‹ Documents inédits sur Philippe de CommynesChapitre 7 sur 34 · LA BARONNIE D'ARGENTON · texte numérisé non relu

LA BARONNIE D'ARGENTON

Argenton (1) était une baronnie d'ancienneté, dont la partie principale était tenue à foi et hommage lige de la baronnie supérieure de Mortagne-sur-Sèvre, avec devoir d'abonnement de 200 livres à chaque mutation, qui fut constamment payé, depuis 1244, par tous les seigneurs et barons d'Argenton (2). — Cette baronnie prit graduellement une grande extension ; on peut noter, entre autres, l'annexion de la Carrie, à la suite du mariage de Guy II avec Philippe, dame de la Carrie ; du Breuil-Frétier, à la suite du mariage de Geoffroy IV avec Jeanne ôe Surgères ; de Gourgé et d'Orfeuille, à la suite du mariage de Geoffroy (frère de Guy IV et père de Guillaume) avec Jeanne de Vernon ; de Villentrois, par suite du mariage de Guy IV avec Marie d'Amboise.

(1) Deux-Sèvres, arr. de Bressuire. ch.-l. de c.

(2) Cet abonnement fut contracté par Geoffroy III d'Argenton avec Pierre de Chemillé, baron du lieu et de Mortagne, descendant d'une vieille famille qui s'éteignit dans la maison de La Haye-Passavant. — Le 16 avril 1462, Jean de Chambes offrit de faire foi et hommage à Jean de la Haye, seigneur de Passavant et en partie de Mortagne, et lui paya les 200 livres d'abonnement pour lui et ses cohéritiers. — Le 7 juillet 1462, le m^me Jean de Chambes, dans une offre judiciaire d'hommage, protesta contre le procès de la dernière complainte faite et intentée contre les barons d'Argenton par les prédécesseurs du seigneur de Mortagne, qui tenaient leur droit de Pierre de Chemillé. — Voir aiu: Pièces justi' ficatives^ 2* partie ^ n* i, les aveux rendus par Ph. de Commynes, par sa veuve et par son gendre.

C'est à la mort d'Antoine d'Argenton que nous trouvons pour la première fois un dénombrement des terres et seigtteuries qu'il possédait. Il était baron et seigneur d'Argenton, Le Breuil-Frétier, — La Motte-Coppoux, la Motte- Brisson, — Lairegodeau, Gourgé, Le Beugnon-en-Gâtine, Azay, Soutiers, Secondigny, Pressigny, — La Vacherasse, Agenais, — La Carrie, Massais, le Ruau en Cersay, Vauzelles, La Touche-de-Faye (1), — Souvigné, Villentrois.

Ces différentes seigneuries doivent être classées en sept groupes, savoir : — L La baronnie d'Ar-genton proprement dite et la seigneurie du ^rewiZ-Fr(?//^r, relevant de la baronnie de Mortagne (2).

IL La Vacherasse et Agenais, relevant du flef de la Fougereuse (3) et ayant leurs assises spéciales. — III. La Carrie, Massais, le Ruau en Cersay et Vauzelles, relevant séparément du vicomte de Thouars (4). — En 1494, ces quatre fiefs furent saisis, faute d'hommage, et les revenus en furent perçus par les commissaires du vicomte de Thouars. — Nota. Ces trois premiers groupes étaient administrés, au point de vue financier, par les mêmes oflîciers et avaient le même receveur.

(1) Dans le contrat de mariage de Philippe de Commynes et d'Hélène de Chambes, Ténumération est moins complète ; elle est encore plus succincte dans le contrat de mariage de Jeanne de Commynes et de René de Penthièvre ; les principales seigneuries sont seule:» indiquées : Argenton, La Motte, Villentrois, Vauzelles, Lairegodeau, Gourgé et Souvigaé. ce qui correspond exactement aux grandes divisions k établir pour ces nombreux tiefs.

(2) En 145i, la dame de Mortagne, qui avait accusé Jacques Cœur d'avoir empoisonné Agnès Sorel, et qui était « damoiselle de Thostel du Roy » fut condamnée à n'approcher la Cour, à dix lieues près.

(3) Le 12 janvier 1461/2, Brunissant offrit de faire foi et hommage de la terre d' Agenais k Jacques de Montbron, seigneur de La Haye et de la Fougereuse, comme principale héritière de son frère. — La Vacherasse avait sa mesure spéciale {Co?npte de 149-4 J,

(4) Le 27 avril 1462, Jean de Chambes fut reçu quatre fois à faire foi et hommage pour ces âefs par le vicomte de Thouars.

IV. La Motte^Coppouœ, La Motte-Brisson (1) et Sovrvigne (2). Le chef-lieu de ces trois seigneuries était au château des Mottes (LaChapelle-St-Laurent); elles relevaient de Parthenay et avaient certains devoirs envers cette seigneurie et envers Téglise Ste-Croix de Parthenay (3). Il y avait une mesure spéciale pour La Motte, dont on se servait aussi dans la paroisse de Largeasse.— En 1515, la prévôté de ces seigneuries fut donnée à un certain Parent, marié à une nommée Cathault, ancienne servante d'Hélène de Chambes : il en faisait à peu près 10 livres par an : cette charge fut depuis mise en adjudication. -- Les étangs étaient en partie Tacquisition de Commynes. — Il y avait une justice particulière, entraînant certains frais pour les assises, sans compter les gages des sergents, du sénéchal, du procureur et du châtelain (4).

V et VI. Les fiefs de Lairegodeaii, Goiirgé, OrfeuUle, Pressigny, — Le Beugnon-^n-Oâtine , les borderies d/Azay-sxir^Thonet, de Secondigny, de Soutiers et de St'GeorgeS'de-Noisné, formaient deux groupes, l'un au N.-E., l'autre au S.-O. de Parthenay; ils avaient la même juridiction, le même receveur, les mêmes officiers (5), et

(1) Deux-Sôvres, arr. Parthenay, c. MoncoutaDt, com. La Chapelle- St-Laurent.

(%) Deux-Sèvres, arr. Niort, c. St-Maixent.

(3) Le 36 nov. 1515, il est question de Tétang de TOlivette, dépendance de La Motte, qu*on pouvait repeupler, suivant la coutume, avec une par» tie de la pêche de trois petits étangs voisins.

(4) Au procès poursuivi en 1515 pour la restitution des frais de réparations, etc., on produisit un grand nombre de comptes de ces seigneuries, entre autres ceux de 1481, 1485-87, 1493, 1501, 1503-1505, 1506, 1511, 1512, 1513. Presque tous ces comptes portaient la signature d*Hélène de Chambes et des membres de son conseil. — Les receveurs étaient : de 1481 à 1500 : Messire Jacques Michart, prêtre ; de 1501 & 1503, Guillaume Raoul, écuyer.

(5) Il semble cependant qu'il y ait eu, pendant quelque temps au moins, deux sénéchaux distincts, d'après des quittances de gages produites en 1519. — Au procès de restitution des frais de réparatioof, es

relevaient de Parthenay (une partie de Lairegodeau seulement relevait de Parthenay) dont ils prenaient la mesure. Le siège des assises et les fourches patibulaires étaient à Lairegodeau. — Les redevances consistaient surtout en froment, âVOHje, foin, vin et trois lamproies (le premier jour de carême), dont Tune était due par le sire de la Mesleraye, les deux autres par le sire de la Cortère : elles se vendaient un écu la pièce (1428). — En novembre 1515, par suite des mauvais temps, la chaussée de l'étang de Gourgé fut rompue, ce qui amena un procès entre Jean de Chàtillon et Hélène de Chambes, parce que cette dernière exigeait que les frais de restauration se fissent en commun, bien qu'elle eût vendu la terre de Gourgé pour 4,000 livres à Mathurin Fidoux, et qu'elle eût donné à bail les jardins de Lairegodeau à Jacques Girault.

VU. La terre et seigneurie de ViUentrois en Berry (1) relevait du comté de Tonnerre, à cause de la seigneurie de St-Aignan (ainsi qu'une autre seigneurie d'Argenton située dans le voisinage) (2). — Le 15 décembre 1411, la comtesse de Tonnerre donna répit et souffrance à Guy IV d'Argenton pour la montre de la terre de ViUentrois jusqu'à un an ensuivant ; ce répit fut réduit par le comte de.

1515, on produisit onze comptes de ces seigneuries, de 1484 à 1513, reDdus par les receveurs Pierre Berlend, Jean Berlend et Pierre Fillon, et signés d*Hélène de Chambes et des membres de son conseil. — On trouve encore aux Archives des Côtes-du-Nord un compte de 1426 à 1428, rendu pour Lairegodeau seulement, parce que la terre du Beugnon était alors entre les mains de Madame de Chantemerle (Brunissant d'Argenton).

(1) Indre, arr. de Châteauroux, c. de Valençay.

(2) Indre, arr. de Châteauroux, ch.-l. de canton. — M. Berry {Etudes historiques sur les monnaies de France, t. I, p. 4T7, in-8», Paris, Dumoulin, 1852*^, dit que cette chÂtellenie d'Argenton relevait de la principauté de Déols (voir Duby, II, ïC8 ; La Thaumassière, hist. du Berry, liv. VIL ch. 45} ; j*ai pris l'indication de la mouvance de ce flef dans une note d'un archiviste de Penthièvre, écrite sur une feuille de papier dont le filigrane porte la date de 1771.

Tonnerre (11 janvier 1411/2) jusqu'à la Saint-Jean seulement.

Il est regrettable que nous n'ayons pas conservé le livre, couvert en cuir, qui fut produit par Maître Alligret le 30 septembre 1515, et qui était intitulé : Ce sont les fiefs et adveiis de la harminie et chastellenie d'Argen^ ton, tant lièges que plains, escripts en ce présent papier l'an quatre cens dix huict : nous y aurions évidemment trouvé des renseignements très-curieux. Nous pouvons toutefois, avec le compte de 1494, établir la liste des paroisses où le receveur d'Argenton était chargé de percevoir les cens et les rentes. — Ces paroisses étaient au nombre de vingt-huit, savoir : — Quinze (sur dix-neuf) du canton actuel d'Argenton-Château : Argenton-Chàteau^ Argenton-l'Eglise, Boèsse, Le Breuil-sous-Argenton, Cersay, La Coudre, Etusson, Massais, Moutiers, Saint- Aubin-du-Plain, Saint-Clémentin, Saint-Maurice la-Fougereuse , Saint- Pierre-à-Champ, Ulcot, Voultegond ; — Quatre du canton actuel de Bressuire, savoir : Beaulieu, Chambroutet, Noirlieu, Noirterre ; — Dettœ du canton de Châtillon-sur-Sèvre, savoir : Les Aubiers, Nueil ; — U^ie du canton de Cerisay : Bretignoles ; — Siœ du département de Maine-et-Loire, savoir : Cléré, Saint- Hilaire-du-Bois, Saint-Paul-du-Bois, Les Serqueux-sous- Maulevrier, les Serqueux-sous-Passavant, Yzernay (1).

Les rentes consistaient en deniers, froment, seigle, baillarge, a*voine, pois, fèves, chapons, gélines, oies, cire, vin, laine, agneaux, gorets, pourceaux, souliers, pots de terre et corvées. — Les redevances étaient payables à

(1) Au procès pour les frais de réparations en 1515, on produisit presque tous les comptes d'Argenton depuis 1475 jusqu'en 1513 ; le plus grand nombre étaient signés d'Hélène de Chambes, et quelques-uns seulement de Ph. de Commynes. Nous avons conservé les abrégés des comptes de 1489, 90, 91, 95, la recette de 1495 et le compte entier de 1494. Voir : Pièces justificatives, 2* partie, n« II.

Noël^ au premier jour de Van (1), à la fête de Notre- Dame de la Chandeleur ; à la fête de St- Aubin (l^fmars) ; au premier lundi de Carême (2) ; à Pâques ; à la fête de St- Georges (23 avril); à la Pentecôte ; à la St- Jean-Baptiste ; à Notre-Dame de Meaoût ; à la fête de St-Gilles (l®' septembre) ; à la St-Michel ; à la Toussaint; à la St-Nicolas d'hiver (6 décembre). — Outre les droits mentionnés dans le contrat de Philippe de Commynes et d'Hélène de Chambes, nous trouvons encore les droits de levage^ de mariage (en certaines parties de la châtellenie et sur les personnes roturières seulement), d'étalage, de banc de vin, de sceaux aux contrats, droit d'ordonner les no-taires, des hommages liges et plains, rachats, pieds, four à ban, droit de verlye, mesures à blé et à vin, garennes, pâtures aux bois, dimes de bestiaux, terrage^ barvc des bouchers (3), etc.

Les barons d'Argenton avaient des devoirs à remplir envers un certain nombre d'églises, par suite de fondations. — Au premier rang se place la chapelle ou église St-Georges dans le château. Elle fut reconstruite presque en entier, en 1493 et en 1494, par Commynes qui s'y fit

(1) M. G. Babinet de Reacogne, dans sa brochure intitulée : Du com," mencenient de Vannée en Angoutnois (Angoulème in-8* 1867), pp. 15 et 16, dit : c Le jour initial de Tannée, en Poitou, a beaucoup varié sui- « vant les époques, et il a été pris tour à tour ou même simultanément « de la fête de TAnnoneiation, de la fête de Pâques, de Noël et du 1" « janvier. . . . U paraîtrait que Tusage païen de regarder le 1"" janvier « comme le premier jour de Tan avait persisté au moyen âge dans cette « contrée. On en connaît un exemple dans un titre de Tabbaye de Sainte- « Croix de Poitiers, de Tan 1510. » — Or, il est bon de remarquer que les comptes d*Ârgenton pour 1491 et 1195 mentionnent cette date du PREMIER JOUR DE L*AN, entre Noël et la Chandeleur, pour une recette de 6 livres 5 sols de cens.

(2) Ce jour là, le sire de Braehechien, seigneur du Puy-au- Maître, devait faire, armé, |a garde du château d'Argenton; cette redevance était rachetable pour la somme de 35 sols.

(3) n y avait à Argenton dix bancs de bouchers, loués chacun 20 sous, plus un quartier de bœuf par an. ^- On trouve les noms de ces dix bouchers dans les comptes de 1494.

faire un oratoire particulier (1)« devers lymaige de Mons' € St-Georges », avec une cheminée, une vue pour regarder au grand autel, une porte spéciale avec trois ou quatre degrés, pour entrer par dans la cour, — et en face « devers € le cousté du grand jardin », un vitrail, et un autre audessus de la grande porte. Il y avait dans la nef deux petits autels; au delà était l'autel 5^Mc/wlw, près duquel était l'ouverture de la crypte placée sous le chœur ; — il y avait encore trois autres grandes chapelles ou autels. — Les chapelains des deux petites chapelles recevaient 4 livres 5 sols 4 deniers, onze chapons, trois oies à Noël, et neuf setiers de seigle. — Les chapelains des quatre grandes chapelles recevaient 28 livres 13 sols 4 deniers, cinq setiers de blé (sur les dîmes et terrages de Massais, Bottillé-St-Paul, Vauzelles, Le Ruau, La Carrie et La Brosse-Audebert), -^ cinq setiers de seigle et onze chapons (2).

La veille et le jour de Noël, — la veille et le jour de Pâques, — la veille et le jour de la Pentecôte, — le jour et le lendemain de la Toussaint, — le jour St-Georges et le jour St-Nicolas, les six chapelains (dont l'un avait le titre d'aumônier) (3) dînaient au château. Les jours où il n'y avait pas de réception, on leur donnait à chacun six sous en compensation. — La St-Georges et la St-Nicolas étaient les fêtes patronales ; on chantait la grand'messe dans la chapelle du château et dans l'église St-Gilles. Pour la St-Georges, les chapelains recevaient 7 livres 16 sols 9 deniers ; pour la St-Nicolas, 10 livres 1 sol 7 deniers. A chacune de ces fêtes, le receveur mettait un

(1) D'après le plan d'Argenton, dressé en 1813, cet oratoire était du côté de TEvangile.

(2) Ils avaient en outre en commun 13 setiers et mine de seigle. — En 1494, la somme d'argent, qui leur était ordinairement allouée, ne fut pas payée, parce qu'il n'y avait pas eu de commandement.

(3) Jean Cheminot était aumônier, et Jean Bonnet était premier chapelain en 1494.

setier de froment au moulin, et à la St-Nicolas il faisait en outre une dépense évaluée, en 1494, à 9 livres 18 sols 10 deniers (1). — Les frais généraux du culte ne nous sont qu'imparfaitement connus ; nous trouvons, en 1494, 66 mesures d'huile pour 85 sols 8 deniers ; — pour Tencens, 10 deniers. Le poids de la cire employée pour le luminaire était de 26 livres 1/2 (2).

La grande église, ou église St-Oilles recevait une rente annuelle d'un setier de seigle pour son curé qui avait le titre de prieur. Les chapelains du château y chantaient la messe à la St-Nicolas et à la St-Georges (3). — Le prieur de la Vacherasse recevait une rente de 80 sous et un setier de seigle (4). — Vabbé de Chambon (5) recevait 4 livres de coutume, deux setiers de blé sur le flef de la Carrie, et deux setiers de seigle (mesure de Thouars] de rente annuelle, tant pour aumônes que pour la pêcherie que le seigneur d'Argenton avait aux eaux de Vau-

(1) En 1519, dans rinventaire des pièces produites par Hélène de Chambes, René de Penthièvre et Ollivier Alligret, défendeurs et demandeurs en matière d^exécution d'arrêt, & rencontre de Jean de Chàtillon, demandeur et défendeur, on trouve : 5 quittances des chapelains de la chapelle St^eorges ; — 9 papiers contenant les noms des chapelains, messes et services dits es chapelles de St-Nicolas et de St-Georges en régiise d*Argentou ; — 4 quittances des devoirs dus aux chapelains de St-Oeorges, aux fêtes annuelles de fondation ; — 5 certifications et 3 liasses de papiers pour les torches, cierges et chandelles es fêtes St- Georges et St-Nicolas ; — 3 pièces contenant le paiement fait de la

8CRIPTURE D*UN LIVRE POUR LA CHAPBLLB St-GbOROES.

(3) En 1515, Jean de Chàtillon protesta contre le service religieux fait dans la chapelle du château, parce que les chapelains n'avaient pas été commis par lui. Il lui fut répondu qu'il se faisait par fondation et s'était toujours fait, et notamment du temps de Guillaume et d'Antoine d'Argenton, et auparavant.

(3) On mentionne en 1519 quatre quittances des devoirs dus & l'église St-Gilles d'Argenton.

(i) Onze quittances de ces redevances sont mentionnées en 1519.

(5) L'abbaye de Chambon (Deux-Sèvres, diocèse de Poitiers) appartenait aux Bénédictins.

zelles (1). — Le commandeur de Prailles recevait une rente de 10 sous sur la cave de Yauzelles, par suite de raccord fait le 4 février 1373 avec Geoffroy d'Argenton.

— hQ prieur de Celles (2), Taumônier de Châteatihourdin, le prieur du Boys, la prieure de Saubières (?), le curé de Soutiers, le curé de Massais, Tabbé de Vauzelles recevaient aussi des rentes dont nous ignorons la nature et le montant.

A Parthenay, Téglise collégiale de Ste-Croix et celle des Cordeliers furent l'objet de réparations de la part de Gommynes qui avait une chapelle dans chacune d'elles (3).

— Il y avait aussi des redevances dues à Ste-Croix, à St-Laurent, à la Maison-Dieu, aux chapelains de St- Thomas, aux secrétains et au prévôt de Parthenay (4).

Les seigneurs d'Argenton avaient également des prétentions aux titres de patrons et fondateurs de l'église de Boèsse et de Voultegond, que Gommynes disputa, sans succès, aux seigneurs de Sanzay et de La Roche-Jaquelin. — Enfin ils avaient envers l'église de VUlentrois des charges, parmi lesquelles on peut citer la fondation d'une

(1) En 1519, on mentionne quatre quittances, dont une de 1461, de ce que les religieux et Tabbé de Chambon avaient le droit de prendre sur la seigneurie de Yauzelles.

(3) En 1519, on mentionne : 12 quittances du devoir dû au prieur de Celles ; — 4 quittances des charges envers Taumônier de Chàteaubourdin ; — 4 quittances du devoir dû au prieur du Boys ; — 11 quittances de la prieure de Saubières (f) ; — 4 quittances du devoir dû au curé de Soutiers ; — 5 quittances du devoir dû au curé de Massais ; — % quittances de Tabbé de Vauzelles.

(3) c Item ont rhabillé les vitraux des chapelles d*Argenton estants es églises de Saincte Croix et des Cordeliers de Parthenay. »

(4) En 1519 on mentionne : 10 quittances des charges dues au collège Ste-Croix de Parthenay ; — 11 quittances des curé et vicaires de St- Laurent de Parthenay ; — 11 quittances des devoirs dus au prieur de la Maison-Dieu de Parthenay ; — 2 quittances du devoir dû aux chapelains de St-Thomas de Parthenay ; » 5 quittances du devoir dû auj^ secrétains et au prévôt de Parthenay.

messe, pour sept setiers de blé de rente, et aussi quelques redeyances envers l'église et envers la prieure de St- Aignan (1).

Nous pouvons assez facilement nous faire une idée de la ville et du château d' Argentan, à la fin du xv« siècle, grâce aux indications contenues dans le compte de 1494 et au plan de la ville qui a été dressé en 1813 (2).

La ville d'Argenton, y compris le château, était entièrement entourée d'une enceinte formidable de défense qui se prolongeait, en suivant le cours de l'Ouère en amont, pour garantir la couture de la ville du côté du pont de Vantibus. On y voit encore de larges et profonds fossés, des tours nombreuses qui étaient reliées entre elles par de fortes murailles. Au nord, elle était protégée encore par le cours de TOuère ; au sud et â Test par le cours de TArgenton qui reçoit les eaux de TOuère vers le nordest. — Elle n'était guère accessible qu'à l'ouest, et c'est de ce côté que se trouvaient les plus nombreuses voies de communication.

En venant du haut-pays, c'est-à-dire du côté de Thouars ou de Saumur, il fallait traverser leBourg-Giroire, l'Ouère (sur le pont Cadoré, assez près de son confluent avec l'Argenton), la porte Cadoré, contourner les glacis du château, franchir à mi-côte la porte de l'Abreuvoir (3),

(1) En 1519 on mentionne : 5 quittances des curés de Villentrois ; — 3 quittances de l'église St-Aignan ; — 5 quittances du devoir dû à la prieure de St-Aiguan-en-Berry. — On cite aussi 9 pièces relatives aux paiements faits aux cordonniers de Parthenay.

(2) Je prie M. Bergeron, premier adjoint d'Argenton, de recevoir ici l'expression de ma reconnaissance pour l'empressement gracieux qu'il a mis & m'envoyer le plan d'Argenton en 1813 et d'excellentes notes qui m'ont été d'un grand secours pour la topographie de la ville et du château.

(3) Cest très-probablement la même porte appelée porte Biart dans le compte de 1494.

pour arriver à la grande place. — En venant du bas-pays, du côté de Bressuire, on entrait par le Pont-Neuf (sur TArgenton) et la porte du Pont-Neuf (1), et on montait à la grande place par la rue appelée actuellement rue St- Georges, Si on voulait aller vers Thouars, on contournait la ville par le cliemin des tanneries. — En venant du nord-ouest, on traversait le pont de Vantibtis (sur rOuère), on rejoignait la route venant de Touest et traversant le faubourg de Ste-Radégonde, puis on franchissait Tenceinte des fortifications à la porte Viresche.

L'église St-Gilles, placée au centre de la ville, était alors telle que nous la possédons aujourd'hui, avec son grand portail, à l'ouest, très-justement apprécié des antiquaires. — Au nord, tirant un peu vers le nord-est, se trouvait le château ; à l'ouest, en dehors des murs, presque en face la porte Viresche, était le cimetière ; au sud-ouest, au-dessous des murs, était le Bourg-Neuf (2). — Parmi les places, on peut citer : la place du marché au bois, la place du marché au blé, la place du marché aux bêtes, le carrefour de Mauconseil. — Il y avait aussi la chapelle fondée de la Madeleine, la maison à la Mère- Dieu, la confrérie Notre-Dame.

(1) Ce doit être la porte Gandin du compte de 1494.

(2) Nous trouvons dans le compte de 1494 des indications de chemins très-curieuses à comparer avec ceux d'aujourd'hui :

I. De la porte Viresche, — V h la tour Brasmin, située dans le voisinage de la pointe que fait la tour do l'Ormeau h l'ouest du clulteau ; — ?• à la halle ; — 3* au grand portail de l'église St-Oilles ; — 4* fe /'ojcvtel Louis Desgranges; — 5» k la porte du chAtoau : - 6" à Ciron ; - 7» aux gameries ; — 8* à l'oustel des garneries ; — 9« au pont de Vantihus : — 10» à la Sablère ; - 11" nu cimetière; — lî» ii Ste-Ilad<^gonde.

II. De la tour Jiratunn^ — 1« à la place au blé ; - 2* à la porte du château ; — 3» h la Fovrest.

III. Du carrefour de Mauconseil^ — !• au four k ban ; — 9« k la porte Biart.

IV. Du four à ban, — !• k Voustcl de la Fourest ; — 2« aux garneries.

V. D\i Péaiine^ ^ l* à la place au bois ; — '2* h la confn^rie N.-D., où aboutissait aussi le chemin du Pont-Neuf et celui du four à ban ; —

L'emplacement de la halle, da carrefour de Mauconseil, de la porte Biart, de la tour Brasmin est facile à reconnaître par les indications suivantes : Maison joignant le chemin du grand portail de l'église St-Gilles à la porte Viresche, et celui du carrefour de Mauconseil au château. — Maison joignant le chemin du carrefour de Mauconseil à la porte Biart, et la rue qui va de la grande porte du prieuré au péaune.—- Maison joignant le chemin de la porte Viresche à la halle, et de la porte Viresche au grand portail de l'église St-Gilles. — Maison joignant le chemin de la grande porte de l'église St-Gilles au péaune, et le chemin de ladite grande porte au marché au bois. — Maison sur la grande rue par laquelle on va de la halle à la porte Viresche, et sur le chemin de la porte du château à la tour Brasmin.

Le château, dont il ne reste plus que des ruines, était dans une admirable position, au nord de la ville, sur la pente abrupte de l'étang de la seigneurie et de l'Ouère, en face du Bourg- Giroire qui était de l'autre côté de rOuère. Il était défendu par une enceinte particulière de murailles de plus de six pieds d'épaisseur, servant de chemin de ronde, et par de nombreuses tours, parmi lesquelles on peut citer : la tour de l'Ormeau, la tour des Gardes, la tour carrée, la tour de l'Horloge, la tour de la Fauconnerie, la tour de l'Etable.

Il affectait une forme triangulaire à peu près isocèle.

8* à la grande porte du prieuré (en face du prieuré se trouTait, en 1515, rhôtellerie tenue par Jean Coutureau, où pendait pour enseigne T image de St Julien) ; il y avait un chemin de la grande porte du prieuré à la halle ; — 4* & la grande porte de St-Gilles.

VI. Au Bourg-Giroire, il y avait les chemins : 1* de la porte Biart ; — 2* de la fontaine St-Gteorges ; — 3* du carrefour de Beauregard ; — 4* de la porte Gaudin au moulin à tan ; — 5* de la porte Gaudin au Bourg-Giroire ; — 6* du pont du bourg à la croix Chaillou ; — 7* du pont du bourg au moulin de Monsieur.

VII. Du Pont-Neuf y — 1» au marché aux bêtes ; — 2« à la halle ; — 8* à la confrérie N.-D. ; — 4« à la croix à la dame.

dont le sommet, à l'ouest, était formé par la tour de l'Ormeau. L'entrée principale était au sud, du côté de la ville; elle était défendue par la tour des Gardes et par un pont-levis. On trouvait alors de magnifiques orangeries, la tour carrée, la chapelle St-Georges dont le portail était à l'ouest (1) ; au sud de la chapelle était la cour d'honneur ; à l'est le grand corps de logis construit par Commynes et brûlé en 1793. Au nord était le labyrinthe suivi des jardins remontant vers l'ouest. Du labyrinthe on descendait, par une poterne encore intacte, sur le pont Cadoré. Entre les murailles du nord-ouest et l'Ouère était l'étang, aiyourd'hui redevenu prairie, depuis la rupture de la chaussée. Au delà de TArgenton, à l'est, s'étendait la garenne.

(1) Cette chapelle existe encore et est bien conservée, quoiqu'elle serve de grange. Elle n'a guère de remarquable que sa voûte élevée, sa superbe charpente et sa toiture des plus rapides. Le chœur, k Test, est transformé en fuie. La plus grande partie de la voAte est occupée par une fresque représentant un gigantesque Père PUernel, avec les quatre Enmgélistes, sous des formes allégoriques.

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