Chapitre V
PHn.TPPE DE GOIOCTNES, BARON lyAHaENTON
A peine Philippe de Commynes fut-il en possession de cette belle et grande baronnie d'Argenton, qu'il ne tenait cependant qu'à titre de récréance, que, plein de confiance dans l'avenir, il agit en propriétaire. D'une part il imprima fortement le sceau de sa personnalité dans tout ce qui pouvait être changé et amélioré ; d'autre part, il se montra le gardien rigoureux et jaloux des droits que lui avaient transmis ses prédécesseurs.
Treize ans auparavant, Antoine d'Argenton était mort lépreux dans son château. Son sort avait été partagé par un certain Michau Terry ou Cerry, par messire Louis Guitart, prêtre, et par le page Antoine de Montrichard (1), qui l'avaient fréquenté et servi. C'était un motif ou du moins un prétexte suffisant pour abattre cette vieille ha-
(1) Dans un rôle de la noblesse du Poitou, en 1491, imprimé à Poitiers en 1607, chez Jean Fleuriau, on cite c Antoine de Montherichart, malade de lèpre. » Ce ne peut être le même que celui qui nous occupe ici, puisqu'il a dû mourir & peu près à la même époque qu'Antoine d'Argenton.
bitation et la réédifier dans des proportions plus considérables (1).
La reconstruction du corps de logis seul ne lui coûta par moins de « 60,000 frans », somme énorme pour cette époque (2). Ce qui restait de l'ancien hôtel fut approprié en greniers pour les grains de la seigneurie. Il fit aussi faire deux cuisines, avec une belle salle voûtée, une houtiUerie avec le garde-manger et une belle citerne (3). — La construction de la nef de la chapelle St-Georges coûta 2,000 frans (4). — 11 fit encore faire un autre corps de logis, avec deux chambres hautes, et au-dessous un moulin i bras et un pressoir, — une grange couverte d'ardoise, — une maison pour le portier, — et une belle étable double, également couverte d'ardoise.
On prétendit en 1515 que les fortifications du château qui, eu 1473, étaient en bon état, avaient été démolies. € De tout temps, et mesmement des temps de messires « Guillaume et Anthoine d'Argenton, et Loys Chabot, sei- « gneurs en leur vivant respectivement dud. lieu et chas- « teau d'Argenton, avoit en iceluy chastel pièces d'artil- « leries et en grant nombre pour la tencion et defl*ense € d'iceluy et du pays. » — Cette artillerie disparut, en partie du moins, sans qu'on sût ce qu'elle était devenue.
(1) I^ 8 octobre 1515, Guillaume Poussart, procureur d'Hélène de Chambes, produisit la déclaration des reparatw7is et nielio rations laites par Commynes à la seigneurie et chÂtellenie d'Argenton : ce, xà\e contenait 33 feuillets. Nous n'en possédons qu'un abrégé. Voir : Pièces justificatives y 2* partie^ n« ///.
(S) Un compte d'Etienne Moureux, receveur d'Argenton, pour un an entier, de Noël 1479 à Noël 1480, et produit le 30 septembre 1515, contenait cette mention : c Sont cy dedans comprins une partie des mises c faictes par led. receveur pour le bastiment de Mons*". »
(3) Cette citerne existe encore.
(4) Voir : Pièces Justificatives, 2* partie, n« IV. — Le compte de 1494 nous donne aussi quelques menus détails sur la construction de cette chapeUe.
Peut-être Commynes Temploya-t-il à Tannement de sa galéasse Nostre-Dame ? Il est certain cependant qu'il ne négligea pas de mettre son château en état de défense. Nous le voyons reconstruire la grosse tour qui commandait la porte (la tour des Gardes), la tour de l'Horloge et celle de la Fauconnerie, avec des mâchicoulis tout neufs. Il fit enduire tous les murs de Vendousture et réparer plusieurs brèches, portes et ponts. Comme les anciens fossés étaient insuffisants, il fit noyer les terres voisines qui étaient en contre-bas du côté de TOuère, pour en faire un étang, avec une chaussée qui lui coûta 5,000 livres (1). Il en fut quitte pour indemniser plus tard les propriétaires (2). — La dépense totale de ces réparations s'élevait à 72,500 livres.
Nous savons peu de choses sur l'aménagement de cette belle demeure seigneuriale; j'ai pu cependant relever quelques détails curieux. — Il y avait une chambre ornée d'une tapisserie verte (3) ; peut-être avait-il placé dans une autre cette belle tapisserie dont les consaiilx de Tournay lui firent présent le 31 octobre 1475 (4). — Au rez-de-chaussée se trouvait une grande salle, précédée
(1) Il y a quelques détails sur cette chaussée dans le compte de 1494.
(2) Voir : Pièces justificatives, 2* partie^ n* V. — Commynes a mis quelques notes de sa main sur la pièce relative aux indemnités.
(3) • . • Pour iv charretées de chaux et pour xviii grands carreaux pour le fouyer de la chambre vert, lxx sous. (Compte 1494).
(4) Les consanlx de la ville de Tournay c ont ordonne ly faire présent « d*une tapisserie de la valeur de lx livres de gros ...» Commynes demanda que cette somme fût payée comme décharge & Jean Lebacre, tapissier de Tournay, qui lui avait déjà fourni une chambre de tapisserie. {Lettres et Négociations de Ph. de Commynes, par M. Kervyn de Lettenhove, t. 1, p. '^9, note). — En tous cas nous avons lieu de croire que la plupart des chambres d^habitation étaient tendues de tapisseries. On trouve dans le compte de 1494: c A Guillaume Giraudet, tappissier, sur c le marché de certaines tappisseries et pour la tainture d'icelles, xii 1. c VIII s. »
d'une galerie (1) à Textrémité de laquelle étaient des fenêtres garnies de grands panneaux de vitre blanche. Quelques chambres étaient fermées à clef et avaient même des serrures à ressort; mais les chambres hautes n'avaient qu'on simple loquet.
D'après une indication fournie en 1515, « les meubles € estant en icelluy chasteau estoient de grant valleur et « estimacion. » Nous n'avons malheureusement pas d'inventaire dressé au décès de Commynes ; mais cette simple note nous suffit, car nous savons par ailleurs combien il aimait les belles choses. Nous trouvons des challitSy des coflfres et autres menus meubles, de grands bancs à dossiers cloués aux murs; pour l'exploitation, tout un matériel de pressoirs, de cuves pour cuiller et garder le vin, de grands greniers de bois y etc.
Il n'est question nulle part, dans les documents que j'ai eus à ma disposition, de la bibliothèque de Commynes. Etait-elle au château d'Argenton? — On peut le supposer, car c'est là qu'il écrivit au moins une grande partie de ses Mémoires.
(1) c Compte led. receveur avoir payé à Jacquet le clavecier, la somme de XXV 8. pour la ferreure des fenestres du bout de la gallerie a rentrée de la ftalle, faicte a doubles charnières, . . . avec le numbre de sept clefz, savoir est: une de ressort de la chambre ousouloit coucher Espérance, que es jardins étala tour de TKstabie que ailleurs ou estoit nécessaire ... — A Floc, vitrier, demeurant a Coude, pour iv panneaux de vitre blanche a lacroysee du bout de la gallerie, montant a ix pies de Terre, a raison de m sous ix deniers chaque pié, cy xxxin sous ix deniers, » (Compte de 1491). C'était \b qu'étiiient les appartements d'honneur da château. C'est là que fut exposé le corps de Commynes, sur son lit de parade, après sa mort, c . .. Me transporta, conduyt et mena en une c moult grant et estandue place, me passant par une multitude de gens c mennaot deul oultre mesure, tous revestus de noir a l'occasion de leur c bon maistre et seigneur, que subit accident avoit d'eux sépare et ouste c par mort casualle ; et sans là arrester en une grant salle me feisl entrer, c toute de noir circuye et environnée, en laquelle vis et aperceus plusieurs c personnes tout de tristesse Ht de merencolie plains, que bien me sembla « jamais en plus adoullee compagnie ne m'estre trouve. . . > {Le séjour de déul pour le trespas de messire Philippe de Commynes^ Kervyn de Lettenhove, ibid. t. l,p. 3).
En paiement de la créance considérable qu'il avait sur les Médicis, et vu les diflScultés qu'il y avait de trouver de l'argent pour le rembourser, il avait failli avoir un tiers des beaux manuscrits des Médicis, achetés pour 3,000 écus d'or par les dominicains de St-Marc, sur le conseil de Savonarole, et qui sont encore aujourd'hui l'orgueil de Florence (1). Nous n'avons d'ailleurs que des renseignements fort incomplets sur les livres qu'il possédait. M. Kervyn de Lettenhove cite « un ms. de Valère, « Maœime, mis en français, en deux volumes, orné de « ses armes, qui reposa longtemps à la bibliothèque de « l'abbaye Ste-Geneviève, à Paris (2). Le British-Museum « a recueilli aussi un ms. de Froissartf dont l'origine est « la même (3). A la bibliothèque royale de La Haye « (collection Neerman) on conserve le premier volume de « la traduction de la Cité de Dieu, de St-Augustin, avec « de grandes miniatures. Le second volume se trouve à « la bibliothèque de Nantes. L'un et l'autre portent égale- « ment les insignes héraldiques de Commynes (4). » — Toutefois il semble avéré que Commynes, ne sachant ni le grec ni le latin (5), ne pouvait avoir que des traductions, alors assez difficiles à trouver ; c'est peut-être la raison pour laquelle il n'insista pas lorsqu'on lui proposa les livres des Médicis (6J.
Il devait y avoir dans les coffres d'Hélène de Chambes un grand nombre de bijoux, car Commynes les aimait et
(1) Kervyn de Lettenhove^ Lettres et uégociations de Ph. de CornmyDes, t. II, p. ^9, 250.
(9) Ces volumes ont disparu en 1790 (3fii* Dupont^ Notice sur Ph. de Commynes, p. xix).
(3) British-Museum, Harley, n" 4,379, 4,380.
(4) Kervyn de Lettenhove, ibid., t. II, p. 277.
(5) M^^* Dupont, ibid., p. xix. •
(6) Quant aux archives d'Argenton, elles semblent avoir été tenues en bon ordre, du temps de Commynes. Elles étaient placées c en la voulte du chasteau. »
savait en tirer parti (1). — L'office devait aussi être bien garni d'argenterie. Mais tous ces objets, faciles à transporter, comme aussi les articles de toilette, suivaient souvent Commynes dans les lieux où il faisait sa résidence provisoire, à Villentrois, à Amboise, à Thouars, à Dreux, à Montfort, à Parthenay et ailleurs.
Les moindres détails d'économie étaient soignés au château ; on y faisait du linge de toile qu'on expédiait ensuite là où se trouvait Madame (2), et toutes les précautions étaient prises pour que les lessives fussent faites dans de bonnes conditions (3). Les vêtements n'étaient pas négligés, et Hélène se faisait envoyer de Parthenay à Argenton et de là à Dreux, des manteaux (fourrés probablement), qu'on enveloppait dans du bureau, à défaut de toile cirée.
L'éclairage n'était pas luxueux ; il se bornait, comme c'était d'ailleurs l'usage, à la chandelle de suif (4), à la chandelle de cire dont on faisait une dépense assez considérable, et à l'huile qui semble avoir été réservée uniquement pour le culte.
(1) Voir le contrat de mariage de Jeanne de Commynes et de René de Penthièvre. — lorsque Commynes fut arrêté h Amboise, il avait avec lui, dans ses coffres, de la vaisselle d'argent, des chaînes, des bagues, etc., qui lui furent volées par Charles du Mcsnil-Simon, chevalier, seigneur de Beaujeu, chargé de l'arrêter. — Voir, iVf"* Dupont^ Mémoires de Ph. de Commynes, t. III, p. 158. — A son départ de Florence en 1478, Commynes reçut des Florentins un service de vaisselle d'argent, du poids de 55 livres. — Kervyn de Lettenhove, ibid., t 1, p. 191.
(9) c A Colas Bernard, texier, pour faczon de toile et pour avoir desvide du fil, XVIII sous. » (Compte de 1191}.
(3) Commynes avait fait faire une buanderie. ^ « A Jean Escolle, m tous IV deniers, pour la faczon des cordes qui ont este mises es galetas pour sécher les lessives, et vi sousviii deniers qu'il paya pour les cordes dont on pacta les quatre fardeaux de toilles que on a mené a Dreux a ma dicte dame. » (ibid).
(4) « Deux livres et demie de chandelle, valant 3 sols 2 deniers, quatre livres et demie de chandelle, a 15 deniers la livre .. . » (ibid).
Pour la nourriture, nous ne pouvons parler que de ce qui concerne les gens du château et les ouvriers, car en 1494, la seule année dont nous ayons le compte complet, Commynes était à Thouars et sa femme était à Dreux. A répoque des vendanges nous trouvons tantôt le pain blanc, tantôt le pain bis, le beurre, les œufs, le poisson ; des tripes de bœuf à déjeuner et le même jour du mouton à souper; d'autres fois, des quartiers et des gigots de mouton ; des poitrines et des quartiers de vache ou de bœuf; des poulets, des chapons. Les officiers d'Argenton, en voyage à Thouars (1), avaient, un jour maigre, à dîner : du pain blanc, du vin, du beurre, des merlans, des moules, des créacz, des poires (2). On donnait aux charretiers du vin, des harengs, des fèves frites à Thuile. — Il y avait encore d'autres denrées qui devaient faire partie de l'alimentation, entre autres : les pois, dont on faisait tous les ans une recette de 19 à 20 boisseaux (3), et les navaiix, dont la ferme était réservée en partie pour la provision du château.
Je n'ai trouvé qu'une seule mention de gibier (bien qu'il y eût des garennes considérables à Argenton, à la Motte-» Coppoux, à la Motte-Brisson et au Beugnon) (4) ; c'était
(1). Cétaient: M. de Lesbaupmaye, le châtelain d* Argenton, le greffier et le receveur.
(2) CréaCy c le poisson accipenser que les françois appellent esturgeon^ et ceux de Bordeaux Créai j ne se servoit jamais sans une grande pompe. » O, Bouchet VI* Sérée, p. 14, — Ce mot est encore usité dans FAunis et la Saintonge. Ce poisson remonte les plus grands fleuves au printemps ; sa chair est très-délicate et a le goût de la chair de veau.
(3) En 1494 on acheta six livres de graine de moutarde, au prix de 2 s. 6 d. pour envoyer à Dreux.
(4) Commynes, qui aimait la chasse, avait fait faire des réparations importantes aux garennes de La Motte-Coppoux, La Motte-Brisson et du Beugnon {Compte des réparations fourni en 1515), — En juillet 1493 il avait demandé deux faucons à Francesco délia Casa, à Florence. Sur les 54 qui avaient été envoyés de cette ville, trois moururent en route, trois furent donnés à Laurent Spinelli^ les 48 autres furent donnés à Louis XI, et Francesco s'excusa près de Commynes sur ce que Louis XI les avait voulu tous garder. (Kervyn de Lettenhove, ibid, t. lU p* 93).
un jour que Maître Jean Lefèvre, Tancien secrétaire de Cîommynes (1481), devenu procureur au Parlement, vint souper aa château avec René de Poillé (1494) (1) ; le receveur leur fit servir deux assées (2), deux perdrix et un connu ; le même jour, le capitaine du château, qui ne mangeait pas avec eux, reçut deux assées.
Ce n'est pas seulement au château que nous retrouvons la main de Commynes ; elle est partout dans ses domaines que nous allons passer rapidement en revue.
Il fit faire ou réparer : au Bourg-Giroire, un gardouer pour le poisson, avec un mur fort épais ; — le pont Cadoré, la justice d'Argenton â quatre piliers de pierre de taille; — de l'autre côté, les moulins du Pont-Neuf et deCiron et la chaussée du Pont-Neuf; — lauditoire qui était placé près du château, — et la halle ; et plus loin, le pont de Voultegond. — Il fit faire à Vauzelles un grand corps de maison avec pressoir ; il répara les métairies du Portau et du Breuil-Frétier, la maison de la Vacherasse, la métairie des Chezaulx, celle de la Tremblaye, et retira la terre de la Vergerie appartenant à la Tremblaye. Plus d'une fois il eut à réparer les étangs de La Motte-Coppoux, de la Motte-Brisson, de l'Olivette, Briant, de Villeneuve, Vieille, etc. ; il fit faire trois étangs à la métairie de la CharuUière, pour assécher le pays (3) ; il fit réparer le château de la Motte, habiller et carreler les chambres. Les greniers de La Motte-Brisson étaient en terre : il les
De son côlé Commynes faisait des offres pour la chasse à ses amis. Le S8 septembre 1481, il écrivait au duc de Milan : o . . . S il vous plaist de c par deçà chiens ou oiseaulx ou autre chose que je puisse faire, je vous c enserviray de bon cueur ...» (Id. ibid. t. 1, p. 323).
(1) Voir : la première partie, p. 13, note 3.
(2) Acée ou assée : bécasse ; ce mot est encore usité en Poitou et en SaintODge: heure de volée d'assée^ loc. prov. : vers le soir. — Connil lapin.
(3) « Plein des souvenirs du pays qu'il avait quitté, il imita les travaux c des polders de la Flandre en débarrassant des eaux stagnantes les marec cages insalubres. Ses etfurts tendirent surtout k créer un portkUlonue, c etc. . . » » — Kervyn de Lettenhoce^ ibid. t. 1, p. lOô.
fit refaire en bois et en pierre, et là où on ne pouvait mettre un setier de grain, on en put loger mille setiers et plus. Il fit construire une grande halle à La Chapelle- St-Laurent et la dota de foires et de marchés qui firent la fortune de certains merciers. — Pour tous ces travaux, il dépensa 5,540 livres.
A Souvigné, il fit faire un beau logis avec murs de clôture, granges, pressoir et bergeries. A Lairegodeau et à Gourgé, il fit faire des fours à ban, il fit réparer tous les deux ans les chaussées et les moulins, ainsi que les étables, et refaire les fourches patibulaires. — Il fit restaurer les vitraux des chapelles d'Argenton dans les églises de Ste-Croix et des Cordeliers de Parthenay, la litre et les armoiries d*Argenton et de Lairegodeau dans l'église du Beugnon, et soutint un procès contre Mathurin de la Boérie (?) qui se prétendait fondateur de Téglise. Il fit réparer la chaussée du Beugnon et construire des granges, des fourneaux et des étables. — A Pressigny, il fit faire des vaisseaux pour la vendange ; à Gourgé, il remit en état la grange qui avait été brûlée par la foudre ; dans réglise de cette paroisse il fit rétablir la litre et les armoiries d'Argenton. — Toutes ces réparations lui coûtèrent 1,239 livres 10 sols.
Quant à Villentrois, on eut beau réclamer, en 1515, les comptes des travaux faits par Commynes, on ne put les obtenir : ils n'étaient pas aux archives d'Argenton, mais à Villentrois. Les adversaires de la veuve de Commynes prétendirent qu'elle avait de bonnes raisons de ne pas les exhiber, parce qu'on y avait plus détruit que construit, et Jean de Châtillon exigea (17 janvier 1515/6) qu'on remît entre ses mains tous les comptes depuis l'an 1400, époque où cette terre était entrée dans la famille d'Argenton. — Il parait néanmoins certain que le château de Villentrois avait été reconstruit par Commynes (1).
(1) Afï*« Dupont, Notice sur Philippe de Commynes, p. cxxvii; Vabbé de Marolles : Les histoires des aociens comtes d* Anjou, II, 64.
On a dit que Louis XI avait largement contribué à payer tontes ces améliorations : on ne mentionne cependant que 3,000 livres, données par tiers en 1477, 1481 et 1482. C'est bien peu si Ton compare cette somme à celle qui fut dépensée. — On peut constater que Commynes n'épargna rien pour faire la prospérité de ses domaines, et sa femme, Hélène de Chambes, s'associa à son œuvre avec intelligence et habileté. Commynes avait l'initiative ; elle exécutait.
Les nombreux bois taillis (1) et de haute futaie que possédait Commynes étaient en excellent état lors de sa mort. Ils furent dilapidés peu après par Jean de Chàtillon (1515), et l'on dut y mettre bon ordre : car « les bois € de haulte futaie de droit s'appeloient meuble précieux € et estoient equiparez a immeubles, car ils estoient pour € bastir, ediffler et décorer les maisons. » — Il est vrai que, de leur côté, Hélène de Chambes et René de Penthièvre étaient accusés d'avoir abattu plus de 500 arpents de bois tant de coupe que de haute futaie, estimés à 20 sols et plus par arpent.
Les vignes et les vendanges étaient pour Commynes l'objet d'un soin tout particulier. Il avait non seulement des revenus en vin sur les vignes de certains de ses vassaux, et la dime des vendanges qu'il faisait recueillir et apporter dans ses pressoirs, mais il faisait valoir directement la vigne du château et celle de Praillelle à Vauzelles. Un grand nombre d'ouvriers (et surtout des femmes) étaient employés à les déchausser, les tailler, les bêcher, les biner, les essermenter. A l'époque des vendanges les travaux reprenaient avec activité. On avait eu soin de préparer le pressoir, les mets, les cuves (que l'on enduisait de suif battu), les râpes, etc. Les anciens fûts étaient rhabillés ; on en achetait de neufs, et quand le vin était
(1) Il n*y en avait pas de bons à couper depuis 1400.
entonné dans les pipes (1), on le mettait dans les celliers d'Argenton ou on Texpédiait à Montsoreau, et de là à Orléans et à Dreux, pour la provision de Madame, quand elle y résidait. On en porta une fois 49 pipes, dont 34 de vin blanc, 12 de vin claret et 3 de vin rouge. Le vin de Tannée semble avoir été celui qu*on estimait le plus. Le reste était vendu à de bons prix et souvent aux enchères.
Ce dernier genre de marchés était préféré par les receveurs qui utilisaient pour Commynes tout ce qui, dans les dîmes ou dans les produits de l'exploitation, n'était pas nécessaire au château. C'est ainsi que se vendaient les foins (2) dont le prix ne pouvait s'établir aussi facilement que celui du blé ou du seigle. Souvent aussi les paiements des entrepreneurs pour les constructions avaient lieu en argent, en seigle, en froment et en vin claret nouveau, et quand les travaux devaient durer
(1) «Tai trouvé la valeur de la pipe dans un compte de la seigneurie de Lairegodeau, « rendu par Jehan Barraud, receveur, pour Mons' d'Àrgenton, depuis le 26 mars 1436 jusqu'à la fête N.-D. de Mars 1428. » Elle devait contenir de 165 à 170 pots. — Toutefois, on lit dans le compte de 1494 : a Dépense pour xx hommes charretiers, tant en pain c que en pitance, pour dix pipes de vin qu*ils amenoient en dix charc rettes du creu de Vauzelles, la somme de xv sols t., oultre le vin qui c fut pris au chasteau, et aussi a payé led. receveur pour le louage de v c couples de bœufs, la somme de xii* vi^, a raison de ii* vi^ chacun c couple, pour ce que led. charroy ne se povoit accomplir sans ce faire, c ainsi que appert par certification dud. de Fouille. . . . •
(2) La première coupe du foin récolté dans le pré de Gon était portée au château pour la provision des chevaux de Mons'. Le regain de ce pré fat adjugé en 1494 à sept livres, avec la charge de pouvoir y riiettre deux bœufs pour Mons'; en 1495 il fut adjugé à huit livres dix sous. — Par la comparaison de la valeur très-inférieure du regain avec la première coupe, et en calculant ce qu*un cheval consomme à peu près de foin par an, on pourrait arriver à savoir approximativement combien Commynes, qui était alors k Thouars (Hélène de Chambes était & Dreux), avait de chevaux & Argenton. — Du reste, on trouve une dépense de 27' 4'* payés à Jean Traon, à raison de 12 deniers par jour, et 8 deniers pour sa femme, pour avoir fané le pré de Gon, ce qui fait environ 16 jours 1/2 à eux deux, plus 20 sous à d'autres hommes, à raison de 12 deniers par jour. Cela fait donc environ 36 journées d'hommes et 16 journées de femme pour faner ce pré.
longtemps, on leur fournissait un logement avec des lits pour coucher.
Les terres étaient bien entretenues : quand les bestiaux avaient fait des brèches aux fossés qui entouraient les prairies, on les relevait aussitôt et on les couvrait d'épines. Un homme était chargé, par marché à Tannée, de prendre les taupes et de tenir les jardins et les prés nets de taupinières. — Toutefois la plus grande partie des réserves se composait de prés, de vignes, de bois et de jardins. Les terrains mis en culture étaient presque tous fieffés ou donnés à bail. Les jardins d'Argenton étaient sous la surveillance spéciale d'un jardinier en chef qui avait des gages considérables, si on les compare aux traitements des officiers du château (1), et cependant il n'était pas tenu de payer les ouvriers chargés de la grosse besogne. 11 avait aussi sous sa direction les jardins de Massais, qu'on appelait « les jardins de Madame » , il faisait planter des saules dans les « hylaux de Cyron », après avoir abattu les vieux, et y faisait faire une tonnelle pour laquelle on avait acheté plus de 200 gaules.
D'après ce qui précède, on peut voir que l'administration des domaines de Commynes à Argenton était dirigée avec un grand esprit d'ordre et d'économie, qui n'excluait pas l'amour des belles choses. Pendant de longues années, cependant, Commynes ne fit que de courtes et rares apparitions dans ce château où il devait terminer sa vie. Aussi avons-nous lieu de croire que ce n'était pas seulement à sa personne, mais aussi â celle d'Hélène de Ghambes qu'étaient attachés les vassaux, dont ici l'opinion est d'une grande valeur : Hélène avait été si long-
(1) Outre le jardinier et les gens de peine, il y avait d'autres jardiniers — Dans le compte de 1404, on lit : « a Jehan Guillotin, jardinier, et c a ses deux enfants, sçavoir au père a raison de 2* G' par jour, et aux c enfants a raison de 20 deniers par jour ...»
temps rame du château et de la baronnie (1) ! Quand, en novembre 1515, il fut signifié aux fermiers de Vauzelles que désormais ils auraient à payer une partie de leurs redevances à Jean de Châtillon, ils se refusèrent obstinément à obéir, « disant qu'ils ne connaissoient pas € messire Jehan de Chastillon a seigneur, et n*avoient « seigneur que lad. dame Hélène, a laquelle ils paieroient € et non a aultre (2). »
Quant à la maison de Commynes, elle était organisée sur un grand pied. Outre les gens de loi, avocats, procureurs, conseillers, qu'on rencontre partout à cette époque dans les châteaux, â cause des nombreux procès qui surgissaient à chaque instant, et dont la durée était interminable, il y avait tout un personnel de gentilshommes et de serviteurs dévoués qui n'hésitèrent pas, eux aussi, â employer les menaces contre les experts chargés de faire l'inventaire du mobilier du château (1515) pour en déposséder Hélène de Chambes. On fut obligé de demander leur séquestration dans une chambre ou leur expulsion du château. — Nous avons les noms de quelques-uns des officiers qui remplissaient les fonctions de capitaine, de sénéchal, de châtelain, de procureur, de substitut, de
(1) M. Kervyn de Lettenhove (ibid. t. I p, 330) dit que Louis XI donna Hélène de Chambes pour gouvernante à Marguerite d* Au triche qui, d'après le traité d'Arras (33 décembre 1482), devait épouser le dauphin Charles .
(3) Les receveurs, sergents et autres officiers nommés par Jean de Châtillon pour eiercer en son nom, furent menacés et a estoient en doubte de leurs personnes. » On dut les mettre sous la sauvegarde du roi et du Parlement, et on prit les noms et surnoms des serviteurs de Commynes afin que, s*il arrivait quelque inconvénient, on sût à qui s*adresser. H y eut une protestation de la part de d^AUigret, curateur des enfants mineurs de Penthièvre. Les esprits étaient montés de part et d'autre, et Jean de Châtillon montrait de son côté une certaine violence. Jean Cotyneau, serviteur du comte de Penthièvre, lui réclama 105 livres qu'il lui devait. Pour toute réponse J. de Châtillon le menaça « de Toutrager » et de le jeter en prison dans une fosse.
greffier, de prévôt, de sergent, de receveur, de maître d'hôtel (1).
Au nombre de ces officiers, il y en a deux que nous remarquons plus particulièrement, parce qifils semblent n'avoir eu au château d'Argenton aucun titre officiel, et cependant ils jouissaient d'une grande autorité. Leurs noms se rencontrent partout, dans les achats, dans les ventes, dans les marchés. C'est d'abord messire Baulde Talboen, chanoine de Tournai et curé de St-Jouen de Bouesse (14T7-1506) : il devait être originaire de Flandre (2). — L'autre est René de Poillé ou Fouillé, écuyer,
(1) Capitaines du Château : Jeao de Razille, 1461 ; Hardouin de Yendel, écuyer, seigneur de Lesbaupmaye, 1180-1498 (Il avait un frère, Christophe, qui était aussi officier du château). — Sénéchaux : Regnaud du Noyer, 1485-1494 (il avait 10 livres de gages et 20 livres de pension ordonnée par Commynes). Il devint procureur général du roi en Poitou. - Châtelains: Guillaume Oirardeau, 1480-1495; Guillaume Lebacle, 1515. Os avaient 10 livres de gages et 10 livres de pension. — Procureurs : Antoine Ledoux, i486 : Antoine Moureux 1493-1495 (Un Etienne Moureux était commis de Commynes en 1493) ; Guillaume Turquand, 1505 ; Hilalre Coctereau, 1511-1515 (ils avaient 100' de gages et 100* de pension). — Substituts: Thomas Chavignon, 150.5-1511; Briend Bardou, 1515l — Greffiers pour Argenton et La Motte : Jean Rectore, 1505-1515. Ils avaient 60» pour chaque gi-effe. ^- Prévôts: Guillaume Le Tuille, 1492- 1496; François Le Tuille, 1495-1498; Urbain Huguet, 1515. —Sergents: Guillaume Chalon, 1515; Jamin Villain (pour la Vacherasse), 1515. — Receveurs: Guillaume du Noyer, 1464; Etienne Moureux, 14T7-1482; Antoine Ledoux, 1487-1498; François Le Tuille, 1498-1508 ; Michel Texier, 1611-1515. (Ils avaient îo livres de gages et 100» de peusion\ — Maitres d*hàtel: Jean le Sure, U91-1495 (il devint contrôleur de Dreux) ; (fuillemin Thierry, 150^ ; uoble François de la Couste, 1521 ; noble Mathurin de Terves, 1528.
On trouve en outre parmi lesgens de service: Chariot Jacquinet, serviteur de contiance de Madame, 1511 ; les gages de Mathurin Dubois, valet de chambre de Madame, en 1494, étaient de 1-2 livres ; François Texier, ordonnateur des Jardins, recevait cette année la 15 livres 16» O"* sur ses gages; le portier, Jean Raoult, avait 12 livres dégages, plus 4 setiers de seigle; en 1515 1e portier était Antoine Thomas.
(2) c Pour la dépense de Muistre Baulde durant qu'il estoit au chasteau d* Argenton, tant pour ouyr les comptes dnd. receveur que aultres, xli lÎTres VII deniers, et luy en feut alloue en st\s darreniers comptes que XIX livres vu deniers, par la faulte de Tescripvain qui couschea led. article. » — {Compte de i494,)
sîeur de la Hudandière, dont on voit l'action manifeste de 1491 à 1498 (4 ). Commynes nous a donné lui-même quelques détails sur ce qui le concerne. Obligé de changer le capitaine qu'il avait préposé à la garde du château de Talmont, il écrivait à Charles VIII, le 6 novembre 1485 : «... A nom celluy que je enverrai Règne de Poille, qui 4c est d'auprès d'Argenton et a femme et plusieurs en- € fants (2). . . » — René de Poillé, zélé serviteur de Commynes, garda le château de Talmont avec un courageux dévouement, malgré le roi et malgré le Parlement (3;, et lorsqu'un sergent se présenta (mars 1486), au nom des La Trémoille, pour en prendre possession, il lui en refusa l'accès (4). C'est ce qui explique la confiance et l'autorité dont il jouissait à Argenton, où il commandait en maître. Un jour, on ne donna, contre l'usage, que du pain et du vin à ceux qui venaient de charrier le foin, parce que René de Poillé n'était pas là. — Le receveur se déchargeait de la vente de certaines quantités de vin dont le prix était perçu directement tantôt par René de Poillé seul, tantôt par le capitaine, Hardouin de Vendel, tantôt par eux deux ensemble (5), et lui remettait du froment (6), du seigle, des pois, des fèves, des chapons, des gelines et du vin. Il est probable que ces sommes et ces prestations en nature étaient le paiement de ses services.
(1) Au bas de Tacte d*achat du Bois-du-Theil par Baulde Talboen, pour Commynes (9 novembre 1499), se trouve une quittance de Jean de Poillé, seig' de la RouUière, pour l'acquittement des droits de vente et honneurs dus pour cette pièce de terre, à cause de damoiselle Françoise de La Cour, sa femme, droits payés par Guillemin Thierry, maître d'hôtel de Commynes, le 15 novembre 1502.
(2) Kervyn de Lettenhove, t. H, p. 37. (S) Id. ibid., p..d8.
(4) Id. ibid., p. 46.
(5) Il y en avait pour 23S livres 6 sols en 1494.
(6) En 1494 : 4 setiers de froment ; 30 setiers mine et 4 boisseaux de seigle ; un setier, 4 boisseaux de pois ; un setier, 5 boisseaux de fèves ; 12 chapons ; 12 gelines ; 20 pipes de vin blanc ; 6 pipes de vin claret ; 34 pipes 1/3 de vin rouge.
C'était lui qui était rintermédiaire de Commynes, quand il était absent, pour sa correspondance. Le service des postes établi par Louis XI était encore à Tétat d'enfance, et le transport des lettres était coûteux (1) : il fallait toujours envoyer des exprès. Souvent le même homme remplissait Tofflce de courrier; quelquefois c'était un page : d'autres fois le capitaine du château ou le châtelain s'en chargeaient.
Peut-être aussi était-ce René de Poillé qui, en sa qualité de contrôleur officieux des recettes et des dépenses, surveillait l'emploi des sommes destinées aux aumônes (2). Sur ce point, Commynes avait un plan bien réglé et bien ordonné (3). En dehors de certains cas particuliers pour
(1) «... A Jehan Varanzay, 3 s. 6 d. pour avoir porté une lettre que Madame a envoyée à M''* du Puy-Jourdain, ainsi quMl appert par certification dud. de Pouiilé. — ... Pour avoir apporté des lettres & Argenton que Mons*' a envoyées pour ses affaires, 7 8. 6 d. — Pour porter des lettres à un charpentier, 5 s. — Pour porter à Dreux des lettres que Mad. de la Trémoille écrivait à Mons', 6 livres. — A Jehan Varanzay, pour allar à Dreux porter des lettres à Mons' et k Madame. . . , 55 s. — Au page de Mad. de Moutsoreau, ... lequel apporta des lettres, 4 s. 3d. — Pour un autre voyage à Thouars pour M. de Lesbaupmaye et le châtelain, pour porter des lettres que Mons' écrivait à Madame dud. lieu de Thouars, 14 s. 4 d- » — {Compte de 1494.)
(2) n est à remarquer que les aumônes forment le premier article de la dépense dans le compte de 1494, le seul que nous ayons au complet.
(3) Plus je ne vois homme tant charitable Que ce deffunct
N'a-il par moy maint homme a mestier mis î N'a-il par moy maint grant clerc eslevé î Par moy n'a-il pas esté entremis D'ayder les pauvres dont pluseurs relevé De malladie a et surtout levé ;
Secouru a vefves et orphelins
Et maintes filles pauvres a marié,
Les retirans de mains vouloirs malins :
Aux oppitaulx il n'a pas oublié
De ses biens mettre
{Le séjour de dexd pour le trespaa de mesxire Philippe de Cornmynet, — Kervyn de Lettenhove, ibid., t. I, p. 20, 31.) .
lesquels les aumônes extraordinaires sont un devoir (4) de conscience, les aumônes se faisaient à jour fixe et par les mains de l'aumônier du château (2). Il recevait pour cette destination : 39 sols le 20 octobre 1493; 39 sols le 28 mars 1494 ; 34 sols le 7 juillet 1494 ; 78 sols pour deux quartiers (la St-Michel et Noél) 1494. — En nature, pour ces deux derniers quartiers, il recevait 13 setiers mine et 4 boisseaux de seigle. Aux fêtes de St-Georges et de St-Nicolas, il recevait encore 20 setiers de seigle ce qui, évalué à 20 sols le setier, représente 33 livres 15 sois.
Cette même année, les sœurs Collettes de Nantes reçurent deux pipes de vin blanc de Vauzelles, qu'on leur porta jusqu'à Saumur ; les quatre mendiants eurent chacun un setier de seigle (3). — Une petite fille abandonnée avait été recueillie par un nommé Pierre Chas-
(1) « Item puis le dict temps, a este quatre yy maires la ou les pouvres mestayers et subgects ne cueillerent aulcune chose et fallut que lesd. seigneur et dame leur baillassent des grains pour semer et pour vivre, la ou il y en a eu de perte plus de mil charges de blé. » (Déclaration des méllo7*ations, etc. faites par Philippe de Commynes depuis 1473). — Diaprés le tableau du prix des denrées donné ci-dessous, ce fait pourrait se rapporter à Tannée 1501, oti la cherté des céréales fut considérable.
^'2) « Aroenton-Chateau. ~ Hôpital, paroisse StrGilles, pour soularger les pauvres d'Argenton et de plusieurs paroisses circonvoisines. ^- Arrèt du conseil du 18 décembre 1693, qui permet au comte de Chàtillon de placer un fonds de 7,000 livres pour fonder un hôpital, auquel on a réuni le revenu d*une aumônerie qui exista à Argenton ; Lettres-patentes du mois de juin 1698 qui confirment cet établissement. — Revenu : 3,400 livres, y compris les réunions. — Cet hôpital est gouverné par les filles de Saint-Thomas, dans lequel il y a treize lits pour les pauvres de Tun et de Tautre sexe. — Saint- Clémentin. — Aumônerie. — Le revenu de cette aumônerie a été réuni à Thôpital d'Argenton-Chàteau par arrêt du 21 janvier 1695. . . — Mortaqne. — Aumônerie. — Par arrêt du 28 juin 1697, Taumônerie de Mortagne fut réunie à Thôpital d'Argenton-Château. » — Etat général de tom les établissements, fondations, revenus de charité, etc., dans la généralité de Poitiers. (1775-1790. Arch. de la Vienne, c. 1, 1. 31.)
(3) « Aux quatre mendiants pour aumosne a eulx ordonnée par Mons' a raison de quatre boesseaux pour chascnn an, a chascun un setier. »
gnean : il reçut une pension alimentaire sur laquelle on lui alloua 25 sous en 1494 (1).