‹ Documents inédits pour servir à l'histoire des institutions et de la vie privée en Bourgogne, extraits des protocoles de notairesChapitre 4 sur 46 · VIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VIII INTRODUCTION

Mais ils sont muets et ne fournissent que des notions très incomplètes au sujet des arts et métiers, du droit pénal et de la \ie privée en général, D'ailleurs, avant le XIV' siècle, la bourgeoisie et les classes inférieures n'avaient pas encore définitivement conquis leur place au soleil. Or, les protocoles des notaires bourguignons nous font connaître un état social beaucoup plus développé, un ordre de choses plus varié.

Dans le cours du XI V et du XV' siècles, le bourgeois des villes s'est enrichi dans le commerce et le gentilhomme est souvent son obligé. L'habitant des campagnes s'efforce d'échapper aux mille entraves qni gênent l'expansion de son activité, aux charges qui grèvent le sol qu'il cultive. L'artisan contracte pour son compte, il achète des maisons, marie ses enfants, etc. L'homme d'église n'est plus attaché seulement à son couvent, à son chapitre ou à sa cure : il prête son argent, loue ses propriétés, fait des procès.

D'ailleurs les actes sous seing privé étaient rarement en usage parmi les roturiers, et par suite un nombre infini de transactions, môme les plus insignifiantes, ont trouvé place dans les protocoles. Plusieurs générations y ont déposé des traces de leur passage, de telle sorte qu'à l'aide des actes il serait possible (si nous possédions tous les registres des notaires de ce temps) de reconstituer les généalogies, de refaire l'inventaire d'un grand nombre de familles bourguignonnes. Bien qu'une partie

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