‹ Documents officiels recueillis dans la secrétairerie privée de Maximilien: Historie de lChapitre 58 sur 71 · TOTAUX · texte numérisé non relu

TOTAUX

(i)i7 juillet 1864.

(2) Dépêche de M. Seward à M. Corwin, en date du 2 septembre 4861, — NM 7.

(3) M. Corwin se trompait doublement. La dette anglaise, y compris les sommes dues aux teneurs de bons et aux créanciers de la Gpnveiition , s'élevait à la somme de 69,994,454 dollars, et celle deTEspagne à 9,460,986.

En conséquence il proposait :

1» De prêter au Mexique pour cinq années, une somme de o millions de dollars, à 6 0/0 d'intérêt annuel, et payable en dix versements égaux de 500,000 dollars chacun, échelonnés de mois en mois ; mais dont le premier ne serait fait qu'un mois après la ratification du traité par le Sénat des Etats-Unis;

â"» De lui prêter encore, et pour le même temps, une seconde somme de 2,000,000 de dollars chaque année, pendant 3 ans, ce qui aurait fait en tout 4 4 millions de dollars, et de les hypothéquer, en outre de la foi publique, sur les propriétés non vendues de l'Eglise, propriétés dont la valeur était estimée à 400,000,000 de dollars au moins (4).

Cette proposition fut agréée par le gouvernement mexicain (2), et si les motifs invoqués par les trois puissances avaient été vrais , elles auraient , en acceptant l'offre du gouvernement américain, suspendu de suite le départ de l'expédition; par malheur, il n'en était point ainsi. Le Mexique était condamné : non pour le mal qu'il avait fait, mais parce que le nom seul de la république effarouchait les puissances européennes, et M. Seward, en retour des propositions qu'il avait faites pour assurer la paix, reçut de France, d'Angleterre et d'Espagne trois réponses, différentes, il est vrai, dans les termes, mais identiques quant au fond.

La première, de M. Dayton, ministre des Etats-Unis à Paris, lui annonçait qu'au dire de M. de Thouvenel, le gouvernement américain s'était trompé sur le but de l'expédition ; qu'il ne s'agissait pas d'assurer le paiement désintérêts d'une dette quelconque, mais d'exiger le paiement du capital de la dette — 25 à 30 millions de francs (3), — et que c'était pour cela qu'on voulait s'emparer des ports de la Répu-

(i) Dépêche du 21 octobre 1861, de M. Corwin à M. Seward. —

(2) Dépêche de M. Seward à M. Adams du 21 novembre 4864. — NO 128.

(3) Nous sommes loin, comme on le voit, du chiffre de 420 à 130 millions de francs, énonce avec tanl de fracas par M. Rouher, en présence du Corps législatif.

blique (1). — La seconde de M. Adams, lui déclarait que le comte Russell lui avait articulé un à un tous les griefs, vrais ou faux, que le gouvernement anglais prétendait avoir contre celui du Mexique, et avait rejeté ses offres, parce que les propositions du cabinet de Washington ne remédiaient qu'à un seul de ces cas (2). — La troisième, enfin, de M. Schurz, ministre en Espagne, annonçait que M. Calderon-Collantes lui avait affirmé qu'il n'avait aucune connaissance des propositions des Etats-Unis en faveur du Mexique; que l'Espagne, du reste, depuis la signature de la convention, n'avait plus le droit d'agir isolément ; qu'elle avait même autrefois décliné une offre semblable de la part des gouvernements de France et d'Angleterre, avant que sa résolution d'agir ne fût connue, et lorsque les difficultés financières auraient pu facilement être arrangées par ce moyen ; que maintenant le point dlwnneui\ et plus spécialement encore les garanties à obtenir en faveur des sujets espagnols résidant au Mexique, ne pouvaient en aucun cas faire l'objet d'une médiation, et que, par conséquent, l'Espagne n'arrêterait ses préparatifs que dans le cas où la réparation qui lui était due, [ou les garanties qu'elle avait le droit de réclamer lui seraient directement offei'tes par le cabinet de

Mexico (3).

Ces réponses étaient péremptoires. Elles indiquaient un parti pris; un parti dont aucun des intéressés ne voulait démordre. Dès lors, il ne restait au gouvernement américain qu'à opter entre ces deux moyens : s'opposer par la force à une entreprise dont le Mexique, après tout, n'était que le prétexte, mais qui était évidemment dirigée contre lui, contre le régime républicain, contre la prodigieuse expansion de ce régime dans lé monde nouveau, ou se tenir sur une prudente réserve en attendant une occasion qui lui

(1) Dépêche de M. Dayton à M. Seward, en date du 27 septembre 1861, no 59.

(2) Dépêche de M. C.-F. Adams à M. Seward, en date du 28 septembre 1861, no 71.

(3) Dépêche de M. Schurz à M. Seward, en dalc du 3 novembre 1861, no 36.

permit de jeter dans un des plateaux de la balance, le poids redoutable des intérêts américains.

S'opposer par la force à cette entreprise, le gouvernement américain ne le pouvait pas; il était, si je puië m'exprimer ainsi, rivé sur son propre sol par les efforts gigantesques du Sud pour se séparer de lui.

Il fallait donc se taire, dissimuler avec soin l'écbec que ces trois refus infligeaient à l'orgueil de son pays , et at* tendre des événements Toccasion de sortir avec honneur de rimpasse où se trouvait engagée pour le moment la po* litique des anglo-saxons.

En conséquence, le gouvernement attendit : il se replia sur lui-même, et quand les signataires de la Convention de Londres lui offrirent de se réunir à eux, il répondit simple-* ment : c Que le cabinet de Washington ne pouvait ni vou« lait mettre en question le droit que prétendait avoir chacune des puissances signataires de Tacte de Londres; qu'il ne voulait pas non plus examiner si les griefs dont elles avaient à demander raison nécessitaient une guerre contre le Mexique : que les États*Unis, eux aussi, avaient également les leurs, mais que, après mûre réflexion, le président de la République était d'avis, qu'il n'y avait pas moyen en ce moment d'en demander satisfaction en accédant à la Convention (1). >

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