INTRODUCTION. XIX
crédit^ au XV* siècle, est fort précaire : lorsqu'ils empruntaient aux bourgeois des villes, ils étaient obligés de mettre leur vaisselle en gage, de se soumettre aux conditions les plus dures, à la contrainte la plus humiliante. Sans doute ces faits généraux ne sont pas inconnus des personnes qui ont étudié de près nos institutions, mais il me semble que les documents que j'ai recueillis leur donnent un relief plus vif en nous montrant les personnes en action dans les rôles les plus divers.
Le XIV* et le XV siècles sont éminemment prosaïques : l'édifice féodal s'affaisse avec toutes les institutions qui s'y rattachent. Les hommes d'église, mêlés h la vie commune, tombent dans le relâchement. Les officiers ducaux s'attachent à amoindrir les juridictions ecclésiastiques aussi bien que les justices féodales, toutes les fois qu'ils en trouvent l'occasion : témoins les conflits entre l'abbaye de Saint-Seine et le bailli de la Montagne , dont j'ai rendu compte. On voit, d'un autre côté, les dignitaires de l'Église réclamer, en vertu du privilège de clergie, les clercs qui étaient arrêtés par la justice laie. J'ai donné plusieurs exemples de ces réclamations et notamment une enquête intéressante à laquelle procéda la justice de Dijon, à la suite d'un vol commis chez les Chartreux.
Les grands établissements ecclésiastiques défendaient de même leurs privilèges les uns contre les autres; j'ai cité ceux qui s'élevèrent entre la Sainte- Chapelle et l'abbaye de Saint-Etienne au sujet des