Introduction
A. Depuis le patriarcat de Jaballaha, mort à Arbèles en 1318, le siège chaldéen était resté séparé de l'Église catholique jusqu'à Tan 1551 (1). A cette date, Simon Bar-Mama (fils de Marna) étant mort, SiméonDenha, fils de son frère, conformément à une coutume abusive déjà ancienne, qui maintenait le patriarcat dans la même famille, fut élu à Mossoul comme successeur de son oncle. Mais le clergé et le peuple chaldéen protestèrent contre cette transmission du patriarcat, comme étant opposée aux canons ecclésiastiques. A la pluralité des suffrages, ils désignèrent comme patriarche Simon Jean Sulaka, archimandrite du couvent de S* Hormisdas, situé près de Mossoul. Puis, à Tunanimité, les électeurs décidèrent que Sulaka irait à Rome, pour être confirmé et consacré. Il y parvint le 18 novembre 1552 ; il fut consacré patriarche et reçut le pallium de Jules III. A son retour en Mésopotamie, il ordonna 5 évêques. Mais son rival, Simon Denha, gagna bientôt par ses présents le gouverneur d'Amid, qui, en 1555, emprisonna Sulaka, puis le fit enfermer dans un sac et jeter dans un fleuve (2).
Après la mort de Sulaka, Abdjésus, métropolitain de Gazarte (Gésiré) qui avait reçu Tépiscopat des mains de Sulaka, fut confirmé dans sa charge, à Rome, en 1562 et obtint de Pie IV le pallium (3).
( 1 ) A répoque da oonoile de Florence, le métropolite de Chypre, Timothée, se réunit cependant à TEgUse Romaine, comme les Arméniens et les Jacobites. YoirRaynaldi, ad an. 1445. La bulle d'Ëagône IV racontant cette union, et donnant la profession de foi de Timothée a été traduite en français par A. d'Avril, La Chaldée chrétienne, Parifi, 1892, p. 39-43.
(2) S. Giamil, Relationes inter Sedem apostolicam et Assjriorum Orientalium seu Chaldaeorum Ecclesiam, Rome, 1902«p.XKKII, 12-30, n.IY, V, YI, XXY, 92.
(3) Voir les aouroes citées^ Genuinae RelatUmes, etc. n. VII-X, p. 27-68.
A son retour de Rome, Âbdjésus siégea à Amid avec le titre de patriarche de Mossoul, en même temps qu'un patriarche non uni, reconnu des Chaldéo-Nestoriens, résidait à Mossoul. Mais, bien que le patriarche chaldéen catholique eût ordonné 14 éyêques, l'union du métropolitain avec Rome fut interrompue ou sommeilla, après la mort de Abdjésus en 1567. Car, son successeur, le vieux Aatallah n'osa faire le voyage de Rome. Cependant, l'archevêque d'Amid, Elia Hormez Asmar Abib, maintenait, semble-t-il, la profession de foi catholique. Il amena dans le sein de l'Eglise catholique Siméon Denha, archevêque de Gelu, de Seert et Salamas. Le même Siméon Denha fut élu patriarche en 1580, à la mort d'Atallah (Jaballaha). En 1582, il envoya Elie Hormez Abib vers le Pape Grégoire XIII, afin d'obtenir la confirmation et le pallium. Il demandait, en même temps, certaines franchises pour les évêques envoyés auprès des Chaldéens des Indes Orientales, et, en outre, l'appui du pape pour obtenir la restitution d'un hôpital à Jérusalem, ainsi que quelques autres revendications (1).
. La clause relative aux Lieux Saints jette déjà quelque lumière sur les difficultés qui entraveront la mission de 1614.
B. Siméon Denha, archevêque de Gelu, avant d'être confirmé par Rome avait quitté Amid, ayant été contraint de s'éloigner par son rival, Elie, qui avait succédé à Siméon Denha Bar-Mama, en qualité de patriarche des Chaldéo-Nestoriens, et continuait de résider au monastère de S^ Hormisdas. Siméon Denha (1580-1593) était allé résider en Perse, au monastère de S' Jean, près de Salamas. C'est là qu'il revint, à son retour de Rome, et mourut en 1593. Ses successeurs, appelés de son nom, Simon, transférèrent leur résidence dans le Kurdistan soumis aux Turcs, à Eokchanès, où réside aujourd'hui Simon XVI. Le successeur immédiat de Siméon I Denha, Siméon II, envoya au pape Paul V sa profession de foi datée du 29 juillet 1619, en promettant de se rendre à Rome au mois de Mars de l'année suivante, avec le Père franciscain Thomas de Novare, alors missionnaire à Alep (2).
(1) Mômes Bouroes àtina Genuinae Relationes, n. XXIV et XXV, p. 88-97. — Voir la Relatione d^Abel, évéque de Sidon, ibidem, n. XXIX, p. 119.
(2) Voir AI. Assemani: De Catholiciê seu PatriarchU Chaldaeorum et Nesta^ r ianorum, p. 229. Sur Thomas, voir les n« auivantB.
G. Pendant que se poursuivait, en Perse, la série despatriarches héritiers de Siméon Denha, dont la plupart envoyèrent leur profession de foi à Rome (1), l'autre série de patriarches, qui succédait à Simon Bar-Mama, avec le titre de patriarches de Babjrlone et le nom d*Elie, continuait aussi jusqu'à l'an 1778, où elle finit en la personne d'Elie VIII, à Alkosch, près de Mossoul. Or, dans cette série, le successeur immédiat de Simon Bar-Mama, Ëlie I (1559-1576), vit l'un de ses archevêques Siméon Denha, archevêque de Gelu, Seert et Salamas, abjurer le schisme, (voir plus haut). Ëlie III (1576-1591), que Giamil identifie avec le précédent, p. XXXIX, fit porter sa profession de foi au pape Sixte-Quint par le moine Abd-Al-Massih, en 1586. Cette profession de foi n'était pourtant pas pure de toute erreur nes'torienne. (2).
D. Elie IV (1591-1617) est le patriarche vers lequel le pape Paul V a délégué les deux Jésuites dont nous publions la Relation. Lui-même envoya trois fois au pape des messagers, avec des lettres.
En 1610, il délégua vers le pape Paul V l'archidiacre Adam, qui séjourna trois années à ROme (3) et, après de nombreuses conférences avec les théologiens du Saint-Siège, abjura toutes les divergences dogmatiques de son Eglise. Quelles étaient les principales erreurs des Nestoriens 2 Les voici, telles que nous les trouvons dans la Relation de Léonard Abel, évêque de Sidon, envoyée au pape Sixte V, en 1587 : Ils reconnaissaient deux personnes en Jésus- Christ, refusaient d'appeler la Sainte Vierge Mère de Dieu, comme si ce dernier terme ne pouvait s'entendre que de la Trinité ; ils la nommaient seulement Mère de Dieu Verbe et Fils ; ils tenaient Nestorius pour saint et anathémàtisaient Saint Cyrille ; ils rejetaient le concile d'Ephèse et ceux qui l'ont suivi, contractaient des mariages au degré prohibé, n'avaient plus l'usage de la confession auriculaire faite au prêtre, admettaient la transmission du patriar-
(1) Giamil, ouvrage oité, pages XXXVII, XXXVIII, etc.
(2) Joseph Assemani, Btblioth, Orient. I, 549; II, 456 ; III, 622.
(3) Voii* le texte italien de cette Relation dans Oiamil, oav. cité n. XXIX, p. 122. JuTencins, EpUome Hutoriae S. J. t. 4, p. 222. Les pages 222-226 réBoment la relation donnée plus loin.
cat dans la même famille ; le clergé pratiquait la simonie. Paul V, après avoir reçu l'abjuration d'Adam, le ât accompagner en Mésopotamie par deux délégués, le Romain Jean Antoine Marietti et le Maronite Pierre Metoscita, l'un et l'autre prêtres de la Compagnie de Jésus. Les lettres du pape au patriarche chaldéen nous apprennent qu'il s'était décidé à ce choix, soit en raison de la science, du zèle, de la vertu et de la probité des deux Pères, soit pour honorer en eux leur institut, soit aussi en vue d'être agréable à l'archidiacre Adam qui s'était beaucoup entretenu avec les Jésuites^ leur avait témoigné une intime amitié et en avait reçu de signalés services, « non vulgaria officia » (1).
Ë. Mais, comme on le verra par la relation des deux Jésuites, Adam fut fort mécontent de se voir adjoindre deux compagnons, qui avaient été les témoins de son abjuration et étaient à même de raconter exactement au patriarche Ëlie tout ce qui s'était passé. Dans l'entourage du pape on n'avait pas douté de la sincérité d'Adam (2). Mais ce bon moine, si docile à souscrire la complète profession de foi catholique, quand il se trouvait à Rome, n'osait plus, faute de courage ou de conviction, dire anathème à Nestorius, en présence d'un clergé peu instruit, rebelle à cette condamnation. Revenant vers son patriarche après avoir été comblé d'éloges par la cour de Rome, mais sans avoir obtenu la chapelle tant désirée
( 1 ) Voir ces lottrea dans Pierre Strozza, le secrétaire de Paul V, Dogmata et Synodalïa Chaldaeorum^ Rome, 1617 ; et dans Genulnae RelationeSy n. XXXVI, p. 135, 136 ;n. XXXVIÏ, p. 136, 137 ; XL, 189, 190 ; lettre aa patriarche maronite d'Antioche, Pierre Jean d*Ehden ( 1609-1634) et à Georges Amira, archevéqne d'Ehden, son vicaire. Genuinae relattones, n.XXXllI, p.l8S, 183. Cette lettre, qui recommande Adam, dont Tabjuration a été prononcée sans réserve, est datée du 25 mars 1614. Une aati*e lettre au même patriarche recommande les denx délégués jésuites et porte la môme date ; n. XXXVIII, p. 137-138. Georges Amira d*Ëhden fut le successeur du patriarche Pierre Jean et siégea de l'an 1634 à l'an 1644. Voir plus loin nos num. 36 D et 40, avec les notes. Le Patriarche El Douwaihi, Chronologie des patriarches maronites^ éd. de Chartouni, a avancé par erreur le pontificat de G. Amira d'un an.
(2) Voir la lettre de Paul V au patriarche maronite, signalée plus haut, n. XXXIII.
dans le Saint Sépulcre, etc., Adam poussera le dépit jusqu^à rendre les deux Pères responsables de son échec.
Il faut dire que les deux Jésuites, jaloux avant tout de ne pas trahir la mission de confiance qu*ila avaient reçue du pape, ne firent aucune des promesses qui pouvaient charmer Adam et ses confrères : car ils savaient que ces promesses, comme celles qui auraient donné satisfaction aux visées sur une chapelle du Saint Sépulcre, il n'était pas en leur pouvoir de les réaliser. Ils se gardèrent aussi, peut-être avec excès, de tous ces compliments fort ordinaires en Orient et qui ne laissent pas que de satisfaire bien des auditeurs^ alors même qu'il serait naïf de les prendre trop à la lettre. On comprend que Marietti et Metoscita aient manifesté sans ambages leur surprise, en entendant Adam tenir, au sujet de Nestorius, un langage si différent de celui qu'il avait à Rome. D'autre part, le patriarche et ses principaux conseillers éprouvèrent naturellement quelque chose de la mauvaise humeur d'Adam, d'autant plus que ce dernier représentait les deux Jésuites comme étant délégués non par le Pape mais par leur Général.
F. Dans les lettres écrites à Paul V au nom du patriarche', après le retour à Rome des deux Jésuites, nous voyons qu'Elie ne juge pas opportun le choix de ces deux religieux ; il demande qu'à leur place le pape désigne pour cette mission le célèbre Père franciscain Thomas de Novare, qui était alors gardien du couvent d'Alep. Cette faveur fut accordée par une lettre datée du 20 janvier 1616. Le document témoigne de la constante bienveillance du pape pour le patriarche (1).
Le Père Thomas de Novare avait d'ailleurs gagné l'affection et la confiance de ceux auprès desquels il était envoyé. Dans un synode tenu à Amid en 1616, on le chargea de seconder le projet ayant trait au Saint Sépulcre et que poursuivait activement Adam Timothée. Sur ce point, les Pères Franciscains établis à Jérusalem pouvaient ce qui était impossible aux Jésuites. (2) Pourtant, si on re-
(1) Genuinae relationes, n. XL, p. 189-100.
(2) Genuinae relatUmes, n. XLII, 44,. Voir plus loin une lettre de Paul V au gardien des Pores Franciscains de Terre Sainte.
garde avec un peu d*attention à travers Tappareil pompeux de vagues formules, on constate que ce zélé missionnaire, au cours de ses deux légations n'obtint pas de la part du Patriarche une rétractation précise des opinions nestoriennes, signalées par les lettres de Rome. Â en juger par les documents officiels assez nombreux que nous avons sous les yeux, on échangea, de part et d'autre, des compliments, mais sans avancer beaucoup Tunion sur le terrain dogmatique.
G. Le Père Thomas de Novare, avec un de ses confrères, assista au synode d*Âmid (1). Là se trouvaient la plupart des principaux personnages signalés dans notre Relation : Elie le « Patriarche de rOrient»; Gabriel, archevêque d'Hesna ; Timothée, archevêque de Jérusalem et d*Àmid, qu'on appelait jusqu'alors Adam, et qui avait pris son nouveau nom au moment de sa promotion après être revenu de Rome ; Elie, archevêque de Seert, et promu à ce siège depuis qu'il avait été remplacé comme évèque d'Àmid par Adam Timothée. Nous avons la lettre synodale envoyée par Elie et ses évêques à Paul Y ; elle est datée du 8 mars 1616. Le ton est respectueux et le langa ge exprime une affection presque filiale. Pourtant, les points caractéristiques du nestorianisme ne sont pas encore condamnés avec précision (2).
On s'attendait à une acceptation plus absolue des dogmes catholiques, en lisant la lettre enthousiaste ou mieux le dithyrambe adressé par le Père Thomas à Paul V, et qui sonne comme l'écho des prophéties d'Isaïe ou de l'Apocalypse. Par malheur, le seul renseignement positif fourni par ce document, c'est que, après la lec* ture des instructions apportées de Rome, les évêques composant le synode ont condamné Nestorius en des termes de réprobation incroyables : « Nestorium et Theodorum et omnia illorum detestanda
( 1 ) Le R. P. Maroallin de Civezza, noue ne savona sur la foi de quel doonment, raconte qae le PÀre Thomas de Novare, au conrs de sa pi*emière légation, so fit accompagner da P. Jésuite Marietta, Hutokre universelle des mlssUms franciscaines^ trad ne ti on da P. Victor-Bernardin de Roaeo, Paris, 1898, t. m, 2* partie, p. 7.
(2) Voii* les Actes du synode, P. Strozza, Dogmata et synodalia Chaldaeorum, p. 11 sq. ; Giamil, op. d/., n. XLIL
dogmata... detestabilioribus quam crôdi potest yerbis execrati sunt » (1).
H. D'autres informations plus détaillées accompagnaient probablement ce morceau apologétique. Quoiqu'il en soit, le Souverain Pontife, ayant reçu la profession de foi souscrite au synode d'Amid, ne la jugea point satisfaisante en tous points. Sans doute, dans les lettres écrites de Rome après la tenue du synode, comme dans celles qui étaient composées en 1614, les éloges ne manquent pas i l'adresse du patriarche Elie et de ses principaux évèques, Elie, Timothée, Gabriel. Au nom de Paul V, son secrétaire, Pierre Strozza, loue la piété et la prudence d'Adam Timothée (2). Il lui sait gré de tout ce qu'il a fait et souffert, en vue de réconcilier son Eglise avec l'Eglise catholique (3). Il remercie avec une bonté toute paternelle l'archevêque poète Gabriel de ses compliments en vers syriaques, dans lesquels le successeur de Pierre est comparé au soleil (4). Les mêmes paternelles effusions, avec une marque d'estime et de confiance particulière, se retrouvent dans une lettre à l'archevêque Elie, qui, du siège d'Âmid, donné à Adam Timothée, avait été transféré à celui de Seert.
Mais tous ces témoignages de bienveillance n'empèobent pas le pape d'exprimer quelques réserves très nettes et de signaler certains points peu orthodoxes dans la lettre synodale écrite d'Amid eu 1616. La lettre de Paul Y adressée à Elie patriarche de Babylone est datée du 29 juin. En voici la partie essentielle à notre sujet (5) :
« Cum vos dicatis in synodali epistola ad nos missa : Obedien^ tes sutntis sententiaeEcclesiae sanctaeRomae, quia confitemur unam Personam Verbi in Christo, sieut arbor, quae inseritur cum alia arbore aliéna a natura sua, Illud dictum confitemur unam Perso^ nam Verbi in Christo, redditur valde suspectum ex verbis sequen-
(1) Crenuinae relatlones^ n. XLIV^ p. 147-150 ; la lettre eat éorite d^Alep, 7 mai 1616.
(2) Même ouvrage n. XLI, p. 141, lettre datée du 20 janvier 1616. (8) N. L, p. 189.
(4) N. XLVIII, p. 187.
(5) Elle a été pabliée par Pierre Strozza, op, cU, et par S. Giamil, Genui" me relationes, n. XLVII, p. 160-163.
tibus, scilioet, siciU arbor^ qime inseritur eum alia arbore aliéna a natura sua ; nam ex comparatione hac facile iuferri posset, reperiri in Christo duas subsistentias cum duabus naturis ; cum utraque arbor, et quae inseritur, et altéra in qua insita est, ha béant quodammodo propriam subsistentiam ; et hoc pacto in pessimum, damnatissimumque dogma Nestorii et Theodori recideretur ; qui perverse subdoleque unitatem Personae cum duabus subsistentiis in Ghristo Domino nostro ponebant.
Multo quoque gravior adhuc eyadit suspicio, quia afflrmatis^ hanc, quam modo confitemini, Personae unitatem in Christo, eamdem credidisse, ac professes esse semper ; ita ut asseratis, nullam unquam fuisse inter nos dissentionem. Sic enim scribitis : Scimus nos {\) fuisse unquam. contentionem neque apud nos^ neque apud vos adversus invicem ; sed hostes nostri miserunt contra nos biasphemias apud vos. Plane credimus, vos ita scripsisse studio conciliandaB majoris et constantioris benevolentias atque charitatis inter nos. Verum res aliter se habet. Ecclesia namque Sancta Catholica Apostolica Romana, yestrum de dispensatione Verbi Dei Incarnati dogma, Nestorianum esse aperte declaravit ; ipsumque damna vit ; eaque de causa vos séparâtes esse ab ea universus christianus orbis novit. Et ipse Adam, post diuturnam continuamque unius anni et amplius disputationein, hoc ipsum confessus est ; agnitosque errores alacriter abjuravit, et anathematizavit ; atque, insuper, magna cum pietatis et doctrinae suse laude, libellum eruditissimum de orthodoxa flde, et sermonem adversus haereses dissentientes a veritate Sanctse Romanae Ecclesiae, postea composuit (2). Quibus scripturis a vobis postmodum in Synode receptis et approbatis, vos quoque subscripsistis. Dum itaque confitentes Unam Personam Verbi in Christo, afflrmatis eodem modo semper hanc personad unitatem intellexisse, suspectam admodum facitis vestram fidei confessionem. Nam manifestum est vos antereditum venerabilis fratris Àrchiepiscopi Timothei, non unam Personam^ id est
( 1 ) Peut-être no$ eat-il un lapsus calami ou une faute de copiste, au lieu de non.
(2) Sur œt éorît, voir Strozza, p. 15 et sq. ; p. 250 et sq.
unam subsistentiam sicut nos, sed unum Parsopa (1), ut Nestorius, et Theodoras impie ac perverse commenti sunt, in Ghristo Domino posuisse.
Oportet igitur si desideratis, ut procul dubio nobis persuademus, yere, rite ac stabiliter vos ad Romanam Bcclesiam matrem vestram adjungere, et ab ipsa in gremio suo, ut yehementer optât; amanter recipi, duo faciatis. Primum, ut disertis, Claris et Àpertis verbis confiteamini^ unam esse in Ghristo Deo et homine cum duabus naturis subsistentiam , et illam esse divinam ; quam unitatem subsistentise et personse credere profiteamini ad sensum sanctas Romanœ Gatholicae et Apostolicae Ecclesise ; sicut etiam quod Beatissima Virgo vere sit mater Dei.
Alterum quod facere debetis est, ut declaretis agnovisse errores, quibus implicati longo tempore habiti estis Nestoriani, ideoque anathematizayisse Nestorium et Theodorumomnesquealioshœreti* cos a sanctis Patribus damnatos, praecipue in Ephesina, Ghalcedonensi et Quinta et Sexta universalibus Synodis. Quorum perditorum baereticorum nomina et doctrinam necesse est ut ex vestris libris abradatis, Nosque de his omnibus per authentica documenta in scriptis certiores faciatis. Quse omnia cum perfeoeritis, ut confidimus, arma et constituta erit vestra cum sancta Romana Ëcclesia unitas, atque communie. Tune omhia amoris, et charitatis officia vobis ala^ êriores promptioresque praestabimus ; optatum Sacellum in Eccle-sia Sanctissimi Sepulchri Bedemptoris Nostri Hierosolymis corn" modius obtinebitis ; et difficultates quas in Indiis patiuntur hùmi-nés nationis vestrae removebuntur (2). Najn cum intellexerit charissimus in Ghristo fllius noster Philippus Hispagnarum Rex potentissimus, vos coujunctos nobiscum esse, ej; SanctaB Âpostolicse Sedi vere obedientes, nulle pacto permittet vobis detrimentum, aut injuriam inferri, prœsertim a Nobis hac de re efâcacissime requisitus.
( 1 ) Nestor i as disait que le Christ est fv Ilpéacoicov^ ce qui peut signifier Tanité morale de deux personnes ou liypostases.
(2) Voir ci-après la lettre d'Âbdjesns à rarohevôqne de Goa. Les difficaltÔB soulevées contre les évéques chaldéens au Malabar, de la part snrtout des Portugais, étaient Tune des raisons apparentes pour lesquelles les patriai^ elles chaldéens se tournaient vers Rome. On implorait rintervention du pape contra le vice-roi et rarchevéque de Qoa, comme on la sollicitait pour obtenir nn établissement à Jérusalem, à Tinstar des Grecs et des Arméniens.
Ut autem cuncta, quas necessaria sont, rite ac facile exequi yaleatis, dedimus eidem dilecto filio religioso ac prudenti viro Thomae, franciscanae familise fratri sacerdoti, tui ac tuorum amantissimo, certain formulam ex qua professionem fldei et damnatorum haereticorum anathematizationem conscribatis et ad nos mittatis ».
On voit que les faveurs demandées au pape étaient subordonnées à Tacceptation sincère et intégrale de la complète profession de foi confiée au Père Obseryantin Thomas deNovare. Le Père Thomas parvint-il au résultat tant désiré du pape ? Nous ne connaissons aucun document qui permette de le conclure. Au moment où le gardien des Franciscains d*Alep était chargé de cette nouvelle mission, Elie IV ou VII était mort depuis le 26 mai 1617. Elie V Simon, Tun des héritiers de Bar-Mama, avait été élu au siège laissé vacant par le patriarche de Babylone. Obéissant, lui aussi, au mouvement qui inclinait l'épiscopat chaldéen vers Rome, il avait^ de concert avec ses évêques suffragants, envoyé au pape Paul V sa profession de foi. Dans cet écrit, rédigé par Adam Timothée, archevêque d'Amid, l'Eglise Romaine était reconnue comme mère et maîtresse des autres ; mais, en même temps, d'autres dogmes catholiques sur rincarnation étaient méconnus, ou exposés d*une manière trop équivoque. Le secrétaire du Saint-Siège, désormais parfaitement averti, relevait ainsi ces graves inexactitudes :
« Sed ex altéra parte dolemus admodum, quia, ut accepimust non eamdem retinetis catholicam doctrinam, quam ab hac Sancta Sede accepistis. Nam vigere apud vos etiam uunc dicitur Nestoriana haeresis, et nomen pessimi Nestorii, atque ejus damnatissimi Théodori Mopsuesteni in maximo honore haberi, quod facile nobis persuadetur, quia in libelle [1) quem ad nos misisti de fide catholica compositum ab archiepiscopo Timotheo et a vobis subscriptum, deest sermo docte pariter ac pie et eleganter ab ipso compositus adversus hasreses dissentientes a veritate catholica Sancta Romana, in quo sermone errores refelluntur Nestorii et Theodori atque damnantur (2). Quare non sine gravi dolore haec scribimus ; recipere tuas litteras, ac te tuosque in communionem Sanctse Roman» Ec-
(1) Voir Strozza, Dogmaia tte.^ p. 15 sq.
(2) L*éoi*it, Strmo^ aaquel fait alluaion Paul V^ ad troave aussi dans Strozza^ ouv, dUy p. 205 sq.
clesiœ non possumus, nisi prias impios Nestorium et Theodorum Mopsuestenum eorumque pessimam doctrinam damnaveris, et anathematizaveris, rectamque fldem quam Catholica et Apostolica Romana Ecclesia docet, professas cum archiepiscopis et episcopis rite et e scripto fueris. Ea de causa, dilecto fllio Thom» Novariensi... in mandatis dedimus, ut formulam professionis fldei, oui subscribere debes «(1).
I. Le pape, dans une lettre datée du même jour que le docu-* ment précédent, 29 juin 1617, chargea le P. Thomas de porter en Mésopotamie la formule de profession de foi, que devaient signer le patriarche Elie Simon et ses évéques (2). Mais il ne paraît pas qu*Elie Simon IV, au cours de son long pontificat terminé en 1660, et malgré plusieurs démarches de sa part, ait donné les gages exigés pour être reçu dans la communion de TEglise catholique. Ses deux premiers successeurs, Elie V (1660-1700), Elie VI (1700-1722) ne tentèrent aucune démarche pour se réunir à TEglise catholique. Elie VU, le fils du frère du patriarche précédent, fit quelques avances, mais sans offrir au S. Siège, au point de vue dogmatique, la complète soumission requise pour mériter le nom de catholique (3). Aussi bien, est-ce d'une autre source que devait sortir la série des patriarches catholiques qui se continue encore aujourd'hui, en la
( 1 ) Dana le même ouyi*age^ et dans Gîamil, Genuinae relatïones, etc. n. LI, p. 190, 191.
(2) Strozza, Dogmata et SynodalUi Chaldaeorum, p. 85-86.
(3) Le Père Thomas, qui, an retour de sa miBsion en Mésopotamie, avait été nommé custode de Terre Sainte, fut chargé d*une nouvelle mission auprès d*un patriarche chaldéen, comme le prouve la lettre suivante :
Le Père Jagnos (?) Nicolas, nommé Procureur du couvent de Jéi*usale^ à M. de Césy, ambassadeur à Gonatantinople, (Bibl. Nat.Mss. fr. 16160 f. 20). De Paiis 10 Juin 1628.
« Le Père Thomas de Novara doit retourner Père Gai*dien de Jérusalem et légat du Saint Père à la nation Nestorienne. Avec moi viendi*ont neuf religieux français, sujets de sa Majesté ». Nommé en 1620 gardien de Terre Sainte» le P. Thomas Obicini de Novare accomplit, en Palestine et en Syrie« son rôle de custode avec un zèle admirable. Histoire des missions franelseaines. t. 8. 2* partie, p. 28« etc. — P. G. Golubovich, Série Chronologica dei Eeverendissimi superiorï di Terra Santa^ Gerusalemme, 1898, p. 70. — Documents^ 1. 1, p. 851-852.
personne de sa Béatitude, Mgr Joseph Emmanuel II Thomas, d'Aïkosch, patriarche de Babjlone, siégeant à Mossoul. Le premier anneau de cette nouvelle chaîne, ininterrompue jusqu'à nos jours, fut Tarchevêque Joseph d'Amid, qui abandonna, vers Tan 1657, Tobédience d'ËIie Simon IV. Après beaucoup de souffrances endurées de la part des non-unis, il fut confirmé dans la charge de patriarche des Chaldéens unis et reçut en 1681 le pallium des mains d'Innocent XL Depuis 1830, où fut élu et confirmé par Rome un descendant de la famille de Bar-Mama, Jean Hermez, archevêque de Mossoul, les patriarches de Babjlone cessèrent de résider à Amid, et se fixèrent à Bagdad, puisa Mossoul (1).
Le patriarche chaldéen au patriarche de Goa.
Dalla Stanza Patriarcale, 24 août 1878, ère des Grecs. (=1567).
(Archives S. J,)
(Sigillura) L'umile Abdjesu Patriarca d'Orienté (2),
8. Sommaire : Abdjesus annonce à son correspondant le retour au Malabar de Tarchevêque chaldéen Abraham, qui a été reçu par le pape Pie IV dans l'Eglise catholique. Abraham régira la moitié du diocèse d'Angamala (proche de Cochin), l'autre moitié restant à Joseph;
Ricevete orazioni e benedizioni.
Ai flgli di nostri Padrî, nostri Pastori, e le lore peccore, e î nostri Capi e Rettori, i Uro servi e perciocche Padre de nostri maggiori, grande dei nostri Pastori, e capo di nostri Rettori vien chia-
( 1 ) Voir dans le DicUonnaire d^Hutoire et de Géographie eeelésiastique* édi~ té chez Letouzey, Paria, 1909 sq., nos articles sur Aboiionan, Amid..., faac. X, p. 1245, 1246. Là, nous avons commis quelque confusion, au sujet de Timothée qui ne fut pas évoque de Seert, mais d'Amid et Jérusalem ; et au sujet d*Bliû arche V. signataire du synode d'Amid ; il est distinct du patriarche Elle VII ou IV et d*ËIie Hormez Abib Asmar. Voir notre Introduction, n. 7. A, D, G.
(2) Abdjesus^ métropolite de Gazarte (Gésiré)« fut élu patriarche, vers Tan 1555-1556. Venu à Rome en 1562, il fut confirmé par Pie IV et i*eçat le pallium. Au retour, il siégea à Amid et mourut, en 1567, dans le monastère
mato, è, e aarà ; Padre délia dolcezza, immagine délia convenienza» tempio délia parità, typo délia virtù ; Padre e Çapo délia cattolicita e dei Capi délia medesima* nostro Padre che abbonda nella doleezza, e cammina nella santità ; cioè il nostro Fratello illustre ed onoreyole Metropolita di Goa, che sta nelle Indie, eretto, eelebrato, (publicato), esaltato in Zahre (?), ad onore e gloria délia (Ghiesa) Gattolica ed Apostolica. Amen (1).
E dopo la nostra chiesta suUa vostra spirituale prosperità, e nostra domanda sui vostri regimi prosperi in Dio, facciamo conos^ cere alFamato vostro amore (a Y. Eccellenza), che questa persona amabile ed onoreyole nostro discepolo, flglio ed allievo (cioà) Monsig^ Abraham, il quale da che (à partito) dalla Vostra Signoria, è venuto presso nostra debole persona, molto ci ajutô in ogni cosa ed in pgni ubbidienza (dovuta) alla grande Ghiesa di Roma ; e dopoche Tabbiamo consegrato Metropolita, Tabbiamo mandate, munito delle nostre lettere, presso nostro Signore Papa Pio quarto, a cagione deirnbbidienza che à propria délia Ghiesa Romana, madré delle Chiese, perocchà sarà benedetto, si moltiplicherà e godrà da questi negozi del Signore e benediziôni Papali ; ed il mentovato S. Padre molto si rallegrô assieme coi nostri Signori amabili ed onorevoli Cardinali, e Tonorô con grande onore, riconobbe in esso nostro Signore Papa tutti grordini ecclesiastici, âno ordine di Metropolita^ e lo muni di tutti gli ajuti si spirituali che corporali, e di tutto altro che si richiedeva, assieme colle lettere santé Pontiflcie ed eccellentissime ammonizioni a Vostra Signoria ed alla nostra débile persona ; ed autorevolmente autorizz6 la nostra débile persona col ajuto ed autorità del (Spirito) Paracleto, che ci avea autorizzato prima d'adesso ; ed anche adesso per mezzo délia parola di nos-
de 8. Jaoqnes^ an diooèae de Seert. H avait ordonné 14 évoques. Voir plus haat« Introd. n. 7. A, et dans S. Giamil, ouv. ôUé, n. VU à X. et p. 600-604.
Joseph Assemani^ BUdioth. Orient, I, 536 ; H, 457, etc.» Aloys. Assemani^ Cammeniar, deCatholieii $eu Patrîarehii ChaUaearum et Nettortan. p. 221 ; Strozza, de Dogmatibus et Synodalibus Chaldaeorumf initio.
( 1 ) Le Pape Pie IV recommanda lui-même chaudement l'évoque Abraham (voir la note suivante) à Tarchevéque de Goa ; lettre publiée dans Genuïnae Eelatkmes, n. XIII, p. 71-72 ; Pie IV écrivit une lettre analogue a Tévôque de Cochin en faveur d*Abi*aham, n. XIV, p. 73-74. — Voir : Une mission en Oriant sous le pontificat de Pie IV dans la Revue de VOrient Chrétien (1914) n. 1. 24 et n. suiv.
tro Signore, amministriamo e governiamo, seconda la volontà dello Spirito Sauto tutte terre e li nostri greggi sciarchi(l). Ed adesso decretiamo coirajuto délia SS. Trinità, colla volontà di Dio e Tolontà délia S.Chiesa Romana, madré délie Ghiese, e colla nostra volontà, e con quella autorità che ci fù communicata dalla medesima Chiesa, e dal Papa Pio quarto abbiamo ricevuta ; cosi dividiamo e diamo a questa persona, che porta le nostre lettere, Monsig^® Abrahamo (2) Metropolita, la meta délia gregge dei nostri Sirinelle Indie, Taltra meta a Monsig'® Giuseppe, uostro âglio e fratello (3) ; ed Anegmala poi sia a Monsig'® Abrahamo una porzione di più per la sua fatioa, che si porto dal Papa, e cosi nostro Signore Papa comandô, colla meta che vicina a Gamila.
Ë ci6 sia fatto palese a tutti quelli che s'incontreranno (a leggere) queste nostre righe, che dopo di noi^ cioè qui, ovvero là montre viviamo, o dopo la nostra morte, esso sia il Superiore di tutti i vescovi e metropoliti. Di più sappiate ancor questo che quando passera una di queste due mentovate persone, ovvero vadi ad un altro luogo, quelle che rimarrà costi quelle governi il popolo in tutta la gregge.
Date nella Città benedetta di Gezire, nel meso d'Agosto, 24 di esso, deiranno greco 1878.
A Dio sia gloria e sopra di noi le sue misericordie e la sua pietà in tutti i secoli. Amen.
( 1 ) Traduction italienne du mot jl^ « Oriental »,
(2) Abraham, consaoré évêque d'Angamala par Abdjesus api*è8 le départ de Tévéque Joseph du Malabar^ fat ensuite obligé par ce dei*nier (voir la note suivante) de revenir à Bagdad auprès de son patriarche. Celui-ci Tenvoya vers Pie IV. Abraham accepta la profession de foi catholique qui lui fut proposée. Voir sur lui de nombreux i^enseignements dans Genuinae relationes n. XII à XVI ; XIX à XXIII ; XXV, XXVI, p. 69-76 ,• etc.
(3) Joseph, frère de Sulaka, (voii* p. 421 et 422) avait été ordonné évêque des Ghaldéens du Malabar par Abdjesus. Mais le vice-i'oi de Qoa le fit arrêter et le retint à Gochin, puis l'envoya à Lisbonne. Joseph revint plua tard aux Indes, quand déjà Mar Abraham avait été mis en sa place. Api*èfl avoir lutté quelque temps centime son rival, Abraham quitta les Indes, vint auprès d*AbdJesus à Bagdad et de là partit pour Rome. Selon la recommandation même de Pie IV, le diocèse d*Angamala fut divisé entre Abraham et Joseph. Letti*e de Pie IV à Abdjesus, patriarche des Assyriens ou de Mossonl, lettre datée du 23 février IMb, dAUB Genuinae relationeSy n. XX, p. 69-71. Joseph alla aussi à Rome, où il mourut en 1567, ouv, cité p. 95.
9. Brèvb Relation de la mission de deux Pères Jésuites (Jean Antoine Marietti et Pierre Metosgita) remplie
PAR L*0RDRE DU PAPE PaUL V, AUPRÈS DU PATRIARCHE
Elie de Babtlonb, l'an 1614.
(Archives de la Compagnie de Jésus)
Sommaire : A. Adam envoyé par le patriarche chaldéen Elie auprès de Paul V, repart de Rome, le 2 juin 1614 avec deux Jésuites, délégués du pape ; présents quUls portent. Départ de Messine, embarras et inquiétudes au sujet d'Adam, passage par Malte ; Adam se dérobe et part le premier pour Alexandrette, Alep. — B. L'inquiétude des délégués augmente à l'égard d'Adam, qui, après avoir visité Jérusalem, les retrouve à Alep. L'archevêque maronite Amira el le consul de France ne peuvent dissiper la gêne d'Adam à T^ard de ses compagnons, malgré toutes les avances de ces derniers. — C. Départ d'Alep ; charitable accueil reçu de l'archevêque Gabriel à Haïntennor ; arrivée à Amed (Amid). — D. Deux patriarches rivaux : Elie résidant à Téleskof, et Simon auquel obéissait Amed. — E. Visites et banquets : Retour à Haïntennor. Adam cherche à renvoyer les deux délégués. —
F. Refus d'admettre que Marie est mère de Dieu ; lettre feinte comme venant du patriarche, et par laquelle celui-ci est censé congédier les deux Pères. Les deux Jésuites, en dépit de maintes appréhensions, persistent dans leur projet de rejoindre le patriarche. Adam refuse d'anathématiser Nestorius. —
G. Plaintes et menaces d'Adam qui cherche à effrayer les deux Jésuites ; d'autres font chorus avec lui. — H. Tableau poussé au noir des périls auxquels s'exposent les deux Pères, au dire d'Adam et d'une partie de son entourage. Ils partent la nuit du 2 août à Tinsu d'Adam ; conduits par trois honnêtes musulmans arabes, ils se joignent à une caravane, échappent aux Kurdes détrousseurs et arrivent à Mossoul (Musel) le 11 du même mois. — L Entrevue avec le patriarche Elie ; ils apprennent qu'Adam a été envoyé à Rome uniquement pour obtenir du pape un sanctuaire ou une place à Jérusalem et dans le Saint Sépulchre, en faveur des Chaldéens. Quant à Adam, il a excédé son mandat en faisant une profession de foi catholique à Rome, etc. — J. Les délégués reprennent le chemin d'Amid, déclinent comme leur paraissant peu sérieuse une invitation à une réunion ecclésiastique, qu'ils supposent provenir d'Adam ; ils retournent à Alep, où ils rencontrent le gardien des Franciscains qui expédie une lettre au patriarche. — K.
Quelque temps après, l'un des deux Pères (Marietti) se rend vers le patriarche, qui se trouvait alors entre Amid et Mardin. Mais la lettre écrite alors, au nom du patriarche par Tarchevéque Gabriel, ne proscrit pas Thérésie nestorienne. Les prélats qui entourent le patriarche, par exemple Adam, n^osent aussi rien dire qui puisse déplaire au clergé nestorien. — L. Adam maintient que si le- pape n'accorde pas la faveur demandée d^une place à Jérusalem et au S. Sépulcre, on n*aura plus aucun souci d'accepter la doctrine catholique ; quant à l'abjuration des prétendues erreurs de Neatorius, qu'il avait faite à Rome, elle était seulement conditionnelle, disait-il, c'est-à-dire, subordonnée à l'hypothèse, d'ailleurs inexacte, que Nestorius se serait trompé. — M. Départ définitif d'Alep, visite de Jérusalem, vbite du patriarche maronite près de Tripoli, recrutement de quelques en£ints à Chypre pour le collège des Maronites de Rome, arrivée des deux dél^ués à Rome, le 8 novembre 1615. — Additions d'un secrétaire à la relation précédente : il est opportun, pour ne risquer pas d'être trompé dans ces aiissions auprès des communautés chrétiennes dissidentes, que l'un des délégués (comme dans le cas présent) connaisse la langue arabe, les coutumes du pays, et que les Orientaux qui viennent se présenter à Rome aient des lettres patentes signées du consul des marchands catholiques, qui garantissent leur probité.