PROLOGUE
un quatrième, Guillaume, sénéchal du Limousin en i355 ', et j'en passe beaucoup d'autres, jusqu'aux comtes de la Marche des maisons de Lusignan et de Bourbon, le champ était vaste où l'on pouvait s'égarer.
Il y eut au moyen âge des fiefs et des familles chevaleresques de ce nom en Marche, en Auvergne^, en Bourbonnais^, en Combraitles, en Limousin, en Nivernais, en Bourgogne, dans tous les coins de ta France, parce que Marche signifie frontière, et qu'il y eut partout des frontières, marches de royaume, de provinces, de seigneuries. Plusieurs de ces familles de la Marche pouvaient particulièrement faire illusion. Dans le comté de Bourgogne, par exemple, dont les souverains furent les ancêtres de Thomas, nous trouvons une famille seigneuriale de la Marche qui eût pu, dans quelque mesure, convenir au très grand personnage qu'il était. Originaire de la Bresse, sur les confins de la Savoie, où Renaud de la Marche souscrit en 1174 un traité du duc de Bourgogne et du comte de Nevers, où Guillaume de la Marche signe en 1222 une autre charte du duc de Bourgogne, où Simon de la Marche, toujours de la même souche, octroie une charte de franchise aux habitants du bourg féodal dont il porte le nom (1286), où Bertrand, son fils, chevalier sous Philippe le Bel (i3o4), fut père de Guillaume de la Marche, bailli des foires de Chàlons; ces la Marche bourguignons donnèrent naissance à Guillaume II de la Marche, sire de la Marche en Bresse, petit-fils du précédent, comme lui bailli des foires de Chatons ■•, qui épousa en troisièmes noces Marie d'Ayne, bâtarde du duc de
1 Antoine Thomas : Etats provinciaux de la France centrale sous Charles Vil, I, î6i, 335, 337 ; 11, 37. — Ce Guillaume de la Marche avaii des biens â Giat. en Auvergne, arrondissement de Riom. (Arch, municipales de Riom, Inveuiaire Boyer). Sa famille ixair de la province de Marche, qui conlinaît à la Basse-Auvergne et à la Combraîlles. M. Thomas cite AJmeric de la Marche, sénéchal de Beaucatrê peu aprÉs 1403, commissaire du roi en Marche, d'où il étaii originaire, en novembre 1415, mort avant le 3 février 1433. père de Louis, vivant en 143?, et de Jean, bSiard de la Marche, chevalier le la avril i436, horame d'armes au service des Eiats de Marche. {Etals prav,, loc. cit.).
1 Les comtes d'Auvergne pnssédajenl au ^111* siècle un hef de la Marche en Combrailles. Le comte Robert V le donna en douaire à sa première femme, Blanche de Clermont, petite-fille de Robert de Clcrmoni en Beauvais et sire de Bourbon, duquel descendent tous tes rois de la dynastie bourbonnienne, et ensuite à sa deuxième femme, Marie de Flandre, en iîi3. (Baluzc : Hisl. généal. de la Maison d'Auvergne,
rr. de Gannat [Allier], devint le siège d'une
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Bourgogne. Depuis lors ses successeurs restèrent attachés par les charges à la cour de Bourgogne ; son puîné Antoine, seigneur de la Marche, filleul, écuyer, puis chambellan de Jean sans Peur, fut pris, à ses côtés sur le pont de Montereau ; son aîné Philippe, gruyer de Bourgogne, s'établit en Franche-Comté où le fixaient sa charge de gouverneur du château de Joux et son mariage ; il eut pour fils Olivier de la Marche, page de Philippe le Bon, son panetier en 1447, chambellan et conseiller de Charles le Téméraire, ambassadeur, chancelier de Bourgogne, l'auteur des Mémoires '.
Un autre exemple plus curieux peut-être encore au point de vue du concours apparent de coïncidences d'où les confusions peuvent naître si on n'y regarde pas de près, est celui du chef de l'illustre famille de Montmorin, d'Auvergne. Né à peu près en même temps que notre héros et marié vers la même époque, parent comme lui du vicomte de Narbonne par sa femme Algaye, épousée le 4 mars 1349 en uQ lieu dont le nom ressemble fort à Nonetie^, il reçut en i382, du comte Jean I" d'Auvergne et du duc Louis II de Bourbon, « la cession des arrérages de leurs terres d'Argence et de la Marche », sur la limite occidentale de l'Auvergne, afin de l'aider à payer sa rançon aux Anglais qui lui avaient rendu la liberté en 1357 contre un versement à compte de 685 écus3. Cette terre de la Marche resta en tout ou partie dans sa famille ; son descendant Jean II de Montmorin éiait encore en r553 seigneur de la Marche, du Theil et des Préaux'*. Ce contemporain de Thomas de la Marche fut avec lui seigneur en partie d'Auzon 5. Il eut des terres dans la châtellenie de Nonette, dont son fils aîné Geoffroy fil hommage à Jean de Berry en 13696; et pour comble, il portait le même prénom de Thomas, extrêmement rare avant eux dans ce pays. Enfin il y
I Olivier, ne en i4i5, mort en i5oi. fVoir la préface de ses Mémoires dans I collection Michaud -n Poujoulat ei ce qui) dil lui-même de sa famille).
Les armes de ces la Mnrchc d; Hauic-Bourgopne liaient de sable à irois bandes d'o et n'avaient absolumeni rier "■" --n-- j- té. j. . .■.,.
4 Not. d'Auv., IV, 189.
I, chef-lieu de cant., arr. de Brioude (Haute-Loire),
6 Génial, de Montmorin, loc. (
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