INTRODUCTION. TV
à ^es fayeurs en ordonnant à ses justiciers de fournir aux frères Lacayrani d'Asti, s'ils le demandent, ainsi qu'à leurs serviteurs et à leurs facteurs^ un ou plusieurs sergents royaux pour les protéger contre toute injure et toute violence.
De semblables faveurs et d'autres encore, dont on trouve les traces dans les lettres du roi *, contribuèrent beaucoup à fixer en France et à Paris un bon nombre de familles italiennes, telles que les Cassinel, les Doria, etc.^, et à favoriser un commerce très actif entre les deux pays.
Cest dans la série des pièces relatives à l'administration de la ville de Paris et à la confirmation de ses franchises que nous en trouvons le moins d'inédites. Plusieurs d'entre elles sont déjà publiées dans le Recueil des ordonnances des rois de France. C'est donc là qu'il faudra chercher la majeure partie des textes concernant les concessions de privilèges faites successivement aux bourgeois de Paris par Louis VI, Louis VII, Philippe- Auguste, et que Philippe VI confirma, suivant en cela l'exemple de quelquesuns de ses prédécesseurs'.
Au commencement du xiv^ siècle, Paris et ses habitants étaient, depuis longtemps déjà, en possession des principales libertés et garanties, dont ils continuèrent à jouir sous la monarchie. Mais le développement du commerce et de l'industrie, l'accroissement de la population, l'obligation pour le trésor de se procurer de nouvelles ressources dans certains cas, firent souvent subir des modifications ou des transformations aux anciennes ordonnances qui régissaient les corporations ou déterminaient les droits des bourgeois de Paris. Nous relèverons donc ce qui fut fait dans cet ordre d'idées sous le règne de Philippe de Valois.
1. Voy., n* igS, lettres du mois de juillet i337 exonérant du droit de marque les frères Armargos, marchands d'Aragon, tant qu'ils demeureront en France.
2. Piton, les Lombards en France et à Paris, 1892, in-8*, p. 114; L.-H. Labande, les Doria de France. Études historiques et généalogiques, Paris, Picard, 1899, in -8*.
ZVI INTRODUCTION.
L'abolition par Charles IV le Bel d'un droit levé sur les poissons apportés par les marchands aux halles, et la confirmation de cet acte par Philippe VI *, donnèrent lieu à un accord très curieux intervenu entre les pécheurs des ports approvisionnant Paris, d'une part, et le lombard Angelin Beloce, d'autre part, pour lui assurer la rémunération de son entremise dans cette affaire. Ils lui concédèrent^ en retour de ce qu^il avait obtenu la suppression du Hel' lebiCj une redevance de deux deniers à prendre sur chaque panier de poisson amené aux halles, à Paris ^. Cette redevance fut ensuite partagée entre Angelin Beloce, d'une part, Nicolas Aguinoffle, Douce de Florence et Jean Pelitte, d'autre part, tous Lombards.
Une autre affaire qui mérite également d'être signalée est ce conflit qui surgit entre les corroyeurs d^ Amiens, d'un côté, et ceux de Paris, d^autre, au sujet de la fabrication des courroies ou ceintures. Les ouvriers d'Amiens, accusant ceux de Paris de faire des courroies clouées et ouvrées d'étain ou de plomb, malgré les ordonnances le défendant sous peine d^amende, firent rendre une sentence par le prévôt de Paris, le 6 février i325 (n. st.), qui leur donna gain de cause. Cette sentence fut confirmée par Philippe VI au mois d'août i33i '. Nous indiquerons encore comme intéressant le commerce et l'industrie de Paris l'ordonnance du mois de juillet i336 relative à la vente des a cendaux^, » les confirmations des statuts et règlements des épingliers ', des chaussetiers ®, des filandiers et des filandières^, et enfin l'achat, par le prévôt des marchands et les échevins de la ville de Paris, d'un moulin et d'un passage sis au-dessous de Chaumont-sur-Yonne, afin de faciliter la navigation sur la rivière de l'Yonne.
Si le roi intervenait souvent dans la réglementation des corpK)rations, des métiers et des confréries®, à plus forte raison son
1. Ordonnances, t. II, p. 586 et 587, et Delamare, Traité de la police^ t. III| p. 89 et 90.