EXEMPLES
DES SOMMAIRES AJOUTÉS PAU MONTAIGNE SUR LES MARGES DES COMMENTAIRES DE CESAR.
Paye 13. — Cœsar renuoye les cheuaus pour oster l'espoir de fuir.
Il y a plusieurs exemples on l'histoire romaine (et Suétone le remarque plus particulièrement de César) des capitaines qui commandoient à leurs
gents de cheval de mettre pied à terre pour oster aux soldats
toute espérance de fuyte. (Essais, liv. 1, ch. 48.)
(1) Pour les lecteurs qui trouveraient les dernières lignes un peu obscures, je restitue le sens par l'addition de quelques parenthèses.
« Comme faisait le maréchal Strozzi qui le savait (César) quasi par « cœur, et l'a traduit. Non pas je ne sais quel Philippe de Comines que « Charles V avait en pareille recommandation que le grand Alexandre « avait les œuvres d'Homère, (et que) Marcus Brutus (avait les œuvres « de) Polybius l'historien. »
On lit dans les Essais :
« On recite de plusieurs chefs de guerre qu'ils ont eu certains livres en particulière recommandation ; comme le grand Alexandre, Homère ; Scipion Africain, Xénophon ; Marcus Brutus, Polybius; Charles cinquiesme, Philippe de Comines ; et dict on de ce temps que Machiavel est encore ailleurs en crédit. Mais le feu mareschal Strozzi qui avoit prins César pour sa part avait sans doubte bien mieulx choisi, car à la vérité ce debvroit estre le bréviaire de tout homme de guerre, comme estant le vray et souverain patron de l'art militaire : et Dieu scait encores de quelle grâce et de quelle beauté il a fardé cette riche matière d'une faconde dire si pure si délicate et si parfaicte qu'a mon goust il n'y a aulcuns escripts au monde qui puisse estre comparables aux siens en cette partie. ■
(Livre II chapitre 34).
Page 22. — Une armée ne se doibt (enq) uerir des desseins (de) le gênerai (1).
Page 23. — on craint souuët (les) ennemis plus p (par) reputâon q p leffect.
On lit la même chose dans les Essais, ch. 34 du livre II.
Page 24. — (un) bon chef nest (ia) mais désobéi.
Page 42. — faict grand estât (de) lexortâon aus soldats (2)
Page 46. — Gaulois plus grands que les italiens.
Page 89. — les angl. metêt pied à terre pô prêdre auantage sur les gens de (cheual).
Nos ancestres, et notamment du temps de la guerre des Anglois, .... se mettoient la plupart du temps tous à pied. {Essais.)
Page 158. — reprât ce soldat (d') ëtreprâdre sas (ordr) e du chef, (estime) plus (l'o) beissâce que la vaillâce. (3)
Page 171. — il est plus aisé de souffrir la mort que la do (uleur).
Page 239. — le soldat aux guerres ciuil (es) done plus à la creinte qu'au de (voir).
(1) Il (César) acoustumoit sur tout ses soldats a obéir simplement, sans se mesler de contrerooler ou parler des desseings de leur capitaine, lesquels il ne leur communiquoit que sur le poinct de l'exécution : et prenoit plaisir s'ils en avaient descouvert quelque chose, de changer sur le champ d'advis pour les tromper ; et souvent, pour cet effect, ayant assigné un logis en quelque lieu, il passoit oultre et alongeoit la iournée notamment, s'il faisoit mauvais temps et pluvieux. (Livre II chapitre 3ti.)
(2) l'y ay aussi remarqué cela, qu'il faict (César) grand cas de ses exhortations aux soldats avant lecombat. (Liv. II ch. 34.)
(3) Il (César) ne requérait en ses soldats aultre vertu que la vaillance, ny ne punissoit gueres aultres vices que la mutination et la desobéissance.
(Livre II chapitre 34.)
Page 285. — on peut uoir come césar represâte une singulière intégrité a louer et meloùer ses ene (mis) (1)
Page 304. — Louange de Scœua, recôpâse que césar lui faict. (montaigne ajoute) cete histoire est autremât è plutarque et êcore autremât en suetone.
Page 332. — César se fiât en sa bone fortune plus qu'au nôbre des homes.
(1) On retrouve la même pensée exprimée dans les mêmes termes dans la note (1) de la page 32.