CHAPITRE QUATRIÈME
Avertissement .
Nous arrivons à la partie des œuvres d'André Cliénier qui est le plus hérissée de difficultés. Ce sont les poëmes.
J'admire la tranquille assurance de l'éditeur. Pour lui, point d'obstacles, nulle part la moindre obscurité; tout lui est clair et transparent! Avec quelle aisance il se meut dans ce vaste labyrinthe !
Quant à moi, ce n'est qu'en tremblant que je m'aventure sur un terrain semé de précipices, et dont tant de chemins aboutissent à l'inconnu. Aussi crois-je nécessaire de prévenir ceux qui veulent bien me lire que si, dans le développement de la question que je vais bientôt traiter, je prends souvent le ton de l'affirmation, ce ne sera là qu'une forme plus rapide de discussion et de démonstration.
Auparavant, il convient d'élaguer tous les rameaux parasites qui nous dérobent la route. De tout cet ensemble de poëmes qu'a rassemblés M. G. de Chénier, il faut donc que nous commencions par rejeter les pièces diverses qu'il y a entassées sans raison.