‹ Documents officiels recueillis dans la secrétairerie privée de Maximilien: Historie de lChapitre 69 sur 71 · PREMIER INTERROGATOIRE DE MAXIMILIEN · texte numérisé non relu

PREMIER INTERROGATOIRE DE MAXIMILIEN

— A lui demandé quels sont ses nom, prénoms, lieu de naissance, âge, etc.?

— A répondu : qu'il était prêt à répondre avec franchise çt loyauté, mais qu'il lui paraissait de son devoir de faire observer que, dans le cas d'un procès, il croyait, conformément à la loi, avoir le droit de réclamer qu'on lui présentât par écrit l'accusation portée contre lui, et qu'on lui accordât trois jours de délai pour l'étudier et faire choix d'un défenseur. — Il a dit en second lieu qu'il ne pensait pas qu'un conseil de guerre fût compétent pour le juger, parce que les accusations qu'on pourrait porter contre lui étaient des accusations politiques, et que la situation qu'il avait occupée dans le pays depuis trois ans, le plaçait, d'après lui, en dehors de la compétence d'un tribunal militaire. — Enfin, il a ajouté que l'on ne devait pas prendre son refus de répondre d'une manière catégorique à la demande qu'on venait de lui adresser comme un manque de calme ou le résultat de certaines idées mesquines, mais comme l'expression des droits qu'il croyait avoir et dont il usait pour sa défense légitime.

Le fiscal lui a dit qu'il acceptait la promesse qu'il venait de faire de répondre en tout avec franchise et loyauté, et lui a demandé pour la seconde fois son nom, son pays, son âge, etc.?

— Le prisonnier a répondu qu'il se nommait Ferdinand Maximiiien Joseph, ne au palais de Schoenbi*unn, près de Vienne, le 6 juillet 1832, archiduc d'Autriche, prince de Hongrie et de Bohème, comte de Hapsbourg, prince de Lorraine, et que, depuis trois ans, il avait porté jusqu'à son abdication le titre d'empereur du Mexique, sous le nom de Maximiiien.

— A lui demandé s'il connaissait les motifs et les particularités de son arrestation ?

-— A répondu qu'il croyait avoir été arrêté pour avoir été empereur du Mexique et que les particularités de son arrestation se réduisaient à ceci : que sur le cerro de la Campa na il avait fait hisser un pavillon blanc et demandé à parlementer parce qu'à son avis, en continuant le combat, il aurait prolongé inutilement l'eifuâion du sang; qu'un général dont il ne se rappelait pas le nom, s'était rendu à cet effet près de lui et qu'il s'était remis entre ses mains pour être conduit en présence du général en chef des assiégeants, lequel lui avait dit de rendre son épée, ce qu'il avait fait en la remettant entre ses mains.

— A lui demandé pourquoi il était venu au Mexique?

— A répondu que cette question était une question politique, et

Page 1