INTRODUCTION. VU
gislre d'actes nolariés que les contrats les plus usuels : §ctes de vente , d'échange, de bail ou de prêt, donations, testaments ou contrats de mariage, dont Tuniformité et le langage technique seraient plus faits pour rebuter que pour intéresser le lecteur. Ajoutons que ces actes innombrables, transcrits jour par jour, n'ont aucun lien entre eux, sont accumulés pêle-mêle, et que si Ton voulait y chercher un testament, par exemple, ou étudier spécialement cette matière restreinte, il faudrait quelquefois lire plusieurs centaines de pages avant d'en rencontrer un seul , et ainsi des autres. Aussi une première nécessité m'était imposée, c'était de tout voir, et de recueillir sans parti pris mes matériaux.
Je me suis convaincu tout d'abord que ces protocoles présentaient incomparablement plus de variété que les cartulaires ordinaires : ceux-ci renferment l'ensemble des actes qui ont contribué à former le patrimoine des grands établissements ecclésiastiques : les mêmes actes se reproduisent jusqu'à la satiété, et sont rédigés d'après un formulaire uniforme. Rarement le scribe qui les transcrivait se permettait une digression. Il en est à peu près de même des pièces annexées à l'histoire des grandes maisons féodales. Je suis loin, assurément, de contester la valeur de ces recueils que j'ai plus d'une fois consultés avec fruit : les Guérard, les Delisle, les Leprévost en ont tiré de véritables trésors. Ils ont l'inappréciable mérite d'être les seules sources à consul ter pour l'époque à laquelle ils appartiennent .