‹ Documents historiques inédits tirés des collections manuscrites de la Bibliothèque royal et des Archives ou des Bibliothèques des départementsChapitre 89 sur 165 · HT 11 AME DE BF.AUJKU · texte numérisé non relu

HT 11 AME DE BF.AUJKU

RÉPONSES DU ROI, DU PARLEMENT, DE L'UNIVERSITÉ ET DK L'HOTEL DE VILLE DE PARIS.

LETTRE DE M AXIMILIEtV.

» 3l juillet i486.

MwiMiLitrr par la grâce de Dieu, roy des Romains, toujours Auguste, archiduc d'Autriche, duc de Bourgogne, Braban, Limbourg, Luxembourg et deGeldres, comte de Flandres, de Tirol, d'Artois, de Bourgogne, de Hainault, Hollande , Zélande , de Namur et de Zutphen , à très-haut, très-excellent et très-puissant prince, très-cher et très-araé frère Charles, par la grâce de Dieu, roy de France, salut, à touts amour.

Nous vous tenons assés advertis que lantost après le trespas de feu notre très-cher seigneur et tiès-amé beau-père, Charles, que Dieu absoillve, feu le roy Louys vostre père, en contrevenant à la tresve de neuf ans auparavant prinse, conclue et promise entre lui et ses pays à notredit feu beau-père et les siens, print, avant noslre venue pardeçà, sur feu uostre très-chère et très-amée compagne cuy Dieu pardoinci , les duchés et comté de Bourgogne et aullres pays de par delà, et semblablement les pays d'Artois, de Picardie et de Boulonois, ensemble les villes de Pérou ne, de Montdidier, de Roy; et encore, non content de ce, après nostre arrivée des pays de nostreditte compaigne, nous fit la guerre en nostre pays de Haynault et autres, en contendant par tous moyens nous détruire : pour raison de quoi grands maux et plusieurs dommages sont advenus en vostre royaume et en nos pays et sujets.

Néan (moins, depuis et du vivant de vostredit feu père, certain traitté de mariage a esté conclu entre vous et nostre très-chère et très-amée fille, et a esté nostredite fille délivrée ès mains de vostredit feu père, et avec ce lui ont esté délaissés les comtés de Bourgogne et d'Artois , moyennant quoi a esté conclue une paix générale entre vostredict feu père et les pays de nous et les nostres. Et combien que par ledit traitté vostredit feu père nous ait promis pour lui, son fils, hoirs el successeurs dès lors en avant, nous ayder, favoriser et assister à rencontre de tous, excepté ses viels alliez tant seulement, et que sous cet espoir, pour nourrir paix et amour, et éviter à l'effusion du sang humain et à la destruction de vostredit royaume et de nosdits pays, nous ayons de nostre part entretenu et fait entretenir ladite paix èn tous ses points, toutefois et nonobstant, depuis le trespas de vostredit feu père, les seigneur et dame de Beau jeu et le seigneur d'Esquerdes (de Querdes), qui ont eu le gouvernement de vostre personne et de voslre royaume, ont, pour leur profit particulier et en délaissant le bien de vous et de vostredit royaume, fait tout le contraire de ce qui a esté prorois et scellé pour vostredit feu père en faisant ledit traité de mariage et de paix, car ils ont conspiré et machiné contre nostre personne et le bien de nos pays et sujets, en plusieurs manières. Premièrement, ont promis et receu argent de ceux qui, puis naguières, avoient pris le gouvernement de nostre pays et comté de Flandres, et qui par force nous avoient osté, et détenoient comme prisonnier nostre très-cher et très-amé filz l'archiduc d'Autriche; en eux alliant avec eux en vostre nom et contre nous, disants qu'ilz le dévoient ainsy faire en ensuivant l'alliance faitte par ledit feu vostre père avec lesdits gouverneurs de Flandres; en chargeant par ce l'honneur et l'âme de luy et aussy vostre bien et honneur, jà çoit ce que fussions bien acertenés du contraire pour la minorité de vostre âge ; de quelque requeste ou sommation que leur ayons fait faire pour la restitution de nost redit fils et l'entrelénement dudit traité de paix, ils n'ont voulu entendre, mais Hz ont envoyé vos gens d'armes de nostredit pays de Flandres à l'encontre de nous, et mesmement y est venu ledit sieur d'Esquerdes en sa personne, et avec ce ont envoyé plusieurs vos héraulds à tous vos mandements et lettres closes nous sommer et desfier, semblablement en

nos villes de Brabant , et Haynaut en particulier, pour traistreu sèment les suborner et distraire de nostre obéissance, et en effet ont fait tous leurs efforts pour nous destruire. Encor, non contents de ce, ont fait tellement que ceux de la Marche, messire Guy de Lion et autres leurs complices de la cité du pays de Liège, se sont mis sus en intention de nous faire guerre en nos pays , et pour mieux parvenir à leurs fins, leur ont baillé argent et envoyé gens d'armes à grand puissance* aux despens de vous et de vostredit royaume , et nous ont envoyé lettres de par vous par lesquelles Us nous ont signifié que vous estiés allié et grand amy desditz de Liège, en nous donnant assez à cognoistre qu'ils les ayderoient et soutiendraient à l'encootre de nous comme ils ont fait : outre et pardessus que sommes bien acertenés que ilz conspirent journellement contre nous et s'esforcent de suborner et distraire nos villes de nostre obéissance, comme l'avons sceu à la vérité par ceux qui, puis aucuns jours en çà, ont esté prins et exécutés, et que détenons en çà prisonniers à cette cause; et que plus est , avec ce sommes bien acertenez que journellement ilz déboutent et font plusieurs torts et griefs aux princes et autres grands seigneurs de vostre royaume, afin de par ce avoir tousjours le gouvernement de vous et de vostredit royaume à leur appétit, et font, à cette cause pour estre en seureté contre lesdits princes, grandes despenses et charges aux pauvres sujets de vostredit royaume; et au lieu de ce qu'ils devraient acquérir des amys pour tenir vostre royaume, qui a tant esté folié par les guerres passées, en paix et tranquillité, vous mettent au-devant pour eux enrichir en destruisant vostredit royaume, en vous acquérant plusieurs ennemys, qui ne seraient aucun besoin sïlz vouloient, mais vaudrait mieux entretenir les princes et seigneurs de vostredit royaume en amour et garder votre argent pour soulager vosdits sujets jusques à votre nécessité, au praflit de vous et de vosdits sujets. Et au surplus, que pis est et que plus avons au cœur, vous avez, en ce faisant, soustenu lesdits sieur et dame de Beaujeu et seigneur d'Esq uer des et en ça les entretenés au gouvernement qu'ilz ont de vostre personne, non sachant les choses qu'ilz ont faites et font journellement au préjudice de vous et de vostredit royaume, pour la petite expérience que en ça avés pour vostre jeune Age; car ilz tiennent voz

seigneurs si sujets à eux, que n'en avez aucun qui vous ose advertir de la vérité pour le bien de vous et de vostredit royaume. Et pour ce que ces choses nous touchent fort , tant à cause du mariage de vous et de nostredite fille, que pour l'amour que tousjours avons eu à vostre personne, et que pour nostre honneur ne les pouvons plus tollérer ne permettre* Nous escrivons présentement devers vous et vous requérons le plus à certes que pouvons, que doresnavant vous ne veuilliez croire le conseil desdits seigneur et dame de Beaujeu et seigneur d'Esquerdes, ne leur bailler tel gouvernement ou autorité en vostre royaume comme ilz ont eu jusques a présent, et en ce Faisant ferés à vous et à vostre royaume chose honorable et profitable, et à nous nostre bien et seureté. Et pour pourvoir à toutes choses, faites assembler tous vos prélats, princes, nobles hommes, bonnes villes et communautés de vostre royaume, pour treuver un expédient de faire autre paix et alliance avec nous, nostre très-cher et très-amé filz, et à nos pays; et en nous signifiant le jour et assemblée des dessusdits, nous en voirons devers vostre personne nos députez de nostre conseil et des Estats de nosdits pays, pour besogner sur ce qui dit est, car nous ne désirons autre chose que de vivre avec vous comme frère et amy et bon voysin doit faire, moyennant que peussions estre assurés que vous et ceux de vostre royaume ferez le semblable envers nous et nostredit fils. Vous advertissans néantmoins que le temps pendant de ladite assemblée, il nous est nécessité de pourvoir à nostre indemnité par tous moyens à nous possibles, afin de bailler occasion à vous et à ceux de vostredit royaume de faire telle amitié et asseurance avec nous, que peussions estre tels envers vous et vous envers nous que par raison estre devons pour le bien et honneur de vous et de vostre royaume, et à la seurlé et utilité de nous, de nostredit filz et de nosdits pays. Et afin que puissions sçavoir comme nous nous devrons conduire en cette partie, nous ferez response par le porteur de ceste. Donné en nostre ville de Bruges, ce dernier jour de juillet l'an m cccc lxxxvi , et de nostre règne le premier.

Signé: Maximiliew. Et plus bas : ne Brarges.

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