‹ Documents inédits concernant la Compagnie de Jésus (volume 2)Chapitre 19 sur 23 · SS · texte numérisé non relu

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— amen la meditatioB de rBoiftiit pnxfigve, le Père qm la donne , et qui a an mtmirMe génie pour cet employ, revftta da Sorpfii et de rEtoie 'Jans la Chapelle , où sont i genoux tons ks Exeratans prend da Tabemade le saûnl Ciboire enTirooné d'an Soleil doré, se toome vers les assistans. et chainm d*eax instrait parce Père, vient devant le saint Sacrement comme TEnfiml prodigne devant son Père • se recondlier à Jésos-Christ et prendre sa Bénédiction « pendant qne le Père loy dit qodqoe parole fort toa« chante.

A Rennes on sépare anasi les bandes des Ecde« flôastiqaes et des Laîqœs , on n'y reçoit point ny de vilageois ny d'artisans, chacun y a sa chambre avec nne cheminée ; on n'y fidt point de cérémonies extérieures et extraordinaires , il n'y a qu'on seul Père qui fait tout , leur donne k tous ensemble la Hedi* tation, que chacun va faire à sa Chambre , il leur fidt chaque jour une exhortation , et des conférences , matin et soir au sortir de Table , à la fin en les renvoyant il les embrasse.

Quant à la nourriture s'il y a de pauvres Prêtres qui n'ont pas de quoy payer leur pension , il la paye pour eux , et leur donne même la rétribution pour des Messes qu'il leur procure.

En la résidence de Nantes , on imite de fort près les pratiques de Venues ; ce qu'ils ont de particulier

est que le soir âpres que les ExerciUins sont atriez , le Père revêtu d'un Surplis les conduit tous ans l'Eglise avec des Cierges, prend le saint Sacrelent dans un Ciboire , le porte à la Chapelle pen« lant qu'ils chantent tous le Pange lingtia , quand ils ont arrivez il leur donne la Bénédiction , il ferme lans le Tabernacle le saint Sacrement , et dés Ion nstruisant l'assemblée de tout ce qu'on a à faire, i eur impose le silence pour toute la huitaine.

Voilà mon Révérend Père ce que j'ay remarqué e^^ jette Province , et ce qui doit donner une sainte émulation à toutes les autres , puisque l'entrepri' BSt si conforme à nôtre institut et si utile à la gloi^^"^^ ie Dieu , et dont l'exécution me paroit aujourd'h^^^ beaucoup plus aisée que je ne l'avois crfr. J'ei ployerois volontiers le reste de ma vie à de semb blés établissemens, comme je l'eroployeray en tou les occasions au service de votre Révérence , pui^ que je suis avec respect en nôtre Seigneur.

Mon Révérend Père.

Son treS'humhle et tres-ohéissan serviteur.

Honoré Chaurand.

•loi-

Le 18 novembre, en Tannée 1697, mourut, au Noviciat d'Avignon, le P. Honoré Chaurand, du diocèse de Riez, en Provence, modèle accompli des ouvriers de la Compagnie. Il avait reçu du ciel un talent éminent pour annoncer la parole de Dieu , et toutes les autres qualités nécessaires pour réussir dans les missions qu'il fit, dans plus de quatrevingt-dix diocèses, avec un succès prodigieux. Son zèle et son courage pour ce saint exercice ne se ralentirent jamais, tenant souvent lieu, lui seul, de plusieurs missionnaires.

Il passait tout le jour à prêcher, catéchiser et confesser, sans se donner aucun relâche. Tout occupé de ses fonctions apostoliques, il ne laissa pas d'entreprendre le grand ouvrage de bannir de nos villes la mendicité et de les délivrer d'une foule de fainéants et de vagabonds, en établissant pour cela des maisons de charité où , avec les secours de la vie, les véritables pauvres pussent recevoir une chrétienne éducation et trouver le moyen de s'occuper utilement.

Il forma lui-même ce grand dessein, et, sous l'autorité de Louis le Grand, roi de France, il eut la consolation de voir le succès aller bien au-delà de ses espérances. Cent vingt-six hôpitaux, qui subsistent encore, furent fondés par ses soins, et réglés par les sages lois qu'il leur prescrivit. Non-seulement les personnes de la première distinction, les gouverneurs et les intendants des pro-

vinces , les évoques et les princes même s'empressèrent pom* Tavoir et se servir de son rare talent; mais le Souverain Pontife luimême, Innocent XII, ayant conçu le dessein de renfermer les pauvres dans son palais de Latran, le fit venir à Rome pour lui confier le soin d une œuvre si sainte, et il l'honora de plus de cinquante audiences, de son estime et de sa bienveillance. Enfin , chargé d années et de mérites par plus de cinquante années de travaux continuels, ayant souhaité de se retirer au Noviciat pour se préparer à une sainte mort, il y passa les dernières années de sa vie, uniquement occupé des exercices de la prière et de la pénitence. Il faisait tous les ans une retraite d'un mois entier, portant presque continuellement le cilice et édifiant tous les novices par sa tendre piété qui lui faisait souvent répandre des larmes, et par son humilité à se conformer à la plupart des exercices des novices.

Ce fut dans la pratique d'un de ces exe^ cices qu'il alla, à l'âge de quatre-vingt-un ans, recevoir dans le ciel les récompenses de tant de travaux et de tant de vertus.

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