‹ Documents inédits concernant la Compagnie de Jésus (volume 2)Chapitre 21 sur 23 · DU CŒIR DE HENRI LE GRAND · texte numérisé non relu

DU CŒIR DE HENRI LE GRAND

A SO.X COIXKE :^£ LA FUCH£. E3K

Nous aTODs dit cy-éessu^ qu*^ 1>.' RMidemaio du meurtre duRoj, son corps fut veu sorfon Uct, jusques à six heures du soir, puis ou l'em^âusma. De son vivant il ayoit aymé la Flèche petite vîUe en Anjou , pour ce que i*on luy avoit dit qu'il y avoit été o^nçeu ( bien qu*aucuns ayent escrit que ce fut en Picardi»:^ : Le sieur de la Varenne, qui est de ceste rille là, pour k profit de sa patrie y procura restabUssement d*un Collège de Jesuistes, (ce fut es années 1603 et 1604). Par la fondation de ce Collège le Roy y donna son cœur après sa mort : Ce fut pourquoi ledit sieur de la Varenne rameutent à la Royne cestc promesse, laquelle luy accorda qu'elle fust exécutée de poinct en poinct : i>e quoy il advertit incontinent le Perc Coton et les Jesuistes qui estoient en la maison sainct Louys rué sainct Anthoine, et leur envoya des carrosses pour se transporter au Louvre, et venir quérir ce cœur que les François ont aymé d*un amour outre Tordinaire.

Estans arrivez au Louvre et salué le Roy et la Royne , ils se transportèrent en la chambre où Ton embausmoit le corps du deffunct, et où Monsieur le Prince de Conty après s'estre mis à genoux devant le cœur royal, et fait une prière pour Tame du defTunct , le prit sur un cous-

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oir couvert d'un crespe, se mit au fond du carrosse du vj, avec cinq autres Jesuistes. Le Duc de Montbazon et dUt sieur de la Varenne qui avoieht la ciiarge dt* teste ndoite montèrent quand et quand à clje\al : (lommc Essi plusieurs Princes et Scij^eurs advertis de Dieure t œ départ se rendirent en l'Eglise des Jesuistes; entre Ltres Monsieur le Comte de Soissons, le Duc d'Espenion, le Grand-Escuyer de Bellegarde : Il se trouva bien du mmencement pour ceste conduite cinq ou six cents levaux : maison partit si matin que pi;u les veirent, au gret de plus de cent mille personnes; bien que les la- HÛs des Seigneurs allassent raclant de porte en porte, or adYertir un chacun de ce despart. IMusicurs cncor irais se joignirent à la troupe, et firent un gros de mille i douze cents chevaux qui furent jusques au Uourg la yyne conduire ce Cœur royal, puis prirent congé de nx qui avoient la charge de la conduite , après (|ue les os Grands eurent rendu le dernier oflice au Cœur de ar bon Roy par un baiser.

Quand le bruit fut espandu par la ville de ce despart , usieurs ayans loUé des chambres et Iiouticiues pour 'oir ce bonheur que de le voir passer, et luy dire le dercr Adieu, en furent merveilleusement tristes : et s'ene-disoit-on les uns aux autres , ils ront emporté de bon aiitij et plusieurs autres paroles qui resscntoicnt des Ltremes regrets.

Tous les habitans de bourgades et villages sur le grand lemin, et à Tentour, par où ce cœur passoit, alloient au îvant avec les Prostrés et la Croix, et le conduisoient isques à ce que d'autres fussent venus au devant : on entendoit que pleurs et gémissements des villageois de lUS sexes et aages.

Le sieur de la Frète Gouverneur de Chartres, et plueurs Seigneurs et citoyens allèrent deux lieuOs au de-

vant ; le Clergé avec le corps de ville le receurent hors b porte, et le conduirent jiisques dans TEglise Nostre Dame, où il fut posé, et veillé par le Doyen et Chanoines.

Le Comte de Negrepelisse Gouverneur du Mans, plusieurs Seigneurs, le Lieutenant General et les Officiers de la Justice, suivis d'une grande multitude de peuple allèrent sur le grand chemin par où il devoit passer, qui estoit à une grande lieuC du Mans, où beaucoup s'estimèrent heureux de baiser ou toucher le carreau où reposoit ce précieux depost : on voy oit leurs faces toutes bagnees de larmes.

Finalement arrivez à la Flèche, pour estre xm% petite ville, ils luy firent une belle réception. Premièrement allèrent au devant , le Prévost avec ses Archers, douze cents escolicrs, les Pères Rccollects, dix-neuf Parroisses venues de dehors , suivies de celle de la ville : Les Pères Jesuistes du Collège Royal revestus de surplis chacun un cierge en la main : Puis le sieur de la Yarenne (qui avoit pris le devant des Chartres pour donner l'ordre requis à ccste réception), le Baron de S. Suzanne son fils , vingtquati'c Seigneurs escolicrs; les Officiers de la Justice , et les Bourgeois portans tous des torches blanches allumées. Toute ccste Procession alla jusqucs en un grand pré hors la ville , et flccliissans le gcnouil en terre, passoient devant la table couverte de noir, où le P. Armand avoit posé le cœur Royal : proche de laquelle esloicnt le Duc de Montbazon, et ceux qui l'avoient acconduit.

En r'entrant dans la ville les Jesuistes de Paris se joignirent avec ceux de la Flèche : Le P. Armand reprend le cœur, un Héraut d'armes le précède, deux Exempts et douze Archers des Gardes luy font escorte avec le pistolet en la main, et deux luy soutiennent les bras. Le Duc de Montbazon, le sieur de la Varenne, et tous les séculiers suivent après. La porte de la ville estoit revestuë de

deuil, et dTescusMos : rEp&^ Saiact TfK^ous de U FW-be esloit tendon de noir, où arriiei. et le dH^k» pancbeTé, le P. Colon âl rOntsoo fimet-r^ entr^ooopee de âoasfù^ et lannes, en hqœlle 0 ât entendre à tous li partîmlîeiv obiigition qae les Jesaisles aboient à la memcHrv du deffBDict Bot, pour les bîen-faicls qu'ils avoient rvçeus de lay. finie, on oommençi à sortir : Le Duc de llonthafi» ayint pris le corar de la main du P. Armand le porta jusqoes au GoUege des Jesvîstes , lequel estoit tout tendu de noir, et au milieu de la £rand*court on avoit faict un arc de 27. pieds en hauteur, et 36. en larsrour, son ouverture large de dii, et haute de dix-huict, par des:îOU$ lequel on passoit pour aller à la grand'sale tendu«^ de Teloors , qui sert maintenant de Chappelle. On ne voyoit en lont œ Collège qu*armes de France et de Xarame , et des testes de mort, des larmes, et dos Fleurs de lys d^argont , aTec emblèmes et tableaux où estoient plusieurs devises et distiques qui les eipliquoient.

Aux deux coings de TAutel estoient dressées deux colomnes couvertes d'or bniny, et un arc qui estoit arraché des chapiteaux desdites coîomnes, et arrivoit jusques au haut de la sale; le vuide entre Tare et les colomnes estoit aussi rcmply d*armoiries. A la naissance de Tare traversoit une corniche, du milieu de laquelle sortoit un fleuron doré avec ses branches, pour poser ce cœur Royal.

Le Héraut estant dressé sur Teschaflaut, le reçeut des mains du Duc de Montbazon, et ayant prononcé à haute vofx , icy gist le cœur de Henry IIII , Très-haut, Trespuissant, et Tres-Chrestien Roy de France et de Navarre ; et répétez par trois fois, le Roy est mort, priez pour son amc , il le logea au lieu de son repos, attendant que les urnes plus richement clabourées soient parfaictes , lesquelles seront mises devant le maistro Autel de TEglise.

£: wnr meanirt lewsaffie. fl fol ussi arrestë enh massun m ^ Hk Ô! k iVtcirf, fix*à fadTenir le quatricsme ^un. L ^ femc mif jhrx«âs»?o âolemiieUe depuis TEgUse f TllIHDfe^ nsonsf u:i Jssiisaes, en laquelle assisteroient L)u^t^^ Lrs^sss^SÈDUs iC ii&l4Sia« : et au retour se feroit m s'.r^iT! siiifiiiiifL iiiLT TuDe dodit feu Roy : eu laqaelk •fiu~iffr Htm* ;zirsdj:onsi et ombres mécaniques cess^

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