‹ Documents inédits concernant la Compagnie de JésusChapitre 16 sur 18 · PAR LES PÈRES DE LA COMPAGNIE DE JÉSUS · texte numérisé non relu

PAR LES PÈRES DE LA COMPAGNIE DE JÉSUS

POITIERS H£NAi OUOIN, UIPRlMËUR-LlBRAiRË

Un jésuite jeté sur un tas de fagots pour y être brûlé vif : c'était un beau spectacle promis à la ville d'Aix! Mallieureusemeot le coup manqua ; non par défaut de fagots — les ennemis des jésuites eu auraient envoyé gratis et même au-delà du besoin — mais dans le parlement d'Aix, il ne se trouva pas assez de juges pseudo-philosophes , pour obéir aveuglément aux passions de répocjue , et brûler vif un religieux innocent. L'Europe n'était point encore assez civilisée, pour assister de sang-froid à de semblables énormités; mais, trente ans plus tard, en plein soleil de la philosophie, le ministre Pombal pouvait, grâce au progrès, se donner le divertissement d'un jésuite brûlé en place publique.

Nous aurons bientôt occasion de parler de Pombal et du P, Malagrida; poui' aujourd'hui, il nous suffira de dire un mot del'auto-

da-fë manqué, du P . Girard, dont le procès, en

deux volumes in-folio, lit:;ui e parmi les causes célèbres. Le délit du P. Girard, accusé de criminelle conversation avec une fausse dévote, se réduisait de fait, le procès le montre à satiété, à deux ou trois imprudences : comme directeur, il ne s'était point assez défié des prétendues révélations d'une fille endiablée et voulant à tout prix jouer le rôle de sainte.

Ce scandaleux procès, terminé par l'acquittement du P. Girard, avait passionné la ville d'Âix, divisé ses habitants, et rendu les jésuites impopulaires. Le temps et la raison venant à calmer les esprits^ la Compagnie se servit du meilleur moyen pour se concilier de nouveau raffection des provençaux : ce fut de les ramener à Dieu , par une mission donnée à toute la ville. Beaucoup de gens regardaient le succès comme impossible; mais il dépassa toutes les espérances, et lit oublier les iniquités du procès Girard.

La relation de cette Mission, due à la plume d'un contemporain, se trouve parmi nos manuscrits ; nous la publions sans autre introduction.

KELAÏION

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