XI
El sus leved del piu manjer; As SOS fedels laved lis ped.
Et per lo pan et per lo vin Fort saccraïuent lor commandez Per remembrar sa passium, Que faire cov' à treslot.
De pan et vin sanctificat Tôt SOS fidels i saciet.
Mais que Judes Escbarioh Cui una sopa enflet lo cor.
Judas cum og manjed la sopa , Diable s'enenz en sa gola; Semper leved del piu manjer, Tôt als Judeus o vai nuncer.
Jbesus lo bons per sa pietad Tan dulcement près à parler.
Sobre son peiz fez condurmiz Sant Johan lo sou cher amie.
A cel sopar un sermon fez, Chi cel non sab tal non audid ; Contr'alz afanz qu'an a pader Toz SOS fidels ben engarnid.
A lo sanc Pedre per cbo inded Que cela nuit lui neiaret ;
Il se leva du pieux repas; A ses fidèles il lava les pieds.
Et parle |>ain et par le vin Fort un sacrement ieur recommanda Pour rappeler sa passion.
Qu'il ordonna k tous de faire.
De pain et vin sanctifiés Tous ses fidèles il rassasia, Excepté Judas Iscarioth A qui une soupe remplit le corps.
Judas quand il eut maogé la soupe.
Le diable entre dans sa gueule ;
Aussitôt il se leva du pieux repas , El tout cela aux iuifs va annoncer.
27 Jésus le bon par sa miséricorde Si doucement se mit k parier, Que sur sa poitrine fit endoraûr Saint Jean le tien cher ami.
28 A ce souper un discourt il fit ,
Qui ne le sait pas, tel n*en a entendu ; Contre les tourments qu'ils ont à soufirir Tous ses fidèles bien il fortifia.
29 A saint Pierre pour cela il annon^ Que cette nuit il le renierait ;
Pedres fortment s'en aduned^ Per epsa mort nol gurpira!
Xpistus Jhesus d'en s'enleved, Gehsesmaoi viles n'anez ; Toz SOS fîdels seder trovet y Evan orar; sol s'enanez.
Granz fu li dols^ fort marrimenz!
Si condormireDt tuit ades ; Jbesus cum veg, los esveled, Trestoz orar ben los manded.
Et duDC orar cum el anned, Si fort sudor dunques suded , Que cum lo sags à terra curr De sa sudor las sauctas gutas.
Als SOS fîdels cum repadred Tarn beulement los conforted.
Li fel Judeus ja s'aproismed Ab gran cumpannie dels Judeus.
Jbesus, cum vidrit los Judeus, Zo lor demande que querent.
lUi respondent tuit adun :
« Jhesum querem Nazarenum.
— « Eu soi aquel, j> zo dis Jésus; Tuit li felun caden ginon ;
Pierre fortement s'ea approcha,
Pour la mort même il oe rabandoimera pas I
Christ Jésus de là se leva , A Gethsemani tille s'en alla ; Tous ses fidèles assis il trouva, Ib Tout (nrier, seul il s*en alla.
Grande fut la douleur, grand le diagrin ! Ils s'endormhrent tous aussitôt; Jésus quand il le vit les éveilla , A tous il ordonna de bien prier.
Et alors que prier il alla , Une si forte sueur en oe moment il sua ,
Qu*avee le sang à terre coulent De sa soeur les saintes gouttes.
A ses fidèles quand il revint Très-doucement il les conforta.
Le félon Judas déjà s'approcha , Avec grande compagnie des Juift^
Jésus, quand il vil les Jaifi, Leur demande ce qu'ils cherchent.
Us lui répondent tous ensemble ' « Nous cherchons Jésus de Naiareth , »
« Je sois celui-là, » ce leur dit Jésus } Tous les félons tombent à genoux ;
43o DOCUMENTS HISTORIQUES INÉDITS.
Los terce vez lor o demanded, A totas treis ohedent envers.
36 Mais li felun tuit trassudad Vers nostre Don son aproismad ; Judas li fel en senna fei :
« Celui prendet cni bassarai. »
37 Judas cufn veggnet ad Jhesdm Semper li tend lo son menton ; Jhesus li bons nô 1 refuded ,
Al tradetur baisaîr doned.
38 « Amicx, zo dis lo bons Jhesas, « Perque m trades in ço baizol ?
« Melz ti fura non fbsses naz ,
Cl Que me tradas per cobetad. »
39 Armand estèrent evirum ,
De totas part presdrent Jhesum ; No s defended ne no s susted , A lar mort vai eum una anel.
40 Sanct Pedre sols veinjar lo yoF, Estrais lo fer que a) laz og^
Si consegued u serv feUun , La destre aurilia li excos.
41 Jbesus li bons ben red per mal , L'aurelia ad serv semper saned;
Uoe troinème fois eda il leur «kmandi . A toutes trois Us tombent roiivefsés*
Mais tons les fêtons restés en arrière Vers Notre-Mgnenr se sont approchés ; Judas le félon en signe lear dit :
« Celui prenez que je baiseraL»
Judas comme il vient à Jésus Aussitôt lui tend son menton ; Jésus le bon ne le refosapas, Au traître il donna un baiser.
» Ami , ce dit le bon Jésus , « Pourquoi me trahis -tu par ce 1
« Blieux te senit quetu ne fosses né, m Que me trahisses pav cupidité. »
Des hommes armés stationnaient aux De tontes parts ils prirent Jeans, n ne se défendit pas^ ni ne résiata, A U mort il va comme un agneau.
Saint Pierre seul venger le vent , Il tire le fer qu^il a au oâtè, U atteignit un serviteur félon, L'oreille droite il lui tranche.
Jésus le bon rend bien pour mei, L'ofeUk au serviteur anaaiiôt ii guérit ;
Liadens maûs cttme ladron Si rentmenen à passiun.
DoDC lo gurpissen sei fedd^ Gum el desaDS dit lor aveia.
Sanz Pedre sols seg^in lo yai , Quar sua fin veder voldrat.
A^nna nom n'avent le Judeu  cui Jhesus furet menez ; Donc s'adunov^Dt li félon, Veder annai^nt près Jhesom.
De quant il querent le forsfieiit Cum il Jhesum ocd fesant, Non fud trovez ne envengut, Quar de forsfait non feist nul.
Davant Tested le pontifex , Si conjuret per ipsum Deu Qu'el lor disset^ per pura fied.
Si vers Jhesus fils Deu estniL
«Tu eps Tas deit, » respon Jhesus.
Tuit li fellon crident adun :
a Major forsfait que i querem !
« Per lui medeps audit FaTem. »
Lo sos sans ois dumques cubrirent ; A. coleiar fellon lo presdrent,
Liées les mains oomme un krran Us remmènent à la passion.
Alors Tabandonnent ses fidèles , 4 5
Comme defant il le leur avait dit Saint Pierre seul le va suivant.
Car sa fin il voudrait voir.
Anne nom avait le Juif 46
A qui Jésus fiit mené :
Alors s*as8emblaient les félons Allant voir pris Jésus.
De tout ce qu'ils cherchent de for£ûts 47
Comment Jésus ils lassent mettre à mort,
Il n*en fut trouvé ni reconnu , Car de forfaits il ne fit aucun.
Devant lui se tint le pontife , El il le conjura au nom de Dieu même Qu'il leur dit, avec pore hÀ, Si Jésus le vrai fils de Dieu est-il ?
« Toi-même Tas dit, » répond Jésus.
Tous les félons prient ensemble :
« Plus grand forfiût que nous y cherchions I « Par lui-même ouï nous l'avons. ••
Ses saints yeux aussitôt ils couvrirent , A le souffleter les félons se prirent
4'iîi
En sabretat si Tescarnissent :
« Di nos y prophète , chi to fedre ? »
Fins en las ostias est& Petre*, Al fog luseire^ Tesvvardonet ; Et de sa raison si 1 es fred Que lo Deu sil li fai neier.
Ant que la noit lo jalz captes' Terce vez Petre lo neiet ; Jhesus li bons los resvuardet , Lui recognostre et semper fit.
Petrus da lo fors s'enaled , Amarament mult se ploret Per cio laissed Deus seu neier, Que de nos aiet piet^d!
Cùm le matins fut escïairét, Davant Pilât l'en ant menet , Fortment lo vant-il acusand, La soa mort mult demandant.
Pilât Erod Fenenviet, Cui des abanz voliet mel ; De Jhesu Christi passion Am se patierent à ciel jorn.
Lo fel Herodes cum lo vid , Mult lez semper en esdevint ;
Avec joie ils se moquent de lui :
•« Dis-nous, prophète , qui t'a frappé ? n
Vers les portes resta Pierre , Près du feu luisant, il regardait ; De sa raison tant il est froid , Que son Dieu elle lui fait renier. ^
Avant que la nuit le coq chantât Trois fois Pierre le renia ; Jésus le bon le regarda , Et le fit rentra aussitôt en lui-même.
Pierre de là hors s'en alla ; Amèrement beaucoup il pleura
Par ce qu'il s'était laissé nier son Dieu ;
Que de nous il ait pitié !
5 1 Quand le matin ftit éclairé ,
Devant Pilate ils l'ont mené ;
Fortement ils vont l'accusant ,
Sa mort instamment demandant. 63 Pilale à Hérode l'envoya ,
A qui dès avant il voulait du mal ;
De Jésus-Christ par la passion
Entre eux ils s'accordèrent en ce jour. 53 Le félon Hérode quand il le vit ,
Fort joyeux aussitôt il en devint.
De lui Jong temps mult a audit, Semper pensed vertuz fdsis.
De multes vises Tapded ; Jhesus li boos mot no 1 soned ; Judeus Facusent, el se tais, Âd un respondre non denat.
Dune lo despers e l'ecarnit Li fel Herodes en cel di ; Blanc vestiment si l'a vestit , Fellon Pilat lo reirames.
Pilât que anz l'en vol laisar; No 1 consentunt fellun Judeu; Juda perdonent al ladrun; a A.ucid, aucid, crident, Jhesum;! »
Barrabant perdonent la vide, Jhesum in alta cruz daufrisdrent ; ccCrucifige! crucifige!»
Crident Pilat trestuit ensems.
<c Cum aucidrai , oui vos est mzo ?
tf Dis Pilaz, forsfaiz non es, « Rumple 1 farai et flagellar, « Poisses laisarai l'enannar. »
Ensems crident tuit li fellunt, Entro en oel envan las vox :
De lui longtemps il « beaucoup entendu (parler) ; Aufsitèl il pensa qu'il ferait (quelque) asirade.
Plusieurs fois il Tinterrogea; Jésus le bon ne lui répondit mot Les Juifs raccusent , il se tait, Il ne daigna répondre a aucun.
Donc le méprise et le raille Le félon Hérode en ce jour, D'un habillement blanc il Ta véiu , Et au félon Pilate le renvoie,
\ Pilate qui avant Ta voulu laisser : Les félons Jui£i n'y consentent pas ;
Les Juifs pardonnent au larron ; « Tuez , tuez , cdent-its , Jésus ! «•
A Barrabas ils accordent la vie , Jésus sur une haute croix ib (veulent) clouer. « Cnicifiez4e, crucifiez-le ! »• Crient-ik à Pilate tous ensemble.
« Comment le ferai-je mourir, quelle raison avez-vous? «• Dit Pilate ; il n'est point coupable : « Je le ferai battre et flageller, « Et puis je le laisserai aller. >•
Ensemble crient tous les félon» , Jusques au ciel s*en vont les voi\ :
a Si tu laises viare Jhesiis^ (( Non es amies Temperador. »
60 Pilât sas mans dunques laved Que de sa mort poscbes neger ; Eosems cridenl tuit li Judeu :
« Sobre doz sia loz li pecbez ! »
61 Pilât eu m audid tais reisons, A lor gurpis nostre Sennior ; Donc lo recebent li fellun.
Fors Tenconducent en la cort.
De purpure donc lo vestirent, El en sa man un rams li mesdrent, Corona prendrent de las esprnes Et en son cab fellun la misdrent.
De davant lui tuit à jenolz Jbesum crebanlent, li fellon!
Dune lo saludent cum senior, Et à descarn emperador.
64 Et cum asez l'ont escarnid , Dune li vestent son vestiment, Et el medeps si près sa cruz, Avan toz vai à pasiun.
65 Femnes lui van detras seguen, Ploran lo van y et gaimentan.
•< Si tu laisses vivre Jésus ,
«< Tu n'es pas Tami de Fempereur. »
Pilate alors lava ses mains 63
Pour qu'il pût nier sa mqrt.
Ensemble s'écrient tous les Jui£i :
« Que sur nous soit tout le péché! »
Pilate , quand il entend ces paroles , 64
Leur abandonne Notre Seigneur; Donc le reçoivent les félons Et le mènent hors dans la cour.
De pourpre alors ils le vêtirent , 65
El dans sa main un rameau lui mirent,
Ils prirent une couronne d'épim!5 Et sur sa tète les félons la mirent.
Tous à genoux devant loi ■ Ils maltraitent Jésus, les Télons !
Us le saluent comme leur seigneur, Et par dérision, empereur.
Et quand assez ils l'ont raillé, Ils lui mettent son vêlement ; Et lui-même il prend sa croix , Devant tous il va ^ sa passion.
Des femmes vont derrière le suivait , Vont le pleurant, et gémissanl.
Jhesus li pius red regardet , Ah les femoes près à parler :
« AudeZy finies Jherusalem!
« Per me non vos est ob plorer, « Mais per vos et per vostre filz , « Plorez assaz, qui obs vos es. »
Cum el perveng à Golgota, Davan la porta de la ciptat.
Dune lor gurpit soe chamise Chi sens custure fo faïtice.
Il no r auseron deramar.
Mais aura sort an agitad.
Non fut partiz sos vesiimenz, Zo fu granz signa tôt per ver.
En una fet, huna vertat Tuit soi fîdel devent ester; Lo SOS regnaz non es devis , En caritad loz es uniz.
E dels feluns que u vos diz Anz lai dei venir oculai sei; Quar illo fel mesclen ab vin , Nostre Sennior lo tenden il.
Cum l'an levad sus en la cruz , Dos à sos laz pendent larruns;
Jésus le pieux regarda en airière, Et avec les fenoies se mit À parler :
« Ecoutez, filles de Jérusalem !
« Pour moi vous n'avei pas besoin de pleurer, « Biais pour vous et pour tos fils, •* Pleurez assez , que besoin vous est. »
Quand il parvint à Golgota Devant la porte de la dt^ , Alors il leur abandonna sa tunique Qui sans couture était £ûte.
Us n'osèrent pas la déchirer, Mais alors ils en ont agité le sort.
Son vêtement ne fût pas partagé, Ce fut un grand signe pour la vérité.
En une foi , en une vérité Tous ses fidèles doivent rester; Son royaume n*est point divisé , En charité il est tout uni.
Et des félons dont je vous parle , Ils parsissent venir le soulager (?), Et ils mêlent du fiel avec du vin, A Notre Seigneur ils le présentent.
Quand ils Tout élevé sur la croix, Deux larrons ils suspendent à ses côtés ;
Lin.
436 DOCUMENTS HISTDRIQIJES INÉDITS.
Entre cels dos pendent Jehsum ; Il per escarn o fan trestot.
72 Cum il Tan mes sus en là cruz Gran fan escarn , gran cridarun; Ensobretoz uns dek ladruns
El escarnie rei Jhesum.
73 Respoudet l'altre : « Mat i dtz; (c El mor à tort, ren non forsfez,
a Mais non à dreit per cotpas grtnz « Es mes oidi en cest ahanz. »
74 Envers Jhesum sos olz torned, Si piament lui appelled, (c De me t membres, per ta mercet , « Cum tu vendras 9 Crist, en ton reng! »
75 Respon li bons qui non mentid.
Qu'en epsa mort se par su pius :
a Eu t'o promet oi en cest di , « Ab me venras in Paradis. »
76 O Deus, vers rex, Jbesu Christ!
Aital don fais par ta mercet Chi per hum va confession!
Perdones al ladrun!
77 Nos te laudam et noit e di , De nos aies vera mercet!
Entre ces deux ib placent Jésus:
Et par dérision ils font tout oda.
Quand ib Tont mb sur la croix, Ib font une grande dérision , ib crient beaucoup ; Et de plus un des larrons Railla le roi Jésus.
L'autre répond : « Tu lui paries mal ; «« Il meurt à tort, il n*a rien forbit, « Mab non justement pour grandes Saules « Il est nus en ce jour dans ce tourment. >•
Yers Jésus ses yeux il tourna , Très-pieuieaient il l'appela :
«< De moi souviens-loi par ta merci,
•* Quand tu Tiendras, Christ, en Ion règne ! »
Le bon (Jésus) qui ne ment point répond, Qui i sa mort inéme se monlra miaéricordieux : « Je te le promets en ce jourd'hui, « Afec moi tu viendras en paradis. »
O Dieu , vrai roi, Jésus-Chmt 1 Un tel don tq Dus par U meni A qui par kumilité (te) fisit confession ! Et tu pardonnes an larron !
Nous te louons et nuit et jour ; De nous aie vraie mcrcil
TEXTE DES DOCUMENTS, Tu nos perdone cebs pec9z\ Que nos ne dest tua pietad!
Jusque nona des lo naei di Trestot cesl mund granz ooiz cubrid y Fui lo solelz et fui la luna Post que Deus Filz suspen&us fues.
Ad epsa nooa cum perveng.
Dune escrided Jhesos granz criz; Hebraice fortment la dis :
« Héli! Hélil perque m gurpist? »
Uns del felluns cbi sta iki, Sus en la cruz li trenlaset; Jhesus fortmen dune reoridet, Lo spiritus de lui aoet.
Cum de Jhesu l'anai u'ananet j Tant duranienl terra crollel.
Roches fendienty chedent muni, Sepulcra s'anzobrirent mult,
Et mnlt corps s'ans en su n'exit ,.
Et inter omnis sunt vedud.
Qu'iu templum Dei cortine pend Jusche la terra per mei fend.
De laz la cruz estet Marie De oui Jhesus vera carn presdre,
Toi , pardanaenont cm pédiést Qm U pilié ne nous manque poiat!
Jusqu'à 1Ê009 éàà \» iDi4i Tout oe oioiidA une gnuadfl nuit oouvrit; Le soleil fuit , U lune fuit, Après que Dieu le fils fui suspendu.
Queud il Uiuciie À uoue mëue , Alors Jésus fil entendre un gnod cri; Il dit fortement en béiireu :
• Hélil Uéli ! pouiquoi jn^abendeMies-tu? »
Un des félons qui est lÀ»
Sur la croûi le perce dfune lance i
Alors Jésus jeta un grand cri , L'esprit de hii s'en alla.
Quand de Jésus rame s'en alla, lYès^uremenl la terre trembla.
Les rochers se fendirentt les moutagnes s écrouièrvut < Beaucoup de tombeaux s'enlr'ouvrirent.
Et beaucoup de corps en sortirent, Et entre les hommes sont vus.
Le iroile qui pend dans le temple de Dieu Jusqu'à terre se fend par le milieu.
A côté de la croix se teoait llariie De ffû Jésus prit véritable efaair^.
Cum cela carn vidra mûrir.
Quai agre dol! no 1 sab om inis.
Ela molt ben sab remembrar De soa carn cum Deus Tu naz, Ja 1 vet les ela si morir El resurdra; cho sab per ver.
Mais nenperro granz fu ii dois Chi traverset per lo son cor.
Nulz om morlalz no 1 pod penser :
Sauz Symeonz loi percogded.
Joseps Pilât mult a preiar Lo corps Jhesu qu'el H dones ; A grand honor el l'enportet; En SOS chamsils l'envelopet.
Nicodemus del Taltra part Mult unguement hi aportet.
Enter mirra et aloen Quasi cent liuras a donad.
 grand honor de ces pimenc L'aromatizen cuschement.
Dune lo pausen el monument, O corps non jag anc à cel temps.
La soa Madré Yirge fu Et sen pecbed si portet lui ;
Quand celle chair elle verra mourir,
Quelle amère dpuleur! ne le sait homme aucun.
Elle sait bien se rappeler Comment de sa chair Dieu naquit , Si déjà elle le Toit près d*elle ainsi mourir. Il ressuscitera ; elle le sait pour vrai.
Mais néanmoins grande fut la douleur Qui traversa par son cœur.
Nul homme mortel ne peut l'imaginer :
Saint Siméon la secourut.
Joseph pria instamment Pilate Qu'il kii<Ionnât le corps de Jésus;
Avec grand respect il remporta ; Et dans ses linges il Tenveioppa.
Nicodème d'un autre côté Beaucoup de baume y apporta , Eutre myrrhe et aloès Quasi cent livres il donna.
A grand honneur de ces parfoms Ils Taromatiflent promptement.
Ensuite ils le placent dans le tombeau . Où nul corps n'a couché avant ce temps.
Sa mère fut vierge Et sans péché elle le porta ;
Sos munument fure ioz nous, Anz lui no i jag uoque nulz om*
90 Non fuc assaz anc als friluDs; Davant Pilât trestuit çn van :
« Nos te prseiam per \e^ mercçt,' <c Gardes i mer non sia emblez, »
91 a Quar el zb dit que resurdra , « Et al terz di vius pareistra ;
<f Emblar l'auran li soi fidel^ « A toz diran que revisquet.
92 « Granz en avem agud errors , « Or en au rem pece majors. »
Armdaz vassalz dune lor livret j Lo monument lor comandet.
93 Christus Jehsus qui Déus es vers , Qui semper fu et semper es,
Ja fos la charn de lui auoise, Regnet , pocianz (?) se fena.
94 Quand el enfern dune a salit , Fort Satanan a lo venquet; Por soa mort si Ta vencut
Que contra omne n'ot vertud, 9ô Et qui era li om primers
Et soz eniïanl per son peccbiad,
yo
Son tombaau foi (tiiiBi) tout neuf«
AviDt lai n*j a coaobé jamaîa aucun homme.
Ce ne fat pas encore asseï pour ces féhms, DeTant Pilate ils 8*en vont tons :
•* Noos te prions par ta merci , •« Met»^y des gardes afin qu'il ne soft p« enlevé ; »
« Car il a dit qu'il résuseitera , « Et au troisième jour vivant il apparaîtra ; » Ses fidèles l'auront enlevé « Et ils diront a tous qu'il revécut. »
« Grande sur ce nous avons eu erreur^ « Or, nous aurions plus grand pécbé. >•
Des hommes armés aussitôt il leur donna , Et leur recommanda le tombeau.
93 Jésns-Christ, qui est le vrai Dieu, Qui toujours fut et toujours est , Quoique sa chair fût occise, Régna, puisçant il se fiuit (?).
94 Quand en enfer alors il e^t allé Le fort Satan vint i loi;
Par sa mort il l'a si bien vaincu Que contre homme il n'a pouvoir,
95 (Lui) k qui appartenait le premier hoBMne , Et ses enfints par son péché ,
lOd
loi
El H petit et li gran ,
Et qui élèvent per tnulz anz.
Qiiar aoc non fo nol om canials En cel enfern non foz anaz, Usque vengues qui, sens pecat^ Per toz sol fes communa let.
Argent ne aur non i donet, Mas que son sang et soa carn ; Deg cel enfern toz nos liuret , En Paradis nos arberget.
Et al terz di lo mattin clar, Cum soleilz soes esclairaz, Très femties van al monument ; Molt cars porta vent ungueraenz ;
L'angeles Deu de cel dessend , Si s'aproismet al monument; Tal a r^ard cum focs ardenz, Et cum lancés blanc vestimenz.
En pas qu'el vidren les custodes , Si s'espaurireu de pavor, Que quaisses morz à ta^a vengren, De grand pavor que sob loi vengi'e.
Sus en la peddre l'angel set, Â las femnes si parlet :
Et les petits et les grands,
El ceux qui furent pendant longs âges.
Car atant ne fat nul honme charnel En cet enfer qui ne Mt allé, Jusqu'à ce qne irtift celai ^ , stAs péché, Pour tous, senl, a lait une coromoDe loi.
Argent ni or il n'y donna, Mais seulement son sang et sa chair ; De cet enfer tons il nous délivra; Eu paradis nous logea.
Et au troisiènie jour, le matin brillant , Quand le soleil est éclairé ,
iOt
Trois feoMMt vont -au i
Elles portaient heauooup de ptéciewi parfums.
L'ange de Dieudu ciel deseend.
Il s'approche du monument, ; Son regard est tel qu*un lieu aident.
Et ses vêtements blanos comme laiœ.
Dès que le virent les gardiens , Ils s'effrayèrent tant de peur , Qu'ib tombèrent presque morts à terre , De la ^nde peur qui s'empara d'eui
Sns sur la pierre Taoge s'assied , Aux femmes il parla ainsi :
« Dis vos, neieDt ci per que crenient, « Que Jhesuin Christ ben requeret.
«c Anaz eues, et non es ci, flc Toi acomplit quunque vos dis, a Venez veder lo loc voiant ff O H SOS corps jacdes abanz.
a A SOS fidel tôt auQunciaz, cr Mas vos Petdrun no i oblidez ; ce En Galilea avant envai, flc AIIo 1 verran, o dit lor ad. »
Elles d'equi eu m sunt tornades Jhesus las a senps encontradas; Dubc reconnoissent le Sennior, Si l'adorent cum redemptor.
Lo nostre Seinhe en eps cel di Veduz fui vera des cinc :
Primera 1 vit sancta Marie De cui sep diables for medre;
Eiupres io vidren celles duas Del munument cum se retoment; Perders lo vit en eps- cel di , Ab lui parlet, si 1 con l'audit.
Envers lo vespre, envers lo ser Dune lo revidren soi fidel ;
m Je vous le dis, i\ n'y a rien ici pour que craigniez , « Vous qui cherchez soigneusement Jésus-Christ.
102 « Il s'en est allé , et il n*est pas ici ,
«« U a accompli tout ce qull vous a dit, « Venez voir le lieu vaquant « Où son corps gisait avant
103 «< À ses fidèles annoncez tout cela, « Mais Pierre n*y oubliez pas ;
« En Galilée avant il va.
« Là ils le verront, il le leur a dit »
104 Elles quand elles s*en sont de là retoumées Jésus les a lui-même rencontrées ;
Alors elles reconnaissent le Seigneur, Et Tadorent comme le rédempteur.
1 05 Notre Seigneur en ce même jour Fut vu réellement par cinq ; La première le vit sainte Marie De laquelle sept diables hors il mit.
100 Ensuite le virent oiss deux-ci
Quand elles revenaient du monument ;
Pierre le vit dans ce même jour,
Il paria avec lui, de même il Tentendit.
1 07 Vers le soir, vers la nuit Donc le revirent ses fidèles ;
T. nr.
44« DOCUR4EOT* «ISÎORÏQUES INÉDITS.
Castel fimams i^ el eotitet, Ab el enseiuAile si sopet.
108 Ja s'adunent li soi fidel, Ja diceDt tuît qute vius era :
Gum il menâTen tal raîzoa Jhesus estet en mez trestoz.
109 « Pax vains sit, dis à trestoz, ce Eu soi Jhesus qui passua soi y
« Vedez mas maiis, vedez mos peds, « Vedez mo laz qui fui plagas. x>
110 Fortment sun-*îl espaventet; Uii non credent que aia carn , Zo pensent^il que entre ets , Le spiritus aparegues.
111 Mel e peisons equi ûianget, En veritad los confirmet;
Sa passions peisons tostas, Lo mels signa de deitat.
112 . Alques vos ai dedeit de raizon Que Jhesus fez pro passion ,
Tôt no 1 vos pose eu ben comptar; No I pod nul om de madré nafz.
lia A SOS fidel quarante dis
Per mult semblant ensembl ab elz
Au châleMi Eatoût atec ai» il edlrat Avec eux eoMiftble il soupa.
108 Déjà ilMMlMeBt ses fidèles, Déjà ils disent Uhis qu'il était vivast : Comme ils taaiieat teU discours Jésus élail«tt milieu d*eux tout.
109 « Pa* voiiêêit, dit-il i tous i «f Je suis Jésus i(ui ai souffert,
a Voyez mes maîAs , voyez mes pieds, •* Voyez* nùH oôtè qui fut ouvert. »i
1 10 Très-fort ils août épouvantés ; Ils ne croient peint' quH^ ait «bair,
Ce pement-ils entre eux , Que reprit afiparut.
1 1 1 Mid et poisson le il maugea ; Il le» eonfirtna «n vérité ;
Le poisson moétre sa passion, Le miel est signe de sa divinité.
1 12 Quelque peu je tous ai «Ht en discour» Que Jésus souflHt gi^de painion ,
Tout je ne le puis bienl vous narrer ; Ne lepédt àuctin hotone né de ffière.
1 i'è Avec ses fidèles qifstitkte jdun
De pluiieurs maniérée ènsembfe avec enx
Bel je BiaDJ^y
De regDtim Deu semper parfel.
£ per es miind ooal allar Tôt babtizar in Trinîtad; Qui li 'n credran cil erenr saiv, Qui no 1 cretran seran damnât.
Signes faran ii soi fidel Quais el abanz faire soliet Lingues noves il parlaran , Et diables enealeeran.
Si alcuns d'els beven veren Non aura mal , zo sab per ver ; Sobret ms^labdes mans metran, Et sanitad à toz rendnin.
Sus en u moot doncbe s moDteC Que d'Olivet numnat tos ai; Levet sa man, si 1 benedis, Vengre là nuvols , si 1 cdtlit.
E lor vedent montet eo cel, Ad dextrts Deu Jbesu es set, Qui venra dos *oz judicar, k toz rendra e ben e mal.
Li soi fidel en son tornat.
Al dezen jora ja cum perveng
Il but et u mangea;
bu roy«aiiia de Dieu tetyoïvs leur parla.
114 et par €« mowte il (kur) dut aller Tout baptiser m Triailé ;
Ceux qui croiront en lui leroBt a«iTca, Qui V» le qroirom i^ont damnée.
115 Les miradeiferoqt ses fidèles Qu'ayant iLavait cemune de faire.
De nouvelles la^igu^ ils parlevont, Et les di^hles ils di^saereiit,
116 Si aucun d'eu!, boivent du venin
n n'aura jNM de umA » ille sait fjouv «rai ;
Sur les malades ils imposeront les mains Et rendront i ton» la santé.
117 Sor une montagne dene il se monta , Que je vous ai nommée des Olives ;
Il leva sa main, les bénit,
Vinrent là des unes qui le recueiUivent.
118 Et eux le voyant il monte au oiel ; A. ia dn^ite de Dieu Jésus est assis, Qiû viendra nous tous juger,
A ^l|^|. il rendra le bien et le nyal.
119 Ses Mêles s'en sont leleuniés.
Au dernier jf^n» qunnd il.pMnint(le 4o*),
Spritus Sanctus sobr'ek chad, [de celo di dicent Peniecoslem]
S'il s'enflamet eu m fugs ardenz.
120 II des abanz sunt aserad ,
De Crist.non sabent mot parlarv
Ed Pasche veng vertuz de cel.
Il non dobten negun Judeu.
m Pertot lengatgues van parlan ^
Las virtuz Crist van annuncian;.
No lor pod om nuls contrastar.
Signes fazen per podestad. .
1» Spandut sunt per tôt ces mund,
Regnum Dei nuncent pertot^
Pertot convertent gent et pople^
Xpistus Jhesus pertot ab elz.
123 Lo Satanas dol en a grande
Als Deu fidels fai durs afanz;.
Alcans en cruz fai los levar,
Alquanz d'espades degollar^ 134 El los alquanz fai escorcer,
Alquant en fog vins trébucher^
Et en gradi li els fait oster^
Alquanz ap petdres lapider.
125 Lui que aiude nuls vendra
Cum peis lor fai^ il crecient mais ;
Le Saint-Esprit sur eux descendit, [ils appellent Partout ib convertissent nations et penples,
ce jour-là Pentecôte.] {Glose du texte,) Gbrist-Jésus partout est avec eux«
Il s'enflamma comme un feu ardent. 123 Le Satan en a grande douleur,
1 20 Eux dès auparavant sont affermis , Aux fidèles de Dieu il fiiit subir de durs tourments ; De Christ ils ne savent assez parler. Quelques-uns il les fait mettre en croix,
En Pâque vint vertu du ciel , Quelques-uns égorger à coups d*épée ,
Ils n'en redoutent aucun Juifr 124 Quelques-uns aussi il les fait écorcher,
121 Partout ils ( les fidèles) vont parlant les langues. Quelques-uns vivants en feu précipiter, Les vertus du Christ vont annonçant; Et au plus grand nombre fait èter les yeux , Aucun homme ne peut les contredire, Quelques*uns lapider avec des pierres.
Us font des mirades par leur pouvoir. 12B Lui à qui nul aide ne viendra,
122 Eépandos ils sont par tout ce monde, Qnand pis il leur fiât, ils croissent davantage; Le rp/aume de Dia« ils ùmoncent partout ;
Lo cap a crut el vegurad
Per tôt es mund es adhorat.
ne Nos cestes pugnes non aven ;
Ck>Dtra noseps pugnar deven ;
Frainde deven nostra voluDtaz,
Que part aiam ab nos Deu fidels.
127 Quar fini munz non est mult Ion,
£ 1 regnum Deu fortment es prob,
Drontre nos lez faça lo ben
Gurpissen mund eï sem peccad.
138 Xpistus Jhesus qui man en sus,
Mercet aias de pechedorsj
En talz raizon si am mespres ^
Per ta pietad lor perdones/ 129 Te posche resdre gracia ,
Davant to Paire gloria.
Sans Spiritum posche laudar
Et nunc per tôt in secula
Amen!
LeclMfacrûeovigtieiir, 128 Christ- Jésus qui dcmeuMs en haar ^
Par tout 06 moade il estadoré. Ayez pitié des pécheunl
126 Nous ii*a^roiis pas oes combats, En teb préceptes s'ils ont fûUi Contre nous-mêmes nous devons combattre ; Par ta pitié pardonne-Itur, Refréner devons notre volonté 1 29 Afin qu'lb te puissent rendra grâce , Pour avoir notre part des fidèles à Dieu. Gloire devant ton Père,
127 Car la fin du monde n'est pas très-loin , te Saint-Esprit puissent louer,
Et le royaume de Dieu est fort proche , Et maintenant et dans tous les siècles r
Sdon la loi faisons le bien.
Quittons ce monde et sans péché. A m ■ w !
YABUNTE DE LECTURE.
Page 4^4 9 st&ophb 5^ vkas a* :
Yil es desos mont Oliver
Till«(^) Mt M éiNaai da nont dM Olivec.
DOCUftïBNïS HISTQaïQUES INÉDITS.