loudun, chef-lieu d
1 Chron. non»., pp. 99 et 190.
:t Arch. nat., JJ. 86, fol. 58, n- 181.
4 Renty, arr. de St-Omer (Pas-de-Calais).
i Nomma le 8 sep. t35o. (Rymer : III, I, 304).
*> Chrirnique des Quatre Premiers Valois, p. ^'o. Siniiion Lucc
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livré le i5 août i352 d'après Robert d'Avesbury ', Dans ce combat péril avec le maréchal de Nesle un chevalier du nom de Guillaume de la Marche ', qui n'a rien à faire avec Thomas.
Thomas revient à la cour. Le roi Jean semble s'attacher un peu plus à lui , le connaissant mieux. Il est admis au grand conseil où ne siègent, avec les princes du sang, les ministres et les favoris, que les hommes d'état dont l'intelligence a subi l'épreuve des affaires et quelques grands seigneurs d'élite particulièrement dévoués à la couronne.
Le roi lui confie plusieurs ambassades auprès de l'empereur son beau-frère. Par deux fois, dont l'une semble devoir être fixée au printemps de i3d5, il se rend en Bohême auprès de Charles IV fils de Jean de Luxembourg roi de Bohème 3, Charles V de France, à qui nous devons de connaître ces ambassades *, ne nous dit pas quel en fut i'>bjet; mais l'époque et d'autres documents historiques parlent pour lui. Il y avait entre l'empereur et le roi un grave différend au sujet de l'ancien royaume de Bourgogne fonde par Boson et qu'on appelait alors le royaume d'Arles ou de Vienne ; il comprenait la Comté de Bourgogne, la Suisse romande, la Savoie, le Lyonnais, les Dombes, le Bugey, le Valentinois. le Vivarais, le Ûauphiné, la Provence, une partie du Maçonnais, Les empereurs suzerains Ap rf rnuaiime s'efforçaicnt d'y relever leur pouvoir plus nominal Charles IV surtout s'attachait à cette œuvre, tandis que capétienne poursuivait sans faiblir son but d'étendre la u'à ses frontières naturelles, le Rhin, les Alpes, la Mcdi- 'hilippe le Bel avait annexé la Franche-Comté et une
- - - -, r " bastide devant
r (II, 2ij'). se prévaut avec r.iiaon d'une lettre citée
vesbury, aux termes de laquelle Gautier de Bentley annonce au chan- :rre la défaite du niiir^<:lial de Nesle à Mauron ei là prise de la basiidc es : • La ville de la chastcl de i'Iiiernielle cl de Fouiner oii>:l dtc bien niiez, et pris par :issaut une b^istille qu'avait esté fait^ par les enemys u. Il est certain d'autre p.irt.que le Siuvage de Pominereux et Oudart ni sur les lieux à cette époque ; Reutv et le sire de Fiennes y firent :h:ird d'Otressant et plusieurs autres Aiii;lais. {Chron. norai., pp. 104- (cher de la Chronique des Premiers f^alois (p. 3o), qui lait occuper la lire de Renly en mâme temps que par Thomas de la Marche.
uà l'empire le 22 Jie, depuis roi Jca
l. Epoux de Bla
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JJ., 86, fol. 58, r
•■ i8[ et 181.
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partie de l'évèché de Lyon sous la forme du protectorat, Philippe de Valois le Dauphiné et le comté de Montpellier ; le roi Jean et le Dauphin tendirent tous leurs efforts vers l'acquisition de la Provence'. Charles IV s'obstinait ; il se rendit même plus tard de sa personne à Grenoble et iWienne pour raviver le zèle deses partisans*. Cette affaire du royaume d'Arles divisait profondément les deux cours malgré les beaux traités d'amitié qu'elles se signaient. Au roi de France feignant d'ignorer les vieilles prétentions de l'empire, Charles IV répondait par une hostilité non déguisée 3, sans toutefois placer encore son épée dans le plateau anglais de la balance. Il s'agissait donc d'obtenir de lui le maintien de la neutralité sans lui reconnaître de droits sur le royaume d'Arles*. Au moment oii la France combattait pour la vie contre l'Angleterre, où toutes ses forces étaient engagées dans la lutte, le but était aussi important qu'il était difficile k atteindre ; i! nécessita une dizaine d'années de négociations, où les reculs alternèrent avec les succès de notre diplomatie.
Le seul fait de confier une mission de cette nature ù Thomas de la Marche, si proche allié de l'empereur par son père, petit-fils par sa mère d'Otton IV dernier comte de la maison de Bourgogne, avait une signification particulière. Elle fut suivie d'une détente sensible, car dès le commencement de i356, l'empereur enjoignait alors à Henri de Montbéliard de ne point se prévaloir, vis-à-vis du roi de France, de son titre de vicaire de l'empire en Bourgogne-^. J'imagine cependant que Thomas, chevalier avant tout, n'obtint de Charles IV que ce que ce prince, très peu chevaleresque et consommé diplomate, jugea de son intérêt de concéder. Toutes les fois en effet qu'il fallut tenter une aventure audacieuse, lever, entraîner des troupes à sa suite et jouer hardiment de la lance, notre homme y réussit à merveille et déploya de brillantes qualités; là où la patience
La reine Jeanne de Naples, comlesse de Provence, navail pjs d'enfants. Dés 1:148 noins, il eiistail un parti français en Provence La politique Française ne réussit encore, mais une premiËro étape prépara le succès dénnilif advenu par I.1 doualîon a Provence que fit Jeanne de Niples k Lojis d'Anjou, tils du roi Jean.
~ Hist. de Grenoble. Prudhomme.
'iiul Fournier, loc. cil., p. 469.
:i i ibid., p. 467.
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et l'habileté devaient être les éléments du succès, il se montra médiocre joiULur, L'exposer, lui le fils de Blanche de Bourgogne, sans apanage, aux séductions de la politique de Charles IV qui, partout dans la noblesse des pays contestés, cherchait à se faire des créatures, c'était en tous cas lui témoigner une signalée confiance. Il se conduisit là princièrement comme toujours, fit seul les frais de ses équipages et ne demanda ni ne reçut aucune indemnité particulière pour ses missions. Charles V, qui l'en récompensa plus tard, nous a conserve ce détail '.
A son retour d'Allemagne, il retrouva le bruit des armes, plus familier à son oreille que les propos calculés et défiants que Charles de Luxembourg laissait négligemment tomber de ses lèvres sans regarder son interlocuteur, absorbé en apparence par la taille des morceaux de bois dont il occupait constamment ses mains, pour mieux surveiller sa pensée, ti l'exemple des Yankees de nos jours.
Au mois de janvier iH.S.S, les négociations poursuivies à Avignon entre la F"rance et l'.Angleterre pour transformer en une paix définitive la trêve d'un an conclue le 6 avril 1 353 ^.échoue définitivement 3; on ne songe plus qu'à se préparer de nouveau à la guerre. Le roi Edouard débarque à Calais avec une forte armée. D'après ta Chronique des Quatre Premiers Valois, le prince de Galles était à la tète de l'avant-garde-^, Thomas de la Marche, charge de faire face aux premiers ctlorts de cetie invasion pendant que le roi Jean co.'.centre ses troupes à Amiens, élève une fortification volante et s'y enferme avec une poignée d'hommes aux environs de Calais, sur le passage des troupes ennemies. Il n'y pouvait évidemment refouler une armée, il en retarda du moins les progrès. Il avait encore avec lui, comme dans la bastide de Fougères ou de Ploërmel trois ans avant, Robert de Pommereux, dit le Sauvage, chevalier du Cotentin, d'Annequin plus tard maître des Arbalétriers de France, et le bâtard de Renti. Le chroniqueur anonyme et contemporain
1 Arch. nta. JJ. 86. f. 5H.
ï Rymer:!!, 7«i « suEv.
3 Hist. du Ung., IX, 1148-64(1.
4 D'aprt» d'autres chroniqueurs, le prince de (ijlles dél:
derait les aitaiiusr de fr»ui.
DigilizedhyGoO^le
rapporte que l'avant-garde anglaise les cerna dans la basride ; qu'ils s'y défendirent hc'roïquemeni contre des troupes considérables, et qu'ils ne se rendirent qu'à ta dernière extrémité'. Le corps du roi Edouard ravagea l'Artois, le Boulonnais et le comté de Guines. Le roi Jean lui offrit la bataille* ; il la refusa et se rembarqua pour l'Angleterre (r3-20 nov.) où les troubles d'Kcosse appelaient sa présence, après une chevauchée de deux ou trois semaines sur le sol français. Il n'y avait pas dépassé Hesdin 3, La Marche ne resta pas plus longtemps prisonnier que le maréchal d'Audrehem chargé comme lui de soutenir le premier choc pour donner le temps à l'armée française de se former en Picardie, et pris à peu près en même temps que lui aux environs de Calais*.
Peut-être faut-il reconnaître encore un don de la famille royale dans les créances qu'on lui voit posséder, en cette même année, par moitié indivisément avec le monastère d'Argenteuil sur certains habitants de cette ville ; car faire de lui un capitaliste, un économe, ce serait moquerie. Un arrêt du Parlement du i6 février i355 lui alloue la moitié de ces créances, contestées d'abord puis reconnues par transaction. Nous avons rapproché de ces possessions d'Argenteuil la donation de la capitainerie de Cachan dans la banlieue de Paris, faite à Jean de la Marche, chevalier, par le roi Jean vers la même époque, en récompense de ses services l\ l'arrnéeS ; c'est un rapprochement à tous risques, car, encore une fois, aucun document quelconque n'est venu rattacher ce personnage au nôtre par le sang. Thomas semble avoir accompagné le roi dans son voyage de Normandie au printemps de i356 et dans sa campagne contre le duc de Lancastre. assisté des Navarrais et des d'Harcourt. Exaspéré de l'assassinat de son favori La Cerda par le roi de Navarre
I Chronique des Quatre Piemiers Valoin. Ed. Siméon i.iicc. (V. pièce justif. n- XVI). — M. AuB. Motinier place en r35a, dans Tëdhion de la Chron. no'mande (pp. ro5 el 396], le iiige de la baslide de Thomas de la Marche ; Siméon Luce eii i3s5. Il est pouiblc que La Marche ail faii face, à iruis ans de distance, aiii d — '-
3 Lei5 ociobrc i3S5, Edouard était encore à Westminster. (Rymer i III, I, 3i4). Il X était revenu le a3 nov. suivant. {Chron. norm., agg).
4 Arch. nat., X, 9 A, piice 34. (V. pièces juMificaiives).
5 Areh. nat., JJ, 89, fol. 33?. V. n* 7Î, (P. justif., n- X. note 3).
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(8 janv. i354)' et des fourberies de ce prince, il le fait arrêter le 5 avril i356'. Le comte d'Harcourt manifestement traître, le sire de Graville, Maubué de Maîneirares et Colin Doubel, partisans du Navarrais, arrêtés aussi à Rouen, y sont décapités sans jugement par ses ordres le i6 du même mois. Tous les d'Harcourt ne purent être pris comme le roi le voulait, mais tous leurs biens furent confisqués. Geoffroy d'Harcourt, dit le Boiteux, qui, après avoir commandé un corps de bataille à Crécy dans les rangs anglais et obtenu son pardon de Philippe de Valois, ourdissait de nouvelles trames contre nous, put s'échapper... De concert avec Philippe de Navarre, frère de Charles le Mauvais, il envoya deux chevaliers en Angleterre demander des secours h Edouard, et, saos attendre la réponse, ils prirent immédiatement les armes, l'un pour délivrer son frère captif, l'autre pour venger son frère décapité.
Ce n'était pas avec les vingt sous tournois par jour alloués à chaque chevalier de l'est par l'ordonnance du 3o avril 1 35 1 , ni avec l'allocation des chevaliers de l'hôtel qui n'avait rien de bien fixe et variait d'ordinaire, suivant le mérite de l'officier, plus encore suivant le bon vouloir du roi, entre deux francs et dix francs par jour ; ce n'est pas même avec ses deux mille francs de pension sur les coffres royaux que Thomas de la Marche pouvait circuler sans cesse avec une trentaine de chevaliers ou d'écuyers et une foule de pages. La ressource de ces gens de la bohème royale était dans les cadeaux et les gratifications en armes, chevaux de sang, or monnayé, pierreries. L'usage des princes était de se montrer en cela fastueusement généreux. Noblesse était main ouverte ; un roi ne recevait même pas le héraut d'un ennemi sans lui faire des présents, Thomas, en relation constante avec la plupart des souverains du monde civilisé, trouvait là de quoi subvenir à peu près à son train, à son agitation, à ses frais de guerre. Mais, en définitive, il était dans : voulue, et sa princière existence n'était séparée de par un caprice royal. Très fier, toute sa vie le prouve, rien tant que de quitter la posture humiliante où on
■Denis, VI, 7. La réhabiiation de Chtrles le Mauvai» est de mode i3ï6, d'aprài Rjriner. III, part. I, SaS-Ssç.
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s'efforçait de le maintenir par des faveurs de second ordre et d'opulentes aumônes. Avec une nature inférieure, cette politique eût fait de lui un allié de plus à son cousin germain Charles de Navarre, dont le parti était l'asile de tous les mécontents. Le roi Jean crut donc devoir céder aux désirs du bâtard lors de I3 révolte des d'Harcourt.
Il lui donna, entre les mois d'avril et de juin 1 356, « toute la terre que soloit tenir GodelTroy de Harrecourt, tant en Constantin comme en quelconques autres parties du royaume... laquelle terre estoit advenue à mon dit seigneur (le roi) pour la forlaiture du dit Godefroy» '. Mais ce fut sous la condition que la remède 2,000 livres sur le trésor demeurerait éteinte. Le plus beau fleuron de ces domaines était le riche pays de Cotentin en Basse-Normandie', ou plus exactement la vaste partie que Geoffroy d'Harcourt y possédait, La donation de Loudun n'était pas révoquée 3,
Cette fois la dotation paraissait convenable, en réalité elle était habile et décevante. Le roi apanageait son frère en libérant ses coffres sans bourse délier et il creusait un fossé profond entre le bâtard et Charles le Mauvais, dont Geoffroy d'Harcourt était le principal partisan. De plus, l'apanage qu'on donnait ù Thomas, il lui fallait le conquérir. Geoffroy répondit, en effet, à cette confiscation par l'envoi resté célèbre d'un héraut chargé de « dénoncer guerre à mort à Jehan de Valois qui se dit 1 France » ; appela, nous venons de le voir, une seconde fc Anglais en France, ouvrit la Normandie au duc de Lanças envahit le Cotentin avec lui.
Leurs opérations commencèrent le 27 juin *, tandi Philippe de Navarre, et l'anglais Robert Knolles manœuï de leur côté. Amaury de Meulan, capitaine pour le r
Arch. nal.. JJ, S6, f- 58. n* iMa. — Les Icilres du resem Charles, duc de Nor
^. . ippellcnl cette donation en ,
n' XVIIl). Le Cotentin était occupé pai
'l/sfi!
1 Le Cotentin, ancien Conttaillnus [agir Conitantin, Coustanlin au iiv* siècle^ sente lu partie du dép.inement ile la Manche où se trouvent le» villes de Ce qui en tîi^ son nom, Viilngnes. Cherbourg, Cai^ntan et Sainl-LA.
3 Les lettres de Charles V de juillet i3^S In mentionnent en premier lieu et aj • et en oullre toute la terre que soloit tenir Godefroy de Harrecourt, etc. » {An toc. cit.}. Peut-âtre Loudun fut-ïl donné en même temps ;
4 CArtm. .Vorm., pp. i ifi, 127 et 3ii. — Hist. de Du Guescliu (Siméon Luee),
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France en Cotentin et dans le bailliage de Caen, se jeta en Coientin et le ravagea ; mais il fut battu et pris au gué de Saint-Clément ', près de l'embouchure de la Vire, par les normands du parti d'Harcourt et de Navarre. Parmi les chevaliers du Cotentîn qui, restés fidèles aux d'Harcourt, s'allièrent aux Anglais et à la faction de Navarre en cette circonstance, était le Sauvage de Pommereux, celui-là même qui venait de faire la guerre aux Anglais en Normandie avec Thomas. Beaucoup de bourgeois des bonnes villes du pays suivirent cet exemple. Que faisait le bâtard pendant qu'on se battait pour la conquête de son apanage ; Blessé ; Prisonnier r En mission diplomatique ; Je l'ignore, ne l'ayant pu rencontrer sur le champ de bataille, ce qui ne veut pas dire, à la vérité, qu'il n'y fût pas. La guerre continua dans ce pays jusqu'après la bataille de Poitiers. Robert de Clermont, lieutenant du régent duc de Normandie « ès-parties du bailliage de Caen et du Cotentin », trouve toute la région déclarée pour les Navarrais quand il y chevauche au mois d'octobre i356. Il est contraint de battre en retraite. Son arrière-garde, serrée de près par GeoflVoy d'Harcourt, se retourne, le défait et le tue au mois de novembre '. Mais le Cotentin reste au pouvoir des Anglais ; il y était encore en juillet i358 3, ainsi que Loudun. Le bâtard en fut pour une déception de plus. Sa conduite dans ces derniers événements est bien conforme à sa condition. Il étouffe dans ses deux mille francs de rentes viagères ; il est toujours prêt à les risquer, et sa peau avec, pour prendre rang parmi les grands vassaux terriens, pour avoir une force militaire à lui et se faire un établissement lîxe. On dirait au contraire que le roi Jean craint qu'il grandisse et qu'il le leurre sans cesse pour les terres, comme il t'a fait pour les armes.
Pendant que ces choses se passaient en Normandie, le Prince Noir entreprenait son étonnante campagne de Poitiers, véritable folie militaire, terminée pourtant par une victoire dont nous ne pûmes réparer les suites qu'après un siècle de combats. Le roi Jean a convoqué toute la noblesse de France et réuni la plus grande
(Calvidos).
du Coteiiiin : Hiit. du Chdltau et dtt Sires de Sl~SaHvem--
pagne di Delisle.
16, loi.
DigilizedhyGoO^^le
armée qui se fût vue depuis longtemps. Toute sa maison, ses fils même malgré leur jeune âge, sont sur le plateau de Maupeituis, à deux lieues de Poitiers, le 18 septembre i356. On ne trouve son frère ni parmi les combattants que signalent les documents connus, ni parmi les prisonniers. On sait que les listes anglaises dressées dans le premier moment sont fort incomplètes. Que de lacunes constatées depuis! Ajoutons aux noms découverts celui de Guillaume Comtour, a pris avec le roi Jean », et qui levait sa rançon après la bataille ', Thomas de Montmorio ne put réunir la sienne qu'avec le cautionnement et les libéralités de Louis II de Bourbon *. Ce qui est sûr, c'est qu'il s'était fait de chauds amis au grand conseil parmi ce qu'il y avait de meilleur dans cette assemblée gouvernementale ; à commencer par le Dauphin Charles, fils aîné du roi, et surtout le duc Pierre I" de Bourbon, son oncle naturel, à qui l'unissaient des liens d'atîection profonde 3. Le duc Louis le Bon et sa sœur Jeanne recueillirent cet héritage de dévouement, lors de la mort de leur père sur le champ de bataille de Poitiers, et se montrèrent reconnaissants envers Thomas.
Notre défaite eut naturellement pour effet de refroidir les bonnes dispositions de l'empereur pour nous et de le rapprocher de l'Angleterre victorieuse. Sur la frontière, il fortifia de son appui le comte de Savoie Amédée le Vert, qui convoitait le Dauphiné*. Le Dauphin régent entama des négociations avec son oncle pour reconquérir de ce côté le terrain perdu ; et c'est à elles que l'on doit rattacher, semble-t-il, la seconde ambassade en Allemagne confiée à Thomas de la Marche et rappelée par le Dauphin Charles dans ses lettres délivrées au bâtard quelques mois après 5, Les négociations abou-
. inventaire. (Communlcaiion de nille àrettée par Madame la
3 Arch. de St-Flour, chap. VI, t
4 Le comte Verl, ennemi de notre influence grandissante dan» le royaume de Vienne, s'jlail ta confirmer ses privilèges en i355, lorsque l'empereur alla te faire couronner à Rome. Le 17 juin i356, Charles IV lui renouvelai! l'mvettiture de ses Etats et lui conférait le 21 |uillet suivant le* pouvoirs de vicaire impérial sur tes églisu qui s'y trouvaieni situées, (le Royaume d'Arles et de Vienne, 463-46S Paul Fournicr).
5 V. pièce justif. n' XVII.
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tirent à la rencontre et à l'entente du régent avec l'empereur à la diète de Metz (22 déc. i356). Un traité y fut signé où les deux princes se garantissaient réciproquement leurs possessions ; la France fut laissée libre d'enrôler des troupes sur les territoires de l'Empire, faculté dont Thomas ne tarda guère à user'. Notre frontière sud-est se trouva ainsi couverte sur un immense développement et nous laissa la possibilité de diriger tous nos efforts contre les Anglais. Comme la première fois, Thomas se rendit en Bohème, en revint et s'y acquitta de sa mission à ses propres frais ^. Il était de retour à Paris à la fin de i357 3.
Le malheur rend pitoyable. Le roi Jean se souvint de son frère pendant sa captivité de Windsor. Il écrivait en i3?7 ou au commencement de i358 à son fils le régent de faire meure sans retard Thomas de la Marche en possession des domaines de Geoffroy d'Harcourt qu'il lui avait donnés +. Charles était doublement compétent comme administrateur du royaume et comme duc de Normandie ; la bonne volonté ne lui manquait pas non plus. Il était mieux écrit encore que rien ne réussirait au bâtard. La lettre arriva au moment où le Dauphin Charles était personnellement dans la situation la plus critique.
Jamais la dynastie des Valois ne courut plus de dangers qu'au commencement de l'année i358. Jean le Bon est captif en Angleterre, Charles de Navarre évadé de sa prison depuis le 8 novembre de l'année précédente^, le Dauphin prisonnier de fait d'Etienne Marcel dans Paris, supportant le poids de l'impopularité qui suit les grandes défaites et accompagne les grands impôts. Exploitant
1 Le Dtuphin rtçut aussi, pour ses duinaines du sud-est de U France, avec Je titre de vicaire de l'Empire, un démembrement des droits imp^rinui sur le royaume de Vienne équivalant à l'avantage similaire iKcordc au comte Vert. Philippe de Rouvres, duc de Bourgogne, rendit àVempercur l'Iiommage jusque là rel'usé pour la comté de Bourgogne. Ile pape seconda puissammcni le parti l'ran;ai!> auprès de Charles IV ; et l'affeclLon personnelle que ce prince élevé à la cour de France aviin pour son neveu le Dauphin contribua beaucoup aussi à un rapprochement si ullli: pour nous en un pireil moment. (L'Irsse Che aller : Documents médits sur le Dauphiné, i5o-i5i. — L£ Royaume d'Aites et de l'ienne, 4'îf)'.
I Areh. nat., JJ, 86, n* 181, fol. bH.
i Ibid , JJ, 89, n" lia et lai, fol. 99.
4 Piice justif. XVIII.
3 A r.iide d'un siraiagène de Jean de Picqujgny, qui se servit de fautses lettres.
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le mécontentement public, le prévôt des marchands a commencé dans le sang la première révolution de la Commune de Paris. Ses amis et lui complotent de mettre sur le trône Charles le Mauvais, le fourbe beau parleur, l'allié des Anglais, le politique aimable qui a trahi successivement tout le monde, y compris les Parisiens. Ils l'introduisent dans Paris (29 janvier r358) et le font nommer capitaine de la ville (i5 juin). Le moment eût été bien choisi pour un déclassé, s'il avait eu l'âme vile.
Thomas rentre lui aussi dans Paris ; c'est pour se ranger aux côtés du régent. Etait-il près de lui dans cette journée du i3 janvier, où les maréchaux de Bourgogne et de Normandie furent massacrés sous les yeux du prince par les insurgés sur l'ordre de Marcel r C'est à croire, car il siège en son conseil, à Paris, en ce même mois de janvier i358'. Lorsque le régent sort de Paris (tg mars) pour aller présider les Etats provinciaux des domaines directs de la couronne en Champagne et Normandie, il l'accompagne. La noblesse et la majorité des communes se groupent autour de l'héritier légitime pour combattre la Jacquerie dont Marcel et les Navarrais se faisaient une alliée politique*. Il faut des troupes pour soumettre Paris. Le régent en manque, et le peu qu'il en a sous la main, il se voit impuissant à les introduire dans la ville, même par stratagème 3. Un irréparable désastre le menace, si sa petite armée n'est renforcée au plus tôt. Alors le bâtard de France va parcourir les provinces; enrôle, sans demander un denier à son neveu, un grand nombre de ces gens d'armes errants, toujours prêts à suivre la fortune d'un capitaine de renom, et les amène au régent. Le 29 juin, après l'écrasement des Jacques à Meaux et au combat de Clermont (Oise) *, l'armée royale campe â Charenton au confluent de la Seine et de la Marne, et le siège de Paris commence. La Marche s'y conduit avec sa largesse et sa vaillance accoutumées. Dans un
I Areh. «al., JJ, vol. Hg, fol. 99, n" 1
[895) ei La Jacquerie en Beauvoïiin (Revue
3 Le 19 mai, les insurges parisiens n..
Paris, et Henri Mctcet, maître charpenlit gent d'armes royaux. {Grandes Chroniques, VI, i
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combat, celui du 1 1 juillet ou du 14, il fait un prisonnier de marque, dont on chiffrait la rançon à 3,ooo écus d'or. Au lieu de lui imposer cette rançon ou de le vendre, il le donne au régent sans conditions aucunes ', comme il a fait de Jean Visconti au prince de Galles. Cinq jours après (ic) juillet), il se voyait dépouillé du Coientin, rendu aux d'Harcourt par le traité conclu ce jour-là avec le roi de Navarre; les nécessités de la politique l'avaient exigé ', Quant à Loudun en Poitou, il était toujours aux mains de l'ennemi. Thomas, en aidani puissamment le régent ù reconquérir Paris, venait de faire pour la maison royale plus qu'elle n'a jamais fait pour lui.
Charles fut touché de tant de malheurs t;t de tant de preuves de dévouement ; il avait d'ailleurs à tenir la promesse paternelle. Pour la dégager, il remplaça les domiiincs de Normandie et du Poitou par un démembrement de la Terre d'Auvergne 3, propriété de la couronne. Il lui fit donation perpétuelle de la seigneurie de Nonette, à concurrence de 2,000 livres de rente en terres à asseoir au plus près du château, demeurant supprimée la rente viagère de pareille somme que le roi lui servait sur le trésor. La donation, datée du mois de juillet 1 358 « pendant le siège devant Paris », fut faite entre le 20 et le 3 1 de ce mois*. C'est ainsi que le bâtard de France devint un grand baron d'Auvergne au lieu d'être un feudataire normand. Notons en passant que Blanche de Thiers, comtesse de Châlon, avait apporté le comté de Ghàlon à Etienne II de Bourgogne au
1 Piices juMif. XVII et XVIII.
3 CHroH. de Si-Denis, VI. tio-nt et ii6. — La première entrevue du cifiéat el du roi de Navarre eut lieu, Je 8 juillet, entre le faubourg St-Anloine et le bois de Vincenne» ; la seconde, le lo, sur un poni de bateaux entre les Carrières el Vitry. C'est alors que la paix fut conclue. Charles le Mauvais devait livrer Paris aux Anglais le ?i juillet. II avait déjà signé avec eux un partage de la France, (Lucc : Mém. de la Soc. de l'Hitt. de Paris, 187S, I, 11 3).
Terre d'Auvergne. Tena Arvernie ou Terra Régit au »iii" siècle la rovincc conquise par Philippe-.Xuauste sur le cotnte d'Auvergne Guy 11, li, donnée en apanage par Louis VIII i son tils Alfonse de Poitiers. ironne en 1171 par te décès de ce prince sans enfants ei donnée une ipanage par le roi Jean b son fils Jean en septembre et octobre i3(Jo. cette terre en duché. Les historiens étrangers k l'Auvergne se trompent
- L.e domaine qui la composait représentait
■ : — . ^aii lé roi y avait ajouté tous les
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commencement du siècle précédent, et que Thomas était ainsi un allié éloigné des seigneurs de Thiers en Auvergne.
Les voyageurs qui vont de Paris à Nîmes ou à Toulouse par Clermont-Ferrand passent, entre les stations d'Issoire et du Breuil, au pied d'un piton isolé qui domine sur leur gauche la rive droite de l'Allier, en face de la station du Breuil. A la fine pointe de ce rocher s'élevait le château de Nonette, célèbre depuis longtemps dans les annales de la province'. Ancien chef-lieu d'un comté carlovingien auquel il donna un in.stant son nom au x' siècle^, capitale du premier comtoirat connu en France 3 au xi* siècle, boulevard féodal assez important pour que le roi Louis VII en personne (i 170-1172) et les armées de Philippe-Auguste en i2iî soient venus l'assiéger, Nonette était l'une des prisons d'état des rois au xiii' siècle^ c'est dans ses murs que Philippe le Bel avait enfermé Guillaume de Dampierre fils de Guy comie de Flandre, quand il fut fait prisonnier avec son frère Robert par Charles de Valois à la fin du mois d'avril 1 3oo, lors de leur rébellion en Flandre ■*. Nonette était encore, au moment où nous sommes arrivés, l'un des plus précieux joyaux militaires de la sénéchaussée royale d'Auvergne. Il redevint prison d'état aux xvi" et xvii^ siècles et fut démoli par ordre de Richelieu en i633 parce qu'il était trop fort. Sa mission était de barrer l'entrée des riches plaines de Limagne et l'accès du centre de la France aux envahisseurs venant du sud et du sud-est par la vallée de l'Allier, et aussi de défendre la vaste circonscription dont il était la capitale contre ses rivaux les châteaux d'Usson et de Vodable, chefs-lieux de territoires presqu'aussi étendus et capitales l'un du comté d'Auvergne, l'autre du Dauphiné de cette province. Ces trois torteresses, très rapprochées,
ton de Saint-Germiin-LembroQ, arr. d'Issoire de cette ville.
1 Baluze ; Mais. itAuv., 11. 14. Le Comilatux Nonaleniis de cette charte datée de qig. était une trâs grande traction du ci>mté de Taleiide, démembré entre 917 et q65 par la révolulioti féodale. {Cariut. de Sauxillangts et de BrhueU). le dois dire toutefois que l'authenticité de la charte est litigieuse, bien que Baluze l'ait tenue pour bonne et publiée.
3 Cariul. de Sauxtllanges. — Bibl. nat., m" latin 11,766, fol. 390-304. les preuves de ce comtoirat du xi* siècle dans mon premier volume d< Consulaires de Sainl-t'lour sur le point de paraître.
4 Chronique normande (Molinier), pp. i5 et 134.
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se regardaient et se surveillaient ainsi que trois sentinelles farouches, ne craignant, suivant le proverbe local, « que le traître et la dent », c'est-à-dire la trahison et la famine. Le héraut d'armes Guillaume Revel, le Gustave Doré du temps, en a dessiné une vue en 1460 '. Une mitre entourée d'une triple ceinture hérissée de tours et couronnée par le donjon, figure assez bien l'ancien Usson. Nonette, plus sévère, plus massif avec ses très hautes arcatures à la façon du château des papes qui lui donne un air de cathédrale fortifiée dans l'armoriai de Revel, n'était pas plus accessible. Il était, sous le roi Jean, le chef-lieu d'une prévôté considérable composée de 124 pproisses et comprenant une partie des cantons d'Issoire, de Saint-Germain-Lembron, Sauxillangcs, Brassac, Ariane, Ambert, Craponne*. Plus de trente bons châteaux et une quantité plus grande de maisons fortes se dressaient sur les pics de son territoire, dont la délimitation se ressentait de l'ancienne circonscription du comtoirat de Nonette au xi* siècle, et comprenait, en outre, une partie de l'arrondissement de Saint-Flour. C'est ainsi que Talizat (canton nord de Saint-Floup faisait partie de la prévôté de Nonette.
En i358, les appels des exempts de toute la Haute-Auvergne, ainsi que les cas rojaux de cette portion de ta province, ressortaient au bailli d'Auvergne en résidence à Riom, mais tenu de venir les juger w au siège de Nonette 3 », ce qui valait à cette place toute l'importance d'un chef-lieu provincial pour la justice. La prévôté de Nonette avait pour voisines du côté du Velay les terres des seigneuries d'Auzon et d'Allègre ; mais aucun seigneur n'avait de possessions plus mêlées à celles du seigneur de Nonette que le Dauphin d'Auvergne. Ces explications nous donneront la ctef des événements qui vont suivre. Tel était l'établissement que le régent
1 Le dessin de Nonetie que nous Jnniioiis, tirade l'Armoriai de Revel csl celui de de Jean de Berrv ; iruis le château antérieur était déjà depuis ' par sa force.
'. d'Auv., IV, 403.
Il de Pierre de Mascon, bailli des .Montagnes, daté de Saiiii-FIour du , un mois ou deux après la mort de Thomas de la Marcne, lait diièiise roi dans les Monta);ne$ de poursuivre un [irocËs par lui commencé Noneitc contre Pierre Poulon cl autres de Saini-Klour, et lui enjoint ■au>a inceptj m caria Nantie (Arch. Sit-lour, ch. II, art. i, n* 17. aussi : keg. contul. de St-tlour ei Dict. hist, et ttatist. du Cantal,
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THOMAS DE LA MARCHE gi
détacha de la couronne en faveur de Thomas de la Marche au siège de Paris, dans les derniers jours de juillet i358.
Le duc Louis de Bourbon, qui gouvernait la province comme lieutenant du régent depuis l'année précédente et ta reine Jeanne, comtesse d'Auvergne, furent certainement pour quelque chose dans le choix de cette terre, en un pays où Thomas de la Marche n'avait rien encore. Enfin la Cour y trouvait son compte ; là aussi elle donnait à Thomas un avant-posie à défendre. La seigneurie de Nonette confrontait effectivement par le sud aux Montagnes d'Auvergne ' qui venaient d'être inondées en i357 par d'énormes bandes anglaises^. Elles y avaient pris un grand nombre de châteaux, y avaient laissé des garnisons; et, de là, chaque jour de hardis détachements londaieni sur les plaines de la Limagne où s'étalaient les propriétés patrimoniales de la reine, où commençaient les domaines du duc Louis. La Marche devenait le défenseur de la plus riche contrée du centre de la France en même temps qu'il allait barrer aux Anglo-Gascons la principale route de Paris, le val d'Allier.
L'aventurier nomade allait donc enfin entrer dans la hiérarchie féodale, s'attacher à une province, avoir un chez soi, des sujets. Ce fut pour son malheur. Jean,- comte de Poitiers, frère du régent, lieutenant royal en Auvergne ou plutôt vice-roi tant sa commission était étendue, vit avec un vif déplaisir le bâtard de France s'implanter au cœur d'une province sur laquelle il avait jeté son dévolu et occuper en maître une des meilleures forteresses de son gouvernement. Les défiances de Jacques de Bourbon comte de la Marche ne pouvaient qu'être éveillées aussi, car l'Auvergne confinait au comté de la Marche, au sujet duquel il pouvait supposer des arrière-pensées à Thomas. Nul n'était plus atteint que Béraud, Dauphin d'Auvergne, comte de Clermont et sire de Mercoeur, chef de la branche aînée des comtes d'Auvergne, jadis détrônée par la branche cadette. Son influence, sans rivale dans toute la région
3 MaiLuscril Teillard ; Mémoire sur la Ghiéahffie des Vicomtes de Sfmat {A'-ch. dép. du Cantate ei Hiat. d'Auue-gne {ûiM. de Oermoni). — M- de Sisiriùre» : Hisl. du Pals de CartaJis (Arclt. dép. du Cantal). V. aussi Areh. de St-Flour, pasiim.
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|ii>»|ii'iiu (|i-'l(i lit; Siiliii l''|tiiii , ulluji ('irc cflacde ou pansée )i>ii iiii i.'lliiliK>-'l ii'ilMdiiil cl, i\ Lcitc liL-urc, plus puissant que Ici. |»<.rt»i:*.ii;in .lu MHI1 iK'h tlitii» lu Ici If Je Noneite, et de leur chef iL'Iiviiiil .liuilL'iiitiii i)i- lu iciiiioiinc, il devenait le vassal d'un |iui.t|i|, lin lu lU-nd'ii'litiii tl'iiiu- dyiiuMie locale qui se Hattait, en son iiuil HiHHt^ll, il'* u'Hii''!' 'l'in-i k- piiys " longtemps avant la venue du l.liilnl I ■ '. I.I1 uiili'i Kiaiiili tci^iieurs vassaux de Nonette pjna- UL'Hiii >>» Eii'iilliiK'iiU. I,f dri)ii d'irnmédiaiité au roi était sensibk u t<: |tit||ii un huionniiKi: d'Auvergne que le gendre du Dauphin Kiiiuiiilt <ti)>U'l|oy d'Auvci'f{ne- Boulogne, laissa saisir par Jean di: H>'ii.V •iiK'KiiM't uiiiiées après sa terre de Montgâcon investie di-ii- piivllr^i-, cl louiint une longue lutte judiciaire contre l'apana- ((ihU-, pliitiii ([lie de consentir à la perte de son droit. Sous Charles |p lli'l, Ici villci de Rioni et de C^lermont pourvues d'un privilège ■iriililul>lc iivuient protesté si bruyamment contre une donation de ^11(1 liv^e^ de renie ii asseoir sur leur territoire, faite par le M>u>cruiii au prolit de Blanche Chauchat de Clermont, à l'oci-usion du mariage de cette lille de traitant avec le ministre de nés finance» Pierre Bémy, que le roi et les donataires avaient dii cc'der devant leur opposition '.
(les mauvaises dispositions du prince Jean son neveu et du Dauphin d'Auvergne furent connues de Thomas de la Marche, leur collègue au (lonseil privé. Il se fit armer, pour les combattre, de deux privilèges extraordinaires.
Pur lettres de juillet ['358, le régent Charles l'investit du droit de ne pouvoir être traduit, ni lui ni même ses hoirs, pour toutes ses terres d'Auvergne, devant aucun tribunal du pays, y compris tes tribunaux royaux, et de ne plaider qu'au Parlement de Paris en toutes causes, soit en demandant soit en défendant 3. Il est à remarquer que cette immunité fut accordée à lui et à sa famille, non pas seulement pour les fiefs donnés, mais pour tous les domaines
iiomus litilfinorum Alvtrni* multum itobUii ae per anie aJvenlum Chrisli < ' ' ' Citiaris eral. (Requête pour le Dauphin insfrcc dsins un srn
4^1, ci lu pnr B:iluie dans la préface de l'Histoire gèniatog. de la Maison
t Juin Citsaris eral. (Requête pour le Dauphin insirée dans un arrti
pnricmenl d<: hSi, cité nnr Biiiule dans la préface de I'."* =..-.-. • .-...■
d'Auvergne, p, 4, ci piiblii; aux Preuve»),
3 lie ledit mesïirc Thomas ou ses hoirs, pour quelconque cause Que terre que il ayent en Auvergne, soient icnuz de plaider ,r du parleinaut â Paris t. (Jbid.),
uutra pan ifuc eu la ';uur du parlemaut â Paris >. (Jbid.),
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iquelconques qu'il aurait en Auvergne. Elle était attachée à la I personne. Elle le soustrayait ainsi à la juridiction du sénéchal de la {province, lequel était à la dévotion de Jean de France; elle lui assurait une justice rapide et aussi impartiale que possible par la suppression des degrés intermédiaires. On chercherait en vain dans . ce pays uo autre exemple d'un droit pareil accordé à un particulier. Ce privilège, réservé d'ordinaire aux princes du sang et aux pairs du royaume, ne fait que confirmer, comme la plupart des actes de sa vie, ce que nous avons révélé du secret de sa naissance.
Le second privilège plus régalien encore qu'il obtint du régent, fut le droit de se faire justice par lui-même dans sa terre et de contraindre « par main armée et puissance d'armes... sans qu'il en puisse estre repris ores ne au temps aucun » tout rebelle aux décisions de la commission d'assiette.
Autant dire que la baronnie de Nonette était transformée, pour le bâtard de France, en une principauté relevant nuemeot de la couronne par l'hommage de la bouche et des mains.
Cet hommage, il le rendit immédiatement entre les mains du régent. Afin de l'indemniser des dépenses qu'il avait faites pour le secourir » à grands compagnies » pendant le siège de Paris et du prisonnier dont il lui avait fait cadeau, Charles V ajouta quelques jours après et le même mois, la cession du « chastel ou maison fort d'Auzon •, avec le fief royal qui en dépendait, à concurrence de 3oo livres de rente. Ce lief d'Auzon ' était contigu à la seigneurie de Nonette. Charles en signa la donation * en nostre ost devant Paris l'an de grâce 1 358, ou mois de juillet » *. Il y fut exprimé que ces terres, données « à héritage et à toujours... à messire Thomas et ses hoirs », ne reviendraient à la couronne que si Thomas mourait sans enfants; encore la jouissance en était-elle assurée à « sa famme qu'il a à présent ou aura pour le temps à venir ». Les lettres couvraient d'éloges sa fidélité, ses services de toutes sortes, ■ l'amour et ta loyauté que il a tous jours eues et a encore à mon dit seigneur le roi, à nous et à la couronne de France ». La donation d'Auzon ne fit qu'augmenter le nombre de ses
I Chef-lieu de canton, arr. de Brioude (Haute-Loire), dépendant de l'ancienne Basse* ivergne.
1 Arch. nat., JJ, Sô, n' 181, fol. Sti.
\J Auvergne Historique. — VI* année. -~ Thouas. 7
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THOMAS DE lA MARCHE
adversaires, en y ajoutant les Montmorin, seigneurs de l'autre partie d'Auzon. fis étaient du clan du Dauphin et bien en cour. Thomas de Montmorin, coseigneur d'Auzon en i358 ', était le petit-fils par sa mère Françoise Flotte, de Pierre Flotte, chancelier de France sous Philippe le Bel et le neveu de Guillaume Flotte, seigneur de Ravel, Ennezat, etc., qui, chancelier aussi sous PhiHppe de Valois, n'avait quitté que depuis onze ans la première charge du royaume. Thomas de Montmorin était, en outre, l'allié de la maison royale et des Armagnacs par Aude de Clermont *.
Dès que Jean de France eut épousé, moins de trois ans après, Jeanne d'Armagnac, le faible prince fit sien le clan de cette race encombrante. Les Montmorin furent de sa cour, « de ses robes, de son lignage », comme l'écrivait Bonne de Berry sa fille à Jean III d'Armagnac en lui recommandant Geoffroy de Montmorin, fils de Thomas et chambellan de son père 3. La première famille des seigneurs d'Auzon. où le prénom de Bompar était héréditaire, s'était fondue chez les Montmorin par le mariage de Hugues V de Montmorin, seigneur de Montmorin, etc., grand-père de Thomas de Montmorin, avec Bompare d'Auzon, fille et héritière de Bompar V d'Auzon, seigneur d'Auzon, Pauliac et Clavelier. L'introduction d'un étranger chez eux parut une intrusion k ces seigneurs.
L'exemption personnelle de Thomas de la Marche et de ses descendants de tome juridiction dans la province pour toutes les possessions qu'ils pourraient y avoir, lui mit encore à dos le monde des officiers de justice atteints dans leurs intérêts pécuniaires, ''c gens d'autant plus dangereux que les barons recrutaient L^Tieurs conseillers parmi eux et que les serviteurs menaient Pour être occulte, leur influence n'en était que plus ''. Aussi les difficultés commencèrent-elles par le mauvais s officiers de justice Un mandement formel et très
loni en Bejuvoisis. (Baluie ; Jiisl. généalog. de la Maison d'Àuv., I, 377). bonne, femme de Thomas île Monunoriii, éiaic Aile d'Aude de Ctennont, cendante de saint Louis, suivant Baluzc, tandis que Midc de Carneville
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détaillé de mise en possession, adressé par le régent au bailli et autres officiers d'Auvergne resta inexécuté '.
Le régent rentra dans Paris le 2 août. Il eut alors moins besoin des services de son oncle naturel que de ceux de Jean son frère légitime ; et, comme il n'était encore ni bien puissant ni même bien assis, il restait soumis au régime des concessions nécessaires. Les donations de Nonette et d'Auzon à titre perpétuel n'avaient pas encore été enregistrées à la Chambre des Comptes ; on en profita pour obtenir de lui d'abord leur transformation en une simple donation d'usufruit. Le 18 septembre i358, Thomas de la Marche se présentait devant deux notaires du Chàtelet, à Paris, et affirmait sous serment que le régent lui ayant « donné à vie le chaste! de la Nonette... ou bailliage d'Auvergne et deux mille livrées de terre aux environs appartenant ou dit chastel, et la maison d'Auzon ou dit bailliage, au prix de trois cents livrées de terre aux environs, si comme il dit plus à plein apparoir par lettres royaux sur ce faites », il avait rendu hommage de ces fiefs au régent^. Ce changement fut, suivant toute apparence, suggéré par le prince Jean. La donation d'Auzon constate l'hommage fait encore au régent par Thomas de la Marche des « autres dons a li fai^ par nos seigneurs les prédécesseurs Rqys de France, tant à héritage, à vie, comme autrement^ ». Je n'ai pu préciser la nature, l'étendue et la situation de ces autres biens. Peut-être étaient-ce ceux de la banlieue de Paris, de Loudun et du Cotentin maintenus en principe.
Laissant Pierre Salmand et autres officiers royaux chargés de l'assiette commencer contre ceux du comte Dauphin et des seigneurs voisins la guerre de chicane que les procédures de cette «orte iaisaient naître d'ordinaire, le bâtard de France se mit d'abord en possession de ses châteaux d'Auvergne, où l'attendaient bien d'autres déboires.
Les barons de la province et ses adversaires du grand conseil
al., JJ, n* 74. V. pittes jusiif.
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loo THOMAS DE LA MARCHE
n'avaient peut-être pas tout à fait tort de redouter en lui de plus grandes ambitions. Il trahit d'inquiétantes velléités en poursuivant l'assiette de ses 3,000 livres de rentes terriennes, non pas seulement sur la prévôté de Nonette ou » au plus près » ainsi que le portait la donation du régent, mais sur les villes même de Riom et de Montferrand et sur leurs territoires, malgré la distance d'une quinzaine de lieues qui les séparait du château de Nonette. Riom était la capitale de ce qu'on appelait au xiii' siècle la « Terre d'Auvergne » et qui devait être érigée deux ans plus tard en duché pour le prince Jean. Là résidaient le sénéchal et sa cour de justice ; \-\ fonctionnait l'hôtel royal des monnaies fondé sous saint Louis, avec son entourage de traitants, de changeurs, de banquiers lombards bien fournis d'argent, ainsi que les comptoirs des compagnies de marchands italiens, au milieu d'une population dont l'excellente administration d'Alfonse de Poitiers avait considérablement accru le nombre et la richesse '. Cette ville royale quelque peu déchue depuis, mais alors très prospère par son industrie, son commerce et ses foires, était en passe de devenir le chef d'une province dont Clermoni était la ville épiscopale, A douze kilomètres de là seulement, Moniferrand, uni à la couronne par Philippe le Bel depuis soixante-six ans, également beaucoup plus riche et plus peuplée que de nos jours, avait un prix particulier pour qui aspirait à devenir le maître de l'Auvergne. On y pouvait tenir en respect et surprendre au besoin Clermont dont il n'est plus qu'un faubourg. Ses bons remparts commandaient, comme ceux de Riom, la grande route de Paris au Languedoc, les fécondes plaines de la Limagne et la vallée de l'Allier. Thomas de la Marche dans Riom et Montferrand, pour si peu que ce fût, avec le droit de « main armée », c'était le domaine royal d'Auvergne passant sous sa domination de fait.
En excédant ainsi les termes de la donation du régent, le prince aventurier ne pouvait guère se dissimuler les obstacles que son audace allait susciter. Il faut qu'il ait bien compté sur la faveur de Charles V et sur l'amitié du duc Louis pour s'être engagé dans une si audacieuse manœuvre.
1 Hamines noUros de Riomo qui. cum longo lemp re quiète et pacifice vixerini sut noitro regimine, nec per nos exiorta fuerit pecunia ab eisdem, ampUsUmis factiltatibua, etc. Ainsi s'euprlme Alfonsc de Puitiera dans une letirc i son tfonnét.ibl; d'Auvergne du 3 mai ladë. (J'rétor det Ck., JJ, 14, fol. 117).
Deux influences considérables se disputaient alors en effet l'Auvergne, celle du duc de Bourbon et celle du comte de Poitiers. Sous la correction courtoise des relations nécessaires entre le frère et le beau-frère du chef de l'Etat, il y avait deux partis. De chaque côté on convoitait la possession d'une province de soixante lieues de long, précieuse pour la guerre comme pour la paix. Déjà, vers i327, Louis I" de Clermont (en Beauvoisis), premier duc de Bourbon et grand-père de Louis II, avait voulu y prendre pied en se faisant céder Montferrand par Charles le Bel '. Les événements allaient bientôt témoigner que Jean de France, comte de Poitiers, nourrissait de semblables desseins. Je signalerai en passant, parce qu'il est également resté inconnu, un incident qui démontre combien était intense chez les deux membres de la maison royale le désir de s'approprier cette province, lien naturel entre leurs autres domaines du centre et leurs intérêts méridionaux. En i366, Charles V, plus mécontent que jamais de la conduite de son frère ^, voulut lui retirer l'Auvergne et la donner à Louis de Bourbon en mariant ce dernier avec une princesse dont le nom n'est pas indiqué. Le 7 janvier j36-j, les consuls de Riom ayant eu vent de la chose, se hâtèrent d'écrire à leurs collègues de Montferrand que la donation de l'Auvergne au duc de Louis était faite 3, à l'occasion, disent-ils, de son mariage. Mais, mieux instruit, le duc Jean, qui se trouvait à Riom, avait, trois jours avant, envoyé à Montferrand un de ses officiers les plus dévoués, Robert Gardelle lieutenant de son bailli d'Auvergne, escorté de trois autres émissaires et porteur d'une lettre fermée de son sceau secret, par laquelle il intimait aux habitants l'ordre formel « de n'obéir à qui que ce soit sans commandement
mun. de Clermont. Fonds Montferrand. AA, liasse ii.
ne rentré de sa ddieiition d'AnelcIcrrc, le prince Jean n'eut d' : d'augmenter ses revenus, même au» dcj ait presque en rcbcllion contre le roi son (
les plus sacrées, celles de iir,c,, la jui supérieure des exempts dans la province d'Auvergne où la vaste étendue de d'église eût presque triplé du coup son duché. Il ne s'inclina ni devant les a Parlement de i3(î5, ni devant les mandements royaux ; et, contre tous droits, il sous son sceau secret i ses officiers de Haute- Auvergne, en l37l, l'ordre de
s nonobstant toute ordonnance contraire e. (Aich.
>risait, palîenl.tit, mais son méconieniement était e
î Arc'i. nal. de Clermont, Reg. consul, de Montferra<td de i366-6y. Dis demain, les consuls de Montferrand envoyircnl deux d'entre eux pour avoir de; sur cette tjrave nouvelle.
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loa THOMAS DE LA MARCHE
exprès et de bouche de son lieutenant ' ». Il se démena si bien que les deux profets furent rompus. Louis II persévéra dans la politique liéréditaire de sa famille en épousant quatre ans plus tard (19 août iSyi), au château d'Ardes, Anne Dauphine, fille et héritière de Béraud II, qui lui porta le comté de Ctermont, le dauphine d'Auvergne, la baronnie de Mercœur et le comté de Forez, Cette politique ne triompha déhnitivement que le 24 juin 1400 dans l'hôtel de Nesie, par le mariage de son fils aîné Jean I" de Bourbon avec Marie de Berry, fille du duc Jean. Il valut à l'époux et à sa descendance le duché d'Auvergne que les Bourbons possédèrent ensuite plus d'un siècle, jusqu'à la trahison du connétable.
Thomas de la Marche, tenu à distance par la faînille régnante, était naturellement du parti du duc de Bourbon. Pour commissaires de l'assiette, il avait fait nommer ses propres officiers. Ceux-ci étaient au travail à Riom et à Montferrand lorsque ces villes portèrent leurs protestations au pied du trône et revendiquèrent leurs privilèges d"immédiatité au souverain. Montferrand fit valoir l'annulation par le parlement de l'acte qui l'avait démembré de la couronne au profit du chef de la maison de Bourbon sous Charles le Bel ^. La requête se taisait sur te sort pareil réservé à la donation du même prince à Pierre Rémy, son omnipotent ministre, à l'occasion de son mariage avec Blanche Chauchat, sœur de Louis trésorier d'Auvergne et fille d'un financier anobli. C'était surtout l'influence du duc Louis II que voulaient écarter les partisans du comte de Poitiers. Viser uniquement l'échec de Louis I", c'était atteindre Louis II et dire à la cour qu'elle ne pouvait accorder au client du petit-fils ce qu'elle avait refusé au grand-père en personne.
La politique l'emporta, cette fois d'accord avec le droit. Le 24 novembre i358, avec une célérité trop rare pour n'y pas reconnaître l'intervention de Jean de France, le parlement évinçait le
1 Même reg. Les aulres officiers étaient Pierre Bertrand, substitut du procureur fiscal du duc, un notaire et Roberl Verdier, de Montferrand. Le duc Louis eut-il un instant l'inienlion de prendre possession de TAuvcrgne par la force, en prévision d'une résistance du duc Jean, cela est possible. On le voit à ce moment s'nasurer le concours personnel et l'alliance militaire des plus puissanis parmi les seigneurs du pays. Le 19 mars 1367, l'un des plus réputés comme chef de guerre, Guillaume Vil Comtour, aire d'Apchon, premier baron des Montagnes, s'enijaiic. par traité particulier,
viagère de 300 livres. lArch. nal., Jonds' Bourbon, orig. fr., p. iJjO, cote i6i5). 1 Arch. mm. de Clermonl. Fonds MoM/errand, AA, 11. Orig. parch.
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THOMAS DE LA MARCHE ift3
bâtard royal de ses prétentions sur Riom et Montferrand. Charles V écrivait, le même jour, à son gouverneur d'Auvergne ainsi qu'aux commissaires de l'assiette de s'opposer à tout démembrement des deux villes au profit de « son chevalier Thomas de la Marche' ». Quelques mois encore, et leurs privilèges d'inaliénabilité ne seront plus trouvés inviolables pour le comte de Poitiers; il se fera donner, à lui, Riom et Momfenand avec le surplus de l'Auvergne royale*. Ces villes furent les deux perles de son duché.
Ainsi échoua la nouvelle tentative du bâtard de France pour sortir de la foule où toujours le repoussait plus que toute autre chose l'inflexible raison d'état.
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1 Ibid. V. piices justifie.
2 La Terre d'Auvergne, quand elle fut drigiic en duché en i3(>o, avait (rois o bonnes viries dans l'ordre hiémrcliîque sviivanl : Riom, Moniferruiul, .\igucperse. Mais en ■ 356, elle n'avait encore que les deux premiires Aigucpcrse ne fut acquis, assez vilainement du reste, par le prince Jean, qu'apris l'irecuon.
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