‹ Documents inédits concernant la Compagnie de Jésus (volume 2)Chapitre 4 sur 23 · AU ROY LOUIS LE GRAND · texte numérisé non relu

AU ROY LOUIS LE GRAND

Les Rovaumes ne sont jamais plus houroux, ny los Kiitats plus âorissans. que lors qu'ils oui ix>ur appuy la Piotô el la Justice, comme lieux fortes et fermes colonnes, pour les soutenir contre les attaques qui secouent, et mesme ébranlent souvent les Empires. La PioU'\ Sirk, fail nMuIro à Dieu ce qui luy est deù, et la Justice fail nMuln* aux Hommes ce qui leur apparlienl ; et lors qu'on s*ac(|uitto d»» ces deux oblijrations, que Dieu êleiul («paiement à lout homme le monde, on accomplit tous les dt»voirs de la IMi»le et de la Justice Chrestienne. Il est vray, SmK, que Cf»M deux Vertus sont comme héréditaires dans la Maison, et dans la Famille Royale ; mais si cVsl un»» grande ^loin» auxEnfansde ressembler à leurs Peivs, je puis dire (|ue V. M. fait bien parailre par les généreuses actions do sa vie. et par les louables inclinations de son naturel, (|u\)lle n'hérite pas moins de la Pieté et Justice», qu(î du Scoplro el de la Couronne du glorieux S. Louis son Ayeul, ((ui a mérité les autels, et de Louis h» Juste son cher Pore, do Iriomphante mémoire, de qui je présente à V. M. la Fin heureuse, soùs le titre de ridée d*une beUe Mort, ((ui a esté comme le fruit des mérites d*uno vie parfaite el innocente qu'il a passée dans rexercice continuel des actes de ces deux illustres Vertus. Ces Vertus, Sirb, l'ont fail triompher durant sa vie, soit des rebelles ennemis de la Keligion, soit des autres ennemis jaloux de la grandeur de son Estât, et, après sa mort, le bruit commun porto

qu*elles luy ont fait visiblement donner courage à vos légions qui combattoient dans les plaines de Rocroy pour la défense de vostre Couronne, et gaigner une victoire dont les fruits ont esté si doux, que nous les avons goûtez long temps, par les mer\'eilleux avantages que vos armées victorieuses ont remportés sur vos ennemis. Ce seront aussi les mesmes Vertus qui maintiendront, Sire, tousjours vostre Estât en cette haute réputation où nous le voyons aujourd*huy, et dans ce grand éclat de gloire o& vos Alliez Tadmirent et vos ennemis le redoutent. C^est enfin. Sire, le motif des vœux de celuy qui est autant par inclination que par devoir.

DeV. U

Le tres-humble, ires-fidellCy et trèsobeyssant serviteur et sujet,

Antoine Gir.uid, de la Compagnie de Jésus.

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