XIV INTRODUCTION
magistrat compétent est recommandé par la même novelle comme une garantie destinée à prévenir toute difficulté de cette nature.
Le tabellion était, à proprement parler, chez les Romains, Tofficier qui rédigeait les actes et en délivrait des expéditions aux parties. Justinien édicta les principales règles professionnelles que la législation moderne a adoptées. Il était permis aux tabellions d'avoir un délégué, constitué par un acte public, qui avait qualité pour donner à l'acte tous les caractères de l'authenticité, laquelle paraît avoir été attachée aux formules sacramentelles employées dans l'intitulé et la clôture de l'acte. C/était là une sorte de coadjuteur qui se distinguait des simples scribes, qui ne pouvaient recevoir la même délégation.(Nov. XLIV.)
L'usage de donner l'authenticité à une transaction en l'insérant dans un acte public revêtu de l'autorité du magistrat s'accrédita de plus en plus : les contractants se présentaient devant la curie ou les magistrats de leur municipe, qui faisaient dresser un procès-verbal des conventions. Les formules anciennes font plusieurs fois allusion à cette coutume qui se perpétua pendant le moyen âge, et à laquelle on peut rattacher l'usage de prendre des lettres de baillie dont parle Beaumanoir. Il n'est pas jusqu'au nom du protocole qui ne soit emprunté à la législation de Justinien. Toutefois, d'après la novelle XLIV, on appelait ainsi le papier fort qui portait le nom du comte des largesses avec une date.