I . Il faut lire certainemeikt dictus
DU RiGNB DB PHILIPPE VI DE VALOIS. 299
dilicti per dictos Robertum et ejus uxorem commissam, si et in quantum criminalis erat, vel esse poterat, in penam peccuniariam et civilem muttavimus et muttamus, et mediantibus sex viginti libris pari* siensium racione dicte pêne nobis solvendis per eum, ac sexcentum sexaginta libris parisiensium vel circiter, in quibus carissima consors nostra regina eidem Roberto tenebatur pro certis vinis captis ab eodem, de quibus idem Robertus nos et dictam consortem omnino quittabit, dictum Robertum et ejus uxorem, super dicto dilicto, pertinentiis et dependentiis ejusdem, ac de dicta emenda centum librarum parisiensium, in qua, ut dictum est, fuerat condampnatus, dicta tamen cedula nonaginta septem librarum et decem solidorum turonensium, in usus nostros convertanda, pênes nos rémanente, absolvimus et omnino quittamus ac liberamus, et ex causa per pre» sentes. Mandantes- et committentes preposito et receptori nostris Parisiensibus et eorum cnilibet, ac locatenentibus eorumdem, qua* tinus premissis primitus adimpletis, eumdem Robertum liberum et inmunem a diao carcere libèrent, et permittant abire fidejussorea snos; et omnia bona sua, si qua ob hoc capta fuerunt vel arrestata, ad plénum liberando, etc..
Quod [ut] firmum et stabile permaneat in fîiturum, nostrum novum presentibus litteris fecimus apponi sigillum. Datum Parisius, anno Domini millesimo CGC»* quadragesimo septimo, mense Augusti.
Per dominum regem, ad relationem consilii Parisius existentis.
Math[eu8].
CCCXCIII.
1 347, août. Paris.
Lettres de rémission accordées par Philippe VI en faveur de Jean Vie, bourgeois de Paris, accusé d'a?oir blessé mortellement Jean Johaire, valet boucher,
(JJ. j6, n* 40 z.)
Philippe, etc., savoir fiaisons à touz prescnz et avenir, que comme pour ce que Perrenelle, famme de feu Jehan Johaire, varlet boucher, Jehan Johaire, son filz, et Gillet Johaire, frère dudit Jehan, avoîent fait semondre en nostre Chasteilet de Paris Jehannin Vie, filz de Gieffroy Vie, bourgois de Paris, sur paine de bannissement, sur ce que il le disoient coulpable d'une navreure ou blaçeure qui piéça avoit esté faite audit feu Jehan Johaire, pour ce que icelui Jehan, depuis, i grant pièce après ladite navreure, estoit alez de vie à trèspassement en certain lieu où il estoit alez hors du pays; les amis dudit Jehan Vie eussent fait convenir par devant nostre prevost de Paris ou son lieutenant les dessus nommez Perrenelle, Jehan et Gil-
300 DOCDMBNTS PARISIENS
let Johaire, pour savoir se il vouloit aucune chose demander pour la cause dessusdite audit Jehan Vie, ne yceiui poursuir par voie d'acusation, de dénonciation ou autrement et pour dire se il estoit coulpable dudit Ëiit, ne se il avoient ou savoient autres tesmoings par lesquiex l'en peust savoir la vérité dudit fait. Par lesquieuls Perrenelie, Jehan et Gillet Johaire, fu dit par devant nostredit prevost ou son lieutenant et afermé par leurs seremenz que, combien que par endittement d'aucuns qui leur avoient donné à entendre que ledit Jehan estoit coulpable de la blaceure et navreure dudit feu Jehan Johaire, il eussent fait adjourner ledit Jehan à trois jours, sur paine de ban, et chascun de euls estoient enformez en leurs conciances que ledit Jehan Vie estoit et est pur et innocent et sanz coulpe de ladite navreure et blaceure; et pour ce, voulans descharger leurs conciences, le quittèrent et quitte clamèrent bonnement, à touz jours, de ladite navreure et blaceure et de tout ce qui s'en estoit ou povoit estre ensuy, et ne li vouldrent riens demander ne le poursivir par voie d'accusacion, de denonciacion ou autrement, par quelque voie que ce fust, mais s'en délaissèrent du tout, en affermant par leursdiz seremenz que, pour cause des choses dessusdites ou aucunes d'icelles, euls, ne aucuns d'euls, n'avoient fait par euls ne par autre, audit Jehan Vie ne à autre pour li, pas, accort ou convenances aucunes, ne n'en avoient eu, ne entendoientà avoir ou temps avenir don, promesse ou autre proffit, si comme ces choses l'en dit plus plenement apparoir par lettres seellées dudit Chastellet sur ce faites. Et comme ledit Jehannin, par le pourchaz et Tinstigacion d'aucuns ses haygneux et malveullanz, pourroit pour ce estre ou temps avenir molesté, trevaillié, ou seuffrir poine senz cause ; nous ont requis lesdiz amis dudit Jehannin, que sur ce li vuillons pourveoir de remède gracieux. Nous, consideranz les choses dites, audit Jehannin Vie, lequel nous ne voulons estre contraint ne d'ores en avant molesté en aucune manière pour ledit fait, duquel il est trouvé pur et innocent comme dit est, de grâce especial, plain povoir et auctorité royal, avons remis, quittié et pardonné, quittons, remettons et pardonnons ou cas dessusdit, ledit ban, se fait a esté, avec toute paine criminelle et civile que il pourroit pour ce avoir encouru envers nous, et le remettons et restituons au pais, à sa bonne renommée et à ses biens, et mandons à nostredit prevost de Paris ou à son lieutenant que ledit Jehannin Vie ne contraigne ou moleste ne seufifre estre contraint ou. molesté en corps ne en biens, en aucune manière pour raison du ban et £ût dessusdiz, etc..
Donné à Paris, l'an de grâce M CCCXLVII, ou moys d'aoust.
Par vous, monseigneur l'evesque de Paris.
Tanville.
DU RiONB DB FHILIPPB VI DB VALOIS. 3oi
i347, octobre. Bois de Vincennes.
Lettres par lesquelles Philippe VI remet à Etienne Trumel, avocat au Châtelet de Paris, moyennant loo 1. p. versées au trésor, toute peine encourue par lui pour avoir, dans une cause pendante entre Robin Roussel, d'une part, et Renaud de Batigny, d'autre, produit frauduleusement des dépositions de témoins concernant une autre a&ire également pendante entre les deux parties.
<JJ. 76, n» i8a.)
Philippe, etc. Savoir feiisons à touz presenz et avenir que, sur ce que par nostre procureur ou autres des genz de nostre conseil avoit esté imposé ou voulu imposer à Estienne Trumel, advocat en nostre Chastellet de Paris, que corne devant nostre amé maistre Jehan de Besençon, l'un des auditeurs de nostredit Chastellet, eust esté une cause meue entre Robin Roussel, d'une part, et Renaut de Batigny, d'autre, en laquelle cause ledit Estienne estoit du conseil dudit Robin; et eussent esté tesmoings produis en ycelle cause, de la partie dudit Robin, à prouver sentenciallement contre ledit Régnant ; et ensement fust une autre cause meue de la partie dudit Robin contre ledit Régnant devant nostre amé maistre Pierres Hardi, l'autre auditeur de nostredit Chastellet, en laquelle cause il avoit à faire semblable preuve à celle que il avoit faite devant ledit maistre Jehan. Et disoient nostredit procureur et autres genz, que pour ce que ledit advocat avoit sceu par la publicacion desdiz tesmoings et la copie de leurs deposicions qui baillée li avoit esté par la court, que sondit maistre avoit prouvé sentenciallement en ladite première cause, ycelui advocat, fraudeusement, malecieusement et de certain propos avoit doublé et escript de sa propre main, ou fait doubler et escrire de la main de son clerc lesdites deposicions desdiz tesmoings par manière d'original, et ycelles deposicions ainsi doublées il avoit baillié avec son procès, ouquel il estoit conclus en diffînitive, au clerc dudit maistre Pierres, ou lessiées devant li en l'auditoire, afin que l'entencion de sondit maistre fust prouvée en ycelle cause aussi comme en l'autre, combien que en vérité sondit maistre n'eust unques produit ne amené aucun tesmoing en ladite cause pendant devant ledit maistre Pierre ; par quoy nostredit procureur ou autres genz de nostre conseil vouloient ledit advocat traire en cause, et conclure contre lui que il avoit en ce commis ÊEiusseté et mauvastié et que puni en devoit estre. Et pour ce soit venu devant nostredit conseil et ait monstre à sa innocence que les choses dessusdites il n'avoit fait par aucune mauvastié ou fousseté, mais tant seulement, pour simplace et ignorance, en cui-
302 1K>CU1IBMT8 FABItlBNS
dant que puisque lesdiz tesmoings avoient esté jurez devant la partie contre laquelle il n'avoîent esté produis, et n'avoient en aucune chose esté reprouvez, et l'autre cause que sondit maistre avoit à prouver estoit semblable, il le peust bien faire sanz aucune offense. Et toutevoies, pour espargnier â ses firaiz, couz et despens, et pour éviter les perilz des jugemenz qui sont doubteus, nous a supplié humblement que sur ce ne soit mis en procès, mais lî veulliens fere grâce et recevoir le à amende pécuniaire, pour laquelle il nous a offert paier en nostre trésor cent livres parisis à une foiz. Nous, eue consideracion à ce que ledit Estienne nous a esté tesmoigné par plusieurs dignes de foy, estre preudoms, de bonne foy, vie, renommée et estât, sanz aucun villain reproche du temps passé, et à ce que es choses dessusdites par li faites semble miex avoir simplesce et ignorance que fausseté ne mauvaistié, mesmement comme aucun seel ou escripture n'i ait eu mué ou contrefait ; ladite offre avons prinse et accepté, prenons et acceptons aggreablement, en nom d'amende, et parmi ycelle offre desdites cent livres parisis, lesquelles il a paiées en nostredit trésor, si comme par ceduUe d'icelle puet apparoir, de laquelle la teneur s'ensuit: Thesaurarius domini régis Parisiensis recepit et reddidit eidem^ de magistro Stephano Trumelle^ advocato in Castelleto Parisiensi^ pro quadam composicione nomine entende civilis, seu pecuniarie per eum facta cum gentibus regiSy super eo quod imponebatur^ eum^ certorum testium juratorum productorum in una causa pro Robino Rous^ selli contra Reginaldum de Batigniaco, coram magistro Johanne de BisonciOj altero auditore dicti Castelletij in quadam alia causa pendente inter predictos Robinum et Reginaldum coram magistro Petro Hardi reliquo auditore predicti Castelleti^ in qua debebat fieri probacio consimilis, supradicte (sic) fraudulenter et maliciose deposiciones coppiasse seu fecisse copiari et eas^ pro dicto Robino^ de cujus erat consilio, cum processu suo tradidisse^ C L par, in L /. duplicium pari" siensium novorum, cujuslibet pro II d. par, Scriptum in dicto the^ sauro^ die XVI mensis novembris anno Domini M^ CCC^ XLVII^*. O. Lévrier.
Nous, de grâce especial, de nostre povoir et auctorité royal et ccrteine science, audit Estienne avons quitté et remis, quittons et remettons par la teneur de ces présentes lettres tout le fait dessusdît et tout ce qui d'icelli fait ou des circonstances et dependences se povoit, puet et porroit ensuir, etc..
I. Gomme nous Pavons déjà fait remarquer précédemment (t. II, p. 53], le versement au trésor de la somme stipulée eut lieu postérieurement à la rédaction de la minute de cette lettre. Lorsque Ton intercala la cédule du trésor, on ne modifia pas sa date, c'est ce qui explique qu'elle renferme ainsi une cédule datée du i6 novembre 1847.
DU RiGNB DB PRIUPPE VI DS VALOIS. 3o3
Ce fu fait au Bois de Vincennes, l'an de grâce mil CGC quarante et sept, ou mois d'octobre.
Par le roy, à la relation du conseil, presens les trésoriers.
Vistrebec.
Financia patet supra. Symon abbas Majoris Monasterii.
i347, i5-3i octobre. Paris.
Lettres de rémission accordées par Philippe VI en faveur de Huet Freminet et de Gillot de Donmeliers, accusés d'avoir, dans une mêlée, blessé mortellement Robin de Feneuz, coutelier, demeurant à Saint-Marcel, près de Paris.
(JJ. 76, n* 194.)
Philippe, etc. Savoir faisons à touz presens et avenir, que comme le dimenche après la feste Saint Mahieu Tapostre derreniere passée*, bien tart, Huet Freminet et Gillot de Donmeliers, frères, eussent souppé aus noces de Jehannin de Donmeliers, leur frère, qui avoit ce jour espousé famme et s'en venissent bien et paisiblement coucher par la rue de Loursines^, qui est à l'entrée de Saint Marcel, près de Paris, à la maison de Jehan de Donmeliers, leur père, demourant en Mont Fustart^, senz dire villenie ou mefifaire aucun. Finablement, il avint que il enco[nltrerent Robin de Feneux, coustelier, demourant à Saint Marcel, auquel il demenderent pour bien : « Qui estes vous ?» Et adoncques, ledit Robin leur respondî par maltalent : fl Que en avez vous à fere ? C'est un deable ; le voulez vous mengier ? b Et lors, quant il se voudrent approucher de lui pour savoir quel cstoit, ledit Robin donna une grant buffe à l'un desdiz frères ; pour cause de laquelle buffe ainssi chaudement et desraisonnablement donnée comme dit est, une mellée comença entre euls, en laquelle chascun d'euls touz fut bleciez et navrez, et avint que ledit Robin fust navrez en trois lieux ; c'est assavoir : au bras et en la teste et en l'espaule. Et combien que il fust assez tost gariz tôt à plein des deux plaies du bras et de l'espaule, et mestre Jehan Scrobi, mire, en la cure duquel il estoit, l'eust empris à gairir touftj plainement de la plaie de la teste, en li dépendant que il se gardast de boire fort vin et de menger viendes contraires, et especialment de compaignies de femmes et de fere autres excès ; neantmoins, icellui Robin qui estoit pleins de sa
z. 23 septembre 1347.
9. La rue de Lourcine, appelée depuis quelques années seulement rue Broca, va de la rue Mouffetard à la rue de la Santé.
3. Nom donné à la rue Mouffetard, qui va de la rue Thouin à la rue Monge.
voulenté, en désobéissant audit maistre qui Tavoit en cure, se mist à suivre les compaignies et à boire les fors vins sens y mettre eau, et mangié viendes contraires, et à gésir à femme et à faire plusieurs autres excès, pour le[s]quiex il empira si grandement que il morut le dimenche après la Saint Denis derreniere passée * par son mauvais gouvernement ; et ainsi appert que il vesqui depuis que il fiist navrez environ un moys. Pour laquelle chose, [àj la requeste aus frères dessus nommez, les mires jurez firent visiter ledit Robin pour veoir et savoir se la plaie que il avoit eu en la teste estoit mortel ou non, liquel, icelui veue, rapportèrent depuis par leur serement que ladite plaie estoit curable et non pas mortel, par devant le bailli de Saint Marcel, en qui juridicion ledit Robin demouroit lors ; et avecques ce ledit Robin, avant que il alast de vie à trespassement, descourpa moult especiaument lesdiz frères dudit fait, en disant que il moroit par son outraige, et leur pardonna ce que il li avoient fait, en priant moult chierement à son frère que il ne leur en demandast riens. Si nous ont supplié les amis des dessusdiz Huet Freminet et Gilet, que come il soient banni ou appelle à ban pour le fait dessusdit, et il soient de bonne vie et renommée, senz ce que il fussent onques mes repris de aucun mauvait fait, il nous plaise avoir pitié et compassion d'euls en ceste partie. Pourquoi, nous, eu consideracion et regars à la manière du fait dessusdit, de nostre plein povoir, auttorité royal et de grâce especial, avons remis et pardonné, quittons, remettons et pardonnons, par la teneur de ces présentes, en tant comme à nous appartient et puet appartenir audit cas, aus devantdiz Huet Freminet et Gilet, le fait, le ban et appeaux dessusdiz et toute poinne corporele et civile que il pourroient avoir pour ce encoru envers nous, et les mettons au pais, à leur bonne famé et renommée et à leurs biens, sauf toutevoies le droit de partie, lequel nous voulons que elle puisse poursuivre toutefois que il li plaira et bon li samblera à £aiire ; et, ampliant nostredite grâce, voulons et nous plest que les religieux de Sainte Geneviève ou leurs justiciers puissent faire autele grâce ausdiz Huet Freminet et Gilet, comme il leur plaira, senz ce que il leur puisset estre opposé que il aient abbusé de justice, ou que il tourne à préjudice aucun à euls ou à leur justice ou temps avenir. Si donnons en mandement à nostre prevost de Paris et à touz les justiciers de nostre roiaume, ou à leurs lieux tenans, que il lessent lesdiz frères et chascun d'euls user et joir de nostre présente grâce et lesdiz religieux aussit, etc.. .
Donné à Paris, Tan de grâce mil CGC XLVII, ou mois d'octobre.
Par le roy, â vostre relacion.
Berengier.