‹ Documents nouveaux sur André Chénier et examen critique de la nouvelle édition de ses œuvresChapitre 5 sur 101 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

allégé de bien des citations, mais où les sources principales seront soigneusement indiquées. Ce sera l'édition des Œuvres choisies. Quant à l'édition des Œuvres complètes, elle exigera un grand labeur et de longues et patientes recherches. Après avoir lu ce volume, le lecteur aura une idée de toutes les difficultés d'exécution que présenteront non-seulement l'établissement du texte, mais encore le classement et la constitution des pièces.

Nous avons lu minutieusement et étudié avec la plus grande attention les trois volumes dont se compose la nouvelle édition ; et si à chaque page nous avons senti s'accroître encore en nous l'admiration que nous ressentons pour André Chénier, nous avons aussi à chaque page déploré l'insuffisance de son éditeur. Sans doute un tel travail offrait de grandes difficultés ; constituer un texte est toujours une tâche délicate où les esprits les mieux exercés peuvent souvent faillir. Si donc nous n'avions relevé qu'un certain nombre d'erreurs, presque impossibles à éviter, nous n'aurions pas été avares d'éloges envers l'éditeur et nbus lui aurions gardé une juste reconnaissance pour un tel service rendu aux lettres. Certes

PRÉFACE. VIÎ

M. Gabriel de Ghénier, le neveu d'André Chénier, a dû mettre à raccomplissement de son œuvre un zèle presque filial; les années ne lui ont pas fait défaut, et les conseils ne lui auraient pas manqué s'il n'avait pas cru trop souvent pouvoir s'en passer.

Que ne s'est-il informé auprès de M. Boissonade? que n'est-il allé vers Sainte-Beuve? que ne lui a-t-il mis sous les yeux tous les manuscrits au lieu de ne lui en montrer qu'un petit nombre? Dans un cercle plus intime et plus rapproché de lui, que ne s'est-il adressé au regretté M. Delzons, qui terminait alors la savante édition de V Anthologie commencée par Dûbner, et qui connaissait aussi bien André Ghénier que Méléagre ou Paul le Silentiaire ? Auprès de ces maîtres de la critique, il eût appris à lire les travaux de ses devanciers, à en profiter, à en relever sans fiel les erreurs ; il eût appris les règles sévères qui doivent présider à la recherche de la vérité historique, à la constitution d'un texte, et à la lecture de manuscrits ; il eût appris enfin à se défier de ses propres forces, à douter souvent et à éviter les affirmations tranchantes qui touchent au ridicule quand elles sont erronées, Malheureu-

Page 1