‹ Documents officiels recueills dans la secret́airerie privée de Maximilien: Histoire de lChapitre 14 sur 54 · COMPARAISON · texte numérisé non relu

COMPARAISON

Manifeste des commissaires Manifeste du duc de Brunsalliés, wick.

Mexicains!

» Les gouvernements d'Angleterre, de France et d'Espagne accomplissent un devoir sacré en vous faisant connaître leurs intentions au moment où leurs troupes débarquent sur votre territoire.

» La foi des traités violée par les divers gouvernements qui se sont succédé parmi vous et la sécurité individuelle de nos compatriotes continuellement menacée, ont rendu cette expédition nécessaire et indispensable.

Après avoir supprimé arbitrairement les droits et possessions des princes allemands en Alsace et en Lorraine; troublé et renversé dans l'intérieur le bon ordre et le gouvernement légitime; exercé contre la personne sacrée du roi

et contre son auguste famille des attentats et des violences qui se sont encore perpétués et renouvelés de jour en jour, ceux qui ont usurpé les rênes de Tadminîstration ont enfîn comblé la mesure en faisant déclarer une guerre injuste à l'Empereur, et en attaquant ses provinces des Pays-Bas. Quelques-unes des possessions de Tempire germanique ont été enveloppées dans cette oppression, et plusieurs autres n'ont échappé au même danger qu'en cédant aux menaces impérieuses du parti dominant et de ses émissaires.

» S. M. le roi de Prusse, unie avec S. M. impériale par les liens d'une alliance étroite et défensive, et membre prépondérant elle-même du corps germanique, n'a donc pu se dispenser de marcher au secours de son allié, et c*est sous ce dotéle rapport qu'elle prend la défense de ce monarque et de V Allemagne. »

Déclaration du roi de Prusse.

« Non contents d*avoir violé ouvertement, par la suppression des droits et possessions des princes allemands en Alsace et en Lorraine, les traités qui lient la France à l'Empire Germanique; d'avoir donné cours à des principes subversifs de toute subordination sociale, et par là même du repos et de la félicité des nations, et cherché ù répandre dans d'autres pays, par la propagation de ces principes les ger-

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mes de la licence et de Vaiiarchie qui ont bouleversé la France, etc., ceux qui se sont emparés des rênes de l'administration française ont enfin comblé la mesure en faisant déclarer une guerre injuste à S. M. le roi de Hongrie et de Bohême, etc.. »

Arrêtons-nous ici. Des deux côtés il était question, comme on le voit, de la violation de la foi due aux traités: au Mexique, par suite d'une situation indépendante du gou- «vemement constitutionnel, puisqu'elle provenait uniquement des difficultés créées à ce gouvernement, par le coup d'Etat du 17 décembre 1857 et la reconnaissance de l'administration émanée de ce coup d'État par les ministres des puissances étrangères ; en France, par suite de la révolution qui, pour constituer l'unité de la patrie, avait courageusement étendu ses réformes à l'Alsace et à la Lorraine, sans tenir compte des réclamations des nobles dépossédés auxquels elle offrait cependant une indemnité, mais qui, pour ne rien céder de leurs prétentions surannées, préféniient la guerre avec ses horreurs à un arrangement amiable. Les deux points de départ étaient donc exactement les mêmes, et, chose triste à s'avouer, quand est venue la discussion des affaires du Mexique, la majorité n'a pu refuser de prendre en considération la situation dans laquelle se débattait la nationalité de ce malheureux pays, sans condamner implicitement la révolution française et justifier du même coup l'insolent manifeste du duc de Brunswick.

Les commissaires alliés ajoutaient :

Manifeste des commissaires Manifeste du duc de Brunsalliés, wick.

<( Ils vous trompent ceux qui vous disent que derrière des réclamations aussi justes, ks alités cachent des plans de eofiquête, de restauration ou d'intervention dans votre politique et dans votre administration.

<c Entraînées dans la guerre présente par des circonstances irrésistibles, les deux cours alliées ne se proposent d'autre but que le bonheur de la France, saiu prétendre s'enrichir par des cojiquêtes, »

C'étaient, convenons-en, les mêmes prétentions que se proposaient, en i792, le duc de Brunswick et le roi de Prusse. C'était le même langage et, comme conséquence, le même oubli de la part des auteurs de définir le but qu'ils avaient en vue.

Ils ne voulaient, disaient-ils, intervenir dans les dissensions intérieures du Mexique, ni pour ni contre aucun des deux partis qui s'y disputaient l'empire. Alors, pourquoi ne pas s'expliquer franchement? Pourquoi surtout cette protection particulière que les commissaires impériaux vont bientôt accorder au transfuge Almonte ?

Mais n'anticipons pas. — Les commissaires alliés disaient encore :

Manifeste des commissaires Manifeste du duc de Brunsalliés, "wick.

« Trois nations qui ont accepté loyalemeni et reconnu votre indépendance, méritent qu'on les croient animées de sentiments nobles et généreux, et non de pensées qui ne sont pas de notre époque. Les trois nations que nous représentons, bien que leur premier intérêt paraisse être la satisfaction des griefs qui leur ont été causés, ont, cependant, un désir plus grand, plus général et plus avantageux dans ses conséquences. Biles viennent tendre une main amie à ce peuple à qui la Providence a prodigué tous ses bienfaits et que Von voit avec peine gaspiller ses forces et perdre la vitalité dont il est doué sous Hmpulsion violente des guerres civiles et des convulsions perpétuelles. »

« A ces grands intérêts se joint encore un but également important, c*est de faire cesser Vanarchie dans l'intérieur de la France , d'arrêter les attaques portées au trônfe et à Tautel, de rétablir le pouvoir légal, de rendre au roi la sûreté et la liberté dont il est privé, et de le mettre en état d'exercer l'autorité légitime qui lui est due. »

Déclaration du roi de Prusse.

« H est enfin un dernier but des armements du roi, plus étendu encore que le précédent(i), et non moins digne des vues sages et bienfaisantes des cours alliées. Il tend à prévenir pour la France^ pour V Europe, pour Vhumanité entière, les maux incaku-

(i) La défense des princes dépossédés.

labiés qui pourraient résulter de ce funeste esprit d'imuJbordiiiation générale^ de subversion de tous les pouvoirs y de licence et d'anarchie dont il semble qu'une malheureuse expérience aurait du arrêter les progrès,

» Il n'est aucune puissance inléressée au maintien de Téquilibre de TEurope, à laquelle il puisse être indifférent de voir le royaume de France, qui formait jadis un poids si considérable dans cette grande balance, livré plus lo7igtemps aux agitations intérieures et aux horreurs du désordre et de V anarchie qui ont, pour ainsi dire^ anéanti son existeiwe politique.

» Il n'est aucun Français, aimant véritablement sa patrie, qui ne doive désirer ardemment de les voir terminer; aucun homme, enfin, sincèrement ami de Thumanité, qui puisse ne pas aspirer à voir mettre des bornes, soit à ce prestige d'une liberté mal entendus dont le fantôme éblouissant égare les peuples loin de la route de leur véritable bonheur, en altérant les liens d'attachement et de confiance qui doivent les unir à des princes leurs pères (4) et leurs défenseurs; soit surtout à la fougue effrénée des méchants qui ne cherchent à détruire le respect dû aux gouvernements que pour sacrifier sur les débris des trônes à Vidole d'une insatiable ambition ou d'une vile cupidité.

(i) Quels pères!

J'ai beau chercher, dans cette partie du manifeste dos commissaires alliés, comme dans celui du duc de Brunswick, comme dans la déclaration du roi de Prusse, je ne trouve au fond qu'un seul et même but : imposer, les armes à la main, ce que les forts appellent entre eux le bonheur à des populations assez malheureuses pour ne pas comprendre la nécessité de cet appareil de guerre dans une question où il s^agissait uniquement de convaincre, de persuader; où ils prétendaient abriter leur intervention derrière les intérêts seuls du Mexique en déclarant qu'ils ne voulaient en rien faire violence au sentiment national.

C'est justement ce que prétendaient le duc de Brunswick et son noble maître le roi de Prusse.

Ils n'avaient en vue, disaient-ils Tun et l'autre, que le bonfietir de la France^ et s'ils envahissaient son territoire à main armée, c^était pour mettre un terme à Vanarchie qui la dévorait, en replaçant le peuple, émancipé de la veille, sous la verge paternelle du roi que la révolution allait détrôner.

La France n'eut pas plus de confiance en ces désintéressements princiers que le Mexique, de nos jours, n'en a montré pour celui de l'empire, et les deux invasions que nous ont values nos vingt-cinq années de gloire, attesteraient au besoin que le bon sens du peuple avait parfaitement su démêler dans ce verbiage tout ce que cachaient de haine contre notre pays, les paroles mielleuses du roi de Prusse et de son lieutenant. Pourquoi faut-il, à la honte du gouvernement impérial, que le Mexique ait justement à nous reprocher une conduite dont nous nous sommes plaints avec tant de droit, et contré laquelle nos pères ont plus d'une fois excité notre jeune colère en confondant dans le même anathème l'étranger et les princes qu'ils nous ont ramenés.

Je poursuis : les commissaires alliés disaient ensuite :

Manifeste des commissaires Manifeste du duc de Brunsalliés, wick.

» Telle esl la vérité, et nous « £:to,— les puissances élran-

qui avons mission de vous Tex- gères, — n'entendent point sHm-

poser, nous ne le faisons pas sur miscer dans le gouvernement intc-

le Ion de la menace et en vous rieur de la France, Elles veulent

déclarant la guerre, mais uniquement pour que vous travailliez à votre régénération qui nous intéresse tous. // vous appartient à vous, uniquement à vous^ et sans intervention aucune d'influence étrangère^ de vous constituer d'une manière durable et solide; votre œuvre sera une œuvre de régénération, et tous y auront contribué, les uns avec leurs opinions, les autres avec leur savoir, tous avec leur conscience : le mal est grave, le remède urgent; vous assurerez aujourd'hui votre félicité ou jamais vous n'y parviendrez. »

uniquement délivrer le roi, la reine et la famille royale de leur captivité, et procurer à S, M. T. C.

la sûreté nécessaire pour qu'elle puisse faire sans danger, sans obstacle, les convocations qu'elle jugera à propos^ et travailler à assurer le bonheur de ses sujets, suivant ses promesses et autant qu'il dépendra d'elle. »

Déclaration du roi de Prusse.

« Faire cesser Vanarchie en France; y rétablir pour cet effet un pouvoir légal sur les bases essentielles d'une forme monarchique et assurer par là même les autres gouvernements contre les attentats et les efforts incendiaires d'une troupe de frénétiques, tel est le grand objet que le roi, conjointement avec son allié, se propose encore, assuré dans cette noble entreprise non-seulement de l'aveu de toutes les puissances de l'Europe qui en reconnaissent la justice et la nécessité (4), mais en général du suffrage et des vœux de quiconque s'intéresse sincèrement au bonheur du genre humain. » '

Cette fois non plus, je ne trouve aucune difterence ni dans le langage , ni dans les prétentions des deux époques. Comme le duc de Brunswick, comme le roi de Prusse, les commissaires alliés protestaient bien haut de leur intention de ne pas s'immiscer dans les affaires intérieures du pays auquel ils adressaient leur prose, ils s'adressaient même au gouvernement de ce pays pour le supplier, la mèche allu-

(1) C'est exactement comme au Mexique.

mée sur la lumière de leurs canons, de prononcer lui-même sa propre déchéance , sa propre indignité , et ce n'est qu'après son refus, facile du reste à prévoir, qu'ils allaient lui déclarer la guerre dans des conditions semblables à celles qui furent invoquées contre nous, en 1792, par le roi de Prusse et le dUc de Brunswick. Pourtant il y a une diflFérence notable, et cette différence, j'ai honte de l'avouer, est toute à l'avantage du monarque allemand. C'est qu'au lieu d'expliquer franchement, comme lui, ce qu'ils veulent et pourquoi ils le veulent, les commissaires du gouvernement impérial, après la rupture d'Orizaba, auront soin, au contraire, d'en masquer jésuitiquement les motifs en les abritant derrière cette phrase mellîflue : « Le gouvernement » mexicain a répondu à la modération de notre conduite jt^ar » des mesures auxquelles nous n'avons jamais entendu prêter » «ofre ûp/?wi, et que le monde civilisé nous reprocherait de » sanctionner de notre présence. »

C'était le cas, on en conviendra, de dénoncer hautement ces mesures à l'indignation du monde dont on parlait, et de justifier ainsi une expédition dont personne ne comprenait encore le but. Mais on avait des motifs pour agir autrement. Les commissaires du gouvernement impérial jugèrent convenable de se renfermer à cet égard dans un silence dont ils pouvaient seuls apprécier le mérite, et le monde civilisé auquel ils paraissaient en appeler demeura, jusqu'à plus ample informé, en droit de croire que ces mesures dont on faisait alors tant de bruit, à la tribune et dans la presse réactionnaire, n'étaient en définitive que ce qu'elles étaient réellement, je veux dire des prétextes inventés pour les besoins d'une cause qui ne pouvait pas se justifier par elle-même.

Quant aux hommes de cœur — Iwmbres de animo fuerte — dont M. Forey parlera plus tard, Thistoireles a déjà marqués au front de l'épithète de traîtres, et leur éloge, malheureux sous la plume d'un général français, ne tend à rien moins qu'à justifier la trahison de Moreau, celle du duc de Raguse, du général Bourmont et de tous les misérables qui, depuis le commencement de la révolution jusqu'en 1815, ont escompté Thonneur et le sang de la France au comptoir impur de l'étranger.

Le cœur se soulève à l'idée seule de ce passé. J'abrège donc et pour ne pas m'abandonner à Tindignation que fait naître en moi le souvenir de ces hontes, je passe immédiatement à la conclusion de cette revue.

Manifeste des commissaires Manifeste du duc de Brunsalliés, wick.

«Mexicains! écoulez la voix des alliés, celte voix qui s'offre à vous comme une ancre de salut au milieu de la tempête que vous traversez. Livrez-vous avec confiance il leur bonne foi, ù Téquilé de leurs intentions. Ne craignez rien de$ esprits inquiets et remuants^ car s'il s'en présente quelquesuns, votre altitude ferme et résolue saura les confondre, pendant que nous assisterons impassibles au spectacle grandiose de votre régénération garantie par l'ordre et parla liberté.

» Ainsi le comprendra, nous en sommes certains d'avance, le gouvernement suprême à qui

« Convaincus que Ispai^tie saine de la population abhorre les excès d'une faction qui la subjuge, et que le plus grand nombre des liabitants attend avec impatience le moment du secours pour se déclarer ouvertement contre les e/ztreprises odieuses de leurs oppresseurs, S. M. l'Empereur et S. M.

le roi de Prusse les appellent et les invitent à retourner sans délai aux voies de la raison, de la justice, de l'ordre ei de la paix. »

Déclaration du roi de Prusse.

» S. M. est bien éloignée de vouloir rejeter sur la nation française en entier la faute des circonstances fâcheuses qui la forcent à prendre les armes. Elle est persuadée que la portion la plus nombreuse de cette nation esthnahle abhorre les excès d*une faction trop puissante, reconnaît les dangers auxquels ses intrigues l'exposent , et désire vivement le retour de la justice, de Vordre et de la paix. Malheureusement l'expérience fait voir que l'influence momentanée de ce parti n'est encore que trop réelle...

Mais S. M. espère qu'ouvrant enfin les yeux sur la situation efl*rayante de leur patrie, les per-

nous nous adressons. Ainsi le comprendront les Iwmmes influen ts du pays; cl à moins de vouloir se montrer mauvais citoyens, ils ne pourront s^empécber les uns et les autres, de reconnaître la nécessité de déposer les armes pour ne s'en rapporter qu'à la raison qui doit seule triompher au XIX® siècle.

» Veracruz, le 10 janvier 1862.

» Signé : Ch. Lennox-Wyke. —

E. JURI£N DE LA GrAVIÈRE. —

Hugues Dunlop. — Dubois de Sa- LiGNY. — Le comte de Reuss.

sommes bien intentionnées montreront toute l'énergie qu'une cause aussi juste doit inspirer, et qu'envisageant les troupes alliées rassemblées sîir leurs frontières, comme des protecteurs et de vrais amis, dont la Providence favorisera les armes, elles sauront réduire à leur juste valeur les factieux qui ont mis la France en combustion, et qui seront seuls responsables du sang que leurs entreprises criminelles auront fait verser.

Tels sont, à soîxante-dix ans d'intervalle, ces différents manifestes, dont il est nécessaire, à présent, de récapituler les déclarations.

Celui des commissaires alliés, comme celui du duc de Brunswick, commençait par la justification, celui-ci de TAllemagne, celui-là de la triple alliance, en cherchant à établir que^ la foi due aux traités avait été violée, et qu'il ne restait, en conséquence, d'autre ressource que d'en appeler au droit du canon, je veux dire au droit barbare du plus

fort.

Puis il protestait que les gouvernements dont ils étaient les organes n'avaient nullement l'intention d'intervenir dans les affaires intérieures de la République; mais il refusait d'entrer en arrangement avec le gouvernement de M. Juarez, jusqu'à ce que les commissaires se fussent assurés par euxmêmes, au moyen d'une élection nouvelle, faite sous la pression de leurs baïonnettes, de la légitimité de ce gouvernement.

Enfin, il se terminait, toujours comme celui du généralissime de la première coalition contre notre pays, par un appel énergique à la partie saine, à la portioitla plus honnête et la plus nombreuse de la population, aux personnes de cœur, sages et bien intentionnées, qui désiraient Vordre et la paix, ce qui signifie dans tous les pays aux traîtres de toutes les

couleurs et de tous les rangs — contre les esprits inquiets et remuants, les oppresseurs, les insensés, les factieux, les gens sans scrupules et sans conscience, c'est-à-dire contre tous ceux qui prétendaient défendre l'honneur et l'indépendance de leur pays.

Certes, il a eu grandement raison, celui qui le premier a dit : € 11 n'y a rien de nouveau sous le soleil. » Mais si l'on eût prédit à nos pères que soixante-dix ans après la publication du manifeste insolent contre lequel ils se levèrent avec tant d'énergie et d'unanimité, les représentants du gouvernement français iraient, à 2,000 lieues de leur patrie, tenir un pareil langage, ils auraient répondu que c'était impossible, et cependant l'impossible s'est réalisé de nos jours.

Si les réclamations des commissaires alliés avaient été aussi justes qu'ils le prétendaient; si, comme l'écrivait chaque gouvernement dans les instructions remises par lui à ses agents, on n'avait eu d'autre but que celui de venger les outrages dont les sujets des parties contractantes croyaient avoir à se plaindre ; si derrière les artifices de leur langage les commissaires n'avaient caché un but dont le temps seul pouvait donner l'explication, la question entre eux et le Mexique aurait été promptement résolue.

De quoi s'agissait-il, en effet?

10 D'obtenir le paiement des sommes qui restaient dues aux alliés en vertu des conventions particulières célébrées par eux avec le Mexique.

2» De fixer la somme totale que les sujets anglais, espagnols et français, avaient légitimement à réclamer depuis la signature des dernières conventions jusqu'à celle d'un traité définitif.

30 Enfin, d'obtenir des garanties qui assurassent le paiement régulier de ces diflerentes sommes, au fur et à mesure de l'échéance de chacune d'elles, sans qu'il fût besoin de recourir désormais à des expéditions embarrassantes et coûteuses.

Eh bien! les commissaires alliés auraient obtenu tout cela à Orizaba aussi facilement que l'Angleterre, dont les réclamations étaient alors, pour le moins, quinze fois plus

fortes que les nôtres, et dont le représentant, M. Wyke, c'est Lord John Russell lui-même qui Ta déclaré en plein parlement, avait cependant obtenu des garanties d'avenir qui ne laissaient rien à désirer.

Réclamations des puissances alliées.

Les réclamations présentées à cette époque par les commissaires alliés qui les accompagnèrent d*une note où leur pensée intime se trouvait, pour ainsi dire, voilée sous les circonlocutions en usage dans le style diplomatique, furent remises au président de la République dans l'ordre suivant :

Numéros 1. Réclamations espagnoles; > 2. Réclamations françaises; » 3. Réclamations anglaises.

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