‹ Documents inédits pour servir à l'histoire des institutions et de la vie privée en Bourgogne, extraits des protocoles de notairesChapitre 9 sur 46 · INTRODUCTION. XV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XV

Mais, plus tard, on donna cette appellation au registre destiné à recevoir les actes publics (ordonnance de 1304), puis à la minute proprement dite. Le style des actes rédigés par les notaires bourguignons a une physionomie particulière. Si, dans les premières années du XIV* siècle, les rédacteurs se conformaient à un formulaire assez sec, ils ne tardèrent pas à s'affranchir des programmes tracés à lavance. Le contexte de Tacte varie en effet comme les transactions elles-mêmes. On comprend que, dans les actes de vente, de louage, de prêt, les clauses de garantie, de renonciation et autres soient le plus souvent conçues dans les mêmes termes. Mais les accommodements, les contrats de mariage, les actes de désaveu, les exposés de fait qui précèdent parfois les contrats les plus simples ne se prêtaient pas à la même uniformité. Le notaire se donne alors carrière, il fait parler les parties. Leur dialogue est vif, aggressif ou même injurieux, et laisse deviner le caractère des interlocuteurs. La mise en scène est souvent piquante, lorsque les parties échangent des récriminations, comme en matière d'injures et de délit (1).

Dans les cas où la rédaction présentait des difficultés particulières, le texte était préparé par un

(1) On trouvera quelques spécimens des actes de cette nature dans notre livre III. On peut faire, d^ailleurs, dans nos textes, une étude intéressante de la langue rançaise usuelle du XIY« et du XV« siècles. Les tabellions transcriven fidèlement le langage des parties.

Page 1