‹ Documents inédits pour servir à l'histoire du christianisme en orient [XVIe-XIXe siècle];Chapitre 36 sur 113 · TRIPOLI · texte numérisé non relu

TRIPOLI

R. P. Jacobus Ligier^ sup. ( Pr, Tulosanœ ), n. 1699 ; i. 21 sept. 1705. P. Thomas de Dominlcis, miss. (Pr. Komanse), n. 7 jul. 1681 ; i. 7 sept. 1702; p. 15 aug. 1715.

F. Petrus Kobbié, mag. schol., coq., ( Pr. Siculae ), i. 1113.

SIDONl

R. P. Marc- Anton. Treffbns, sup, gon. ( Pr. Lugdunensis ), n. 18 dec. 1681 ; i. 7 sept. 1706 ; p. 9 apr. 1716.

P. Petrus Fromage^ miss. ( Pr. Cauipanife), n. 12 mal 1677 : i. 3 nov.

ANTUR.E

R. P. Antunius Le Molle, sup. ( Pr. Campanile ), n. 13 aug. 1673 ; i. 23 sept. 1692 ; p. 8 apr. 1708.

P. Ant.-Maria AaccA?, miss. ( Pr. Romanae ), n. jun. 1666 vel 1667 ; i. 27 jul. 1687 ; p. 30 dec. 1()97.

F. Remig.-Jos. Bréi/é, coq. ( Pr. Campaniœ ), n. 2 feb. 1692 ; i. 4 feb. 1719 ; c. f. 15 aug. 1729.

F. Phippus Brouet, a3dit., janitor, sartor. (Pr. Campanise), n. 10 aug. 1664 ; i. 30 janv. 1692. c. f. 24 maii 1702

13. Jamais un missionnaire n*est renvoyé pour cause de santé dans sa province, à moins qu'il n'en fasse lui-mdme la demande ; mais il est envoyé ici à Antoura pour refaire sa santé dans un repos spirituel, ainsi que je le fais actuellement.

14. Nous sommes habillés non comme les Jésuites d'Europe, mais comme les autres prêtres chrétiens du pays (1).

15. Il y a une grande différences entre l'arabe savant et l'arabe vulgaire : ce dernier suffit pour le but que se propose le missionnaire qui peut, du reste, apprendre le premier avec le temps et sans grande peine. Nous nous tenons ordinairement dans un juste milieu entre la langue savante et la langue vulgaire, afin que tout le monde nous comprenne. Il n'est pas inutile d'ajouter en passant que la traduction arabe de l'Ancien Testament dont les chrétiens arabes se servent en Orient, ne concorde pas avec la traduction qui a été publiée à Paris dans la Bible polyglotte.

16. Lorsque les gens du pays, nobles et riches, parlent ou écrivent en arabe, il ne disent jamais toi ou vous, mais ils emploient un terme honorifique abstrait pour honorer ceux avec lesquels ils parlent. Ainsi, s'ils s'adressent à un évêque ou à un prêtre, au lieu de dire : « Je t'ai écrit », ils diront : « J'ai écrit à ta Sainteté» etc. ; s'ils s'adressent à un laïc, ils diront : « J'ai écrit à tonEminence », ou encore : « J'ai écrit à votre Béatitude. »

17. Quant aux autres points sur lesquels Votre Révérence désire être instruite, nous en causerons ici en Syrie. Que Dieu me donne le plaisir de vous recevoir bientôt et de vous embrasser, vous et les nombreux Pères Allemands que nous attendons avec une grande impatience. Venue et videte.

Tous les Pères missionnaires qui sont ici avec moi saluent Votre

CAIRI

R. P. Gabriel Chabert, sap. ( Pr. Lugdanensia), n. 30 sept. 1685 ; i. 30 sept. 1704; p. 2 feb. 1720.

P. Elias Alepinus, miss. ( Pr. Romanse ).

F. Josephus Richard, coq. ( Pr. Campaniœ), n. 28 mart. 1696 ; i. 4 mart. 1724 ; c. f. 15 aug. 1734.

( 1 ) Jean-Gaspard Schillinger, voyageur allemand, de passage à Alep en 1699, décrit ainsi lenr costume : « Tous les Religieux portent Thabit ordinaire de leur Ordre comme en Ëui'ops, sauf les Pères de la Compagnie de Jésus, qui sont revêtus d^une longue pelleterie violette et d*un turban, ou bonnet turc, de môme couleur, à la façon des autres Européens qui demeurent en ce pays. » ( Neue-Welt-Bott, 1. 1, part. 4, n^ 93, p. 64 ).

Révérence avec la plus affectueuse charité ; nous prions tous Dieu pour vous, aj5n qu'il vous bénisse, vous accompagne en voyage et vous conduise à nous sain et sauf.

En attendant écrivez-nous le plus souvent possible"; nous ne pouvons rien pour les lettres. Priez aussi Dieu pour que j'efface mes péchés par une vraie pénitence et que je me prépare sérieusement à la mort. Je mourrai avec joie après vous avoir ^u dans notre Mission. J'espère cette grâce de la bénignité de notre très doux Sauveur Jésus-Christ, à qui louange et gloire dans toute l'éternité. Amen.

Le Consul d'Alep a l'Ambassadeur

Alep, le 1 juin 1730 ( Aff. Etr, Corresp. dïpl, Turquie, T, 82, f, 2^^)

Sommaire • Rome défend aux prêtres catholiques d'officier avec leur évèque à moins que celui-ci n'envoie sa profession de foi orthodoxe. Emoi et danger de persécution.

Il se prépare une cruelle persécution contre les catholiques en ces pays-ci. Les évêques des grecs, des arméniens et des suriens se sont ligués ensemble, à ce que je viens d'apprendre, pour dénoncer au Pacha ceux de leurs prêtres qui pour se conformer aux derniers ordres venus de la Sacrée Congrégation, refusent de plus officier avec leur évèque, à moins qu'il n'envoie à Rome sa profession de foi orthodoxe. On craint même que ces évêques ne fassent revivre Je Katchérif qui défend la fréquentation de nos missionnaires avec les chrétiens sujets du Grand Seigneur. Les grecs surtout sont dans une grande consternation aussi bien que nos religieux. Je ne manquerai pas d'informer V. E. de ce qui se passera à ce sujet.

Le Consul d'Alep a l'Ambassadeur

Alep le 12 juin 1733 ( Aff. Etr, Corresp. dïplom, Turquie T 82. f 240 ) Sommaire • Troubles à l'occasion des décrets de Rome.

J'ai l'honneur d'informer V. E. que là Sacrée Congrégation avait envoyé depuis peu à Alep un décret contenant la décision de plusieurs questions que les missionnaires de Syrie lui avaient faites

touchant la direction des évêques de ce pays ; et qu'entr'autres choses, elle avait déclaré que les prêtres catholiques ne pouvaient pas communiquer in sacris avec leur évêque, à moins que celui-ci n'envoyât à Rome sa profession de foi catholique, apostolique et romaine ; qu'elle défendait à ces mêmes prêtres catholiques de faire commémoraison à la messe de leurs patriarches hérétiques ou schismatiques ; qu'elle déclarait Cyrille véritable et légitime patriarche grec d'Antïoche, et ordonnait à tous les catholiques de cette nation de n'en point reconnaître d'autre.

' Dès que les missionnaires eurent publié ce décret à Alep, tous les prêtres grecs catholiques s'abstinrent de plus officier avec leur évêque, à moins que, conformément au dit décret, il n'envoyât sa profession de foi à Home et qu'il ne reconnût Cyrille pour son patriarche légitime. L'évêque, qui n'est dans le fond ni schismatique ni catholique, leur répondit qu'il était catholique comme eux, mais qne la crainte du patriarche de Constantinople, qui l'a envoyé ici, l'empêchait de faire publiquement sa profession de foi, puisqu'il savait qu'elle serait suivie de sa distitution de l'évêché d'Alep, et peut-être de sa condamnation aux galères, et qu'il ne se sentait pas assez de courage pour s'exposer à ces épreuves de sa foi ; qu'il respectait les ordres de la Cour de Rome, mais qu'en ce pays-ci ils étaient impraticables, si on n'y apportait des modifications ; et qu'il les exhortait à les chercher pour prévenir les désordres qui s'ensuivraient de leur désertion de l'église.

Les missionnaires n'ayant voulu permettre aucun tempérament aux ordres de la Congrégation, les prêtres catholiques se cachèrent chez eux, et l'évêque, faute d^assistants, ne put plus célébrer. Les schismatiques de sa nation, choqués du procédé des prêtres catholiques, présentèrent, il y a dix jours, un mémoire au Pacha contenant que le Pape de Rome ayant défendu sous peine d'excommunication à ceux des grecs qui sont de sa religion de ne plus fréquenter leur évêque ni leur église, et que tels et tels prêtres et tels et tels séculiers, dont on avait fait une liste, n'allaient plus à l'église et s'étaient déclarés Francs, le Pacha ne voulant pas perdre une si belle occasion de manger, comme l'on dit en ce pays, envoya saisir et mettre en prison tous ceux qu'on put trouver tant des prêtres que des séculiers marqués dans la note.

Ensuite, il fit venir l'évêque auquel il demanda s'il n'était pas le supérieur ecclésiastique des grecs à Alep, et en vertu de quel

titre il Tétait. L'ëvêque lui répondit qu'il Tétait en vertu d*un ordre du patriarche de Constantinople qui, suivant le barat qu'il avait de la Porte, avait pouvoir de pourvoir aux évêchés dépendant de son patriarcat. — Hé ? pourquoi donc, dit le Pacha, souffrez-vous qu'il y ait dans votre nation des gens qui suivent la religion des Francs et refusent de vous reconnaître pour leur supérieur ? — L'évêque assura qu'il n'y avait personne, dans son troupeau, qui ne suivit comme lui la religion grecque, et que tous avaient pour lui toute Tobéissance qu'ils lui devaient. — Je sais pourtant, répliqua le Pacha, qu'il y a de vos prêtres qui, en exécution des ordres du Pape, ne prient plus avec vous et ne vont plus à votre église. — Il est vrai, reprit Té vêque, que je m'étais brouillé, il y a quelques jours, avec trois ou quatre de mes prêtres ; mais ils sont venus à résipiscence, et hier ils étaient tous chez moi.

Le Pacha tourna Té vêque de tous côtés pour lui faire avouer la vérité du fait ; mais il tint bien forme en assurant le Pacha que toute sa nation était dans le devoir et qu'il n'avait aucun sujet de plainte contre eux. Sa fermeté sauva la partie aux prisonniers, que le Pacha fit élargir, moyennant 750 piastres, et après- avoir fait entendre tant à Tévêque qu'aux prêtres et aux procureurs de la nation grecque, qu'il était informé que nonobstant les défenses, du Grand Seigneur, les chrétiens de ce pays recevaient chez eux les missionnaires et allaient eux-mêmes à l'église des Francs ; qu'il jurait par la tête de Sa Hautesse qu'il ferait pendre le premier chrétien qu'il surprendrait chez les missionnaires, ou dans la maison duquel on verrait entrer un missionnaire, et qu'il confisquerait au profit du mî'ry les biens de ceux qui contreviendraient à ses ordres ; qu'il voulait qu'on les publiât dans l'église, pour que personne n'en prétendît Tignorance. Il envoya les. mêmes ordres aux maronites', au suriens et aux arméniens, qui tous furent obligés de les publier au prône le 4 du courant.

Plusieurs prêtres grecs qui passaient pour catholiques ont perdu ce nom auprès des missionnaires parce que, nonobstant les oidres de Rome^ ils sont retournés à leur église et ont officié avec Tévêque. Les autres se sont cachés et ont pris, dit-on, la résolution de se retirer au Kesrouau, auprès du patriarche Cyrille. Je crains fort que leur fuite n'entraîne la perte entière de la catholicité.dans cette nation, et qu'elle n'aide Sylvestre à revenir à Alep, où Ton assure que son parti se fortifie de jour en jour.

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