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N° II

HKCCEII. PRÉSENTÉ AU BOT, DE CE QUI SE PASSE EN l'aSSFMBLÉE I»! COMMERCE, AU PAT.AIS, A PARIS j

FAICT PAR HI7HI»S, COKTROI.LEUH GÉKKML Dt DIT COMMfMfc. k FABI», PAR PIMtS P*trrONttlKH, IMPRIMEUR DU ROY.

(Sur l'imprimé qui est à U Bibliothèque Mturinr. ) «

Table et abrégé de ce discours.

Le plan t des meuriers et art de la soye.

Les nouveaux bastiraens pour les manufactures desdites soyes à Paris.

L'invention de faire des toilles d'escorces de meuriers.

Crespes fins et façon de Boulongne.

Corriger les mauvaises façons des bas de so)'e.

Le fi! d'or battu façon de Milan.

Tapisseryes de cuyr doré et drappé.

Moulins de fenderie et martinez.

La conversion du fer en fin acier par preuve certaine, près la Tout nelle à Paris.

Les apprentifs françois aux verreryes façon d'Italie, et autres manufactures estrangères.

Blanc de plomb se faict à Paris.

Canaux de plomb sans soudure.

Nouvelle façon de blusteaux.

I^a pescberye en la rivière de Seyne ainsi qu'à celle de Loyre.

Comme l'on doit continuer le plan des meuriers pour establir la manufacture des soyes en France, voyant les feuz roys Loys douziesme, François premier et Henry second qui ne l'ont sceu faire réussir à faulte de continuer.

L'entreprise d'un marchand de Foreslz, d'est ablir en trois ans l'an de la soye en son pais.

Autre qui entreprend d'eslablir toutes manufactures de Levant et d'Italie en Provence.

Moiens sommaires et faciles pour empescher les banqueroutes en lout le royaume.

Preuve d'eslablir toutes sortes de tapis de Turquie à Paris.

Establissement en Normandie de toutes sortes de toilles fines façon d'Hollande, et autres estrangères.

Satins façon de Borges et damas capliars establvs à Troyes.

Futaines d'Angleterre establies en France.

Règlement général sur la police de Paris, qui servira par tout le royaume.

Moien d'osier les immondices de Paris et autres villes.

Moiens succeinclz pour apprendre au peuple du plat pays d'égaler les taux et cotisations.

La nécessité d'establir les haratz, à cause de l'or et de l'argent qui se transporte hors du rovaume.

a8/, DOCUMENTS HISTORIQUES INÉDITS.

Rétablissement des draps de laine et teintures en leur aucienue bonté.

L'invention de faire filer les pauvres, jeunes et vieux, pour empesclier la mandicité.

Régler les artz et mestiers de Paris et autres du royaume.

La jonction des deux mers de Dourdeaux à Narbonne.

Rendre navigable la rivière d'Oise depuis la Seine jusques à Guise.

Rendre aussi navigable la rivière de Tbérain en celle d'Oise depuis Beau vais.

Autre navigation d'Annan son en Bourgongne, jusques en la rivière de Saine.

Faire aller des basteaux sur les rivières de France à voilles et à rames, et là enchesner les larrons et fainéantz comme aux galaires.

Faire moudre des moulins avec eaux dormantes par inventions facilles.

Remettre le fer doux en usage aux forges.

Faire croistre le ris en France ainsi que le bled.

La plainte des mauvais raisins qui ne servent qu'à teindre et corrompre les vins d'Orléans et autres.

Privilèges aux ouvriers pour les manufactures nouvelles que l'on commence à establir à Mante, Ponthoise, Melun et Estampes, et autres qui se présentent, ce qui donnera exemple à faire le semblable de province en province, pour le bien général, tant du roy que de ses sujets.

RECUEIL PRÉSENTÉ AU ROT, DE CK QUI SE PASSE EN LASSEMBLÉE DU COMMERCE, AU PALAIS, A PARIS.

PKEMiêitF.MKHT : Ce qui a esté délibéré par les Commissaires ordonnes par Sa Majesté pour ledit commerce, arresté par Messieurs du Conseil et mis à cflccl el parfaitte exécution.

L'establissement du plant des m eu ri ers et art de faire la soye en France, avec l'entrcprinse de toutes sortes de manufactures d'icelles, et des plus excellentes, que les François estoient contiaintz aller qué-

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rir hors du royaume , et transporter plus de six millions d'escus à cet effect par chacun an , sans retour d'aucunes marchandises ni commoditez que de musc et senteurs, affiquetz de luxe, et toutes sortes de poisons de corps et d'esprit.

Lequel establissement commence à florir et réussir, au contentement d'une infinité de gens de bien et d'honneur, dès l'an passé i6o3, ez généralitez de Paris, Orléans, Tours et Lyon, et pour la présente année au gouvernement de Poitou, soubz la faveur et sage permission de monseigneur de Rosny, et dont les proffitz sont prestzà recueillir dans peu d'années par l'abondance des feuilles de meuriers qui ont esté et seront plantez et semez en nombre infiny, et doivent précéder et s'acroistre pour la nourriture des vers qui s'en fera par après sans aucune despense, si ledicl establissement n'est interrompu par deffaut de continuer ou par la malveillance des envieux ennemis du public.

k quby Sa Majesté donnera bon ordre, s'il luy plaist, par son exemple et authorité, puisqu'il luy a pieu faire faire de neuf, deux si beaux bastîmentz exprès, l'un en ses jardins des Tuilleries pour la nourriture desdits vers à soycs, qui ne se peut faire ni entretenir sans faire planter au préallablc des meuriers nécessaires pour les nourrir; el l'autre plus superbe, dans le Marché aux Chevaux pour y establir lesdites manufactures de soycs estrangères, qui seroit aussi une vaine entreprise sans ledit plan de meuriers et nourriture de vers, pour en tirer la soye qu'il faudrait autrement achepter trop chèrement des es t rangers.

La nouvelle invention de faire des toilles et cordages, des escorses des meuriers blancs, plus facilement que des orties et des escorces du til et autres arbres semblables, et de toutes sortes, fines et grosses, plus fortes et de plus longue durée que les autres; dont la première expérience s'est faicte par le sieur De Serres en Provence, et se doit establir l'année prochaine par toute la France, à l'endroit de ceux qui auront des meuriers blancs.

I*a prétieuse manufacture des crespes fins de Bolongne, tant crespe/ que Hz, el de toutes sortes, qui ne se faisoient cy-devant qu'en Italie, est maintenant establye dans le chasteau de la ville de Mante, par la permission dudit sieur de Rosny , considérant que le proffit en sera d'autant plus grand en la France, que l'usage desdits crespes de toutes sortes s'en rend commun et fréquent.

I,es statu tz et règlements faiclz sur la manufacture des bas d'estame et de soyes, pour arrester les abbuz et malversations qui s'y commectoient, et donner ordre à l'advenir que le public en soit mieux servi, el qu'elle se puisse continuer en la France, en telle perfection que nous en puissions fournir aux pays estrangers.

L'establissement de filler l'or façon de Milan, qui se void introduit d.ms sa perfection et en grande quantité dans l'hostcl de la Maque, soubz le sieur Turato milannois, qui fait espargner et retenir dans le royaume plus de douze cens mil escus par an, qui se transportent pour avoir dudit fil d'or de Milan, pour ce qu'il est plus beau et à meilleur marché que celuy qui se faisoit en France, en ce qu'on y employé la moitié moings d'or.

Pareil establissemenl des tapisseries de cuir doré el drappé, de toutes les sortes et coulleurs qu'il est possible de soubaitter, plus belles que la broderie roesmes, à meilleur marché et de plus grande durée pour la facilité et invention de les netloyer, entretenir et racouslrer ; cela se void ez grandes boutiques des faulbourgs Sainct-Honoré et <!<> Sainct-Jacques pour y nourrir et employer les pauvres gens.

Les moulins tranchant/ de fenderie et martinet/, establis *ui la rivière d'Estampes, et qui se communiquent par tous les autres endroiclz du royaume de France, où le fer se tranche el fend en tant

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de pièces, si menues et de telle façon qu'on veult, ce qui ne se faisoil auparavant qu'à la main chez les serruriers et autres tels ouvriers bien chèrement, ou que nous estions conlrainctz aller quérir aux pays est rangers, comme les verges de fer à tenir les verrières, qui nous sont apportées d'Allemagne, avec les verges de lilz à tenir les custodes, et une infinité d'autres semblables: comme aussi le cuivre et l'airein qui se bat et s'applatist à la main par les chaudronniers et autres ouvriers à grandz fraiz , se façonne esdits moulins en lames si plates et en telles formes que l'on veut, plus en un jour qu'un chaudronnier n'en sçauroit faire en un mois et à meilleur marché, ce qui est utile aussi grandement pour les cuirasses et autres espèces d'armes.

La conversion du fer et d'autres mines dont nous abondons en France, en fin acier que nous estions aussi contraincts d'aller chercher en Piedmont, en Allemagne et autres pays est rangers pour cinq ou six solz la livre, ne s'en estant jamais trouvé en France que du fer fort qu'ils appellent par excellence petit acier de Brie ou de Saint-Disier, qui ne se vend que de deux à trois soulz tout au plus, fort différend de l'autre. On en peut voir l'eslablissement et les fourneaux et en admirer l'excellence aux faulbourgs Sainct-Victor sur l'embouchure de la rivière des Gobelins.

Les anciennes verreries en France, de si longtemps ordonnées poulies pauvres gentil/hommes nécessiteux, qui s'y peuvent adonner et en faire traffic sans déroger à noblesse, à présent supprimées par les Italiens qui ont introduit de nouvelles verreries de cristal sans les corn* muniquer à autres que de leur nation, seront restablies en faveur de la pauvre noblesse françoise, en ce qu'il est ordonné par la diligence desdits sieurs commissaires que, désormais, lesdits Italiens seront tenuz apprendre l'industrie et l'invention de leurs verres de cristal aux François qu'ilz prendront pour apprentifs; ce qu'ilz avoienl cydevant refusé pour les deffences qu'ils prétendoient leur en estre faictes par leurs princes , et le serment qu'ilz en debvoienl à leur patrie : à quoy est remédié par lettres de naluralité et par le moyen d'icel-

(es, au transport qu'ilz faisoient de leurs richesses et commoditez hors de la France. Le mesme est ordonné et réglé pour les tuilliers et tapissiers flaments qui ne vouloient aussi laisser le segret de leur industrie en France.

L'establissemeut du blanc de plomb, qui est une espèce de drogue ou quintessence tirée du plomb, grandement nécessaire et commune pour lez peintres, médecines des chevaux et plusieurs autres usages, qu'on estoit contrainct aller chercher et achepter chèrement hors de la France, et maintenant elle y est eslablie beaucoup meilleure et à meilleur marché.

Pareil establissement des tuyaux et canaux de plomb, tant longs cl de tel calibre que l'on veut, battus et légers comme le fer à cuirasses, plus forts et de plus longue durée que les autres canaux de plomb ordinaires et accoutumez, à meilleur marché, et qui rendent les eaux qui y coulent plus salubres pour le corps humain , à cause des ingrédiens de la soudure qui tiennent du poison et corrompent l'eau qui y passe, aussi que ladite soudure laisse toujours des petites languettes ou gouttes pénétrantes et pendantes, qui an estent et font croupir le limon de l'eau et en faict crever le tuyau qui s'en estouppe, avec plusieurs autres secrets et commoditez qui en dépendent. L'entrepreneur est horloger et s'appelle Ferrier, demeurant au faubourg Saint- Ceimaio.

L'invention nouvelle de blusteaux pour faire bluster plus de farine en une heure qu'on n'en peut faire en un jour par la façon ordinaire, et où les enfans depuis l'aage de sept ans, les aveugles et vieillards décrépitez, peuvent gaigner leur vie, assis et sans peine ni travail du corps, et rendre la farine plus nette et salubrepour le corps humain, en ce qu'elle demeure renfermée dans un grand cofre, au lieu que les boulangers, pàticiers et autres la font bluster par des valletz nuz, salles et quelquefois mal sains, qui laissent crouppir une partie de leurs farines aux coings et recoings de leurs greniers . puis une fois

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la sepmaine ou le moys seulement , la ramassent toute éventée, poudreuse et aigrie, qui rend le pain malsain et de mauvais goust. L'entrepreneur desdits blusteaux demeure chez le sieur Mercure, parfumeur du roy, en la rue Sainct-Honoré près du Louvre.

Pareille invention nouvelle de pescher en tous endroilz de la rivière de Seine, des lamproyes, saulmons, alloses et lous autres poissons de mer passagers, et ce depuis Noël jusques à Pasques continuellement, et de la m es me façon comme il s'en pesche à Nantes, Angers et autres endroitz de la rivière de Loire, et comme les pescheurs et marchandz de poissons de Paris sont demeurez d'accord qu'il s'en pesche à Crevant, à Montereau, et quelques autres endroietz de ladite rivière de Seine; mais qu'il/, n'en ont l'invention nv l'industrie à Paris ny ailleurs.

Il y a eu plusieurs autres nouvelles inventions proposées, examinées et rejettées par l'advis desdits sieurs commissaires, comme l'introduction des marchandz estrangers qui se vouloient habituer et trafiquer aux bonnes villes de France, où lesdits sieurs ont donné plusieurs ad vis, instructions et mémoires par commandement de Sa Majesté.

Skcomdkmkiit : Autres propositions sur le faict dudit commerce, pareillement délibérées par lesdits sieurs Commissaires, mais non encore* arrcslées par nosdits sieurs du Conseil.

La continuation dudit establissement du plan des meuriers et art de la soye pour la troisième et dernière année, qui est la prochaine i6o5, par le reste de la France où il n'a encor esté faict , et particulièrement en la Normandie, où l'essay s'en est faict fort heureusement cet esté dernier, en la ville de Rouen, et où il est désiré j»ar plusieurs personnes de qualité qui en ont gousté et jugé le fruict ; et où il serait encore plus convenable powr le naturel et la commodité du peuple de la province, tout laborieux, industrieux, et addonné au tralfic, et affin que par ce moyen ceste riche et prétieuse manue des soyes

atjo DOCUMENTS HISTORIQUES INÉDITS.

fust plus universellement respandue par la France, se pouvant plus aisément couller et communiquer par les autres provinces de soymesme, pour la proximité de celles où ledit eslablissement est exécuté : bien qu'il soit désiré par les plus sages et principaux des provinces de Champagne, Bourgongne, Gascongne, Berry, Bourbonnois et autres, qui en prévoient le succez pour l'enrichissement de leur peuple.

Aussi que c'est chose promise et contractée par Sa Majesté avec les entrepreneurs dudit establishment, qu'il se continueroit par trois diverses années consécutives, pour se perpétuer, sans que jamais il en / puisse advenir comme du temps des rois ses prédécesseurs Loys XII, François Ier et Henry II , qui l'ont entreprins sans le pouvoir faire réussir, par faute de continuer, ayant ainsi le roy, seul entre touz sesdits prédécesseurs, ceste divine remarque, et qui le fait vrayement approcher plus prest de la divinité , de ne rien promettre sans le tenir, et de ne rien entreprendre sans l'accomplir, comme la guerre, ses bastimentz et une infinité de ses autres généreuses actions le démonstrent assez. Sa Majesté a prudemment préveu et jugé que, comme ce n'estoit assez pour ce grand et très-riche dessein d'entreprendre le plant des meuriers seul , qui n'y adjousteroit l'art de la soye par la nourriture des vers qui se fait facilement des feuilles desdits meuriers, ny ces deux choses ensembles, qui n'y suradjousteroit encore la troisième pour le parfaict accomplissement , qui est la manufacture desdites soyes en toutes les façons et perfections, dont les estrangers prei lignent tant d'avantage et d'argeut sur nous : de mesme aussi ce ne seroit assez de commencer ceste entreprinse pour un an ni pour deux, si elle n'estoit continuée la troisième année pour y recepvoir sa perfection; estant à craindre que si l'humeur des François se vient une fois à débander sur le retranchement ou relaschement de ladite troisième année promise, on ne prengne cela pour une condemnation de l'entreprise et que tout ce qui est si heureusement avancé ne devienne à néant; joinct que de penser establir les manufactures sans establir par mesme moyen l'art de faire la soye et le plant des meuriers , ce seroit chose vaine et impossible.

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Et pour communiquer plus particulièrement le dessein de ceste nouvelle entreprise aux monastères et convenir, et autres corps et communaulez du clergé de France, et les rendre plus facilement participants de ce grand enrichissement de soyes et de toutes sortes de manufactures d'icelles, sans aulcuns fraiz ny despense, pour les ornements de leurs esglises; les advis et traitiez en ont eslé délibérés et dressez et mis entre les mains de Messieurs les agentz dudit clergé. Ne reste qu'à les auctoriser et exécuter, et en sont sollicitez par les entrepreneurs, qui n'attendent que la commodité de leur première assemblée; Monsieur de Paris le premier en a franchy le pas, et donné l'exemple par ses commissions et mandements pour ce qui est de son diocèse.

Un seul particulier, riche marchand et qualifié, autant affectionné au bien de sa patrie comme asseuré de l'enrichissement qui en doit réussir, entreprent pour tout le pays de Forestz, d'ailleurs assez stérile et pauvre, ledit establissement du plant de meuriers et art de la soye, en trois ans, pour fort petite somme par chacune année, et de rendre sondit pays remply et enrichi desdites soyes, qu'ils sont contrainclz achepter chèrement hors le royaulme pour les manufactures qui y sont establies de longtemps et au pays de Lionnois, mais qui ne s'y peuvent accroistre ni maintenir pour la cherté desdites soyes; l'advis et les mémoires en sont tous prestz et dressez; ne reste qu'à les authoriser et exécuter,

Pareille entreprinse par homme qualifié et bien caultionné, d'eslablir en Provence ledit plant de meuriers et art de la soye, avec cent atteliers des principales manufactures d'icelles, qui n'ont oneques peu se faire en France, sinon à Paris en l'hostel de la Maque, et ailleurs où ilz se commencent (soulz la conduicte des entrepreneurs), comme velours de Milan, satin de Luques, clamas de Gesnes, et autres des plus exquises, tous grandz draps, et outre ce, toutes sorte* des rares et prêteuses manufactures de Levant, soient camelot 7. ou tapis de Turquie,

toilles et autres ouvrages de cotton, et ce par les trois principales villes de la province, Aix, Arles et Marseille : l'advis et les traitiez en sont délibérez et dressez, ne reste pareillement qu'à les authoriser et faire exécuter.

Le mes nie entreprend d'establir un remède fort seur et facile pour empescher toutes les frauduleuses banqueroutes qui se font et desseignent si communément aujourd'buy par la France, ce qui a esté veu, examiné et délibéré par lesdits sieurs commissaires, avec plusieurs marchands et autres personnes de qualité, bien entendues sur le faict desdites banquerouttes. L'exécution en est prompte et facile, fondée sur les loix et ordonnances, sans aucun préjudice qu'à ceux qui auront mauvaise volonté, qui ne doivent estre préférez aux bons niarchandz et gens de bien qui le désirent en grand nombre.

Un autre comprend d'establir à Paris, et par toute la France, la manufacture des tapis de Turquie de toutes sortes, soit persiens, cayrins, alexandrins, janiens, et autres, plus beaux, plus fortz, et à meilleur marché ; il en a faict des espreuves belles et en perfection, que le roy et plusieurs autres seigneurs de qualité ont jugé très-utiles et agréables : lesdits sieurs commissaires en ont de longtemps donné leur advis par eseript, avec cognoissance de cause.

Les satins de Burges et damas cafardz, qui sont estoffes fort légères et commodes et de grand usage et débit , ne se faisoient en France , mais la manufacture s'en introduit en la ville de Troyes en Champaigue et pays circonvoisins , par un François qui en veut entreprendre l'establissement, dont les conditions ont esté aussi examinées el délibérées par l'advis desdits sieurs commissaires , fort faciles à exécuter.

Les futaines d'Angleterre sont ainsi appelées, combien qu'elles soient manufacturées en France, en Italie et en Allemagne, en bien

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plus grande perfection qu'audit pays d'Angleterre, où il ne s'en l'ait quasi point : mais elles y sont toutes portées pour un secret qu'ils avoient seulz au pals d'Angleterre, de les sçavoir teindre, aprester et frizer en perfection; mais ce secret est descouvert et introduit en France : à quoy lesdils sieurs commissaires ont de longtemps beaucoup travaillé, pour eu faire recognoistre la véiité de l'espreuve et du proffil par les experlz, et en disposer reslablissemeut, duquel il est certain qu'il peut provenir beaucoup de commodité et d'enrichissement pour le grand gain qui se faisoit eu ceste dernière façon, et le grand débit.

La manufacture naturelle des toilles fines et façon d'Holandes , et autres semblables, qui sont si chères, ne s'est faille jtisques à présent en France, et sommes contrainclz les achepter des csl rangers, où il se transporte une grande quantité d'or et d'argent, combien que nous en ayons les lins et autres principales estoffes abondamment en France, plus que lesdils estrangers qui les viennent prendre et achepter de nous, pour les nous revendre manufacturées incontinent après et y gaignent le quadruple et plus: ce qui ne procède que de la seule industrie de les blanchir, façonner et polir; mais il s'est trouvé deux riches marchandz qui ont entreprins de les faire filler, manufacturer, blanchir et façonner dans les faubourgs de la ville de Rouen, en telle quantité qu'ilz en fourniront la France : leurs mémoires et propositions ont esté examinées et délibérées en la compagnie desdils sieurs commissaires, par commandement et renvoy à eux fait par Sa Majesté : ilz en ont donné leurs advis soubz le bon plaisir de Sadite Majesté, duquel ilz espèrent qu'il proviendra un grand trésor à la France, quand il sera exécuté.

Lesdicts sieurs commissaires ont aussi de longtemps et curieusement recherché les moyens de restablir la police à Paris et par toute la France, et empescher tous les abbuz et contraventions des ordonnances qui s'y commectent; ilz en ont dressé un ample mémoire en forme d'advis, fondé sur les ordonnances dont ilz ont tiré les extraitz

ag4 DOCUMENTS HISTORIQUES INÉDITS.

attachez avec ledit advis : le tout délibéré en présence de monsieur le président Jannyn , et mis ez mains de monsieur de Chasteauneuf pour eu faire son rapport au conseil.

Pareil advis aussi fondé sur les ordonnances, pour régler le taux des vivres par toutes les hostelleries de France, le renouveller et l'entretenir continuellement, sans qu'il en puisse plus advenir d'abbuz ni d'inconvénient; facile à résoudre et exécuter.

Autre grand advis pour faire nettoyer la ville de Paris (et toutes les autres de la France puis après facilement à son exemple), tant des boues et autres sortes d'immondices que des pauvres ausquelz on fera gaigner leur vie, jusques aux plus pelitz enfans, en les employant aux oeconomies et nourriture de porcs et vollailles, qui se feront par l'en* trepreneur ez environs de ladite ville, tant de ce qui sera recueilly et inesnagé desdites immondices, qu'autres pastures dont on les nourrira eu grande quantité, sans aucuns fraiz ni despense, par nouvelles inventions, desquelles les principalles propositions ont esté vérifiées par arrest de la court de parlement, et les réglementz et plus spéciaux articles de ladite entreprinse, et de l'exécution d'icelle, délibérez et rédigez par lesdits sieurs commissaires , qui est l'une des plus belles entreprises qui se puisse faire pour le bien public et commodité de ladite ville de Paris, qui s'exécutera promptement et facilement si elle estoit entendue et favorisée de Sa Majesté et de Messieurs du conseil.

Autre advis pour le règlement des tailles et greffes des eslections, au grand soulagement du pauvre peuple du plat pays, qui ne scavent escripre ni conter, pour leur faire cognoistre par eux-mesmes l'esgallement de leurs taux au sol la livre, et leur retrancher une infinité de procez qu'ilz font tous les jours sur ce subject , par faute de le pouvoir entendre et juger eux-mesmes : pour faire aussi garder et servir les procès-verbaux des chevauchées et plaintes, les vérifications qui s'y font sur les lieux et qui se perdent et sont aujourd'huy du tout inutiles : pour conserver pareillement et avoir recours aux roolles des

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tailles à jamais, qui se perdent et suppriment presque tous les ans, sans qu'on y puisse avoir recours contre les usurpateurs de noblesse, pour leur monstrer qu'autrefois eux-mêmes ou leurs pères ont payé les tailles ; pour vériffier les taux par comparaison des années précédentes, et pour une inBnité d'autres commodité?, dont on s'en peut servir pour l'abbréviation desditz procès et soulagement du peuple.

TROisiimMUT : Autres propositions reccues et examinées, mais non encores délibérées 'par lesdits sieurs Commissaires , pour ce tro'elles requièrent plus ample instruction.

L'establissement des haratz en France pour y remettre des chevaux en telle quantité et perfection qu'ils y estoient du temps de Chai le magne et auparavant, où il se trouve qu'il y en avoit plus que de beufz et de vaches, et que tant s'en faut que les François fussent contrainctz d'en achepter des est rangers, qu'ilz en fournissoient toute l'Europe, tant les pasturages et les eaux et toutes autres commodités nécessaires pour les chevaux y sont abondantes et exquises. Lesdicts sieurs commissaires ont envoyé lettres de Sa Majesté vers tous les baiilifs et sénéchaux de chasque province, pour avoir advis des lieux où jà lesdits haratz se trouvèrent eslablis, et des commoditez d'y en establir davantage , et et autres lieux commodes de la France où il n'y en a point à présent, affin d'en faire un bon et ample règlement et establissement général , et de n'oublier les provinces et les lieux qui y seront plus propices, avec des instructions publiques pour la nourriture et entreténement deadits haratz et de tout ce qui en despend.

Le r establissement des manufactures de drapperie et des teintures en leurs bonté, légalité et perfection antienne; pour auquel parvenir, a esté préalable rechercher les slatuz et réglemenlz antiens, de neuf ou dix mestiers qui en despendent , avoir advis et mémoires des abbuz et malversations qui s'y commettent en chacun d'iceux, selon la différence des estoffes et diversité des provinces : à quoy lesdits sieurs

commissaires ont travaillé incessamment depuis deux ans, sans aucuns fond* ny moyens pour faire les fraiz des perquisitions et instructions nécessaires, qu'il faut tirer des provinces eslongnées: qui est cause de la longueur et eslongnement de cet affaire, qu'ilz espèrent néanmoings mettre bien tost en avant, par la faveur et entremise de monseigneur le cfaancellier, et de monsieur de Gesvres secrétaire d' estât, et de plusieurs autres seigneurs du conseil qui en facilitent et authorisent les despéches et commissions nécessaires, par le commandement de Sa Majesté, de l'expédition desquelles dépend le retardement ou avancement de la plus part des autres affaires dudit commerce.

L'invention nouvelle de faire filler en un seul attelier grand quantité de toutes sortes de laines, poil/, et cottons, lins, chanvres, filloseilles et autres semblables estoffes, par les petits enfans, aveugles, vieillars, manchotz et impotenlz, assis à leur ayse, sans travail ny peine de corps, plus en un jour qu'il ne s'en peut faire eu trois par les quenouilles et en plus grande perfection : l'autbeur en faict venir les expériences à Paris et en avance les fraiz, sur l'espérance qu'il a d'en estre recogneu par l'entremise et authorité desdits sieurs commissaires, qui en ont lia i lté et examiné les moyens, affin qu'après qu'ils en auront liré toutes les asseurauces, ils en puissent donner advis certain à Sa Majesté : qui sera un grand advancement et enrichissement pour les manufactures des toilles et de la drapperie, et d'une infinité d'autres belles estoffes, et pour retrencher le nombre effréné des pauvres qui y gaigneront leur vie.

L'enlreprinse de réformer et régler les mestiers et artisanlz de Paris (et par conséquent tous les autres de la France à leur exemple) : et pour ce faire, on est après de longtemps à tirer et recueillir d'eux les cnppies de leurs statut 7. et réglementz, avec mémoires des plaintes et entreprinses qu'ilz font les ungs sur les autres, et de ce qu'ilz désirent eux mesmes pour y remédier : affin que, sur le tout bien examiné avec les jurez et principaux desdits mestiers qui sont ouys, tant en conférence des ungs avec les autres que séparément comme il eschet , il soit

dressé un ample advis pour parvenir à un règlement général qui porte la réformation et direction desdits mestiers.

Autre entreprisse très importante et bien plus hardie, de joindre les deux mers ensemble et d'en rendre la navigaciou facille de l'une en l'autre, au travers de la France, sans plus passer au destroit de Gilbatard, par le moyen d'un canal bieu plus facille à faire entre les deux rivières qui passent l'une de Tholose en l'Océan et l'autre de Narbonne en la Méditerranée, que celuy qui se faict pour joindre les rivières de Seine et de Loire et qui couste cent quatre-vingtz mil escus en trois années ; et l'entrepreneur des deux mers offre caution de joindre la navigation desdites deux mers par son canal , dans un an , pour quarante mil escus seullement, auquel on fera passer et repasser un batteau de quatre pans de large d'une mer à l'autre, pour essay et preuve certaine de son dessein, qui est d'y faire passer les navires par après, pour peu de temps et de despense davantage qu'on y voudra employer, au respect d'une si belle entreprise qui seroit un grand enrichissement et commodité incroyable en ce royaume.

L'advis desdits sieurs commissaires est jà dressé avec grande connoissance de cause pour restablir la navigation de la rivière d'Oise depuis La Père en Picardie jusques à Chauny, comme elle estoit auparavant les premiers troubles : mais ilz travaillent pour rendre ladite rivière d'abondant navigable depuis la ville et chasteau de Guise, place frontière; ce qui apporterait non seulement un grand enrichissement aux pays circonvoisins pour le grand débit qu'ilz feraient des bledz, boys, fer, ardoises et autres marchandises dont ilz abondent, et pour la voiture des vins, sel et autres commoditez dont ilz ont nécessité; mais principalement pour rendre ladite ville de Guyse riche et populeuse, par le premier port de ladite rivière qui s'y establiroit, et faire qu'icelle rivière servirait d'un bon rampart à la France, qui est toute descouverte de ce costé-là, qui asseureroit et enrichirait infiniment toute la province de la Picardie : lesdits sieurs commissaires en ont faict faire des procès- verbaux de visitations, en ont escript et

traitté avec les gouverneurs et corps des principales villes voisines, et espèrent rendre l'entreprise facile et pour peu de fraix dans peu de temps , et que lesdites villes y contribueront suffisamment et volontairement.

La mesme entreprise se traitte et conduit pour rendre une autre petite rivière de Picardie, appelée le Thérain , navigable depuis la ville de Reauvais jusque* en la susdite rivière d'Oise (où elle se vient rendre vers Mootataire); il ne reste que d'en mesnager la despence et y disposer les habitants de ladite ville de Beauvais , et les voisines qui en tireront proffict et commodité : ce qui se traitte et s'advance par l'entremise et la vigilance desditz sieurs commissaires.

Une autre petite rivière en Bourgongne, appelée Armanson, qui est de longue estendue et passe par les villes d'Àuxerre, Tonnerre et autres pays de vignoble , se peut rendre dans peu de temps navigable et sans aucune despense au public , par l'entremise desdits sieurs commissaires, s'il plaist à Sa Majesté et Messieurs de son conseil continuer à les maintenir et authoriser leur advis , par le moyen d'un particulier riche et affectionné au bien de sa patrie, qui seul entreprend soubz la conduicte desditz sieurs commissaires d'en faire les fraiz, moyennant que pendant dix ans seulement ceux qui se voudront servir de la commodité de la navigation cTicelle souderont d P' M ... qu*il fournira

en luy payant la moitié seullement de ce qu'llz en payeroient par eliarroy.

Nouvelle invention de mener et faire aller des basteaux à voilles et à rames sur la rivière de Seine, et autres grands fleuves de la France, en aussi grande diligence quasi que les gallères sur la mer, pour conduire toutes personnes et marchandises à meilleur marché et à jours plus asseurez que par la voye ordinaire: Fédit en a esté cy-devant vériffié au parlement de Rouen et exécuté sur la rivière de Seine;

' Le bas de la page est coupé, et l'on ne voit que le haut des grandes lettres.

CONSEIL DU COMMERCE. 299 mais refusé au parlement de Paris, pour ce que l'entrepreneur vouloù avoir les condamnez aux galleres du ressort dudit parlement : mais il se trouve moyen de s'en passer et les laisser pour les gallères dn Roy, au contraire d'y employer les vagabons, cay menti valides, coupeurs de bourses , et antres tels mauvais garnimentz dont la France sera repurgée et grandement soulagée par ce nouvel ordre et invention facile à exécuter, sans inconvénient et sans fraiz.

Une autre nouvelle invention de faire des moulins à eau dormante en telz endroitz qu'on voudra, sans rivière ny ruisseaux, et qui serviront à moudre ou à follons ou à forges et à tous autres usages , laquelle eau se peut tirer de puis ou de mares, aussi bien que de la mer, des fontaines ou rivières tant loing ou tant prest qu'on voudra , et se garder en un réservoir, sans la refreschir et renouveller qu'en un an une fois ou deux tout au plus, et se tire dudit réservoir pour faire tourner le moulin , et y retourne incessamment et se conserve sans aucune diminution ou fort peu, par des pompes et nouveaux artifices : dont l'entrepreneur offre faire les essays et servir le public pour ceux qui s'en voudraient prévaloir de gré à gré, sur les expériences et asseurances que iesdits sieurs commissaires sont après de . rechercher et vérifier pour oster tous les abbus et préjudices qui en pourraient advenir.

La France abonde de mines et de forges de fer, et de rivières propres pour en faire le transport et traffic aux pays estrangers, néantmoiugs, il s'y est coulé un abbus si grand depuis les premiers troubles, que le commerce en est tellement diminué que nous sommes contrainetz de prendre du fer des Allemagne*, et autres pays estrangers , au lieu de leur en porter , et que tout ce qui se fait du fer de France ne vaut plus rien, et se casse bien plus tost qu'il ne se peut user : d'où procèdent plusieurs grands incoovénientz, la mort d'une infinité de gens de guerre, entre les mains desquels les armes fàittes du fer de France se rompent comme verres, les basteaux et navires en périssent souvent, les doux ou barres de fer s'y rompante tout à

. 3oo DOCUMENTS HISTORIQUES INÉDITS.

coup, les maisons et bastimentz tout de mesmeseu durent moings; les ouvrages des quinquailliers, serruriers, mareschaux et autres semblables ouvriers se cassent au moindre effort, ne s'usent ny durent aucunement comme ilz soulloienl et debvroient : ce qui procède d'un seul poinct, qui est qu'esdites forges on n'y fait plus que du fer aigre, au lieu de ce qu'on y faisoit auparavant presque tout fer doux , pour ce que le débit en est plus prompt et plus facile à cause que les ouvriers, qui ne debvroient employer que du fer doux qui est plus beau (clair comme l'argent) et de plus grande durée, n'acheptent plus que du fer aigre par une extresme avarice et deffaut de police, pour ce qu'il est à meilleur marché et que leurs ouvrages s'en rompent incontinent et ne durent poinct; de façon que pour un de ces ouvriers qui suffisoit y a trente ans, il s'en trouve aujourd'buy plus de vingtz bien employez au grand détriment du public : le règlement et le remède s'y peut, en peu de temps et facilement, aporter parla diligence et entremise desdils sieurs commissaires, avec augmentation des droitz et fermes de Sa Majesté.

Le ris, qui est une manne du ciel ainsi que les bledz, pour ce qu'il peut servir de pain et de viande aux pauvres gens , et à tous ceux qui voyagent sur mer, et les nourrir et subslanter autant que tous les deux ensemble, s'accbepte en France fort chèrement et à la livre comme le sucre, pour ce qu'il n'y en croist poinct, et faut porter nostre argent aux estrangers pour en avoir; néantmoingts il se présente homme de qualité qui veut entreprendre de le faire croistre en France, aussi facilement et pomptement quasi que le bled. Lesdits sieurs commissaires sont après d'en faire faire les espreuves et moyenner cet establissement , et le feroient bien plus promptemenl s'il plaisoit à Sa Majesté leur donner quelque peu de fondz pour ayder les despences qu'il convient faire aux essays et expériences, et en plusieurs instructions nécessaires pour cet article comme pour la pluspart des autres.

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Il s'est introduit un nouvel abbug, depuis les mesmes troubles, sur les vins d'Orléans et des pays circonvoisins , à cause de certains raisins qu'ilz y font croistre et augmenter tous les jours, qu'ilz appellent teincts, pour ce qu'il ne sert qu'à teindre et colorer les vins blancs, et qui de soy n'est bon ny salubre au corps humain; de façon que la pluspart des vins de ces pays sont aujourd'huy mixtionnez et malfaisants, qui est une grande tromperie pour le prix et la bonté, préjudiciable au public. Lesdits sieurs commissaires ont envoyé commission et lettres aux officiers des villes voisines pour donner advis et instructions des remèdes qui s'y pourront apporter, pour les examiner par après avec les marcbandz de vins et autres experts et entendus en

telz affaires {La dernière ligne est effacée.)

ter à Sa Majesté et Messieurs de son conseil.

Lesdits sieurs commissaires reçoivent tous les jours en leur bureau estably en la cbancelerie du palais , beaucoup d'autres plaintes, nouvelles propositions et inventions qui ne tendent qu'au bien du public et enrichissement du commerce, où ilz procéderaient bien plus diligemment et avec de plus grandz effetz s'il plaisoit à Sa Majesté d'ordonner qu'ilz eussent certains jours arrestez en chascune sepmaine où ilz pussent faire rapport au conseil des advis qu'ilz auraient examinez et dressez concernants leur commission du commerce, pour y estre résolus et délibérez en leurs présences comme rapporteurs : si mieux ne plaisoit à Sadite Majesté députer aucuns de messieurs du conseil en particulier, à cause des grandes occupations qui affluent journellement aux jours et heures du conseil , pour ouyr lesdits raportz et en référer à monseigneur le chancellier pour en accorder et ordonner les expéditions audit conseil, selon la qualité et conséquence des affaires, pour ce qu'il s'y en traitte plus souvent.

^oa DOCUMENTS HISTORIQUES INÉDITS.

CHARTE DE LOUIS VI, ROI DE FRANCE, CONTENANT OCTROY AUX PAUVRES DE DREUX DE MOUDRE GRATUITEMENT DAN8 TOUS SES MOULINS. (Communiquée par M. LxrÉvni, correspondant, à Chartres.) ANN. il 3a.

lu uutuiue Saucte et individue Trinitatis : Amen.

Ego Ludoticus , Dei gralîa Francorum rex : notum facimus tam t'uturis quam et instantibus, quateuus pro remedio animarum patris <*i raatris mee et antedecessorum nostrorum, et Philippi, filii nostri juin defuncti, misellis Drocarum damus in perpeluum et concedimus, Ludovico, fîlio nostro, et Adélaïde1 regina annuentibus, id juris in molendinis nostris, ut an non ara pro victu suo ibi molant; ita scilicel «|uod de eorum annona uihil molture nec molendinis, nec molendinariis pgebeatur, nec ab eis requiratur. Preterea volumus ut eorum ■muonaoA sine ulla dilatione molant, prêter eorum annonam que in molendinis invenietur. Quod ne valeat oblivione deleri, scripto coratuendavimus. Et ne possit a posteris infringi, sigilli nostri auctorilate ei norainis nostri karactere subterfirraavimus. Anno Incarnati Verbi m° C xxx" u°r regni. nostri xx" v% Ludovico filio nostro in regem sublimato, asiantibus in Palatio nostro' (quorum nomina subtitulala sunt et sigua: S. Guillerhi, bulicularii; S. Hugonis, camerari; S. Hugonis, constabularii.

Datum per nanum Stephani, cancellarii 3.

1 Adélaïde de Savoie , qui , devenue veuve, se maria à Matthieu de Montmorency, connu table de France. L.

' L'expression dans notrm Palais , sans nom de lieu, semble indiquer que ce lieu -;st Dreux. Le roi Robert, fils de Hugues Capet, y avait un palais. L.

3 Cette charte existe dans les archives la mairie de Dreux , et m'a été communiquée par M. le Maire, ainsi que

deux autres dont j'ai la copie, savoir : 1178. Charte de Robert le Grand, premier comte de Dwux, froc puiaé de Louu le Jeune, — croisé à Véxelay, — assisu à l'assemblée de Saint-Jean-d'Acre.

i»33. Charte de Robert III, comte de Dreux, dit Gateblcd, — secourt l'évéque de Beau vais, — assiste à l'assemblée de Soissons, — se rend à l'armée.

TEXTE DES DOCUMENTS. ioi

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