‹ Documents parisiens du règne de Philippe VI de Valois (1328-1350): Extraits des registres de laChapitre 74 sur 132 · I. Cest aujourd'hui la forêt de Fontainebleau · texte numérisé non relu

I. Cest aujourd'hui la forêt de Fontainebleau

DU RiONB DB PHIUPFB VI DX VALOIS. 189

Philippe, par la'grftce de Dieu rois de France, à nos âmes et feauls gens de nos comptes à Paris, salut et dilectîon. Nostre amé sergent d'armes, Jaques Malpins, de Florence, nous a signifié, disant que, comme pour luy et de par luy eussent esté baillez en depost, par manière de garde et de commande, â Guillaume Duché, demourant à Paris, son serorge, mil florins de Florence, d'une part, et quatre cenz quatre vins seize livres parisis, forte monnoie, d'autre part ; laquelle garde et commande et ledit depost furent &ites desdittes sommes au prouffit de nostredit sergent d'armes; et ledit Guillaume soit assez novellement alez de vie à trespassement, sans ce que .nostredit sergent d'armes, qui estoit absent quant ledit Guillaume morust, soit satiffiez du depost et garde dessusdiz; mais a trouvé que il n'y a nuls biens meubles ne autres dont il puist estre paiez, fors seulement une maison séant à Paris ou cloistre Saint Marry, parqaoy, il est en péril de pardre sa chevance, se il ne li est par nous pourveu de remède. Pourquoy, nous, considerans que depost doit estre reaiment restabli et rendu avant toutes obligations, vous mandons et commettons que se par lettres, tesmoings ou autres loiauls enseignement, vous appert sommierement et de plain des choses des« susdites, vous faittes rendre et paier entièrement lesdites sommes à nostredit sergent d'armes, par prinse, vendue et explectation de biens dudit feu Guillaume, quiex que il soient, meubles ou heritaiges, selonc la nature dudit deppost, non obstant lettres ou obligations au contraire, ou cas toutesvoies où elles auroient esté faites apprès ledit depost faiit, comme dit est, quar nous voulons que, en ceste présente partie, vous li ûiciez de par nous toute la grâce que bonnement li pourrez faire affin que il n'en soit déshéritez et que il n'en parde sa chavance, et sur ce le délivrez briefment sans lonc procte et sanz longue figure de jugement; laquelle chose nous li avons ottroié de grftce especial. Et nous mandons i touz noz justiciers et subgez que à vous obéissent es choses dessusdites. Donné à Sainte Genme, le premier jour d'octobre. Tan de grftce mil CGC quarente et deux.

Par vertu desquelles lettres, nozdittes gens voulans procéder â l'exe» cation d'icelles, après ce qui leur fut apparu, tant par un instrument pabllque, dont la teneur est cy dessouz transcripte, comme par la confession de Françoise, jadis femme dudit feu Guillaume Duché, de Brum Régnant, et Ambroise Bienvenu, tuteurs et curateurs donnez à Katerine et Nicolas, meneurs d'aage, enffanz dudit feu Guillaume et de ladite Françoise, et par les deppositions de nostre amé maistre Berthelemi Paumier, nostre conseiller, et màistre Pierre de Vie, de Florence, sur ce jurez et examinez à la requeste dudit Jaques Malpins le onzième jour d'octobre darrenierement passé et les jours après ensuivant, que ledit Guillaume Duché estoit tenuz audit Jasques Malpins

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an mil florins de Florence et en quatre cens quatre vins et seice Unes parisis forte monnoie, pour la cause contenue en noxdites lettres des» sus transcriptes, dont aucun paiement n'avoit esté fait audit Jasques, si corne il disoit, et eussient mandé et commis par leurs lettres, à Jehan de la Selve, sergent à cheval de nostre Chastelet de Paris, et au premier autre sergent à cheval ou à verge dudit Chastellet, à qui leur lettres seroient monstrées, qu'il criassent ou feissent crier de par nous, en l'audience de Chastellet de 'Paris et es lieux en ladite ville de Paris acoustumez, que quiconques voudroit achater la meson qui fîi audit feu Guillaume Duché, séant à Paris, ou cloistre Saint Meny, tenant d'une part au coing de la rue de Bailiehée^ et d'autre part à la maison du chapistre de Saint Merry où demeure i présent maistre Guillaume le Mire, il venist en la Chambre de no2 comptes, à Paris, par devers noz amez clers en ladite Chambre, maistre Jehan Laigle^ et Jehan de Hestomenil ', députez et commis à ce par nozdites gens pour oir et recevoir les offres que l'en y feroit. Et après ce que ledit Jehan de la Selve, sergent à cheval, et Andri Gon, sergent à verge dudit Chastellet, orent fait faire ledit cri en l'audience du Chastellet de Paris, Berthelemi du Drac, nostre trésorier des guerres^, se feust

I. Rue Baillehoe ou Baillehoud, nom qui iat donné à uœ partie de la rue Taillepain actuelle.

a. Jean l'Aigle, qui fut institué clerc du roi en la Chambre des comptes le 8 février 1828 (n. st.), devint maître clerc en cette Chambre par l'ordonnance du 14 décembre 1346 [Ord,^ t. II, p. 25 1). Mis hors de la Chambre par l'ordonnance du 27 mars x356, il fut rétabli le 28 avril suivant et mourut le 12 février 1364 (n. st.). (Bibl. Mazarine, ms. 3o35,p. 53 et 319. Voy. aussi la note que nous lui avons déji consacrée à la page 61 du tome I de cette publication.)

3. Jean de Hestomesnil, institué clerc des comptes au lieu de feu Jacques du Jardin par lettres du 19 novembre i338, fit serment le 9 décembre suivant (Bibl. Mazarine, ms. 3o35, p. 3ao). Sur la recommandation de la reine et de la comtesse de Savoie, Philippe VI, par lettres du 14 mai 1345, lui donna l'office qu'exerçait feu Jean Mignon, Tun des maîtres clercs de la Chambre des comptes. Ces lettres furent enregistrées en cette Chambre le x8 mai de la même année, jour où il prêta serment. (Ibid., p. 52, et Bibl. de Rouen, coll. Leher, Extraits de Menant, t. I, fol. 16 v*.) Il succéda i Jean de Maizières dans la charge de maître de la Chambre aux deniers de la reine, et exerça cet office, probablement depuis le i*' janvier 1347 (n. st.) {Journaux du trésor de Philippe de Valois, n** g44>^ 1623, 2403, etc.), jusqu'à la mort de Jeanne de Bourgogne, le 12 décembre 1348. {Ibid., n* 395 1.) Son successeur dans cette chaîne fiit Pierre Dubois. {Ibid,, n** 3930, 4096 à 4098, etc...) Dans la suite, maître des requêtes de Charles V, il mourut le 25 février i38i (n. st.) et fut inhumé dans la Sainte- Chapelle, dont il était l'un des chanoines. (De Guilhermj, Inscriptions de la France du V* au XVIII* siècle, 1. 1, p. 79.)

4. Barthélémy du Drach, trésorier des guerres de Philippe de Valois,

DU KàQNB »B PmUFFX TT DE VALOIS. I9I

mis par devers lesdiz maistres Jehan Lai^e et Jehan de Hestomenil, et eust offert à donner de ladite maison deux mille livres de tournois, et pour tant en eust baillé un denier à Dieu en leur mains, lequel il reçeurent aus enchères et en la manière acoustumés. Et depuis, par le commandement desdiz commissaires et desdiz sergens, pour plus deuement procéder et aler avant à faire ladite vente, Perrot de Bouchaia, nostre sergent oudit Chastellet et crieur de l'audience dudit Chastellet, establiz à tels* criz fere, eust crié et fait savoir en l'audience de nostredit Chastellet, par trois quatorzaines et la quarte d'abondant, que la maison ci dessus esclarcie, qui fut audit feu Guillaume Duché, estoit vendue de par nous à la requeste dudit Jasques Malpins, et pour la cause dessusdite, audit Bertholomy du Drach, le pris desdites deux mille livres tournois, et que se il estoit ou feust aucune personne qui plus en voussist donner, ou sur icelle aucune chose demander ou reclamer par lettres ou autrement, en quelque manière ou pour quelque cause que ce fîist, venist par devers lesdiz mabtres Jehan Laigle et Jehan de Hestomenil et il y seroient oiz et recenz. C'est assavoir : pour la première quatorzainne, le semaidi avant la Saint Symon et Saint Jude * ; pour la seconde quatorzaine, le semaidi avant la Saint Martin d'iver>; pour la tierce quatorzaine, le semaidi )our de feste Saint Clément'^ et pour la quarte quartorzaine, le semaidi veille de la Conception Nostre Dame^, tout en Tan de grftce mil CGC quarante deux. Duranz lesquelles quatorzaines, ne depuis, aucunes personnes ne se sont apparues, qui, de ladite maison aient voulu plus donner dudit Berthelemy du Drach, ne soy opposer à ladite vente, par quoy elle fùst ou deust estre en aucune manière retardée ou empeschée, si come plus à plain est contenu eadites criés sur ce ûitttes en ladite audience, et en la relation Ibitte à nozdites gens des comptes sur ce par lesdiz sergens. Et combien que ledit feu Guillaume feust tenuz et obligé en pluseurs sommes de deniers à Nicolas Sonderin, de Florence, et à ses compaignons de la compaignie des Eschaioles, à Gilliard Malpins, à Bartholo Cataing, à Pierre Buville, à la compaignie des Angossoles et à la compaignie des Fallez; neentmoins, les dessus nommez ou leurs fecteurs comparessant devant nozdiz clers, distreent et afferment que combien

mourut le 22 mai x365, comme le témoigne son épitaphe qui était dans Péglise du Saint-Sépulcre, à Paris, devant la chapelle du Voult-de-Lucques. (E. Molînier, Inventaire du trésor de Véglise du Saint^Sépulcre, publié dans les Mémoires de ta Société de PHistoire de Paris, t. IX, p. 242, en note.)

s« 26 octobre*

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