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Chartes. Bibl. de Clermont), 3 V. Raynal : Hiit. de Berry.
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et différé de la sorte la satisfaction d'un caprice du maître en reculant devant* une extorsion n'aurait guère duré. Les parfaitement purs comme Jean de Mello, évèque de Clermont, que Charles V lui donna ou lui imposa pour lieutenants en Auvergne, ne firent que passer. Mello n'ayant pas plus de fonds que les Etats pour racheter à Mandonnet de Badefol la forteresse de Miremont {arr. de Mauriac), livra sa vaisselle d'argent en garantie d'un emprunt des 5, 000 francs exigés par les Anglais (1374). Exemple peu suivi par le maître. Celui-ci n'a pas de sens moral ; nous entendons bien le sens moral du XIV* siècle. Il est tellement absorbé par la contemplation de soi qu'il en est presque inconscient.
La spoliation du comte d'Auvergne et de Boulogne Jean II le Mauvais Ménager s'accomplit dans des circonstances tellement répugnantes que Baluze, qui a fort bien connu l'enquête où elles se trouvent étalées puisqu'il en a publié une partie, n'a pas osé les mettre entièrement au jour ' . Elle commence à Riom le 6 novembre 1387, dans le palais du duc, en sa présence ; le demi-fou terrorisé par les menaces, se résout à céder ses deux comtés au princeîet son pays de Combrailles au chancelier et chambellan Pierre de Giat, Elle se coniinue, en sortant du palais ducal, dans l'hôtel d'Armand de Langcac sénéchal d'Auvergne, gendre de Pierre de Giat*, où on l'emmène dîner, ahuri de ce qu'il vient de faire. On le conduit de là dans l'auberge de Hugue Bernard, de Riom, où la bande se remet à table et achève de l'étourdir, de l'enivrer avec un mélange de boissons. Un de ses serviteurs ayant voulu s'y opposer, Morinot de Tourzel le souffleté et le fait jeter à la porte. Puis, toute la nuit, jusqu'au matin, on lui lait signer une foule de donations et de ventes, portant quittance bien entendu, au chambellan Morinot, au chambellan Aubert de Puychalin, lequel trahissait en cela le comte dont il était en même temps le chancelier ; à Guillaume d'Apchon, non moins chambellan que les autres ; à tous les complices, y compris le notaire Verdier qui avait prêté son ministère, et jusqu'à la valetaille. On lui fit vendre ainsi tout ce qui lui restait et tout quittancer sans versement de fonds ; puis on le laissa sur ce lit
I tlle est précisément au fonds Batuzc Joe. cit.). L'auteur de VHistoUe généiale de ta Maison d Auvergne se trouvait en présence des descendants des complices, parents et alliés des Bouillun qui payaient son livre.
1 Enquttc susviséc.
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d'aaberge, vidé, ruiné, inerte, à moitié mort. Et quand il recouvra ses sens au château de Mcrcurol où ses valets le portèrent, il pleurait et gémissait sur le pourpoint de son médecin Pierre Sudre : — n Hélas ! maître Pierre, ces faux et mauvais traistres m'ont gasté et désert... et il faut que je m'en aille hors de ce pays comme honteux et personne enragée et hors de son sens, et serai plus vostre maistre m. Il quitta en effet le pays pour aller mourir obscurément dans une hôtellerie du faubourg Saint-Marceau à Paris.
Ainsi se fit le partage des dépouilles du comte d'Auvergne entre le duc de Berry et ses officiers. Et il n'y a pas à dire que le duc n'en fut pas le complice, car cette longue et ignoble scène de Riom se passait à deux pas du palais ; et il y fut si bien averti que son neveu, le comte Jean II d'Armagnac, alors son hôte dans ce palais, se rendit à l'hôtellerie Bernard pour arracher le comte d'Auvergne, son cousin à ces spoliateurs ; mais on refusa de le laisser entrer et il ne put que crier de la rue des injures et des menaces de mort au vaillant Geoffroy de Montmorin, son parent aussi, fourvoyé d'aventure en cette mauvaise compagnie'. Jean de Berry ratifia tout, naturellement.
En 1389, Charles VI touchait à sa majorité ; des clameurs furieuses s'élevaient de toutes les parties du gouvernement de son oncle contre ses brigandages officiels ; le jeune roi promit d'en faire justice. Un procès scandaleux allait éclater ; d'autant plus scandaleux pour l'honneur de la famille royale que la fille unique du spolié était sous la tutelle de Gaston Phœbus et que le comte de Foix n'était nullement disposé à ménager Jean de Berry, pour qui il professait une médiocre estime. C'est alors que les conseillers du duc, complices de leur maître, se voyant menacés de restitution, imaginèrent l'expédient habile de lui faire épouser bien vite, à quarante-neuf ans, la petite Jeanne d'Auvergne- Boulogne, âgée de douze ans tout juste, motif iniiniment plus plausible que la ridicule passion sénile qui a fourni à Froissart le texte d'une de ses pages les plus plaisantes et le plus souvent citées".
: HUt. de la Maison d'Auvergne, II, aio et suiv.
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C'est vite fait de mettre sur le compte d'une époque les excès ou les vilains dessous de l'individu ; à toutes les époques se rencontrent de nobles esprits et des âmes d'ordre inférieur. Ni les exemples ni le milieu n'ont manqué à Jean de Berry qui trouva dans son entourage beaucoup d'honnêtes hommes, de cœurs dévoués et de natures fières et viriles, tels que son frère aîné, le duc de Bourbon, Du Guesclin, Enguerrand de Coucy, le connétable de Sancerre, Philippe de Mézières, Guichard Dauphin, grand maître des arbalétriers, le comte Béraud II, le vertueux et bienfaisant comte Jean de Boulogne, qui voulut que son cercueil fût porté par douze pauvres.
L'histoire est indulgente aux vices, aux crimes des princes et des hommes d'Etat, lorsqu'elle sent vibrer en eux quelque chose de national ou simplement de grand et de généreux ; elle excuse à ce titre un Philippe de Bourgogne, un Louis d'Anjou ; elle pardonne au duc d'Orléans, à Jean de Bohême, au roi Jean, à Bernard d'Armagnac. On n'apercevait rien de pareil chez le plus jeune fils de l'Allemande. Jean de Berry ne convoite pas le pouvoir pour la fière jo'e de commander aux hommes, mais pour le faste et tes richesses, et les richesses pour la jouissance. Son seul château de Me un-sur- Yèvre lui coûta 3oc,ooo livres du temps ; il créa par des acquisitions un parc de sept arpents à son hôtel de Nesle dans Paris. Il raflblait des bijoux bien sertis. Louis de Bourbon eut des rapports avec l'Orient pour y aller combattre les Turcs ; lui, pour en faire venir des perles et des rubis balais. Nul n'avait de plus splendides collections de diamants, de tableaux, de manuscrits enluminés, de retiques. Chevaux, meutes, reliures, services de chapelle, fresques, ménageries de fauves rugissant dans les jardins de ses résidences, chamois des Alpes bondissant dans ses parcs, tout ce qui était agréable à voir, tout ce qui était à la mode, il lu' fallait tout. Il voulait, il a eu tout plus beau que les autres. Il ne délaissa que les sports fatigants tels que les courses de chevaux', ou périlleux comme les combats singuliers. Sa maison, composée souvent de plus de deux cents officiers, était plus somptueusement montée que celle du roi Charles VI. Il eut jusqu'à seize cham-
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bellans à la fois ; un prince du sang, Louis d'Evreus, pour premier écuyer ; et ce nabab, aux fantaisies impitoyables, nous arrive entoure pourtant d'une auréole qui voile sa médiocre figure. Au fond , nous qui ne souffrons plus de ses iniquités, nous lui sommes reconnaissants du plaisir que nous cause la vue des rares et beaux objets dus à son goût pour les arts. Il y chercha sans mesure l'embellissement de sa propre vie , une perspective à ses regards ; il détourna pour se les procurer le produit des impôts et réduisit le paysan à la dernière détresse, alors que, faute d'argent, on manquait d'armes et de soldats pour délivrer la France des Anglais. Et du peu qu'il fit pour la nation, il n'eut pas l'initiative ; en donnant à la bibliothèque de Paris, il imita son frère, comme il avait imité Du Guesclin au siège de Bourges, lorsque le rude soldat, tout suant d'un inutile assaut, eut juré de ne pas boire de vin avant d'avoir pris la ville'. Il semble que ta Providence n'ait rien voulu laisser debout, pour ainsi dire, de l'œuvre architecturale de ce grand égoïste. De ses châteaux des mille et une nuits, il ne reste rien. Quelques églises ou chapelles subsistent encore * ; pour l'historien qui l'étudié de près et sans parti pris, il semble que ce soient des chapelles expiatoires. Tout ce qu'on peut dire de ce Valois de qualité secondaire, est qu'il eût mieux valu pour le peuple qu'il ne fût jamais né. Les arts eussent bien fait les mêmes progrès sans lui.
Tel était le prince qui, à vingt ans, n'hésita pas, pour ses débuts dans son duché d'Auvergne, à dépouiller à son profit le frère naturel de son père au mois d'octobre i36o, au lieu de lui tendre la main et d'en avoir pitié. Il en fit un rebelle en le réduisant à la misère et au désespoir.
La Vie Bertraui Du Guetclia.
Notamment les Sninics Chapelles de Riom < rondée qu*eii i473 pur L.ouis II de Bourbon co : sun chdieau. (Coul tfAuv., IV. 3. Chabrol).
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