RKSPONSE DK MONSIEUR LE PREMIER PRÉSIDENT DONNÉE A MONSIEUR
d'espernon, le 29 novembre 1614.
« La court, par exprès commandement du roy, lequel à l'imitation de ses prédécesseurs est plus enclin à la douceur et clémence qu'à la rigueur, avec la considération de vos longs services, veut plus tost croire le bien que le mal, et interprétant bénignement les actions d'un ancien officier de la couronne, duc et pair de France, reçoit vos excuses par le mesme très-exprès commandement du roy, espérant que cela vous occasionnera vous et vos eufans à rendre au roy et à l'Estat les services que vous estes obligé de luy rendre, et vous tiendra à l'advenir au respect et honneur que vous debvez à la court. »
Les propos de M. d'Espernon à ladite court , après qu'il se fut assis en sa place de duc et pair, au-dessous de M. le Prince, avec messieurs Legrand et de Ventadour, lequel y estoit allé porter la volonté du roy, furent qu'il recognoissoit à la vérité de s'eslre un peu trop avancé en l'affaire du fauxbourg Saint-Germain, priant la court de l'en excuser et ue voire point au surplus qu'il eust jamais eu dessein de s'attacher à la compagnie autrement que par respect, ayant l'honneur d'en estre; que si par quelques-uns des siens elle avoit esté offensée de parolle
5oa DOCUMENTS HISTORIQUES INÉDITS.
ou d'effet, il en portoit le principal regret , et la prioit encore de l'en excuser. Ensemble aussy, si son discours mal limé, ne pouvoil par avanture contenter les oreilles de ladite compagnie, la priant de pardonner à un viel capitaine de gens de pied qui savoit mieux faire que dire.
La royne avoit, le venredy précédent , envoyé prier mondit sieur le Prince par M. le président Janin, de ne vouloir point assister à cette action ; mais il luy manda qu'il y estoit engagé , et ne pouvoit s'en exempter. Que M. d'Espernon le pourroit bien récuser, s'il luy plaisoît, mais que messieurs du parlement jugeraient les causes de récusation. En quoy l'on dit qu'il a acquis beaucoup d'honneur.