‹ Documents inédits pour servir à l'histoire du christianisme en orient [XVIe-XIXe siècle];Chapitre 38 sur 113 · Excommunication lancée en 1725 par les Grecs · texte numérisé non relu

Excommunication lancée en 1725 par les Grecs

CONTRE le patriarche CtRILLE ET SES ADHERENTS (2).

(Traduction)

Â. Des causes de la propagation de la peste des HÉRésiES

(1) Voir lettre pi*écédente ; et, sur Cyrille, la note 1.

(2) Noua trouvons dans les notes laissées par le regretté P. Rabbath

PAPALES BT DU SCHISMfl AN SyEIE, BT DB CBUIL QUI BN ONT BTB LA CAUSB. (CH. IX).

Il y a un peu plus de 140 ans, quelques papistes apportèrent en Syrie la contagion pestilentielle de Thérësie et du schisme. Par remploi de moyens coupables, ils contaminèrent du poison de cette peste, d*abord quelques orthodoxes de Jérusalem ; ils gagnèrent quelques adhérents par des services rendus, des aumônes et des emplois ; ils permirent Texercice des fonctions sacrées i un de nos prêtres qui avait été dépouillé de la dignité sacerdotale par son supérieur et qui s'était adressé à eux.

Ce poison se répandit ensuite dans le patriarcat d*Ântioche les missionnaires employèrent leurs artifices à Damas et à Âlep, auprès des deux patriarches Cyrille (1) et Âthanase qui étaient contemporains, et qui furent trompés par eux. Espérant que les mis* sionnaires les aideraient à se maintenir sur le siège patriarcal, et conseillés par eux, les deux patriarches écrivirent au Pape de Rome, exprimant leur volonté de Tunion, comme il résulte des textes de leurs lettres écrites par le fils du curé Thomas, TÀlepin schismatique.

Cette peste s'est propagée à Saïda par Tévèque de cette ville, Euthyme, qui s'était révolté contre son patriarche Cyrille, parce que ce dernier voulait le forcer de rendre les ornements patriarcaux que le Pape de Rome avait envoyés à sa Béatitude et dont Euthyme s'était emparé. Par ses ruses hypocrites, cet évèque répandit cette peste parmi ses ouailles (2).

06tte tradaction corrigée de aa main. Les deux chapitrea que nona pabliona sont traduits d*an maiiaacrit at*abe de date récente, composé par un Grec diaaident et oonaervé dans la Bibliothèque Orientale de rUniversité S^ Joseph de Beyroath. L*écrit complet a pour titre, Hïftoïre du sehUme^ et, par ce mot, Tauteur entend le achisme de TEgliae Romaine qui ae serait séparée de TEglise Orientale Orthodoxe. Très-violent dans son langage, il accommode à aea préjugea rhiatoiro du Concile de Florence, ainsi que le mouyement de retour de l'Eglise Grecque au sein de TËglise universellle. On peut comparer les passages que nous publions avec V Admonition d'Avril 1724, eiVExeommunicatian de Cyrîlle, Décembre 1784. Gf.Mansi^T. 87, col. 209-226. (Nouvelle édition).

(1) Cyrille V. Voir Doe. t. 1. p. 609. Sur le patriarche Athanase, p. 54&-

(2) Euthyme. Voir n. 2 dans ce fasc. avec la note. L'auteur du factum est très mal informé.

Cette peste 8*étendit aussi à la plupart des Grecs d*Alep. En Yoici les causes :

P L*afltuce des missionnaires qui les gagnaient en leur faisant croire à la similitude des deux croyances (des Grecs et des Latins), en donnant des aumônes aux pauvres, en fréquentant l'église, les maisons du Patriarche et de ceux de la nation. Pour tromper les simples, ils leur offraient des commentaires erronés des Livres sacrés ou des textes falsifiés des S^° Pères. Ainsi ils gagnèrent le clergé et les principaux de notre nation et ils les empêchèrent de communiquer avec nous sous prétexte que nous étions schismatiques.

2^ La faiblesse du Patriarche Àthanase qui, par amour du repos, supporta cette conduite des missionnaires et les rapports de la nation avec eux ; il s'opposa plus tard à eux, pressé qu'il était par la décision du Très Saint Patriarche œcuménique de Constantinople et du Saint Synode, qui lui enjoignaient de réparer les conséquences de sa faiblesse passée ( 1 ).

3^ La conduite de l'évéque grec Gérasimos, qui, pour sa fausse croyance, fut frappé d'interdit et d'excommunication. (2).

4^ Le mécontentement de la nation elle-même. Elle reprochait au patriarche d'avoir changé sa manière de faire avec elle, d'avoir exilé son évêque Gérasimos à la citadelle de Baalbek, (ce qui eut lieu à cause de sa mauvaise croyance).

5*^ La douleur des Grecs de voir le Synode de Constantinople lancer les châtiments contre quelques-uns d'entre eux et leur évêque.

Cette peste se propagea à Damas. Les propagateurs furent les missionnaires qui gagnèrent le patriarche Cyrille et la nation, à l'exemple de leurs confrères d'Alep et par les mêmes moyens ; la seconde cause fut la violence du prétendu patriarche Séraphim (3), qui s'empara du siège d'Ântioche et fit sa demeure pendant quelque temps à Damas et attira à ses erreurs une partie de la nation.

( 1 ) il s*agi6 du patrîarohe Jérômie, Eremia. Voir Doc, t. I. 546, 548, etc.

(2) Gérasimos (Khouri Georges) T. I. des Doc, p. 609. Voir la note du n. 4.

(3) Cyrille VI (Séraphim Tanas) élu patriarche en 1624. Doc. I. p. 569 ; voir en général pp. 545-569, et les n. 4 et 5 de oe fasc.

Cette peste s'étendit au Liban et aux environs, grâce à renseignement papiste semé par le curé Nicolas Sajegh et par Abdallah Zakher (1) ; quelques moines excommuniés soutenus par le prétendu patriarche Séraphim et protégés par TEmir Haïdar Ghéhab et son successeur aidèrent à cette diffusion.

Elle s'étendit aussi sur quelques habitants de Baalbek, dans tout le village de Er-Ras et ailleurs, par la fraude de Séraphim, qui s'était enfui au Liban, et par ses moines. Elle s'étendit même jusqu'à la ville de Beyrouth, causée par le même Séraphim qui, par son astuce, gagna la célèbre famille Dahhan et établit un de ses membres évéque sur elle, Joasaph, moine chouérite, qui parvint à augmenter le nombre des trompés.

Elle s'étendit à Homs par le moyen de l'évèque interdit et excommunié de cette ville, Ignace, et l'activité de quelques écrivains étrangers.

Pleurons, nous orthodoxes, le fléau de cette peste et prions Dieu avec le prophète : Voyez, Seigneur, notre misère etc..

B. Des châtiments dont furent frappés ceux qui se sont

SEPARES DE l'EgUSE GrECQUE-OrTHODOXE (Gh. X).

Les chefs de l'Eglise Grecque orthodoxe, ayant appris que les gens mentionnés dans le chapitre précédent avaient déserté la vraie foi et embrassé l'hérésie et le schisme, leur prodiguèrent leurs conseils ; mais convaincus enfin de leur obstination dans l'erreur, ils se virent forcés de lancer la grande excommunication contre chacun d'eux désigné par son nom : prêtres et laïques. Les membres du clergé furent dégradés de la dignité sacerdotale, le même châtiment fut étendu à tous ceux qui se jetteraient dans l'abîme de l'erreur. Voici les déclarations des chefs de l'Eglise grecque orthodoxe, dans leur Concile, réuni à Constantinople en 1725 : Nous dépouillons de toutes les dignités sacerdotales l'excommunié Séraphim qui, le premier, a osé se dire patriarche de cette secte, i cause de sa coupable hérésie, de sa violation de la loi et de sa désobéis-

(1) Abdallah Zakher, voir 1. 1, p. 568.

sance à la Sainte Eglise de Dieu. Avec lui, nous excommunions tous ceux qui Tont suivi dans sa triste croyance, à savoir : le misérable Gabriel, fils de FinaneAr-RamIawy (de Ramla), le misérable néophite qui devint par la permission de Dieu évéque de Saïdnaja (1); le misérable Gérasimos qui devint, par la permission de Dieu, évêque de Homs ; le misérable prêtre Méthodius de Saïda et le misérable prêtre Michel d^Âlep, que le misérable Séraphim a prétendu créer évêques ; le prêtre trois fois maudit Wahbé de Lydda ; le misérable prêtre Âbd el-Massih Ez-Zabbal et le misérable père Jean Ebn-Khabié, tous deux de Damas ; le misérable prêtre André, des environs de Damas, Tabhorré de Dieu Mansour El-Khajatt Es-Sayû de Damas, et le trois fois maudit Abdallah Zakher d'Alep«

Tous ceux-ci, nous les avons excommuniés Tannée passée, et ils demeurent excommuniés. Excommuniés aussi tous ceux dont nous avons appris Thérésie et qui sont : le misérable prêtre Georges El-Moussalli (?), le misérable père Joseph Es-Sabbagh, fils du père Sama'an £l-cAttar, de Damas, le misérable père Fadlallah Ebn Foudail, tous de Damas, le misérable père Moïse, de Midan (Damas), le misérable père Jean de Djub-Genein, le misérable prêtre Moïse, de Zouk Mikaïl, le misérable prêtre Moïse Ebn— Hamra, de Baalbek, le misérable père Michel de Djoun (Tripoli de Syrie), le prêtre Antoine, âls du prêtre Moïse, et son misérable âls, le père Salomon de Lattaquié, le misérable -prêtre Etienne de Saïda, qui est de Tentourage d^Euthyme Texcommunié, qui est mort, le misérable prêtre Ibrahim surnoméËI-Mouhdi (le Convertisseur), le misérable {irêtre Wakim d'Alep, le misérable prêtre Jean El-Eskaf ; les prêtres trois fois maudits du monastère El-Belmeude, du département de Tripoli de Syrie, ainsi que les habitants du monastère de S^ Jean de Schouaïr ; tous sont de faux prêtres et de faux moines, avec leur supérieur, le misérable prêtre Nicolas fils de Namatallah Es-Sayegh d*Alep et le misérable prêtre Michel d'Alep. Les habitants du monastère du « Sauveur », du département de Saïda, sont aussi tous de faux prêtres et de faux diacres, et les habitants du monastère de Saint Simon sont tous de faux prêtres, de faux diacres et de faux moines. Tous ceux-ci, dont Terreur nous est connue, nous

(1 ) Sur ces d«ax personnagesy voir t. I des Doc. p. 5Ô9« Ô09 et 614.

déclarons qu'ils soDt également excommuniés, ainsi que ceux qui sont cités plus haut. Ils parlent, ils agissent avec la même intention et la même mauvaise opinion qu'eux.

Aussi, par le pouvoir qui nous a été accordé par l'Esprit Saint, nous les dépouillerons eux et tous ceux qui les imiteront de tous les degrés du sacerdoce. Ils seront excommuniés de la part de Dieu, le Père tout Puissant, et ne trouveront point de pardon. Après leur mort, leurs corps ne seront pas détruits ; la pierre et le fer fondront et seront réduits en poudre, et leurs corps ne tomberont pas en poussière. Que les excommunications des 318 Saints Pères qui se sont réunis à Nicée, et des autres Conciles sacrés, tombent sur eux. Que la colère de Dieu pèse sur leurs tètes ! Qu'ils ne voient jamais le bonheur dans aucun jour de leur vie !

Dorénavant, par la suprême parole toute puissante de Dieu, nous déclarons qu'aucun chrétien n'a la permission de les appeler prêtres ou de baiser leurs mains impures, de boire ou de manger avec eux, de les saluer le premier, de leur donner une aumône grande ou petite, de les introduire dans sa maison ou d'entrer en relation avec eux. Nul ne pourra correspondre par lettres avec l'excommunié Séraphira, ni avec les autres excommuniés, ni recevoir d'eux des lettres. Quiconque agit contrairement à notre déclaration tombera sous le châtiment et l'interdit. Nous adressons la parole à nos enfants spirituels et nous leur disons : « Si quelque autre prêtre suit l'exemple pernicieux de ces excommuniés, nul n'a la permission de prier à sa suite, ni d'en recevoir la bénédiction. Qu'il soit à vos yeux comme un païen et un pharisien, et ne l'appelez pas prêtre ».

A ceux que le misérable Séraphim a prétendu sacrer prêtres, nous déclarons : s'ils veulent revenir et se comporter comme des laïcs^ qu'ils soient bénis : sinon, qu'ils soient excommuniés ; le courroux de Dieu les atteindra comme il a atteint Dathan et Abiron, car ils accomplissent les fonctions du sacerdoce sans en avoir reçu le pouvoir. Après leur mort, leurs corps ne seront pas détruits et ils demeureront toujours sous le poids de la malédiction éternelle dans les flammes de l'enfer.

Mission auprès ou patrurchb chaldébn eue, bn 1614.

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