‹ Documents inédits concernant la ville et le siège du bailliage D'AmiensChapitre 10 sur 37 · LA' XX VI · texte numérisé non relu

LA' XX VI

Procès devant i.\ Coi u, en appel d'un jugement des élus et en compétition de l'office de clerc i>e l'élection d'Amiens, 1440 (4 pièces).

La présente affaire nous montre, se rouvrant presqu'aussitôt après la paix d'Arras, la compétition aux oflices royaux de l'élection (pie nous avons vue si ardente dans les premières années du siècle. La lutte reprend, cette fois, avec d'autant plus de passion que la provision auxdits offices est désormais partagée entre Le duc de Bourgogne, qui présente, el le Roi, qui nomme; que certaines fonctions sont, si l'on peut dire, mitoyennes, chevauchant par-dessus la limite de séparation des deux moitiés du bailliage « deçà el delà la Somme » ; qu'il laut plaire, en conséquence, à deux maîtres el à deux clientèles, el qu'un nouveau grief s'ajoute, à l'occasion, à tous ceux que nous avons vu alléguer plus haut contre les gens en place, celui d'avoir été institué par les Anglais. Tel est précisément le cas du commis de l'élection, Jean de Fer, pourvu jadis par le crédit du tout puissant bailli Robert le Jone, en qualité de mari de la chambrière de Madame la baillive. Fâcheuse recommandation le jour où, la fortune ayant tourné, la vindicte publique se tourne contre les créatures de l'odieux personnage qui a dû vider les lieux pour se retirer, il <->i vrai, en pays bourguignon, à Arras, mais doni le crédit n'a pas laissé de baisser dans l'esprit du débonnaire Philippe le Bon. C'est maintenant Monseigneur de Croy qui est, à la cour de Gand, le dispensateur des grâces et de la faveur, et les profiteurs du nouvel état de choses ne l'ignorenl pas.

Sans doute, au lendemain du traité, de Fer n'a pas manqué de prendre ses garanties. Il s'est fait pourvoir en titre près des deux pouvoirs compétents, a échangé sa commission contre des lettres d'office en belle ci due forme. Mais que vaut le crédit du mari d'une chambrière contre celui du parenl de l'illustre praticien, Tristan de Fontaines, que nous connaissons pour un des personnages les plus considérables d'Amiens à celle époque, tour à tour avocat de la ville, avocat du Roi, élu intérimaire, donl les (ils, gendres, parents, sont maîtres de tous les offices royaux du bailliage, (V. notre Tableau1, bon bourguignon certes, mais de longue date, inclinant

ET LE BAILLIAGE d'aMIENS, -t I V>

vers le |>arli du Uoi et iln ParlemenI de Paris où sa postérité doit faire une si belle carrière? Jean de Fontaines, pourvu à son tour de la clergie de l'élection, entreprend d'évincer l'occupant, en dépit d'une nouvelle confirmation obtenue par celui-ci et de lettres royaux qui le reçoivent a opposition.

C'est le procès que nous voyons porter en Cour des aides et poursuivre avec une célérité peu ordinaire, puisqu'en moins de six mois l'appelant y obtient un arrêt interlocutoire qui entérine ses lettres d'opposition, assigne les parties a plaider sur le fond et le maintient, à litre provisoire, en possession de l'office conteste (n° V.

Y. la suite aux articles suivants.

iV° /. — Premières plaidoiries entre les parties.

net- 1439. v. st.

Entre Jehan de Fer, appelant des esleuz d'Amiens, comparant par Maistre i" '■'"

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