débats des parties à ce regard, avons ordonné que mesurage sera fait les héritages vagues, cours, jardins, vignes étant dans Iq le vis par nous ce jourd'huy faict, non compris les maisons it héritages desdits Alleaumes et Cloussier, par les dits naçons et pionniers. Les quels nous ont depuis rapporté y >n avoir vingt cinq arpens non compris ce que les dits îloussier et AUeaume prétendent enclore, et la plus grande >artie des dittes places vagues sur rue à bâtir; sur lequel liférend et pour le regard du Procureur desdits habitans Uoussier et Alleaumes avons renvoyé et renvoyons ycelles )arties (l), par devant M' le Bailly d'Orléans ou son Lieutelant à de demain prochain en huit jours à l'issus de son âége, en la salle du Roy, du Ghâtelet d'Orléans, pour notre )résent procès - verbal à lui communiqué, être par lui >rdonné ou donné aux dites parties (icelles oyes) tel appoinemens que de raison.
Troisième assemblée, — « Et ledit jour de relevée suivant /assignation continuée par nous ce jour d'hier, sont comf>arus iesdits habitans, c'est à scavoir : Pierre Leroy, Etienne Boivin, Mathurin Vinet, Macé Tourtillon, Pierre Tronchot, fean Macé, Jean Chignon, la Y" Leveville, Jehan Chevoyer, M. Robert Blàndin, Pierre Chevoyer, M. l'abbé Guillaume Passilmot, Macé Pasquier, Gaspard Gommier, Henry Baron, Jehan Baron, Jehan Caillou, Pierre Chevallerie, Laurent- Lambert, Simon Chevallerie, Mathurin Beaujeu, Pierre Chevallerie, la veuve Menard, Robinet Tourtillon, Marie Touriillon, Pasquier Tronchot, Toussaint Troussard, M'" Pierre Mignon, Mathurin Troussard, Pasquier Mignon, la V" Pierre
(1) Par la disposition des fossés ; il parait que Cloussier n'est pas venu à bout de ses prétentions.
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Mignon, Laurent Menault, Denis Tronchot et Micbel Pasquier , habitants duâit Sainville ; Jehan Gnennée, Btien» Chaudsier, faisant la plus grande et saine partie àesêi habitants. Ensemble lesdits Gloussier et Ghartîer leetpA ont protesté que ce qui sera fait^^par nous et les dessus É5; ne leur puisse nuire ni préjudicier, auxquels dessus wxt mes et comparants ayons exposé ce qui avoit par no® cejourd'huy été fait, et au surplus qu*il leur étoit atfviser entre eux la forme et manière de lever deniers eux, pour frayer à ce qui étoit nécessaire auxdites cations, selon ledit Devis ; sans toutte fois quand à pi y comprendre ce qui est demeuré en contention entre lesdifi habitants Alleaumes et Gloussier, et après plusieurs remoutrances à eux faites de lever deniers ou par cotes, oopir taille, ou par trisage, ou par estimation, nous avons dit, voulu et accordé , sauf lesdits Gloussier et Ghartier qm oK protesté comme dessus, que le plus expédient qu'ils trw* Vent est que leurs héritages qui sont dans laditte ceirton. soient estimez et prisez par gens qu'ils dénomeront eu égri à la valleur desdits héritages, situation et assiette dieeiu. la demeurance et richesse de ceux qui sont demeuran? audit lieu, soulageant les pauvres et chargeant les ricbesj et aussi eu égard à la comodité qu'ils en raportent, ou ifr comodité qu'ils en aportent, pour raison desdittes niurailte et fossez. Et pour ce faire nous ont nommé Robert Hamoc de Hattonville, Guillaume Delaunay, André Gaueher, hsnt Blote d'Hauton, Henry Garré de Maisons, Guion Amiet. Jehan Trefeille, Pierre Lembert de Ghastenay, Olivier Dorange de Garancières ou quatre d'iceux appelez avec eus| lesdite maçons, par lesquels ils veulent et conseiueit estre faites prisées de leurs héritages eu égard à ce qtf dessus, et selon laditte prisée, être faicte taxe parlLif BaiUy d'Orléans, M. le Lieutenant ou nous ainsyqœik raison.
» Et au regard des halles et marchés, ont iceux habitss délibéré estre faits sous le bon plaisir du Roy et de M. Je* Bailly d'Orléans, ou M. son Lieutenant au féru (1) d'ieelk ville près la mare dudit lieu.
(i) Féru ou frau veut dire un lieu public.
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» Et pour recevoir les deniers ont élu Pierre Tronchot kà présent, duquel noua avons pris le serment en t^ cas et ajccoutumé , partant avons enjoint audit Procureur desdits habitans de faire venir lesdits dénomez à demain heure de sept heures, attendant^uit du matin, pour prêter serment par eux et faire estimation desdits héritages selon ce que dessus, en laquelle estiination. et prisée seront compris, sans préjudice de leurs droits, lesdits héritages desdits Alleaumes, selon le dernier advis, ensemble l'héritage diudit Gloussier entièrement comprenant ladite vigne, selon que ledit Gloussier a requis laditte clôture ; et autre prisée séparée se fera de l'héritage dudit Gloussier distrayant et défalquant laditte vigne , et selon ledit devis fait seulement et selon que Le requert ledit Procureur des hahitans.
» Et ce fait, avons remontré auxdits habitans que laditte encloture était de grands frais et qu'il seroit expédient et équitable que les plus apparents, pour supporter les pauvres, cependant qu'ils feroient et trouveroient argent et aussy pour accélérer leurs dits ouvrages de faire quelques avances ou prêts à iceux mètre entre les mains de leurdit Receveur.
» A quoy se sont présentés faire par nous interpellez, Tousssaint Troussard qui a ofert prester par manière d'avance la somme de cent écus d'or sol; — Pasquier Tronchot, cinquante écus; — Pierre Tronchot, cent écus; — Pierre Leroy, quatre cents écus; — Macé Pasquier, deux cents écus; — Jérôme Troussard, cinquante écus ; — Robinet Tourtillon, huit écus outre ce qu'il a déjà preste; — Macé Troussard, dix écus sols aussy outre ce qu'il a déjà preste*
» Et outre ont tous les dessus dits habitans ci-dessus nommés, fors et excepté lesdits Gloussier et Ghartier qui ont protesté comme dessus, voulu et accordé que pour l'accélération de leurs dits deniers et à ce que leurs dits deniers imparfaits ne fussent surprinses par leurs malveillans, qu'il soit prins par les habitans cy-dessus députez à faire faire laditte encloture, et recouvert deniers jusqu'à la somme de douze cents livres tournois et au-dessuâ, et pour icelle constitue rente et hipotéque rachetable sur leurs biens, ainsy qu'ils verront estre à faire. Lesquels habitans ont promis indampniser et rendre indampnez lesdits conunis
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de laditte rente, et payer les arrérages jusqu'à ce qu'iU ayent satisfait et payé leurs taux qui leur sera imposé. En quoy faisant s'est apparu Gaspard Gommier qui a maintenu à rencontre de Toussaint Troussard, Pierre Tronchot, Jérôme Troussard et Etienne Ghaussier à ce présent, avoir pour faire faire laditte encloture dont ils ont été : c'est à scavoir ledit Toussaint Troussard cent écils, Pierre Tronchot autres cent écus, Pasquier Tronchot soixante écus, Jérôme Troussard aussy soixante écus et ledit Ghaussier soixante écus, sur quoy nous ont requis délay pour y repondre, ce que leur avons octroyé à demain huit jours , pardevant M. Je Bailly d'Orléans ou son Lieutenant, pardevant lequel nous avons renvoyé à l'issue de son siège en la salle du Roy de Ghatellet d'Orléans, et au surplus avons donné aux habitans assignation à demain heure de sept heures , attendant huit du matin, pour venir prêter le serment auxdits conunis et faire les estimations si bon leur semble.
» Ge fait, nous le dit Procureur des habitans, extraits et produits témoins qu'il nous a requis oyr et enquérir sur ce qui concerne les foires et marchés mentionnez en leurs dittes letres, suivant les vérifications d'icelles, ce que avons fait avec ledit commis dudit Greffier, ainsi qu'il est contenu en l'information à part et séparément fait ledit jourd'huy.
Dernière assemblée. — « Et le lendemain, sixième jour dudit mois, sont comparus pardevant nous ledit Egros, lesdits commis et partie desdits habitans, lesquels nous ont présenté les dénommez cy-dessus pour faire lesdites estimations, cest à sçavoir : Jean Trefeille, Guion Amiet, Henry Garré, Guillaume Delaunay, Pierre Blaté, André Gauchet et Jehan Dubois, auxquels avons remontré et fait faire lecture de la délibération et ellective desdits habitans, et ce fait prins et reçu le serment d'eux en tel cas requis, de procéder par eux à laditte estimation, selon laditte délibération, et icelle faite, nous en faire rapport; ce qu'ils ont fait ledit jour et d'iceJle estimation nous ont fait rapport après Visitation et inquisition par eux faitte, selon laditte délibération desdits habitants; laquelle estimation ils ont jurée et affirmée contenir vérité ; laditte estimation faite par eux en la forme et manière qui en suit des maisons et autres héritages compris dans Venclosture et enceinte faitte du
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lieu et bourg de Saintmlle-en-Beausse , eu esgard à la valeur desdits héritages, situation et deppendances d'iceux biens et richesses des habitans audit bourg et selon la commodité et incommodité que chacun d'eux pourra porter, ayant esgard es riches et pauvres :
» Et premièrement l'héritage des Sainxards d'Orléans, joignant la Porte de Paris, avec partie d'ung autre héritage appelé le Vivier, que tient Hierosme Troussard, estimé 1501iv.tottm.
» L'béritaige des AUeaumes d'Orléans en quel est demeurante la veufve Mesnard, avec ung autre héritaige près et joignant iceluy, appelé le fief de Villesard, enquel fief deppendent plusieurs vassaulx, mesme la métairie de la vallée de Johannet, ... 600 Un manoir à Robinet Tourtillon 450
— à Marin Tourtillon 200
— à la veufve et hoirs Jehan Tourtillon 150
— à Pasquier Tronchot. ...... 100
— à Toussaint Troussard 1,000
— à M. Piere Mignon 500
— à Pasquier Mignon 100
— à Pierre et Robert les Tourtillons. . 80
— à la veufve et hoirs Pierre Mignon. 100
— à Pierre Le Roy 150
— à Etienne Ghaussier d'Orléans ... 600 • — à Jehan Michel et à la veufve Jehan
Simon 10
— aux hoirs de deffunct Boudart ... 60
— à Jehan Moyunerie , . . 150
— aux enfans de Jacques Gendrot . . 10
— à Anthoine Gennée 20
— aux hoirs de feu Jehan Durand . . 80
— à Guillemette Beaujeu 50
— à Estienne Boyvin 20
Ung grand hostel à Macé Troussard ... 500 Ung manoir à Pierre Leroy 1,200
-* à Gervaise Ghaussier 400
— aux Minots 150
" à Macé Tourtillon et ses cohéritiers. 80
— à Mathurin Vinet 30 liv.
— à Jehan Clouzier 2,250
— à Gilles Faueher 25
— aux enfans de Jacques Decroix, héri-
taige tenu par Jehan Chevoyer. 350
— à la veufve et hoirs Raoul Macé . . 60 ~ à Macé Pasquier, pour son hostellerie
où pend pour enseigne la Croix- Blanche 350
— à Jehan Chivot, pour son hosteUerie
en laquelle pend pour enseigne les
TroiS'Roys 550
— à Noël Cœur et Anthoinë Mignon . . 150
— aux enfans Jehan Blandin .... 60O Le four à ban dudict Sainville appartenant
aux Alleaumes 300
Un manoir à Pierre Tronchot 1,800
— à Mathurine Beau jeu 80
— à Jehan Ghambin 40
•— à Jehan Baron 60
— à Simon Gontard 35
— à Sylvestre Cajeau 5
— aux Drappiers 200
— à Hierosme Troussard 1,300
Le lieu presbiteral dudit Sainville , qui est
une maison à demeurer, granche,
court et jardin 200
Ung héritaige à Jacques Gilles 100
— à Estienne Olivier 250
— à Pierre Gennée 120
— aux hoirs M. Pierre Beaujeu. . . . 400
— à Jehan Gennée d'Orléans (l) . . . 600 Une maison à la veufve et hoirs feu Guillaume Sebille 200
— à Jehan Caillou 120
Une portion de maison à la veufve Jehan
Gohert 10
(1) Note marginale : « Icy se trouve le jardia de la Communmié où est la tourelle Gennée, »
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— a la veufve feu Guillaume Caillou. . 20 Ut. toini. Une maison aux hoirs de feu Thomas Labbé 80
— à Noël Heurtàult . . . . . .. . . 250
— 4 Phelippeaux . . / .* . . . . . 100
— à Hierosme 'froussard ...... 80
— aux hoirs feu Robin De la Motte . . 150
— à Denis Tronchôt . . .' .'.... 80
— à Geoffroy Delaporte ' .'.'.... 40
— àMaistre Jehari Égrbs ^d'Ôrlèans au
lieu de Claude Delaporte. ... 150
— à Jehan Bardet.' ::.'.:... 120
— à Henry Baron.' ." .' .' * .... 120
— à Gaspard et Jacques les Gommiers. 150
— à Jehan RacauU .'.'.*.'.... 40
— à Mathieu Pasquier ,.'.'.... 60
— aux hoirs feu Gervaise fiuguày. . . 50
— aux hoirs feu Phihppe Pasquier . . 120
— à Michel Pasquier 30
— à Collas Dubut 20
— à Massot-Pasquier 40Ô
— à André Levesqueau 60
— à Guillaume Drimaffin 60
— à Pierre Levesqueau 60
— à Pierre Golu 100
— à Guillaume Passedart 40
— à Pierre Labbé 50
— à Jehan Chignon 120
La veufve Menault estime son terrain et
demeure à 30
Macé Troussard à 50
Jehan Gamart à 12
Estienne Trumeau à 6
Pierre Tourtillon i 2
NoëlLebartà 5
Simon Chevallier à 3
Jehan de Paris à - 2
Pierre Chevalier à ta
La veufve fôu Pierre Leroy à 6
Jehan Darian à i&
La veufve Jaequet et son gendre à . . l
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Jehan Greslon à.* ....«•. .
liT.lOllk
Guillaume Greslon à
Toussaint Tourtillon à
La veufve Framon à ...... .
La veufve Menard à ;
La veufve Carré à ....... .
Simon Seignàut à ...'•••• .
Estienne.Verteuille à. ......
Guillaume Jousse à
Guillaume Gandin à
Jehan Bremean à
Jehan Person à
Mathurin Tourtillon à
Guillaume Tourtillon à
Vincent Paris à '
Total 20,659 liv. iOaoli.
» Et laquelle estimation rapportée et affermée comme dessus, nous ont requis lesdits procureur et habitans leur permettre et ordonner estre sur eulx levée certaine somme de deniers au sol la livre selon laditte taxe pour renceinle et enclosture que dessus ou pour ce faire estre renvoya pardevant monseigneur le bailly d'Orléans ou son lieutenant, ce que nous avons fait, et continué laditte requeste pardevant luy au jour du vendredy prochain issue de son siège où lesdits habitans rapporteront combien de toises contiendront lesdites murailles et foussez, et que pourront par estimation cous ter lesdites murailles, foussez, portes, porteaulx, tours, tourelles et enclosture susdites à ce que plus facillement leur puisse estre pourvu sur laditte requeste.
Fait les ati, jours et en la forme et manière susdits. Signé, Delaplace, commis, pour le greffier.
Un acte de 1732^ que nous rapporterons à Tarticle de la communauté des Sœurs de Sainville , constate que dès cette époque^ les fortifications.de ce bourg n'existaient ploset qu'une partie des fossés avait déjà été rendue aux propriétaires riverains; remplacement de ces fossés est encore aujourd'hui très-apparent dans certains endroits.
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