INTRODUCTION. XXI
à-dire le trafic des choses saintes, était énergiquement condamnée; mais le prêtre restait libre de transiger sur ses intérêts ou de les défendre. On pouvait rire de la mauvaise humeur d'un curé qui n'accueillait pas sans murmurer le désaveu notifié par un de ses paroissiens : le notaire qui transcrivait ce curieux dialogue y laissait percer une légère intention satirique , sans encourir les foudres de l'Église (1).
Est-il nécessaire de dire ici qu'en publiant ces textes, qui révèlent quelques écarts ou relâchements individuels, je n'ai fait qu'user du droit d'un historien impartial? La vérité serait blessée si, en présentant ce tableau d'une époque ou plutôt une série d'esquisses prises sur le vif, j'en dérobais une partie au lecteur.
A côté de quelques faits affligeants, on trouvera dans ce même livre de nombreux textes concernant les confréries, les établissements religieux (notamment l'hospice du Saint-Esprit de Dijon), leur régime intérieur, les quêtes qu'ils déléguaient à des fermiers, etc. J'ai pu donner les titres de fondation de l'ancien hôpital Saint-Jacques de Dijon, des testaments et des donations eu faveur des églises. Enfin nos protocoles renferment de précieux documents concernant les écoles , les salaires des maîtres, l'enluminure, l'écriture et le prix des livres.
(i) Voir la scène piquante ci-dessous transcrite^ p. 295.