‹ Documents parisiens du règne de Philippe VI de Valois (1328-1350): Extraits des registres de laChapitre 15 sur 132 · INTRODUCTION. XIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XIX

derdes fiefis nobles ^ Plusieurs de ces lettres montreront comment ks biens nobles passaient entre les mains de la bourgeoisie et combien la situation même de la grande noblesse était alors obérée. Il est en effet piquant de voir Edouard, comte de Savoie, remettre au mois de janvier 1 33o ^, entre les mains de Gilbert Lescot, pelletier et bourgeois de Paris, sa vicomte de Maulevrier, en Normandie, afin de lui permettre de rentrer, par Fexploitation de ce domaine, dans la somme de 10,000 livres tournois qu'il lui devait, tant en son nom qu'au nom de son père, pour marchandises livrées et prêts faits en argent.

Les lettres de rémission, dans lesquelles les bourgeois de Paris nous apparaîtront sous un jour moins favorable, sont les actes par lesquels le roi, à la requête de l'intéressé ou de toute autre personne, soustrayait un de ses sujets à la justice ordinaire et lui foisait remise de la peine quUl avait pu encourir pour avoir commis un acte délictueux. La royauté en fit un fréquent usage au xiv^et au XV* siècle, et elles sont des plus intéressantes pour Tétude des mœurs de cette époque. On pourra remarquer, dans notre recueil, combien le nombre de ces documents est élevé à partir de 1340, tandis qu'avant cette date il est presque nul. C'est, en effet, surtout dans les moments de troubles causés par la guerre de Cent ans, que les passions surexcitées firent commettre le plus de meurtres. Que l'on ajoute à cela le défaut de surveillance, le relâchement des mœurs, la misère, les représailles engendrées par cette épouvantable lutte, et Ton comprendra que la royauté eut parfois besoin d'indulgence vis-à-vis de certains crimes commis souvent dans des cas de légitime défense. Des abus se glissèrent, sans doute, dans l'emploi des lettres de rémission ; mais leur usage a son excuse légitime dans Pétat social créé par les fiéaux dont la France fut accablée aux xiv* et xv* siècles.

La concession de ces lettres ne se faisait pas toujours immédiatement après la perpétration de Tacte incriminé et souvent celui

1. N«* I, 10, 36, 53, 54, 86, 97, 109, 222, 23i, 265, 3ty, 333, 401.

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