‹ Documents historiques et statistiques sur les communes du canton d'Auneau, arrondissement de ChartresChapitre 33 sur 36 · VIERVILLE · texte numérisé non relu

VIERVILLE

Ce petit village de l'ancienne province de la Beauce est situé dans la plaine à 16 kilomètres d'Auneau, son cheflieu de canton, à 6 kilom. de Baudreville, son bureau de poste et à 35 kilom. de Chartres. Son territoire est limité par ceux des communes suivantes: au nord Sainville; à Test Oisonville, Orlu ef Châtenay; au sud Orlu ; à Touest Léthuin et l'ancienne voie liomaine de Paris à Blois, par Ablis, connue dans le pays sous le nom de route de César, L'origine de Vierville est très-ancienne, si Ton en juge par les noms latins que ce lieu porte dans les chartes du moyenâge : Verisvillat Verivilla. Vervillay Viervilla. Nous y trouvons deux étymologies : Veris-villa (la ville ou résidence du printemps, par opposition avec la résidence de l'hiver — Hyemis-villa — Janville. — Veri Villa, la villa ou ferme de VeruSy appellation toute romaine. Cette dernière semble justifiée par les ruines anciennes que nous allons exhumer. Dans la contrée de Mouillard, à l'est de Vierville et à gauche du chemin d'Orlu à Oisonville, on remarque des traces de constructions Gallo-Romaines; le sol renferme des fragments nombreux de poteries^ antiques, des débris de tuiles plates à rebords et de grosses tuiles creuses ; on y a trouvé plusieurs fois des monnaies romaines. Des fouillés faites en 1846 et 1847, près de Noir-Epinay dans la pièce dite Idi Marche, tout contre l'ancienne voie dite de César, ont amené la découverte de plusieurs maisons antiques et des marches conduisant à une cave dans laquelle on a trouvé

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diverses monnaies romaines et plusieurs objets de la mène époque^ qui ont été malheureusement dispersés. Des tailfi plates à rebords^ des tessons de poterie et des monnaie romaines ont aussi été trouvés dans la contrée du chemii de Léthuin et des bois^ notamment dans la parcelle n» 241, section C.

Nous verrons tout à Theure que la paroisse était constituée au Xle siècle^ et que Téglise fut^ à cette époque, donnée à Tabbaye de Marmoutiers. Un pouiilé du diocèse de Chartres, dressé vers 1250, la mentionne au nombre de celles qui faisaient partie du doyenné de Rochefort, et Id donne 60 paroissiens; elle avait pour patron SaînMIilaire(li la cure était à- la collation du grand archidiacre :

€ Ecclesie parrochiales diocesis..,. Vervilla ; parroctoi 60; estimationes,.. »

Cette église, située dans le cimetière, forme un rectangle long de 22 mètres sur 6 m. 50 de largeur. A l'extrémilé de la nef se trouve le chœur plus étroit que celle-ci; la sacristie, adossée au côté nord, a 3 m. 80 sur 2 m. 50.

A Touest, au-dessus de la porte d'entrée, se trouve m petit clocher établi sur le comble et supporté par qaa&v poteaux en bois descendant jusqu'au sol. Une échelle eo bois placée à l'inlérieur sert pour y monter.

La nef voûtée en bardeau est éclairée par deux croisées à plein cintre de 0,70 sur 1,35; le chœur, voûté en maçoonerie, n'a qu'une croisée également à plein cintre, de 1 m. sur 2 m. 50.

Nous avons peu de documents sur Vierville et sur les seigneurs qui l'ont possédé; voici l'acte le plus ancien que nous ayons trouvé; il est du XI« siècle :

« Sachent tous nos descendants que, pour le repos de leurs âmes , Gautier d'Aunay et sa femme Mélisende ont

(1) Saint-Hilaire, évèque de Poitiers, vivait aa !?• tiècle. SoDbdk se répandit en France sur la fin du règne de Clovis.

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lonné au bienheureux Saint-Martin de Marmouliers et à flous, ses moines, la villa appelée ViervUle, Véglisc, la dîme, a sépulture, une terre de deux charrues de labour avec la iîme et le champart, ainsi que tous les hôtes qui voudroient îemeurer dans ladite villa ; à condition toutefois qu'ils nous •endront toutes les coutumes à Vierville et non ailleurs, et lu'ils n'auront à répondre que du champart hors ladite alla et qu'ils se sont réservé. Dans le cas où les donateurs roudroient donner ou vendre l'objet de leur réserve, ils ne courront le faire qu'en notre faveur. Ils ont retenu en outre me place dans la même villa pour y bâtir une maison, à jharge par eux de nous rendre les coutumes comme les lôtes. Ce fut fait à Saint-Avit dans la maison même de îautier, en présence du père de sa femme, Mélisende, de Siides Têle-de-fer et de Robert d'Ursion nos religieux, aux [uels Mélisende a fait ce don par le moyen d'un bâton (1), lomme étant principale propriétaire des objets donnés : L'Archambaud , domestique du moine Eudes, et de Eudes, hevalier, de Gremisay... Cette donation fut faite du conenlement de Guerry et de sa mère Mélisende de qui Gauler tenait en fief la moitié de la villa de Vierville, ainsi que autre moitié qui appartenoit à Guillaume, fils de Bernol L'Étampes... Godescal^ fils d^Ulric de Vierville nous aban^ onna aussi la dîme de ses hôtes qui étoient dans la même illa. Au nombre des témoins figurent Hubert de Denonille, et Gautier de Vierville :

An te a. 1080. — « Noverînt omnes posteri nostri quod Gauterius e Aînelo et uxor ejus Milesendis dederunt beato Martine majoris lonasterii et nobis suis raonachis , pro animabus suis , villam que icitur Vervilla et ecclesiam et deciraam et sepulturam et terrani

(1) La transmission de la propriété n'était entièrement accomplie u'après la cérémonie appelée investiture , qui répondait à la manciation romaine et ressemble à la saisine actuelle. La tradition ou ensainement consistait dans la remise d'un objet quelconque à la personne

laquelle on transmettait la propriété. Nous en avons déjà donné plu^ eurs exemples.

ad duas carrucas, cum décima et camparcio et omnes ho$pites({i in eadem villa hospitari voluennt ; ita ut nobis reddant omn^ msuetùdines , nec alicui respondeant de aliquo nisi nobis prêter caaparcium quod retinuerunt sibi extra villam. Hoc reddeot eis i eadem villa non ajiias déférentes. Pepigerunt vero nobis si illod quel retinuerunt sibi , vellent dare vel vendere, nulli alii se daturosiB vendituros nisi nobis. Unam aream tàntum retinuerunt sibi in eada villa ad domum sibi facieodam , de qua tamen reddent nobis omafi consuetudines sicut hospitcs. Factum est hoc apud Sanctum Aviln in domo ipsius Gauterii, présente pâtre uxoris ejus liilesendis. Teudone Gapite de ferro et Roberto de Ursione nostris moDaclus. quibus ipsa Milesendis dédit hoc donum per unum baculum , qau id maxime pertinebat ad eam , et Archumbaido famulo Teudoois, monacbi, et Teudone milite de Cramisiaco.... Hoc etiam doon ipsius Gauterii de Alneto et uxoris ejus Milesendis concessit oelii Hugo filius Guerriei et mater ejus Milesendis, a quibus habeU idem Gauterius in fevo partem unam illius ville Verville.... Afia vero partem hujus sepe dicte ville Verville concessit nobis GuilletaB filius Bernollii de Stampis, quia habebat ille Gauterius in ie«

ab illo Sciendum est etiam quod Godescalis filius Hulrid à

Vervilia concessit Sancto-Martino et nobis monacbis suis dednHi de sex hospitibus qui erant in eadem villa. Hujus concessigii testes sunt..^ Herbertus de Danonvilla, Gauterius de VeirtHi, ftmulus {!)...>

Vers le môme temps, Geoffroy de PEau donna aux r* gieux de Marmouliers une terre d'une charrrue de laboB (42 hectares 80 ares environ), et trois hostises (2) à Viif ville et tout ce qu'il possédait d'ailleurs dans cette villa ;fl reconnaissance de cette libéralité les moines lui donnèfci trente-cinq sols, monnaie d'Ëtampes (175 firancs de la moi naie actuelle) :

(1) Archiv. d'Eure-et-Loir ; fonds de Tabbaye de Marmouliers.

(2) Au XI" siècle, la tenure d*un hôte, c'est-à-dire sa maisouK* avec la lerre qui en dépendait, se nommait un hospice, hospitvit hospitiolum^ et plus tard une hostise, hostisia.

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« Notiûcamus successoribus nos! ris quod Godcfredus de Aqua filius Felicie et Gila uxor ejus dederiint sancto Martino majori inonaslerii et monachis ejus terram ad unam carrucam et très hosticias in villa que Vervilla dicitur, et totum scilicet quicquid in ea possidebat, pro salute animarum suarum et suorum antecessorum. ûederunt tamen monachi eis in cantate solidos x\\^ vq"^ Stampensis monete (1).., »

4 1 30-1 i 50. — Briant de Vierville « Brientius de Viervilla, y^ assiste comme témoin de la donation de la terre de Morvilliers faite à Tabbaye de Saint-Père par Pierre^ fils de Cochard, que Tabbé Eudes avait affranchi (2).

1403. — Les Mémoires de Guillaume Laine, prieur de Mondonville, contiennent à la page 51 du volume D, la mention de « plusieurs titres en la possession de monsieur âe Ghatignonville demeurant à ViervUle proche Lestuing et de Sainte-Escobille en Beaulse. » Ces pièces, dont la plus ancienne est de 1403, intéressent particulièrement la famille de Morainville, et incidemment les familles de Prunelé, de Maillard, des Feugerais, de Ghambray et de Molitard.

1649. — « Lettres du bailly de la Chôstellenye de Lestuing, pour monseigneur Fabbé de Mermoustier-les-Tours, à cause de ladite abbaye seigneur du dict Lestuing, portant donation de divers héritages à la fabrique de l'église par M. Saint-Eutroppe de Morainville, par Messire Georges de Fesnières, chevallier, seigneur de Morainville, Mondonville, Noir-Espinay, Lestuing et autres lieux, demeurant audit Morainville, et dame Angélique Coutelz, son espouze. »

Georges de Fesnières mourut le 3 juillet 1651 ; Angélique de Coutel, sa veuve, fit à cette occasion, de nouvelles largesses à la cure de Morainville. Par son testament du 25 septembre elle donne à la dite cure six muidz de terre en une pièce faisant partie de celle de 17 muidz appelée la MarcJie , assise au terroir de Vierville proche Noir-Espinay

(1) Archiv. d'Eure-et-Loir ; fonds de Tabbaye de Marmoatiers. (S) Gart. de Saint-Père, page 458.

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et Lestuing; laquelle pièce est enclavée entre trois chemins: Tun d'iceulx appelé le chemin d'Ablis à Orléans , un autre qui tend de Lestuing à Vierville, appelle le Chemin-des- Bois, et Tautre qui tend dudit Noir-Espinay à Viervllle. Ladite dame donne et délaisse trois muidz^ moitié des dits sii muidz pour accomplir et exécuter la dernière volonté de défunct messire Georges de Fesnières, chevallier, sonpctiifils, vivant, enseigne aux gardes du Roy, seigneur du Perruchet et dudit Lestuing, depuis ratifiée par ledit feu messire Georges de Fesnières, seigneur de Morainville, son ayeul;les trois autres muids sont donnés à la cure de Morainville.

Voici la contenance territoriale de Vierville, qui a éîé constatée par les opérations du cadastre terminées sur le terrain en 1813, et dont la matrice n'a été mise en recouvrement qu'en 1818 :

hect. ares cent.

Terres labourables ..... 655 19 U

Bois taillis 10 76 31

Jardins potagers 2 62 22

Superficie des bâtiments ... .1-46 06

Total. ... 670 ""ÔI ÏT"

Population. — Les anciens registres de l'état civil, qé remontent à 1646, sont en mauvais état jusqu'à Tan XI (1803) : les suivants sont bien conservés.

Nous avons vu qu'au XlJe siècle Umpeau avait 84 paroissiens.

En 1738, on y comptait 60 communiants.

Les recensements généraux lui donnent :

En 1816 158 habitants.

En 1836 203 —

En 1846 163 ■—

En 1866 131 —

répartis en 41 ménages, occupant 38 maisons.

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Vierville, dépourvu d'eaux courantes, possède trois puits de 30 mètres de profondeur, dont un seul est communal, et deux mares conservant mal leur eau dans les temps de sécheresse.

Le sol, calcaire marneux, est presque entièrement découvert et cultivé sur tous les points; quelques bouquets de bois plantés sont épars ça et là sur le territoire.

Vierville est un pays de grande culture; les propriétés y sont peu divisées; les parcelles n'offrent qu'une proportion de deux par hectare.

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