‹ Documents parisiens du règne de Philippe VI de Valois (1328-1350): Extraits des registres de laChapitre 14 sur 132 · N*' io · texte numérisé non relu

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INTRODUCTION. XVH

action dut-elle se faire sentir pour réformer les abus qui se commettaient au Châtelet, c'est-à-dire au siège de Tadministration chargée de veiller à la police et à la sûreté de la ville ^ Parmi les lettres qui nous éclairent sur les rapports de Paris avec la royauté, nous en signalerons encore trois concernant les aides fournies à Philippe de Valois par les habitants de cette ville ^. Nous voyons que, dans ces différentes circonstances oti le roi eut besoin de faire appel aux Parisiens pour Paider à combattre les ennemis de la France, ils s'engagèrent à entretenir à leurs frais un certain nombre d'hommes d'armes, 400 en 1 328 et en 1 337, 450 en 1 340, pendant plusieurs mois. Dans ces cas, Taide était répartie et levée par des personnes élues par les habitants de la ville et le montant de ce qui était perçu versé au trésor.

Dans les chapitres qui précèdent^ nous avons fait connaître les rapports du roi avec la ville de Paris et avec la bourgeoisie parisienne; nous avons montré combien cette bourgeoisie était généreuse pour toutes les fondations religieuses et charitables ; mais nous n'avons pas pénétré dans son intimité. Cest ce que nous permet de feire, dans une certaine mesure, la catégorie de lettres que nous allons examiner. Elles nous feront connaître les possessions de quelques-unes de ces fieimilles, leurs acquisitions, les héritages qu'elles peuvent espérer, les. accords conclus entre elles. Si au point de vue de l'histoire générale ces documents sont moins importants que les précédents, ils le sont davantage pour Tétude de la société parisienne au xiv* siècle.

Les plus intéressants sont certainement les transactions intervenues entre les héritiers de Geoffroi Coquatrix, d'une part, et Philippe VI, d'autre part^. Geofiroi Gx)uatrix, qui, sous les rois précédents, avait rempli de nombreux offices, était mort sans justifier sa gestion. Philippe de Valois voulut contraindre ses héritiers à rendre des comptes. Ils firent valoir que cela leur était

a. N- II, 108, 244.

DOCUMBnS ZI b

rvill INTRODUCTION.

* im]X)ssible, soit parce que beaucoup dVntre eux n'étaient pas encore nés au moment où Geofiroi remplit ces offices, soit à cause du grand nombre d'emplois qu'il occupa, et ils transigèrent moyennant i5,ooo livres tournois qu^ils s'engagèrent à verser au trésor. A la suite de cet accord, les différents membres de la famille G>quatrix et de celles qui lui furent alliées se partagèrent cette charge. Or, Geofiroi Coquatrix avait épousé Marie la Marcelle, appartenant à cette famille qui donna naissance au fameux prévôt des marchands. Après la mort de Geoffroi, sa veuve épousa en secondes noces Jean BUlouart, ancien argentier de Charles le Bel. Les lettres se rapportant à cette affaire nous font donc connaître quelques-unes des grandes familles parisiennes et leurs alliances. Nous voyons ainsi qu'outre ses attaches avec les Coquatrix et les Billouart, Etienne Marcel était encore parent des Imbert de Lyons, du trésorier Jean Poilevillain, qui fut Pobjet d'une lettre de rémission le 1 1 février 1347^ (n. st.). Il fut aussi le gendre de Pierre des Essars, ancien argentier de Charles IV le Bel, qui prêta souvent de l'argent à Philippe de Valois et fut emprisonné le 25 octobre 1347^. Si Ton ajoute que, parmi ses proches, figure encore Guillaume Michel, clerc du trésor de Philippe VI, on se rendra compte de l'influence que put avoir, au xiv* siècle, cette famille où la draperie et la finance se trouvent alliées et confondues. Toute une suite de lettres autorisant les héritiers de Geoffroi Coquatrix à recueillir sa succession sous bénéfice d'inventaire intéresse encore ces familles et celles qui leur sont alliées'. On peut aussi y ajouter les émancipations des fils de Jean Billouart ^. Ces lettres, ainsi que les nombreuses autres dans lesquelles il est question des Billouart, des des Essars, des Coquatrix, des Gencien *, feront comprendre quelle place importante, grâce à toutes ces alliances, les Marcel tenaient alors dans la société parisienne. D'autres catégories de documents permenront de signaler l'état florissant de la bourgeoisie parisienne. Ce sont ceux par lesquels le roi confirme les achats de terre faits par elle ou l'autorise à gar-

a. Voy. la note que nous lui consacrons t. I, p. 23o.

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